L’arbre de Peredur

Un extrait du conte de Peredur où apparaît un arbre double symbolisant l’Autre Monde.

Peredur rencontra une femme assise sur un monticule – la plus belle femme qu’il eût jamais vue :
« Je sais quel est ton but. Tu veux te battre avec le monstre, et il va te tuer, non pas grâce à sa force, mais par ses ruses. Il a une caverne, un pilier de pierre en défend la porte, et il observe tous ceux qui rentrent sans qu’on puisse le voir. Caché dans l’ombre du pilier, il tue chacun avec une pierre de lance empoisonnée. Si tu fais serment de m’aimer plus que toute autre femme, je te donnerai une pierre avec laquelle tu le verras quand tu rentreras, et lui, il ne te verra pas.
– Je t’en fais le serment, par ma foi, dit Peredur. Depuis que je t’ai vue, je suis amoureux de toi. En quel endroit pourrai-je te chercher ?
– Lorsque tu viendras me chercher, va du côté de l’Inde. »

La jeune fille disparut après avoir remis la pierre à Peredur.

arbre-de-peredurIl poursuivit son chemin vers la vallée d’une rivière : les bords de la vallée étaient boisés, et il y avait des prairies de chaque côté de la rivière. D’un côté de la rivière, il vit un troupeau de moutons blancs, et de l’autre, un troupeau de moutons noirs. Lorsque l’un des moutons blanc bêlait, l’un des moutons noirs passait de l’autre côté et devenait blanc ; lorsqu’un mouton noir bêlait, un mouton blanc passait de l’autre côté et devenait noir.
Il vit au bord de la rivière un grand arbre, dont une moitié brûlait depuis la racine jusqu’à la cime, et dont l’autre moitié avait un feuillage verdoyant.

Un peu plus haut, il vit un jeune homme assis sur un monticule, et deux lévriers, avec poitrine blanche et dos tacheté, tenus en laisse, reposant près de lui. Il était convaincu qu’il n’avait jamais vu un jeune homme aussi majestueux. Dans le bois, en face il entendit des chiens de chasse qui levaient des cerfs. Il salua le jeune homme, qui lui rendit son salut. Peredur voyait trois chemins partir du monticule, deux grands et un petit. Il demanda où conduisaient ces trois chemins.

« L’une de ces routes conduit à ma cour, et je te conseille de choisir, soit d’aller directement à la cour, auprès de ma femme, soit d’attendre ici avec moi. Tu verras les chiens jaunes forcer les cerfs fatigués à sortir du bois dans la plaine et tu verras les meilleurs lévriers que tu aies jamais vus, et les plus vaillants chasseurs de cerfs – tu les verras tuer les cerfs au bord de l’eau près de nous. Lorsqu’il sera l’heure d’aller manger, mon valet m’amènera mon cheval et tu seras le bienvenu ce soir chez moi.
– Dieu te le rende ; mais je ne resterai pas ici, je continuerai mon chemin.
– Le deuxième chemin conduit à la prochaine ville ; là tu pourras trouver de la nourriture et de la boisson à acheter. Le chemin qui est plus petit que les autres mène à la caverne du monstre.
– Avec ta permission, jeune homme, je me rendrai de ce côté. »

Peredur partit dans la direction de la caverne ; il prit la pierre dans la main gauche et sa lance dans la main droite. En entrant, il aperçut le monstre, le transperça de sa lance et lui coupa la tête.

Pierre-Yves Lambert, Les Quatre Branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge, Édition L’aube des Peuples, Gallimard, pp-266-267.
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L’arbre symbolisant l’Autre Monde est fréquent dans les récits celtiques. On le retrouve dans un autre contre des Mabinogi lorsque Gwydion découvre Leu métamorphosé en aigle.

Outre les moutons et l’arbre double, le passage dans l’Autre Monde est ici annoncé par la traque du cerf. Avant de pousser plus loin notre propos, il convient de dissiper une interprétation ambiguë de cet Autre Monde. Il ne s’agit pas ici d’un mondes morts stricto sensu mais d’un espace parallèle un monde « surnaturel » peuplé de dieux, fées, lutins, esprits et héros immortels, un monde dont la réalité est aussi perceptible que l’espace apparent. Cet Autre Monde est « naturellement » inclassable, surréaliste, illogique et infini. Il échappe aux représentations d’une raison quantifiante et d’une religion dualiste mais il demeure accessible aux hommes tout comme ce monde tangible pourrait être fréquenté par le peuple d’à côté. Les deux espaces communiquent entre eux puisqu’ils participent de la même nature animée. Le passage dans l’Autre Monde  ne peut être appréhendé comme un acte isolé et rêvé mais comme une action complémentaire et déterminée. Tout passage dans l’Autre Monde induit d’ailleurs une qualification assurant un retour pour une remise en ordre. Ce passage au-delà des apparences est généralement initié par une messagère lors d’un itinéraire faussement aléatoire.

Bernard Rio, L’arbre philosophal, Collection Antaios – L’Âge d’Homme, pp.226-227.
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Encyclopédie de l’Arbre Celtique – Culte des arbres et des forêts

Sur le site de l’Encyclopédie de l’Arbre Celtique sont regroupés de nombreux textes liés à la civilisation celte, et vous pourrez notamment découvrir des textes anciens décrivant le culte des arbres observé chez divers peuples, mais aussi les interdiction de célébration du culte.

Le culte des arbres et des forêts – Césaire d’Arles ;
Le culte des arbres et des forêts – Dion Cassus ;
Le culte des arbres et des forêts – Florus ;
Le culte des arbres et des forêts – Grégoire le Grand ;
Le culte des arbres et des forêts – Lucain ;
Le culte des arbres et des forêts – Martial (1) ;
Le culte des arbres et des forêts – Martial (2) ;
Le culte des arbres et des forêts – Pline ;
Le culte des arbres et des forêts – Reginon de Prüm ;
Le culte des arbres et des forêts – Stace ;
Le culte des arbres et des forêts – Strabon ;
Le culte des arbres et des forêts – Sulpice Sévère
Le culte des arbres et des forêts – Tacite ;
Le culte des arbres et des forêts – Concile d’Arles ;
Le culte des arbres et des forêts – Concile de Tours II ;
Le culte des arbres et des forêts – Karlomanni principis capitulare Liptinense ;
Le culte des arbres et des forêts – Panegyrique de Constantin ;
Le culte des arbres et des forêts – Synode diocésain d’Auxerre ;
Le culte des arbres et des forêts dans la vie de Saint Sever ;

Câd Goddeu, Combat des Arbrisseaux – Jean Markale

Version du Câd Godeu [1] à confronter avec celles établies par Nash [2] et Guyonvarc’h [3].

Le lyrisme est une forme du Sacré. Mais le Sacré a ses exigences et ses secrets. Ceux-ci sont parfois bien gardés. La poésie de Taliesin est une flamme qui brille dans la pleine obscurité, une flamme qui tranche brutalement l’ombre : il n’y a pas de zone intermédiaire, de pénombre. La flamme surgit on ne sait d’où et découpe la nuit suivant des formes étranges et même extravagantes. Qui a fait surgir cette flamme ? Taliesin, ou celui qui écrit sous son nom, répond :

« Je suis celui qui anime le feu
en l’honneur de Dieu le Maître…
« Je suis un barde qui sait l’astrologie
et qui récite
son chant inspiré au couchant
d’une belle nuit d’un beau jour »

Et ce feu divin, cette inspiration sacrée, le barde ne peut l’avoir recueillie qu’après une métamorphose de son être, dans une sorte de descente aux enfers, comparable en principe à celle de Rimbaud :

« L’inspiration que je chante,
je l’apporte des profondeurs »

C’est de cette inspiration surgit des profondeurs de l’être qu’est né le Cad Goddeu, ou Combat des Arbrisseaux, l’un des poèmes les plus étonnants qu’ait produits l’esprit humain, et certainement le plus énigmatique de tous les poèmes attribués au barde Taliesin.
Le Cad Goddeu se présente comme un poème extrêmement confus sur le sujet central d’une bataille entre une troupe de Bretons, parmi laquelle se trouvent Taliesin lui-même et le héros Gwyddyon, fils de Don, et une troupe d’ennemis anonymes, dirigée, semble-t-il, par une femme. Cette bataille tourne mal pour les Bretons, et Gwyddyon est obligé de recourir à un des tours de magie dont il a le secret :

« J’ai été au combat de Goddeu avec Lieu et Gwyddyon
qui changèrent la forme élémentaires des arbres et des joncs »

Gwyddyon transforme donc les Bretons en arbres et en différentes plantes, ce qui leur permet de triompher, et ce qui donne l’occasion à Taliesin de se lancer dans un éblouissant délire poétique sur les métamorphoses. Le poème se doit d’être cité en entier :

« J’ai revêtu une multitude d’aspects
avant d’acquérir ma forme définitive,
il m’en souvient très clairement.
J’ai été une lance étroite et dorée,
je crois en ce qui est clair,
j’ai été goutte de pluie dans les airs,
j’ai été la plus profonde des étoiles,
j’ai été mot parmi les lettres,
j’ai été livre dans l’origine,
j’ai été lumière de la lampe,
Pendant une année et demie,
j’ai été un immense pont
jeté sur trois vingtaine d’abers ».
J’ai été chemin, j’ai été aigle,
j’ai été bateau de pêcheur sur la mer,
j’ai été victuaille du festin,
j’ai été goutte de l’averse,
j’ai été une épée dans l’étreinte des mains,
j’ai été bouclier dans la bataille,
j’ai été corde d’une harpe,
ainsi pendant neuf années.
Dans l’eau, dans l’écume,
j’ai été éponge dans le feu,
j’ai été arbre au bois mystérieux.

Je ne suis pas celui qui ne chantera pas
le combat, quoique je sois petit.
Je chanterai le combat des arbrisseaux
devant le chef de Bretagne,
gardien des chevaux rapides
et maître de tant de flottes.

Il y avait un animal aux larges mâchoires,
avec une centaine de têtes.
Un combat fut disputé
sur la racine de sa langue,
et on se battit une autre fois
sur le dos de sa tête.
C’était un noir crapaud
se prélassant sur cent griffes,
un serpent tacheté surmonté d’une crête.
Cent âmes ayant péché
étaient tourmentées dans sa chair.

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Câd Goddeu, le Combat des Arbrisseaux – traduction de C.J. Guyonvarc’h

Une version du Câd Godeu [1] à confronter avec celle établie par D.W. Nash [2].

J’ai été sous de nombreuses formes
avant que je ne sois libre.
J’ai été une épée étroite et bariolée.
Je crois à ce qui est apparent.
J’ai été larme dans l’air.
J’ai été la plus brillante des étoiles.
J’ai été mot parmi les lettres.
J’ai été livre à l’origine.
J’ai été une langue brillante
pendant un an et demi.
J’ai été un pont jeté sur soixante estuaires.
J’ai été route, j’ai été aigle
j’ai été coracle sur la mer.
J’ai été l’effervescence de la bière.
J’ai été goutte dans l’averse,
j’ai été épée dans la main.
J’ai été bouclier au combat.
J’ai été corde de la harpe
d’enchantements, neuf années.
Dans l’eau j’ai été l’écume,
j’ai été éponge dans le feu.
J’ai été bois dans le buisson.
Ce n’est pas moi qui ne chante pas.
J’ai chanté, bien que je sois petit,
j’ai chanté le combat des buissons de branches
devant le chef de Bretagne.
Des chevaux ordinaires y pénétrèrent,
des flots de richesse.
Il passa un monstre à larges gueules.
Il avait cent têtes
et une bataille fut livrée
sous la base de sa langue.
Il y a une autre bataille
sur sa nuque.
Un crapaud noir fourchu,
armé de cent griffes ;
le serpent tacheté à crête :
cent âmes par son péché
seront punies dans sa chair.
J’ai été à Nevenydd :
l’herbe et les arbres se hâtaient,
des ménestrels chantaient,
des guerriers attaquaient ;
une résurrection des Bretons
fut opérée par Gwydyon.
On en appela aux saints,
au Christ et à ses pouvoirs
pour défendre les princes,
jusqu’à ce qu’il les délivrât
le Roi qui les a créés.
Le Seigneur répondit par le langage et l’art :
prenez la forme des principaux arbres Lire la suite

Noms d’arbres dans l’Auraicept

L’Auraicept na n-Éces « le manuel des lettrés » est un livre du VIIè siècle, remanié maintes fois pendant les siècles qui suivirent avant d’être recopié au XIIè siècle. Ce livre a été écrit 600 ans avant « De vulgari eloquentia » de Dante Alighieri, et 200 ans avant l’oeuvre du moine bulgare Chernorizets Hrabar. George Calder a établi une traduction en 1917, en utilisant différentes sources : le Livre de Ballymote, le Livre Jaune de Lecan, le manuscrit Egerton, les textes du Trefhocul.

L’Auraicept affirme que Fenius Farsaidh a découvert quatre alphabets : l’hébreu, le grec et le latin, et enfin l’Ogham – et que l’Ogham est le plus perfectionné, car il a été découvert en dernier. Le texte est à l’origine de la tradition qui veut que l’écriture Oghamique a été nommée d’après les arbres [1], le texte répartit les arbres en quatre catégories.
Ce tableau vous explique comment on peut reconstituer les Oghams tels que les anciens les connaissaient, dans l’orthographe qu’ils utilisaient et avec le sens qu’ils lui donnaient. En lisant ce tableau, vous verrez que les anciens n’avaient pas une seule opinion sur les lettres oghamiques. (clic les tableaux)

Les arbres chefs de clan :

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Les arbres paysans :

tableaudesnomsdarbredanslauraicept1232644623849.jpeg Lire la suite

Le Câd Goddeu – « le Combat des Arbres »

Le Câd Goddeu est un ancien mythe gallois, « le Combat des Arbres » est livré entre Arawn roi d’Annwn « le lieu sans fond » et les deux fils de Dôn, Gwydion et Amaethon. Ce combat des arbres fut occasionné par un vanneau, un chevreuil et un petit chien d’Annwn.

Le Roman de Taliesin contient un long poème, ou groupe de poèmes alignés bout à bout, désigné comme le Câd Goddeu et dont les vers semblent être dénués de sens, parce qu’ils ont été délibérément mélangés.

Robert Graves, avec beaucoup de patience a séparé bon nombre de lignes du poème du combat des arbres, avec quatre ou cinq autre poèmes auxquels ils sont mêlés. Voici une tentative de restauration des parties faciles :

De mon siège à Fefynedd (lignes 41 – 42)
La cité solide,
J’observais arbres et végétaux
Passer d’un pas rapide.

Voyageurs épouvantés (lignes 43 – 46)
Et guerriers surpris
croyaient voir ressuscités
Gwydion et ses conflits

A l’attache de ma langue (lignes 32 – 35)
Un combat s’engage ;
Par-derrière, dans ma tête,
Un autre fait rage.

L’aune se jette en la bagarre. (lignes 67 – 70)
Il est au premier rang.
Mais le saule et le sorbier
Sont bien plus prudents.

Comme un fort inexpugnable (lignes 104 – 107)
Le vieux houx vert sombre
Lacère les mains rougies
De coups de griffe sans nombre.

L’infanterie du chêne ébranle (lignes 117 – 120)
La terre et les cieux
Le “vaillant gardien de la porte”
Est célèbre en tous lieux.

L’ajonc magnifique combat (lignes 82- 81- 98- 57)
Tout près du jeune lierre.
L’arbitre était le noisetier
En ces temps de sorcière.

Le bouleau, pourtant fier, (lignes 84 – 87)
Prit lentement sa place.
Non pas qu’il fut couard,
Mais de trop noble race.

La bruyère consolait (lignes 114- 115- 108- 109)
Les soldats à bout,
Surtout les grands peupliers
Brisés de partout.

Leur troupe au champ de bataille (lignes 123 – 126)
Crut faire naufrage
Tant y creusa de trouées
L’ennemi sauvage,

Ô rois j’exalte la vigne, (lignes 127- 94- 92- 93)
Son emportement
Les ormes étaient ses pages
Partout la suivant.

Troènes et chèvrefeuilles (lignes 79- 80- 56- 90)
S’attardèrent ensemble.
Peu coutumier des faits d’armes
Le joli pin tremble.

« Les commentateurs, trompés par l’enchevêtrement des vers, se sont pour la plupart, bornés à laisser croire que la tradition celtique attribuait aux druides le pouvoir de transformer les arbres en guerriers et de les envoyer au combat. Mais le combat décrit par Gwion n’est pas un combat frivole, pas plus qu’un engagement physique, mais une bataille menée intellectuellement dans les cerveaux et dans les langages d’initiés. » (Robert Graves)

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Le Gui, une lumière sylvestre

Au plus profond de l’hiver,  lorsque l’automne a réalisé son œuvre et que la quasi-totalité des feuilles est tombée ; on peut alors apercevoir sur les branches des arbres, ces petites touffes vertes auxquelles s’accrochent de petites boules blanches. Le Gui est une plante étrange, chargée de symboles depuis l’Antiquité, si chères aux druides de la Gaule, et aujourd’hui symbole de lumière à la Saint Sylvestre…

Gui botanique

Une curiosité botanique
« Le Gui fonctionne totalement à contre rythme ; à l’inverse de la plupart des plantes, les forces de l’été n’ont pas de pouvoir sur ses fruits, c’est le gel de l’hiver qui va nourrir sa fructification (baies à maturité au moment du solstice) et sa floraison (février). La famille du Gui est répandue sur toute la terre. On en trouve dans l’hémisphère sud, en Australie, en Nouvelle Zélande, en Afrique du Sud, en Amérique du Sud et chose curieuse, tous fleurissent et fructifient au même moment. La différence est que pour les uns, c’est l’été et pour les autres, c’est l’hiver. Subissant l’action de forces différentes ils semblent tous unis par une mémoire ancestrale. »
« Autre fait singulier chez le Gui, il ne change pas d’apparence. Mis à part la formation des fleurs et des baies, le Gui ne jaunit pas, ne flétrit pas, ne fane pas. Tout au long de l’année il verdoie dans toutes ses parties, de ce vert doré qui lui est propre. Le temps parait glisser sur lui, il reste étranger au rythme des saisons. Il perd bien ses feuilles tous les deux ans mais encore, feuille par feuille, si bien que cela ne se voit même pas… »
« Il faut également retenir sa physionomie de plantule, comme arrêtée à un stade immature. Chez les plantes ordinaires, la plantule est le point de départ du végétal proprement dit. Embryon formé de deux feuilles indifférenciées appelées cotylédons, il dépend encore pour sa survie des éléments nutritifs contenus dans la graine. Ensuite le végétal quitte cet état de plantule une fois qu’il s’est lié aux substances minérales terrestres. A partir de ce moment il devient une plante à part entière, autonome, adulte manifestant ses caractères spécifiques, reflets des forces terrestres et cosmiques. Chez le Gui, cette insertion dans le terrestre n’a jamais lieu, aussi la forme de plantule se répète t-elle à l’infini. D’une certaine façon, le Gui demeure sa vie durant un embryon. »

Une lumière au cœur de l’hiver
« C’est en hiver que le Gui prend toute sa signification. Alors que dans la nature toute vie semble avoir disparu, c’est aux environs du Solstice d’hiver (22 décembre) que les petites baies sphériques du Gui arrivent à maturité.
L’hiver dans les rythmes de la nature appartient à Saturne, période sombre où la lumière extérieure manque. Bien que les plantes aient disparu de la surface du sol et que les arbres ne portent plus de feuilles, la vie est toujours là mais elle a pris un chemin intérieur, souterrain. L’énergie vitale se prolonge au sein des racines ou des graines dans l’attente du renouveau printanier.
La saison hivernale est un moment d’intériorisation que l’on peut observer dans la nature mais aussi en nous-même. Notre état de conscience change, en nous invitant à nous rapprocher de notre Être profond, à nous plonger au fond de nous-mêmes.
A la différence de l’été où la vie se manifeste avec exubérance, l’hiver nous ramène à l’essentiel. C’est donc à ce moment très particulier du solstice d’hiver que le Gui manifeste toute sa vitalité, contraste étrange dans ce sommeil hivernal. » Lire la suite