Le tilleul têtard des Ecarlatières, Verruyes (Deux-Sèvres)

Les haies de la Gâtine seraient-elles un paradis caché pour la retraite des vieux ligneux ? Suivons Yanick à la rencontre d’un têtard colossal qu’il a déniché au cœur du bocage, mais une fois n’est pas coutume, ce ne sera ni un chêne, ni un frêne, et encore moins un saule…

« Décidément, il va falloir songer sérieusement à décerner à la commune de Verruyes le titre de capitale de l’arbre têtard en Deux-Sèvres. Car après le frêne de Flaye [1] et le chêne de Froidefond [2], en voici un autre qui bat déjà tous les records communaux avec sa circonférence de 8,20m au plus creux. Mais avant de le voir c’est surtout son essence qui m’a surpris car je n’avais encore jamais vu ou entendu parler de tilleul têtard en haie bocagère. »

« C’est grâce à l’association Prom’haie et surtout Samuel Fichet que j’ai pu trouver ce tilia cordata vraiment exceptionnel. J’étais pourtant passé pas loin en découvrant le frêne de Flaye, car il ne sont même pas à 400 mètres l’un de l’autre. »

« Je ne sais quel âge peut avoir cet arbre mais quand on sait qu’un têtard croît moins vite, de part ses tailles régulières, on peut facilement imaginer qu’il a dépassé les 500 ans. »

« Avec les ans, son tronc s’est ouvert sous le poids de ses 5 maîtresses mais aucune ne s’est encore effondrée. Je pense que c’est grâce à des racines adventives qui ont joué un rôle de haubans. S’il n’a pas éclaté complètement c’est aussi parce qu’il est très bien entretenu par son propriétaire Mr Bonnanfant. Celui-ci m’expliquait que lors de l’élagage, il laissait toujours une des 5 têtes intacte de manière à assurer une récolte de tilleul. »

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Le tilleul de Linn, canton d’Argovie (Suisse)

Si Yanick a mis sa famille à contribution pour nous présenter des ligneux d’exception loin de chez lui [1][2][3], Sisley quant à lui, a pu compter sur son frère Arnaud pour nous dévoiler deux arbres emblématiques de Belgique [4][5]. Cette fois-ci, il s’est rendu dans les Alpes et il nous a ramené quelques clichés d’un tilleul connu au-delà des frontières de son propre pays.

« Un article pour un évènement qui l’est tout autant, de ce fait pour ton anniversaire, j’ai ici un article présentant un arbre bien sûr mais loin d’être comme les autres ! »

« Mon frère s’étant rendu en Suisse en été 2010, m’a fait une surprise comme on est loin de s’y attendre, et c’est en consultant les photos que j’ai compris à qui j’avais à faire. »

« Le réputé et splendide tilleul à grandes feuilles de Linn, est très largement connu dans tout le pays, et même dans les pays frontaliers. »

« Un petit mot sur son histoire, tout d’abord on lui attribue un âge compris en 500 et 800 ans, mais en me référant aux constats de Jeroen Pater et l’histoire présentée sur un panneau au pied de l’arbre, ce tilleul aurait été planté sur une fosse commune vers 1669, à la fin de la terrible épidémie de peste qui troubla la région et le village de Botzberg de l’automne 1667 au mois de janvier de 1669, cependant cette légende histoire bien que fondée, ne nous permet pas aujourd’hui de savoir si il s’agit bien de cet arbre, pour ce faire il faudrait sonder le sol sous l’arbre, mais du coup la légende perdrait de sa pureté. »

« Le nom du village provient du haut allemand lint-ahe voulant dire près du bois de tilleul. »

« C’est un arbre poussant sur un point élevé et dans le secteur il est nettement visible des alentours, sa forme, ses dimensions et sa bonne conservation en font un spécimen d’exception, car avec 10,82 m de circonférence et 22 m de hauteur, ce fringant tilleul à pris 18 cm de tour depuis 2002, soit 2,25 cm/an, ce qui n’est pas rien pour un vieil arbre ayant au minimum 340 ans, mais j’ignore à quelle hauteur la mesure de 2002 à été prise, si elle l’a été au point le plus étroit la différence entre la dernière ne doit pas être trop importante. »

« Son tronc est largement creux, mais de l’intérieur partent une multitude de racines adventives plongeant dans le terreau fertile que l’arbre porte en lui depuis des décennies. »

« Sa forme champêtre à souhait et sa belle taille en font un exemplaire de référence, car malgré avoir essuyé deux incendies, l’un en 1863 et l’autre en 1908, ce tilleul resplendit de vitalité et il a la chance inouïe d’encore supporter des sections de charpentières qui semblent être originelles. »

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Le tilleul de Doyon, Havelange (Belgique)

Si des incursions en Belgique nous ont permis d’entrevoir quelques arbres emblématiques [1][2][3], nous restions un peu sur notre « faim », car le plat pays abrite un riche patrimoine arboré qui, bien qu’inventorié [4], ne se montre que trop peu sur internet.

Mais il y a quelques semaines, un lecteur belge s’est manifesté, désireux de devenir reporter arboricole afin de lever le voile sur quelques arbres remarquables croisés sur sa route.

« Troisième tilleul commun de Wallonie, il se trouve dans le hameau de Doyon, sur la commune de Flostoy (commune de Havelange, le tout en province de Namur). Il se trouve sur un site protégé, au milieu de la campagne condruzienne. Le hameaux est constitué d’un château, d’une chapelle, du fameux tilleul, de quelques maisons et de quelques fermes. »

« Il fait face a la chapelle Saint-Nicolas, qui daterait du 11ème siècle et qui était la chapelle d’un hôpital qui accueillait les marchants, les voyageurs et les pèlerins en route pour Saint-Jaques-de-Compostelle. L’axe Huy – Dun-sur-Meuse passait probablement non loin de là (il passait en tout cas sur la commune de Havelange), cela expliquerait que la chapelle soit dédiée à Saint-Nicolas (il est le saint-patron des voyageurs). »

« Le site est une plateforme surélevée par rapport à la route, et fait face de l’autre côté au mur des jardins du château que l’on voit bien depuis la chapelle,  le site fut classé en 1977. »

« Venons en à l’arbre, en 1907 le tilleul mesurait 6,25 m à 1,70 m du sol. En 1911, Jean Chalon (vous allez entendre plusieurs fois son nom à l’avenir, il fut l’un des premier à inventorier les arbres remarquables du pays) mesurait 6,40 m à 1,50 m du sol, il soulignait aussi que l’arbre était plein et sain et que sa ramure était « un dôme de verdure, un ballon plus ou moins régulier qui domine tout la contrée ». »

« Il faut ensuit attendre sept décennies avant que les Eaux et Forêts ne l’évoquent dans le livre « Arbres remarquables de Belgique » (très beau livre que j’ai eu la chance de lire, ancien mais très instructif sur les états et dimensions des arbres à l’époque). Il y est dit que l’arbre faisait 24 m d’envergure et que la ramure arborait toujours une belle rotondité. »

« En 1978, il mesurait 8,10 m à 1,50 m du sol et en 1981, 8,17 m ! Il est donc passé de 6,40 m en 1911 à 8,17 m en 1981, soit un TMCA de 2.52 cm/ans : le tilleul semblait donc avoir à l’époque 325 ans et aurait donc été planté en 1660. »

« Mais en 2000, catastrophe ! Le tilleul ne mesure plus que 7,35 m et sa ramure ne fait plus que 15 m (contre 27 m avant). L’explication est qu’en 1983, le tilleul a subit une taille sévère, on cherchait probablement à protéger la chapelle en cas de chute. »

« Son avenir est depuis compromis : il peine à se reconstruire et une partie du tronc s’effrite en larges pans, ce qui risque d’entrainer la ruine de l’arbre tout entier. »

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Le tilleul de Conjoux, Ciney (Belgique)

Si Sisley nous fait découvrir l’Allemagne, son frère Arnaud lui, nous emmène en Belgique ! Et une fois encore, il nous surprendra avec un véritable colosse vieux de plusieurs siècles.

« Alors, que mon frère se rendait pour le week-end sur les cotes de Flandres, je réunissais naturellement quelques données lui permettant de visiter de beaux ligneux au passage. Celui qui va maintenant suivre est de renom national et cela de par le fait qu’il est le deuxième plus gros tilleul à grandes feuilles du pays, situé à Conjoux sur la commune de Ciney. »

« Après avoir rendu visite au chêne de Liernu [1], il s’en alla observer le patriarche du carrefour, à tronc mi-court et au large houppier s’étalant sans gêne le long de la lisière. »

« Après des recherches sur un bouquin et le web, j’ai collecté des mesures de périphéries qui semblent des fois erronées : – ~ 7,87 m en 1924 (x m du sol) / – 8 m en 1979 (x m du sol) / – 8,52 m en 1987  (1,50 m du sol) /- 8,85 m en 2007  (1,50 m du sol ). La hauteur est estimée entre 20 et 24 m et le déploiement de frondaison dans les 26 m. En somme un arbre qui pour 400 années à quelques décennies près, a vécu une croissance assez explosive. »

« Pour ce qui est de son aspect général il ne laisse pas à penser que c’est un arbre ayant subi des tailles répétées comme bon nombre de ses semblables, ce qui lui confère encore plus de superbe. Mais cependant il n’est pas impossible qu’il ait auparavant perdu des charpentières, car certaines branches principales possèdent des section de diamètres moyens, ce qui laisse croire à une possible taille dans des années plus reculées ?! » Lire la suite

Tilleul de la chapelle de Châteauvieux, Féternes (Haute-Savoie)

Alors que François nous avait présenté de fameux érables d’alpage en Suisse [1][2], suivons-le encore une fois de l’autre côté de la frontière [3], car il existe quelques arbres monumentaux en Haute-Savoie qui méritent d’être dévoilés.

« On découvre ce magnifique spécimen de tilleul derrière la chapelle du hameau de Châteauvieux, à 1,5 km à l’ouest de Féternes. C’est un phénomène vieux d’au moins 400 ans, qui s’est vu labellisé arbre remarquable par l’association A.R.B.R.E.S. en 2000. »

« Selon ma mesure 10,18m de pourtour à 1,30m du sol, pour environ vingt mètres de hauteur. »

« Son houppier est encore très fourni et forme, vu de la chapelle, une impressionnante et harmonieuse coupole. Sa visite se combine agréablement avec celle du châtaignier de Troubois (Lugrin), autre champion à ne pas manquer dans la région. Et pendant qu’on y est, pourquoi pas un petit saut à la buxaie de Sciez..? »

Merci beaucoup pour le reportage François, cela fait longtemps que je suis sur la trace de ce géant souvent évoqué dans les livres ; car malgré de nombreux courriers envoyés dans la région, je n’ai jamais réussi à obtenir de photos. Plus de 10 mètres de circonférence… c’est un arbre fantastique ! Comment ne pas tomber sous le charme de ce vieux tronc ?

Et c’est avec le plus grand plaisir que je te suivrai vers d’autres arbres vénérables !

Le tilleul de Réaumont (Isère)

Si l’exploration avance à un bon rythme pour certains coins de France, il reste plein de départements encore inexplorés pour lesquels nous n’avons que trop peu d’informations. C’est le cas de l’Isère, cette contrée alpine où aucun inventaire n’a encore été mené, et jusqu’à présent aucun arbre présenté sur le blog.

Et comme il n’y a pas de hasard, la semaine dernière un lecteur isérois s’est manifesté pour participer à l’aventure et nous présenter quelques remarquables de son secteur.

« Commençons par le tilleul de Réaumont : à tout Seigneur, tout Honneur. Mon expérience des arbres remarquables n’est pas très grande, mais pour le moment c’est ce tilleul que m’a impressionné le plus, parmi ceux que j’ai vu (sauf un chêne sur la côte d’Azur). »

« Planté vers 1390, le doyen du village coule ses vieux jours paisibles derrière l’église, naturellement irrigué par le cours d’eau riverain. Son tronc d’abord maçonné en 1891, a été évidé en 2000 ; enfin des étais métalliques ont alors été placés pour permettre un lien entre les deux lèvres du tronc. L’écorce a déjà commencé à les avaler. »

15 mètres de hauteur et une circonférence de 9,20 mètres (altitude 358 m).

« Et puis la grosse branche, qui penche là où elle va tomber, a été soutenue par un poteau de bois, qui a l’air de faire bien son office. La branche semble se porter assez bien. »

« Ce n’est pas moi qui ai mesuré le tilleul à Réaumont. Je me fie donc à ce que j’ai trouvé d’écrit à son sujet ; et je crois que ses 9 mètres ne sont pas usurpés. »

« Ce tilleul est très bien pris en considération par la commune, qui lui a réservé une place entièrement pour lui, avec une zone de protection tout autour de terre engazonnée. La route a été déviée pour lui laisser l’espace suffisant. Bref, avec ses 620 ans, il peut continuer à couler des jours heureux ! Le tronc est bien creusé, hélas. Il me semble que c’est là le sort de ces tilleuls qui dépassent les 200-300 ans. Ils se détériorent petit à petit, là où les branches se séparent, l’eau finit par s’infiltrer, et accentuer la décomposition du tronc… »

Merci pour ce reportage François, quel plaisir de découvrir enfin ce tilleul dont la célébrité dépasse largement les frontières de son département (j’ai longtemps cherché à en obtenir des clichés). Six siècles passés aux côtés des villageois qui font de lui un véritable patrimoine à protéger et sauvegarder ; d’ailleurs il n’est pas sans me rappeler le tilleul de Bergheim [1]. Et c’est tout naturellement qu’il est devenu le ‘parrain’ du Festival de l’arbre organisé par la Maison des arbres de Réaumont, un évènement qui permet de découvrir la diversité des connaissances et des approches concernant les arbres (dans des domaines aussi divers que la production végétale, la photographie, l’audiovisuel, le dessin, la peinture, la littérature, l’éducation à l’environnement…)

La Maison de l’arbre organisera le prochain festival le 23 & 24 octobre 2010.

Comme Jérôme Hutin s’y est rendu en octobre 2006, grâce à un de ses reportages vous pourrez découvrir les personnalités invitées et les activités réalisées, à voir par ici.

Note : j’ai utilisé un cliché que m’avait fourni Rob il y a quelques mois [2].

Les tilleuls de Montandon (Doubs)

Les tilleuls sont historiquement bien souvent les compagnons des églises [1][2][3][4][5][6]. Retrouvons François et laissons-le nous conter sa rencontre avec deux nouveaux monuments végétaux du Doubs [7]. (clic les photos)

« A Montandon, dans le matin calme et ensoleillé, deux tilleuls aussi impressionnants que discrets attendent derrière l’église. Pour le plus gros et aussi manifestement le plus vieux, j’ai mesuré 830 cm de pourtour à 130 cm du sol, et 20-22 mètres de hauteur. Comme c’est presque toujours le cas pour les très vieux tilleuls, son tronc est partiellement évidé à sa base. Mais il est encore vigoureux, lançant presque à la verticale des branches relativement jeunes et très fortes. »

« Son jeune frère se fait remarquer surtout par sa hauteur (33-35 mètres selon ma mesure) et sa prestance générale. Il affiche 643 cm de pourtour du tronc à 130 cm du sol. Deux très beaux sujets formant avec l’église un ensemble qui vaut le détour. » Lire la suite