L’équilibre du monde

« Quand l’homme rompt l’équilibre du monde,
la forêt fait d’énormes sacrifices pour rétablir cet équilibre. »

Hayao Miyazaki, Nausicaä de la vallée du vent, tome 6, p-19.
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L’illustration est issue du magnifique long métrage d’animation éponyme, réalisé par Hayao Miyazaki, sorti en salle au Japon en 1984. L’énorme succès du film a permis la création du studio Ghibli en 1985.

Il est le chemin de l’échange entre les étoiles et nous

Car ce poète, un soir auprès du feu dans le désert, racontait simplement son arbre. Et mes hommes l’écoutaient dont beaucoup n’avaient jamais vu qu’herbe à chameau et palmiers nains et ronces.

« Tu ne sais pas, leur disait-il, ce qu’est un arbre. J’en ai vu un qui avait poussé par hasard dans une maison abandonnée, un abri sans fenêtres, et qui était parti à la recherche de la lumière. Comme l’homme doit baigner dans l’air, comme la carpe doit baigner dans l’eau, l’arbre doit baigner dans la clarté. Car planté dans la terre par ses racines, planté dans les astres par ses branchages, il est le chemin de l’échange entre les étoiles et nous. Cet arbre, né aveugle, avait donc déroulé dans la nuit sa puissante musculature et tâtonné d’un mur à l’autre et titubé et le drame s’était imprimé dans ses torsades. Puis, ayant brisé une lucarne dans la direction du soleil, il avait jailli droit comme un fût de colonne, et j’assistais, avec le recul de l’historien, aux mouvements de sa victoire.

Plum Blossoms and Moon Hokusai

« Contrastant magnifiquement avec les nœuds ramassés pour l’effort de son torse dans son cercueil, il s’épanouissait dans le calme, étalant tout grand comme une table son feuillage où le soleil était servi, allaité par le ciel lui-même, nourri superbement par les dieux.

« Et je le voyais chaque jour dans l’aube se réveiller de son faîte à sa base. Car il était chargé d’oiseaux. Et dès l’aube commençait de vivre et de chanter, puis, le soleil une fois surgi, il lâchait ses provisions dans le ciel comme un vieux berger débonnaire, mon arbre maison, mon arbre château qui restait vide jusqu’au soir… »

Ainsi racontait-il et nous savions qu’il faut longtemps regarder l’arbre pour qu’il naisse de même en nous. Et chacun jalousait celui-là qui portait dans le cœur cette masse de feuillage et d’oiseaux.

« Quand, me demandaient-ils, quand finira la guerre ? Nous voudrions aussi comprendre quelque chose. Il est temps pour nous de devenir…

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Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, chapitre X (oeuvre postume publiée en 1948).

Katsushika Hokusai, Fleurs de prunier et lune, 1803, Album Mont Fuji au printemps (Haru no Fuji). Conservé au Museum of Fine Arts, Boston.

Parole de Pygmée

« Tout est dans la nature et toute la nature est en moi. On est ensemble ! »

Ce magnifique objet a été réalisé avec de l’écorce d’arbre, plus précisément la substance fibreuse contenue sous la couche superficielle la plus dure du tronc (liber). Ces fibres d’écorce sont battues jusqu’à les rendre fines et souples. Si ce sont les femmes Pygmées des forêts de l’Ituriqui déterminent l’arbre dont sera prise l’écorce, ce sont les hommes qui vont la battre et la préparer à l’aide de maillets. Le produit fini est appelé murumba, pongo ou lengbe. (Cameroun, Yaoundé 1970-1980)