Un photographe suit la migration urbaine des arbres ruraux de Chine

A Photographer Follows the Urban Migration of China’s Rural Trees © Hyperallergic,  Allison Meier, 3 août 2018.

Dans son ouvrage Forest, la photographe Yan Wang Preston documente le dossier de la délocalisation d’arbres ruraux matures dans les nouveaux centres urbains de la Chine.

C’est en mars 2013 que Preston observe pour la première fois « Frank », un ficus de 300 ans. Il était florissant dans le petit village chinois de Xialiu, qui allait bientôt être inondé par l’un des barrages du fleuve Yangtze.

L’arbre et tout le reste du village ont dû être déplacés. Au moment du retour de Preston en juin, Xialiu avait été détruit et Frank et trois autres vieux arbres avaient été vendus pour l’équivalent de 14 000 $. Les branches de Frank ont ​​été coupées et l’arbre de 70 tonnes a été transféré dans un hôtel cinq étoiles en construction dans la préfecture autonome de Dali Bai.

“Frank” June 2013 © Yan Wang Preston

« L’arbre a cassé deux grues avant d’être finalement déraciné de son foyer vieux de 300 ans », écrit Preston . « Il était si grand qu’il ne pouvait pas être transporté aux coins des rues de la ville. La police locale a dû coordonner le déménagement ». En novembre 2017, l’hôtel avait ses fondations, mais Frank était parti. « Il était mort deux ans auparavant », se souvient Preston. « Seul le monticule de terre rouge dans lequel il se trouvait autrefois est resté. » Lire la suite

Acorn

Un court-métrage d’animation réalisé par Madeline Sharafian en 2013 (4′).
Il s’agit d’un film de fin d’études – California Institute of the Arts.

« Growing up is hard, but it’s also beautiful. We can do it! »

« Le court métrage Acorn joue de l’anthropomorphisme d’un petit gland pour explorer les thèmes du récit initiatique et de l’émancipation, tout en rendant un hommage discret à Dame Nature. »

« La mise en scène du court métrage joue sur les différents échelles de plan et les mouvements de caméra : plan d’ensemble et plan serré s’alternent pour créer un effet de rythme qui fait écho à la quête du gland. En effet, si le gland, personnage principal du film, est pressé de trouver un endroit propice pour grandir, il n’en explore pas moins le monde ! L’effet de rythme se double d’un effet comique. Car plus le gland explore le monde autour de lui, plus il trouve des lieux trompe-l’œil où se nichent grenouille, oiseau, taupe ou ver de terre ! Ah mince, encore raté ! Finalement, c’est la nature et les animaux que les enfants découvrent à travers les yeux du petit gland. »

« Sans parole, ce sont les sons d’une jolie musique et de petits instruments qui miment la quête du gland. Le petit gland parcourt la forêt et s’émancipe… à la poursuite de son rêve : devenir un beau chêne robuste ! »

« Le court métrage explore avec douceur, fantaisie et humour la riche thématique du récit initiatique. » (Marie Horel, fiche du film sur Benshi)

Note : acorn = gland.

Plus de 40 % des espèces d’arbres en Europe menacées d’extinction

Plus de 40 % des espèces d’arbres en Europe menacées d’extinction © Clémentine Thiberge, Le Monde – Planète, 27 septembre 2019.

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Des 454 espèces d’arbres européens, 42 % sont menacées d’extinction, alerte, vendredi 27 septembre, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Plus inquiétant encore, 58 % des arbres endémiques d’Europe – ceux qui n’existent nulle part ailleurs sur la planète – sont menacés et 15 % ont été classés dans la catégorie « en danger critique », soit le dernier pallier avant l’extinction. Les sorbiers, les marronniers ou encore certains lauriers font partie des espèces les plus menacées.

Baromètres de santé de la biodiversité, les listes rouges de l’UICN identifient les espèces menacées d’extinction au niveau régional ou mondial afin de pouvoir prendre des mesures de conservation appropriées. Le statut des espèces arboricoles n’avait encore jamais été évalué en Europe. « Les arbres jouent un rôle très important, ils structurent tout l’écosystème forestier, explique Serge Muller, responsable scientifique de l’herbier national et président du Conseil national de la protection de la nature. Sans arbres, il n’y a pas de forêt et toutes les autres espèces de cet écosystème sont alors menacées. C’est pourquoi une étude approfondie sur les causes et conséquences de ces extinctions est extrêmement importante. »

La menace des espèces invasives

Selon le rapport, les menaces qui pèsent sur ce pan de biodiversité sont différentes pour chaque espèce. « Mais de manière générale, on retrouve des causes d’extinction communes à beaucoup d’arbres », soutient Emily Beech, officière de conservation au Botanic Gardens Conservation International de Londres et coauteure du rapport. Le principal risque identifié par les scientifiques vient des espèces invasives. Touchant 38 % des espèces étudiées, il s’agit notamment de parasites et de maladies, mais également de plantes introduites par l’homme et concurrentes des arbres indigènes. Le marronnier commun, par exemple, a été classé « vulnérable » à la suite du déclin causé par la mineuse du marronnier. Cette chenille, qui endommage les feuilles de l’arbre, a colonisé l’Europe. « Les espèces insulaires sont également très touchées par ces invasions, explique Bruno Cornier, botaniste ayant participé à l’étude. Dans les Canaries, à Madère ou en Sicile, les milieux sont très fragiles et beaucoup d’espèces invasives sont importées par les activités humaines. »

A ces menaces s’ajoutent, soutient Emily Beech, « la déforestation et le développement urbain, qui sont responsables de la vulnérabilité de 20 % des espèces mais aussi l’extension des terres agricoles, les incendies, le changement climatique, le tourisme ». Ce dernier affecte principalement les espèces côtières. En effet, la construction d’infrastructures liées à l’activité touristique, combinée au piétinement de ces espaces sensibles, augmente la vulnérabilité des arbres. Ceux-ci sont également fragilisés par la montée des eaux et l’intensification des tempêtes, poursuit la chercheuse. Lire la suite

Colombie, une « guerilla » contre la déforestation

Amazonie : d’anciens FARC lancent une « guérilla » contre la déforestation ! © Yohan Demeure – SciencePost, 24 août 2019.

FARC militants in Colombia PEDRO UGARTE-AFP-Getty

Depuis maintenant trois ans, les FARC ont signé un accord de paix avec le gouvernement colombien après des décennies de conflit. Cependant, certains anciens guérilleros se remobilisent depuis peu afin de préserver la forêt en danger.

  • Des guerriers de l’environnement

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) représentaient la principale guérilla communiste impliquée dans le conflit armé colombien, ayant débuté dans les années 1960. Cette période de conflit s’est soldée par un accord de paix en 2016 mais certains anciens FARC ont trouvé un autre combat à mener. Comme l’indique la BBC dans une publication du 21 août 2019, d’anciens FARC ont décidé de se remobiliser pour la cause environnementale.

La chaîne britannique a interrogé Albeiro Suarez, ayant passé presque trois décennies à se battre aux côtés des FARC. Ce dernier a expliqué que l’exploitation illégale de la foret a explosé après la signature de l’accord de paix. Selon les chiffres officiels, celle-ci aurait plus que doublé en à peine trois ans ! Dans la région d’Uribe, Albeiro Suarez vit dans la jungle amazonienne avec une centaine d’autres ex-FARC ainsi que leur famille. L’objectif ? Surveiller et protéger la forêt.

  • Une mobilisation sérieuse

Albeiro Suarez a expliqué que la mobilisation ne concernait pas seulement la présence d’anciens combattants. En effet, chaque activité illégale est dénoncée et les militants participent à des activités destinées à réhabiliter la foret. En effet, des campagnes de reforestation sont régulièrement organisées. Le porte-parole de ce nouveau mouvement a également fait part de son rêve. Ce dernier espère qu’un jour, la région d’Uribe soit à même de développer l’éco-tourisme. La perspective de créer une coopérative sociale permettant à la population de participer activement à la protection de la forêt serait très appréciable selon lui.

Cette information fait écho à la catastrophe touchant actuellement l’Amazonie du côté brésilien. Depuis plusieurs semaines, de très nombreux incendies ravagent la forêt. Pas moins de 2 500 nouveaux départs de feu ont été recensés ces derniers jours par l’Institut national de recherche spatiale (INPE). Le président brésilien Jair Bolsonaro, à qui l’on impute la responsabilité d’une telle situation, vient d’autoriser l’armée à se mobiliser pour combattre les incendies.
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Former FARC rebels become eco-warriors to stop the deforestation in the Amazon © BBC 21 août 2019

Former Farc rebels in Colombia, who spent decades fighting the government over land and power, have reinvented themselves as eco-warriors protecting the Amazon rainforest from illegal logging.
According to the government, deforestation in the Colombian Amazon rose by 60% between 2015 and 2018.
The rainforest had been a no-go area during the conflict, but illegal logging has soared since a peace deal in 2016.

Video produced by Trystan Young, with Sophie Eastaugh, Ly Huong and Marcelo Molano in Colombia.