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Archive for the ‘Mélèzes’ Category

Les vieux mélèzes, Prads-Haute-Bléone (Alpes-de-Haute-Provence)

21 novembre 2010 4 commentaires

Alexis a pour un temps quitté ses terres normandes pour le Sud de la France, mais il n’a pas pour autant arrêté sa quête de vieux ligneux, bien au contraire ! Sur son blog s’affichent de superbes reportages, tels le tilleul des Forgettes, le chêne vert des Courmettes, le peuplier de Poyols, l’orme de Gorbio, ou ce fameux schinus à Garavan… Encore une fois, il a souhaité partager avec nous ses rencontres arboricoles, et comme j’avais le choix dans ses reportages, j’ai sélectionné sa balade au cœur d’un peuplement de mélèzes centenaires.

« Il y a encore quelques jours les mélèzes étaient pour moi et pour ainsi dire des inconnus. Bien sur nous nous étions déjà croisés en quelques occasions, car bien qu’inféodés par nature aux régions montagneuses, certains d’entre eux, à l’âme sans doute plus voyageuse que le commun de leurs congénères, sont venus planter leurs racines dans les basses terres de ma région natale, la Normandie ; mais jusqu’à cette incursion récente au cœur de leur pays, aucun lien ne nous unissait. »

« C’est par une matinée pluvieuse que je me suis mis en route ; les signes depuis deux jours autour de moi s’étaient manifestés avec une étonnante clarté et c’est auprès de ces arbres que ce jour était ma place. Je me suis donc rendu sur la commune de Prads-Haute-Bléone, et c’est après avoir abandonné la route au profit d’une piste serpentant sur le flanc de la montagne, que j’atteignis enfin cette fameuse mélèzaie. »

« J’ai garé ma voiture et avant même d’avoir posé le pieds sur le sol détrempé de la montagne, j’ai su que j’allais vivre au cours des prochaines heures une des aventures arboricoles les plus intenses de ma jeune carrière d’arpenteur des vertes contrées. Car le moins que je puisse dire est que le spectacle qui s’offrait à mes yeux valait le déplacement. »

« La plupart du temps lorsque je vais visiter des arbres je me retrouve en ville, dans la campagne ou en forêt, presque toujours dans des endroits que la main de l’homme a marqué de son empreinte, et c’est je crois la première fois que je me retrouve ainsi au cœur d’un paysage, qui bien que proche de la civilisation, transpire aussi peu son influence. »

« Si l’on m’avait dit en cet instant que je venais de mettre les pieds au cœur d’une parcelle de foret primaire miraculeusement préservée, cela m’eut paru une vérité indiscutable. Car dans cette foret s’épanouissent des géants d’un autre age, qui pour l’occasion avaient revêtu leur parure d’automne; le sol est recouvert de mousse tendre et d’herbe grasse, et les tronc autant que les basses branches des arbres sont habillés de lichens grisonnants mettant en valeur les feuillages alors flamboyants et moribonds. »

« Je parle de géants car c’est je crois le terme qui sied le mieux à l’évocation des arbres qu’au cours de cet après midi j’ai côtoyé. Parmi les nombreux individus qui poussent sur ce flanc de montagne, un grand nombre, plusieurs dizaines sur une zone de quelques hectares, ont des circonférences dépassant quatre mètres et l’un d’eux frôle même sept mètres de tour. »

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Les mélèzes de Balavaud (Suisse)

23 août 2010 11 commentaires

En Suisse, un alpage situé au dessus de Nendaz accueille le plus beau peuplement de mélèzes d’Europe : plus de 250 arbres dont l’âge dépasse les 300 ans avec même quelques sujets bien plus antiques. Cela fait longtemps que j’en espérais des photos, et via le blog j’ai fait la rencontre de NéO qui était à la recherche de vénérables dans sa contrée ; je lui ai donc passé l’info et, émerveillé il a ramené plus de 70 clichés de ces doyens.

Alors si ça vous dit de découvrir ces vieux arbres fantastiques, la balade commence ici.
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Pour plus d’infos et pour vous y rendre, faites un tour par , ou par ici.

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Le Grand Mélèze, Durmenach (Haut-Rhin)

16 mai 2009 8 commentaires

Dans la forêt communale de Durmenach se trouve un groupement de 184 mélèzes de fortes dimensions. Ces arbres ont été introduits en 1784 par le baron Reutter de Weyl qui les a ramené du Voralberg. L’un d’eux est appelé « Grand Mélèze », un spécimen de 220 ans qui domine la forêt environnante et ne peut être manqué. (clic les photos)

40 mètres de hauteur pour une circonférence de 3,90 mètres [1] ; des dimensions qui font de ce mélèze un spécimen à part dans l’inventaire des arbres remarquables du Haut-Rhin.

Il s’agit du premier mélèze à rejoindre la forêt des remarquables, certes certains sont répertoriés avec de plus grandes circonférences et des hauteurs plus élevées (Hautes-Alpes, Haute-Savoie, Vosges), mais il a quand même fière allure ! Et puis, il servira de référence pour les prochains à venir ; et enfin il enrichit la biodiversité du blog…

Merci pour cette découverte Philippe ! [2]

Pour vous y rendre : Forêt communale de Durmenach, lieu-dit Kuhwald ; sur le parcours du sentier de découverte, à environ 15 mn à pied du début du circuit des mélèzes.

Le circuit entier fait 7 km, pour une durée de 2 heures [3].

« Depuis toujours, le mélèze a rendu les plus grands services aux montagnards. Son bois, rouge saumon au coeur dur, imprégné de résine, ce qui lui donne une grande résistance et écarte de lui des insectes, a construit d’innombrables chalets. La résine qui suinte des troncs employés à la construction ferme toutes les jointures et s’étend comme un vernis luisant qui rend le chalet imperméable à l’air comme à l’eau. » (…)
« Étant donné le rôle qu’il jouait chez les populations alpines, le mélèze était jadis chez elles l’objet d’un culte, du genre de celui que pratiquait les Ostiaks de Sibérie. Selon le philologue finlandais M.A. Castrem, qui les étudia sur place, les Ostiaks possédaient un bois sacré, composé d’un bosquet de sept mélèzes. Chaque passant devait y déposer une flèche et l’on suspendait à leurs branches une grande quantité de pelleteries précieuses. A Bèrézof, un arbre de cette essence, de cinquante pieds de haut et si vieux que seul sommet avait encore des feuilles, avait reçu les hommages des Ostiaks. » (…)
« Pour les Sibériens, le Mélèze n’était autre que l’arbre cosmique, le long duquel descendaient le Soleil et la Lune sous la forme d’oiseaux d’or et d’argent. »

(Jacques Brosse – Dictionnaire des arbres de France – Histoires et légendes)

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