Le gros saule de Tourly (Oise)

L’Oise est un des départements pour lequel nous avons peu d’informations, et jusqu’à présent seuls deux arbres se sont dévoilés : un vieux chênes forestier [1] et un tulipier de Virginie historique [2], mais la chance a sourit à Gilles lors de ses pérégrinations sur les routes de France.

« Voilà un bout de temps que je ne t’ai pas envoyé de reportage. Il me faut donc reprendre la rédaction avec une très belle surprise inopinée qui va venir encore rehausser les maximas d’une espèce. Je vais donc te présenter un gros saule argenté. »

« Je roule beaucoup ces temps-ci et parfois je suis amené à m’éloigner des chemins principaux. Sortir des routes toutes tracées, c’est souvent prendre des risques mais aussi très régulièrement un bonne idée. Ce conseil est valable dans la vraie vie, mais encore plus dans la recherche arboricole. »

« Je m’étais donc un peu perdu dans la campagne de l’Oise pour découvrir à la sortie du village de Tourly un tronc des plus alléchants. Il appartient à un saule argenté magnifique qui ne semble pas avoir été taillé, du moins pas récemment. Sa circonférence à 1m30 pulvérise les données dont je disposais concernant les saules français avec 7m70 ! »

« Son fût semble se scinder en deux par le milieu. Même si d’un côté, on aperçoit des « veines » qui les relient fortement, les deux charpentières son maintenant presque séparées par une zone dans laquelle le bois a pourri, formant ainsi un humus de première qualité. »

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Explorations estivales dans le département du Lot

Pour fêter comme il se doit le 46ème article exploration du Lot, Julien m’a fait parvenir les données de ses explorations estivales dans le département du Lot. Le résultat est plutôt impressionnant avec 11 arbres vivants et morts de différentes essences.

« Durant les vacances estivales j’ai fait du vélo et lors de mes excursions j’ai découvert deux arbres, le premier est un saule de 5,55 mètres de circonférence qui possède un houppier bien étendu et qui se situe non loin du golf du château de Montal. »

« J’ai aussi découvert un autre arbre, de loin j’ai remarqué sa silhouette se détachant près d’une église, j’ai donc pensé que ça pouvait être un bel arbre, j’ai tout d’abord cru que c’était un chêne mais en me rapprochant j’ai reconnu les feuilles et fleurs du tilleul. »

« Un tilleul non vilain de 4m18 qui trône au milieu d’un cimetière où est aussi implantée l’église ! Cet arbre étant situé sur le lieu-dit Saint-Martin des Bois. »

« L’été a été aussi la saison des sorties en voitures pour les arbres les plus éloignés, à savoir le saule têtard de Thégra [1] et pour répondre à vos interrogations concernant la circonférence j’annonce une circonférence de 6m80 à 1m30 mais la mesure n’est vraiment pas facile à faire et je souhaite bien du courage à ceux qui voudront la mesurer. »

« Cet arbre, étant creux (notamment ses branches), un noisetier a poussé là où il y avait une espèce de sciure dans une des branches (on peut l’apercevoir sur les photos). »

« Deux autres chênes sont venus compléter le rapport de cette sortie, un que j’avais repéré à côté d’un hangar près de l’étang de la prairie à Gramat (4m30 de circonférence). »

« Et puis un autre que j’ai pu découvrir grâce à l’excellent travail de Thierry Maillard sur le patrimoine de la commune d’Issendolus [2]. »

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Saule remarquable de Beffes (Cher)

Rendons nous avec Gilles à Beffes, à la limite entre les départements du Cher et de la Nièvre.

« Autre terroir, autres arbres. Je n’en avais pas encore rencontré de remarquable lors de mon passage en Anjou même si je suspecte que l’on peut en découvrir quelques-uns. Après tout, celui-ci pousse le long de ce même fleuve sauvage qu’est la Loire. »

« Il s’agit donc ici d’un saule argenté ventripotent. Sa circonférence au plus étroit est de 6m20. Voilà qui en impose. Cependant, malgré sa position bien en vue au bord de la route, il s’agit d’un arbre assez discret qui m’a attiré l’œil uniquement parce que je suis toujours plus ou moins aux aguets. »

« La raison de ce camouflage est qu’il s’agit d’un arbre taillé en têtard de façon visiblement très régulière et vigoureuse. Sa dernière taille ne doit pas remonter à plus de dix ans. Celle-ci a d’ailleurs été réussie car aucune partie du tronc n’est morte. C’est donc un bel exemplaire, fleuron de son espèce posé là au bord du canal latéral à la Loire. »

« Pour l’instant, c’est le deuxième ou troisième plus gros arbre que je connaisse dans ce département, mais je gage qu’il est possible de le reléguer bien plus loin. Et pour moi, c’est une grande première d’avoir ainsi déniché un saule plus que centenaire. »

Superbe saule ! Merci pour la découverte de cet arbre Gilles, un têtard au tronc impressionnant qui, bien que partiellement caché des regards, dévoile une sacrée puissance à son pied. Un saule argenté qui devance largement tous ceux présentés sur le blog, et j’ai beau fouiller mes bouquins, seul F. Lesourd en mentionnait un de 6,61m en 1929.

If de l’Archiprêtré de Mazière-sur-Béronne (Deux-Sèvres)

Et si on remontait en Deux-Sèvres avec Yanick ?

« Depuis plus de six ans que je chasse les arbres, cette passion m’a apporter la joie de rencontres mémorables. Celle que je vous présente aujourd’hui l’est à double titre. Tout d’abord parce que l’arbre rencontré est exceptionnel pour le département, et puis surtout pour l’accueil que nous ont réservé ses heureux propriétaires. »

« L’ancien archiprêtré de Mazière-sur-Béronne est un lieu chargé d’histoire [1]. Il faut remonter au IVe siècle pour en retrouver les fondations. Clovis y aurait enterré ses francs mort au combat. Un des vicaires de l’archiprêtré, Norbert Pressac de la Chagnaye, planta le premier arbre de la liberté de France le 10 mai 1790. Sur ce lieu on retrouve les traces d’une villa gallo-romaine, un puits sacré, une église romane, un temple Druidique, un aqueduc de 275m, 7 sources, des jardin créés en 1780 et, l’objet de ma visite, un if millénaire. »

« Nous fument accueillis par la propriétaire, la charmante Mme Wieme, qui nous conduit au pied de cet arbre, qui en fait est accompagné par un  if plus petit. Il forment ensemble un couple (mâle et femelle) qui parait inséparable. N’ayant jamais vu d’if aussi gros de ma vie, je fus émerveillé par la lumière que dégage la couleur rose saumon de son tronc. Celui-ci fait une circonférence de 5,78m à une hauteur de 40 cm (plus creux du tronc) et 15m de haut. »

« Un jardinier de Versailles a estimé cet arbre à un millier d’années. Mme Wieme me demanda mon avis et voyant l’attachement qu’elle porte à cet arbre je fus un peu gêné de lui avouer que je trouvais cela surestimé. »

« Ayant pris sur place la photo d’une branche coupée de 1,17m de circonférence, j’y ai compté environ 110 cernes. Je peux donc aujourd’hui lui accorder environ 550 ans. »

« Puis le colonel Wieme revenant d’une petite promenade nous a rejoint au jardin. Si sa femme experte du contre pied est très charmante, ce personnage haut en couleur ne m’a pas laissé indifférent. Il faut dire qu’il cache bien ses 89 ans. Nous avons eu droit à une histoire du site, des aventures de ce grand baroudeur [2][3], et de l’arbre généalogique de lui et sa femme. Tout ceci en défilant devant les portraits d’époques des aïeux. Nous avons alors vu une grande partie de l’histoire de France défiler sous nos yeux. »

« Heureusement avant que ce grand bavard (qu’il me pardonne) ne nous accapare, j’avais pris le temps de mesurer le deuxième if pour 3,10m à 1,30m puis un troisième pour 2,92m à 1,30m [4] et un superbe saule tortueux de 23 ans et 3m de circonférence. »

« Finalement cet après-midi d’été est passé à une vitesse folle et je n’ai pas eu le temps de tout visiter. Je ne manquerai donc pas d’y revenir le plus rapidement possible, d’autant que je pense que le Colonel ne nous a pas tout dit. »

« L’Archiprêtré de Mazière-sur-Béronne est à 5 kilomètres au sud de Melle. Les propriétaires actuels sont les héritiers du dernier Seigneur Archiprêtre résidant à Mazières-sur-Béronne de 1767 à 1801. Ils y ont déjà accueilli gratuitement plus de 43.000 visiteurs. Je tiens à remercier chaleureusement Mr et Mme Wieme pour leur accueil ainsi que Philippe Rabillat co-auteur du livre DVD « Arbres en Deux-Sèvres » [5] pour m’avoir lancé sur la piste de cet If. »

Ah, je savais bien que le département des Deux-Sèvres, si richement arboré, abritait forcément un if séculaire ! Merci pour ce reportage Yanick, car il s’agit là d’un très beau spécimen de taxus, avec un tronc massif soutenant un houppier encore assez élégant pour cinq siècles d’existence. Ces ifs mâle & femelle forment un couple remarquable, deux arbres qui ont surement de nombreux siècles devant eux. L’autre if que tu as trouvé dans la propriété n’est pas en reste non plus avec une circonférence approchant les 3 mètres. Et pour finir, le saule tortueux que tu nous présentes est vraiment superbe ; et avec une datation précise qui plus est ! (ce qui nous aidera grandement pour les autres explorations)

Saule blanc, Jardin botanique du Montet – Villers-lès-Nancy (Meurthe et Moselle)

Petite incursion avec Sisley en territoire Meurthe et mosellan pour rejoindre la préfecture du département afin d’aller goûter les senteurs et parfum des sentiers botaniques du jardin.

« Par une chaude après-midi de juin il y a deux ans, on se rendit en ville, histoire de flâner dans les grands espaces verts. N’étant jusqu’alors jamais été dans ces lieux, je fus aux anges de constater qu’une telle richesse végétale pouvait être concentré en un même endroit ! Nous n’avions guère le temps nécessaire pour visiter les serres, mais rien que le parc valu le détour : des dizaines d’espèces d’arbres et arbustes de zones tempérées des 5 continents, des dédales de sentiers zigzaguant entre les rocailles, parterres de plantes aromatiques et médicinales en passant par des zones aquatiques les innombrables collections de vivaces. »

« Pour bien faire il aurait fallu y passer l’après-midi, tellement la densité de découverte est forte. Mais pour ce qui est des vieux ligneux, je ne fus guère gâté car n’ayant pas franchit au plus les 40 ans, ces arbres sont encore un peu jeunes, malgré le fait que des individus peuvent être reconnus de par leur ‘rareté’. »

« Mais comme on ne fait jamais chou blanc, quelle ne fut pas ma surprise quand je fus en ligne de contempler un arbre singulier se détachant largement de ceux jusqu’à présent observés. A quelques pas de moi se tenait un spécimen bien insolite, une belle trogne de saule argenté, poussant à côté d’un petit plan d’eau. Un tour de 6 m pour une taille d’environ 9-10 m, je pense qu’il fut le dernier des anciens lieux, car avec certainement plus de 70 ans, il devait se trouver dans un tout autre contexte. »

« C’est une belle initiative d’avoir conservé ce vieux têtard qui aujourd’hui complètement creux, a l’air d’être régulièrement entretenu. Dans son nouveau cadre il fortement mis en valeur et trône ainsi dans ce petit fond de vallon comme un digne représentant de la gente des trognes ! »

Les collections extérieures [1], et pour plus d’info [2].

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Promenons-nous en Touraine

Décidément l’Indre-et-Loire se dévoile à grand pas [1], Christian nous emmène encore une fois explorer son département [2], comme d’habitude plusieurs reportages à suivre, et il y a quelques découvertes de premier plan, avec notamment le vieux chêne de La Casse…

Chêne de La Casse 1Chêne de La Casse 2 - 2006 © Stéphan Bonneau

Environ 400 ans. Il mesure 15 m de haut pour  7,15 m de circonférence à 1 m du sol. [3]

Chêne de La Casse 3Chêne de La Casse 4

Il avait été élagué à gauche par l’EDF. Cela a du affaiblir l’arbre.

« C’est un gros et vieux chêne pédonculé que l’EDF n’a pas respecté en l’amputant de façon indigne. C’est un chêne creux qui a environ 400 ans, c’est un vieil arbre fait d’autant de terre que de bois pour reprendre une expression de Jules Renard dans son Journal (1er octobre 1898). A l’aide d’une échelle la famille occupant la ferme voisine descend dans le tronc creux prélever du terreau pour ses fleurs, probablement au grand dam des larves de pique-prunes (Osmoderma eremita), le scarabée qui se reproduit dans ce type de milieu et dont la nécessaire protection a retardé de trois ans la construction d’un tronçon de l’autoroute A 28. »
(Photo 2 & texte tirés du livre Arbres remarquables en Touraine)

  • Le chêne pédonculé de La Forge, Vou.

Ce chêne mesure 23 m de haut et son tronc a une circonférence de 5,30 m. [3] Lire la suite

Vieil aulne & saules, Saâne-Saint-Just (Seine-Maritime)

Bien des essences d’arbres n’ont pas été présenté sur le blog, souvent en raison d’une espérance de vie réduite par rapport à d’autres, de ce fait ils atteignent rarement des dimensions qui pourraient les distinguer parmi leurs semblables.

C’est le cas de l’aulne, cet arbre des zones humides qui, bien que présent sur tout notre territoire et avec une espérance de vie de 200-300 ans, ne présente que peu de vieux sujets recensés (dans l’ouvrage de Félicien Lesourd [1] les plus gros sujets atteignent 1,95m). Mais la semaine dernière, Sébastien [2][3] a fait une découverte de taille en Normandie.

“Hier, en rentrant d’une balade dans le Pays de Caux, j’ai repéré à Saâne-Saint-Just dans une prairie humide quelques vieux ligneux tourmentés. Du coup, j’ai fait demi-tour pour aller voir de plus près ces petites merveilles de la nature.” (clic les photos)

Une circonférence de 3,82 mètres (à 1,40m) pour cet aulne vétéran au tronc bien abimé.

Il est rare de croiser de tels aulnes, celui-ci est lourdement atteint dans son intégrité, mais ce vieillard sénescent se montre malgré tout comme un fier doyen de l’espèce. Lire la suite