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Archive for the ‘Genévriers’ Category

Le vieux genévrier d’Opoul-Périllos (Pyrénées-Orientales)

20 septembre 2011 37 commentaires

Il existe encore quelques arbres fabuleux pour lesquels nous n’avons que peu d’informations, c’est le cas d’un très vieux genévrier cade du Sud de la France, découvert sur internet son port en parasol m’avait impressionné et sur une photo il paraissait vraiment imposant [1]. Mais qu’en était-il vraiment ? Le domaine viticole sur lequel il est implanté m’avait fourni la mesure de circonférence incroyable : 4,60 mètres !

Certainement un des plus vieux cade du territoire… Un arbre qui méritait un reportage poussé, mais comme j’avais du mal à trouver un reporter dans le coin, Yanick a une nouvelle fois mis sa sœur à contribution [2] et pendant l’été ils s’y sont rendus.

« Jeudi 4 août 2011, suivant les indications de Mme Dardenne du domaine du vieux genévrier à Opoul-Périllos dans les Pyrénées-Orientales, et après quelques kilomètres dans le paysage aride des Corbières, nous y sommes. »

« De loin il est magnifique on dirait un gros champignon. »

« Et de près il est encore plus impressionnant. »

« Son tronc est très tourmenté, éclaté en deux parties. Avec Titouan et Lucie nous le mesurons à 1m30 du sol, nous obtenons 5m20. Sa ramure est très étendue et épaisse, dessous on se croirait sous un gros parasol. »

« Ici les sangliers font des ravages, les vignes sont donc protégées par des clôtures électriques et le vieux genévrier bénéficie de cette double protection. »

« Selon Mme Dardenne, un pépiniériste est venu l’examiner il y a peu de temps, il pense que ce genévrier aurait entre 1600 et 1800 ans, c’est assez extraordinaire. »

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Catégories :Genévriers

Le genévrier de l’Imbut, Gorges du Verdon (Haute-Provence)

14 juin 2011 43 commentaires

Anaïs s’est rendue dans les Gorges du Verdon pour fêter ses 22 ans avec des amis dans ce site naturel grandiose, et en cadeau elle a pu dormir entre les racines d’un arbre millénaire.

« J’avais lu dans un guide de randonnée qu’il y avait un genévrier âgé de 2000 à 3000 ans dans les Gorges du Verdon, sur le sentier de l’Imbut [1] et quand, cherchant une grotte pour la nuit, nous sommes arrivés par hasard sur son lieu de repos, j’ai compris que la nature me faisait un magnifique cadeau. Un sentiment puissant de bonheur s’est installé en moi… beaucoup de bien-être, de joie… Il était là, au bord de la falaise, dans le noir et le vide, bercé par le ronflement de la rivière en contre bas et le bruit du vent dans la forêt de feuillus. Être éternel entre Ciel et Terre. Peut être était-ce son vœux… »

« Ayant lu l’article sur les sylves de genévrier en Ardèche [2], j’ai bien pris garde, rassure toi, de ne pas lui faire de mal et de faire bien attention aux racines. »

« La vue est grandiose à cet endroit et le mauvais temps rendait le lieu encore plus féérique (et bien moins fréquenté !). J’ai passé une douce nuit dans cette étrange atmosphère et au petit matin, j’ai pu l’observer à loisir. Il est protégé par la roche qui forme un dôme au dessus de lui. Le tronc se sépare en deux parties verticales. Une est bien vivante et plonge dans le vide comme une cascade de branches tourbillonnantes à donner le vertige mais l’autre ne conserve qu’un bras vrillé, une sorte de main tendue vers le ciel comme si un des deux liens s’était rompu. J’ai envie de croire qu’à cet endroit, des forces de la Terre et du Ciel sont réunies. Que la ligne, que forme le tronc et les racines, témoigne de l’énergie tellurique. Que le mystère reste le même mais nous amène vers la sagesse de ressentir la Vie. »

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Catégories :Genévriers

Genévrier cade, Anduze (Gard)

26 avril 2011 19 commentaires

Francis s’en est allé sous d’autres latitudes et du coup les reportages provençaux se sont faits bien rares, mais il y a peu j’ai été averti de la présence d’un très beau genévrier cade sur la commune d’Anduze. Les photos datent de janvier 2010, alors s’il y a des lecteurs dans le coin, surtout n’hésitez pas à m’envoyer des clichés récents pour une mise à jour !

« J’ai contracté une certaine obsession pour ce végétal, au début ce fut un ami qui me fit découvrir cette essence, pour son parfum. Ce qui m’a donné envie dans savoir plus sur cet arbre, et en faisant des recherches sur internet que suis tombé sur votre site. J’ai acheté pour en savoir plus le livre sur les genévriers, publié chez actes sud [1]. »

« Et je viens de lire le superbe article sur les genévrier des gorges de l’Ardèche [2]. »

« Je ne suis pas spécialement plus écologiste, que rationaliste, ou botaniste ; bref je n’y connais presque rien, ni en fleur, ni en plante, ni en arbre. Mais le cade me passionne ! »

« J’ai découvert ce cade lors d’un déplacement professionnel, en janvier 2010, de loin j’ai cru que c’était un cyprès, mais la couleur et la forme m’ont donné l’envie de m’approcher. »

« J’avais suivi les articles sur les cade dans Krapoarboricole, mais je ne m’attendais pas à trouver un tel spécimen. Il doit faire une dizaine de mètre de hauteur. La circonférence fait 178cm [3], il possède un tronc très droit sur la première partie, puis une très grosse branche part sur un côté. Il est en limite d’une châtaigneraie, qui doit être assez ancienne, car certains individus ont été coupés et des rejets sont déjà bien grands. »

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Catégories :Genévriers

Les sylves verticales de genévriers de Phénicie antiques (Ardèche)

1 mars 2011 27 commentaires

Peu d’arbres atteignent ou dépassent le millénaire dans l’hémisphère Nord, alors quand Sisley m’a averti de la découverte de peuplements de genévriers multi-séculaires à flanc de falaise dans l’Ardèche, imaginez donc ma joie ! S’il ne s’est pas lui-même rendu auprès de ces arbres antiques, il a réunit pour nous quelques photos, de nombreux documents et s’est entretenu avec J.P. Mandin qui a dirigé les recherches sur le terrain.

Un article long et parfois technique, mais qui permet de découvrir ce fantastique patrimoine.

« L’article qui suit est une synthèse de l’étude du genévrier de Phénicie sur les falaises des gorges de l’Ardèche, les différents points mis en avant proviennent de documents écrits par Jean-Paul Mandin, professeur et docteur en écologie. Ancien professeur de biologie-écologie, il a enseigné la botanique pendant toute sa carrière, est également vice-président de la Société botanique de l’Ardèche et membre du conseil scientifique de la Réserve naturelle nationale des gorges de l’Ardèche. »

« C’est grâce à lui et à son bon vouloir que nous pouvons aujourd’hui apprécier l’article qui a découlé de la réunion d’une grande quantité de données. »

« Mon intérêt pour cette plante commença lorsqu’un ami, ancien élève du lycée agricole Olivier de Serres d’Aubenas, me raconta l’étude à laquelle il participait avec sa classe sous la direction de M. Mandin alors encore enseignant dans l’établissement en matière d’écologie pour les étudiants du BTS Gestion et protection de la nature. »

« Puis après quelques années, je décidais enfin d’en savoir davantage après avoir lu un rapport sur un peuplement de genévriers et je pris contact avec M. Mandin afin qu’il puisse m’en dise long sur le sujet. »

« Le résultat fut prometteur, car désormais nous avons enfin pu façonner un reportage sur cette espèce si particulière et discrète, qu’est le genévrier de Phénicie. »

Afin que la lecture ne soit pas trop longue, j’ai assemblé les points essentiels des documents et pour ceux qui veulent en savoir davantage, une série de rapports rédigés par le professeur Mandin sera mis à dispositions plus bas.

L’étonnante histoire non pas d’un arbre mais de différents peuplements peut alors débuter :

« Tout d’abord, un mot sur l’origine de son nom, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce genévrier n’est pas directement lié à la Phénicie et son nom latin est souvent utiliser à tort, car la faute de transcription remonte à la classification taxonomique de Linné qui pensait que phoenicia faisait le lien avec Phénicie bien qu’il l’ai écrit avec un p minuscule, or cela signifie d’un rouge éclatant ou pourpre en grec ; en latin phoeniceus, ce qui se rapporte directement à la couleur automnale de ses baies rouges ou plutôt devrait-on écrire de ses cônes. (source : « Le nom de l’arbre, le genévrier, Actes Sud » et un site internet où l’on peut consulter le « dictionnaire étymologique de la flore française ». »

« Dans l’hémisphère nord, il existe 60 espèces de genévriers dont 5 en France plus une sous-espèce : le cade, le thurifère, le commun, le sabine, de Phénicie et le commun nain. »
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Carte d’identité du genévrier de Phénicie

Cône brun orangé à maturité, gros (5-15 mm) / Feuilles en écaille très petites
Pas ou peu de rameaux à feuilles piquantes / Arbrisseau dressé
Rameaux cylindriques / Espèce monoïque (parfois dioïque)
Héliophile / Xérophile essentiellement sur calcaire et sols superficiels
Capable de se développer dans les fissures de rochers : corniches, falaises, rochers maritimes, garrigues rocailleuses
Assez commun en région méditerranéenne, son aire est cependant moins étendue que celle du Genévrier oxycèdre. Jusqu’à 1200 m

Dans le groupe phœnicea, on distingue également trois taxons : J. phœnicea, J. turbinata subsp. turbinate et J. turbinatea subsp. canariensis.

Le Genévrier de Phénicie ou Mourven des provençaux : Juniperus phœnicea

C’est le deuxième genévrier méditerranéen qui se distingue immédiatement de son cousin, le Cade, par ses innombrables ramules couverts de feuilles en écaille minuscules.  Son aire de répartition est également moins étendue.

Très xérophile, il affectionne les garrigues les plus pauvres, les fissures des rochers et même les falaises calcaires où ses boules rouge brique défient l’ensoleillement le plus fou et l’aridité quasi absolue (étage thermoméditerranéen).
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En juin 1999 paraissait un entrefilet dans la revue La Recherche indiquant ceci :

« L’étude de quarante-six falaises américaines et européennes révèle que les forêts buissonnantes de ces escarpements rocheux seraient parmi les plus anciennes de l’hémisphère Nord (D.W. Larson et coll., Ancient stunted trees on cliffs, Nature, 398, 382, 1999). Un genévrier des Gorges du Verdon, par exemple, a 1 140 ans. Ces forêts naturelles, aux arbres de petite taille et à croissance très ralentie, ont échappé aux perturbations des activités humaines, même en pleines zones agricoles ou industrielles. »

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Catégories :Genévriers

Genévrier cade séculaire, Saint-Hippolyte-de-Caton (Gard)

8 juin 2010 39 commentaires

Et hop, d’un bond traversons la France, et rejoignons Francis dans le Gard.

« .. désolé pour le manque de nouvelles et de commentaires que je donne en ce moment sur le blog, mais je suis en plein dans les haricots, les melons et les abricots en ce moment, c’est la période la plus tendue de l’année. J’en ai quand même profité pendant mon petit week-end dernier pour aller faire une petite balade arboricole, histoire de pas perdre la main, et vérifier si mon sens de l’intuition était toujours bien affûté ! »  (clic les photos)

« Je me souviens que lorsque tu avais publié le reportage sur le Genévrier Cade d’Euzet, le Goupil30 avait éveillé notre curiosité en mentionnant la présence d’un autre Genévrier à quelques kilomètres à peine de celui d’Euzet, et tu m’avais également envoyé un mail avec photo et localisation à l’appui. Le week-end dernier je me suis donc décidé à aller y faire un petit tour histoire d’admirer l’arbre séculaire en question. Direction Saint-Hippolyte-de-Caton, commune jouxtant celle d’Euzet et à 10km environ de Castelnau-Valence, village où se trouve également un magnifique Genévrier cade, ce qui reviendrait à une densité de trois Genévriers remarquables dans un rayon inférieur à 10km. »

Genévrier cade Saint-Hippolyte-de-Caton 2Genévrier cade Saint-Hippolyte-de-Caton 4Genévrier cade Saint-Hippolyte-de-Caton 3

« Le vieux cade se situe en bord de route sur la D191 entre Hippo et le lieu-dit Les sources. Il a une circonférence de 2m40 à 1m, pour une hauteur qui avoisine les 4-5m. On distingue une fissuration du tronc jusqu’à sa base, mais de façon bien moins prononcée que le Genévrier d’Euzet. Son état sanitaire a l’air bon, malgré la présence de quelques rameaux morts ou rougissants, il est encore là pour un bon bout de temps. J’espère que les pesticides qui arrosent la parcelle viticole dans laquelle il se localise, n’auront pas raison de lui. »

« En repartant, je me suis dit que j’allais passer par le village de Saint-Hippo, et j’allais pas être déçu, j’avais flairé le bon coup, vu le potentiel de la région. » Lire la suite…