Saint Gerold

Noble personnage de Rhétie, au cœur des Alpes, Gerold abandonne ses terres aux moines de l’abbaye d’Einsiedeln et se retire dans une forêt de Wallgau pour y vivre en ermite vers 970. « Il alla se reposer auprès d’un vieux chêne, qui servit de retraite au Saint ».

Il a deux fils Cunon et Udalric qui finissent par le retrouver, et deviennent ses premiers disciples. Alors l’empereur Otton 1er fait construire un petit monastère à l’emplacement de l’ermitage. Mort en 978 Gerold poursuit son apostolat en faveur des pèlerins qui viennent le prier sur sa tombe, dans l’église du monastère. Le culte de saint Gerold est important à Einsiedeln, Saint-Gall et Coire en Suisse.
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La vie de Saint Gerold solitaire, Vie des saints, tirée des auteurs ecclésiastiques anciens et modernes, divisée en 4 tomes, augmentée de plusieurs vies qui n’ont point encore paru en nôtre langue, par S.I. de Blémur, Jacqueline Bouette de Blémur, 1689, p. 148.

Saint Gerold, 16e numéro de la série Trophaeum vitae solitariae, Martin de Vos, conservé au Petit Palais, musée des Beaux-arts de la ville de Paris.

Zoerarde

André Svorad (en latin Zoerardus, en polonais Swierad), né vers 980 et mort vers 1009 (?), est un moine canonisé par l’Église catholique, et dont le culte est vivace dans l’actuelle Slovaquie et le sud de la Pologne. Il est le patron du diocèse de Nitra en Slovaquie et du diocèse de Tarnów en Petite-Pologne.

La vie de saint André Svorad est relatée par l’hagiographie de l’évêque Maur de Pécs, écrite en 1064. Selon cet écrit, André Svorad est né vers 980 dans une région aujourd’hui faisant partie du Sud de la Pologne.

André trouve refuge au monastère Saint-Hippolyte de Zobor à Nitra dans l’actuelle Slovaquie. L’abbé Philippe lui donne plus tard la permission de vivre dans un ermitage dans la forêt de Skalka, près de la vallée de la rivière Vah. Il y mène une vie ascétique et extrêmement rigoureuse.

Saint Zoerarde-Bibliotheque Lyon

Il a vécu une vie de pénitence stricte, à veiller des nuits au cœur d’un tronc d’arbre garni de pointes, à jeûner et à se mortifier le corps à l’aide d’une chaine en bronze. Il était accompagné d’un disciple, le Saint Benoît de Skalka, qu’il a formé sous l’influence du monastère. Il y a une certaine divergence dans les informations sur la mort d’Andreas et Benedict. Une version dit qu’Andreas est décédé vers 1010 à Skalka, un autre en 1009, un troisième en 1030 et un quatrième vers 1034. Cependant, toutes les sources s’accordent à dire que Benoît a continué à vivre dans la grotte de Skalka pendant trois ans, où il a vécu un vie strictement ascétique, avant d’être assassiné par des voleurs.
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Saint Zoerarde par Johan Sadeler, 1550-1600 – Martin de Vos, 1532-1603. Conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon.

Gerlac de Houthem

Gerlac était un soldat, officier de l’empereur germanique, licencieux et plus ou moins brigand. Il était marié, et, à la mort de sa femme, il devint un chrétien particulièrement pieux, allant en pèlerinage à Rome d’abord, où il fit une confession générale de ses péchés au Pape Eugène III puis à Jérusalem où ce dernier l’envoya afin d’y soigner les malades, ce qu’il fit pendant sept ans.

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À son retour en Hollande, il fit don aux pauvres de tout ce qu’il possédait, et s’isola dans un chêne creux en guise d’ermitage, près de Houthem. Là, il se nourrissait de pain mêlé à de la cendre, et allait tous les jours en pèlerinage à Maastricht, à la basilique Saint-Servais.

Des moines voisins souhaitaient le voir intégrer leur monastère, d’autant plus qu’ils étaient persuadés que Gerlac était très riche, et cachait son trésor justement dans le creux de l’arbre où il vivait. L’évêque du lieu ordonna donc que le chêne soit abattu. Quand il s’aperçut qu’il n’y avait pas de trésor caché, il ordonna que l’arbre soit débité en planches et qu’il soit construit avec un nouvel ermitage pour Gerlac.
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Texte et illustrations : Wikipédia, l’encyclopédie libre que chacun peut améliorer. (CC BY-SA 3.0)

La tentation de Saint Antoine

Saint Antoine fut le premier anachorète connu de la chrétienté, égyptien aisé qui vers l’âge de 20 ans partit s’établir dans le désert de Haute-Égypte, dans la région de Thèbes. Représenté ici en ermite au creux d’un vieil arbre, confronté silencieusement à lui-même et aux démons.

Hiëronymus van Aken (Jérôme Bosch) – La tentation de Saint Antoine, 1510.

Les saints dendrites

Si en France certains arbres par leur âge canonique se sont vus transformer en chapelle comme à Villedieu-la-Blouère ou encore à Saint-Sulpice-le-Verdon, d’autres installées en haut des arbres furent habitées comme à Allouville-Bellefosse. Et parfois, des ascètes choisirent d’y installer leur ermitage ainsi que le fit le moine Le Graet au cœur du chêne de Tronjoly.

En Syrie, aux débuts du christianisme, les saints dendrites faisaient partie d’une caste d’ascètes tenant leur nom des arbres (du grec dendron signifiant « arbre »). Les dendrites vivaient dans les arbres, debout ou assis, à la façon des stylites qui vivaient perchés en haut de colonnes. Il est probable que certains dendrites, tout comme les stylites, construisirent de sortes de petites cabanes dans les branches des arbres pour un faciliter leur séjour.

Ce type de vie monastique est unique, car les dendrites sont « au dehors » à l’inverse des moines reclus « à l’intérieur » des murs protecteurs de leur monastères. Ce contraste est frappant, ces ermites solitaires qui se sont élevés sur un arbre, ont mené des vies de reclus loin de tout patronage spirituel ou politique… Dans les branches, ballotés par les vents et se sustentant uniquement avec les fruits et les feuilles de l’arbre hôte.

  • Saint David de Thessalonique

Encore jeune, saint David entra au monastère des Saints Martyrs Théodore et Mercurius de Thessalonique où il vécut dans le renoncement et la prière. A la lecture de la vie des saints stylites Siméon et Daniel, il fut pris d’une telle componction qu’il décida de suivre leur exemple afin de trouver le repos en leur compagnie après la mort. Un jour donc, il monta dans l’amandier qui s’élevait à gauche de l’église et y élut domicile. Il était résolu à mener cette vie d’ascèse extrême le reste de sa vie, exposé aux rigueurs du climat, à l’inconfort et à l’instabilité jusqu’à ce qu’au bout de trois ans un Ange lui demanda de descendre et de se retirer dans le silence d’une cellule. Il accomplit de nombreux miracles et intervint auprès de l’Empereur Justinien pour établir un siège épiscopal à Thessalonique. Il rendit son dernier souffle en vue du port de Thessalonique sur le navire qui le ramenait de Byzance : « le navire s’immobilisa malgré la forte brise qui gonflait les voiles et un parfum céleste enveloppa l’atmosphère. »

David of Thessalonika 6

  • Saint Tikhon de Kalouga

Saint Tikhon de Kalouga, dans sa jeunesse, a reçu la tonsure monastique au monastère Tchoudov à Moscou, mais à travers son amour pour la solitude, il s’installe à un endroit isolé près de Maloyaroslavl. Il vivait dans l’ascétisme dans une forêt profonde et dense, sur la rive de la rivière Vepreika, dans le creux d’un chêne géant antique. Lors d’une chasse, le prince Basile Vladimirski (petit-fils de Vladimir le Brave), est venu à Saint-Tikhon, en colère lui ordonna de quitter sa propriété immédiatement, et osa même lever son fouet contre le moine. Mais immédiatement la main du prince s’engourdit, pris au dépourvu par un tel châtiment, le prince se repentit de sa conduite et avec humilité demanda pardon.

  

Le prince obtint la guérison par la prière du saint. Il invita le moine à rester sur sa propriété et d’y construire un monastère pour les moines, en promettant de lui fournir tout le nécessaire. Saint Tikhon construisit un monastère qu’il dirigea jusqu’à ce qu’il atteigne un  grand âge, et il mourut en l’an 1492. Son corps a été enterré dans l’église du monastère qu’il a fondé.

« … Je me suis passionné pour ces saints orientaux qu’on surnommait dendrites et qui faisaient vœux de vivre dans les arbres sans jamais mettre un pied sur le sol. Ils sont totalement ignorés – comme les mystérieux villageois de Jules Vernes – et seul un petit nombre d’historiens s’est intéressé à leur vie. Des dendrites ! De toute évidence, l’homme n’est devenu vraiment homme, vraiment erectus et sapiens, qu’en quittant à jamais les branches et à l’abri des arbres ancestraux, mais ces dendrites, prenant à rebours le chemin évolutif – dont, bien sûr, ils n’avaient nulle idée – retrouvaient l’existence arboricole. » (Jacques Lacarrière, Histoires de lecture)

Sources :

– The dendrites in pre-Christian and Christian historical-literary tradition and iconography, Constantine P. Charalampidis, 1995.
– Dendrites and other standers in the history of the exploits of Bishop Paul of Qanetos and priest John of Edessa, Kyle Smith, Journal of Syriac Studies, Vol. 12.1, pp. 117-134.
– J. Sanidopoulos, Righteous David the Dendrite of Thessaloniki.
– J. Sanidopoulos, Saint Tikhon of Kaluga the Tree Dweller.