L’arbre des langues

Alors qu’une visualisation globale peut rendre toutes les langues du monde disparates, cet arbre généalogique linguistique montre comment elles ont grandi à partir d’une racine commune. Il explique également comment les langues peuvent évoluer et se diversifier au fil du temps.

Cet arbre linguistique comprend de nombreuses langues qui peuvent être considérées en danger aujourd’hui, comme le catalan ou le gallois. Cependant, avec la mondialisation, quelques tendances linguistiques apparaissent.

  • La renaissance des langues

Certaines enclaves de langues marginalisées sont préservées par fierté pour les histoires traditionnelles et culturelles qui y sont attachées.

Alors que le catalan était autrefois interdit [1], sa renaissance est un marqueur clé de l’identité à Barcelone. Plus de 150 universités enseignent le catalan dans le monde. Dans le cas du gallois, un projet universitaire [2] gigantesque prévoit de s’assurer qu’il ne s’éteindra pas. Les chercheurs compilent dix millions de mots gallois pour préserver le passé, le présent et l’avenir de la langue.

  • Prévisions linguistiques

À ce stade, l’anglais est la lingua franca – adoptée comme langue commune parmi les locuteurs de langues maternelles différentes. Cependant, ce statut pourrait bientôt devenir plus flou à mesure que les tendances démographiques se poursuivent.

La montée en puissance de la Chine est une évidence à considérer. Alors que la Chine continue d’accroître sa puissance et son influence économique, ses langues vont également proliférer.

Dans le même temps, 26 pays africains devraient doubler leur taille actuelle [3], dont beaucoup parlent le français comme première langue. Une étude [4] de la banque d’investissement Natixis suggère que la croissance de l’Afrique pourrait bien mettre le français au premier plan – ce qui en fera la langue la plus parlée d’ici 2050.
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Les données sont issues d’un article d’Iman Ghosh « All the World Languages in One Visualization » publié le 5 juillet 2019 sur le site Visual Capitalist.

L’illustration a été réalisée par Minna Sundberg, faites donc un tour sur son site et régalez-vous avec ce comic post apocalyptique « Stand Still. Stay Silent », de belles illustrations pour un récit futuriste contenant des éléments de mythologie nordique. Commencé en 2013 avec une nouvelle page mise en ligne chaque lundi, mardi, jeudi et vendredi.

L’arbre à alphabet

Cette illustration extraite d’un manuel scolaire destiné à l’instruction de jeunes moniales du couvent des Pénitentes de Fribourg, est une invitation pour ces jeunes élèves du XVe siècle à découvrir l’apprentissage de l’alphabet.

La métaphore du savoir prend volontiers au Moyen Âge la forme d’un arbre. Le premier savoir intellectuel à acquérir étant l’alphabet, l’image de l’arbre à alphabet est-elle naturellement venue à l’idée des pédagogues médiévaux, surtout quand ils sont aussi prédicateurs, comme c’est le cas de Geiler von Kaysersberg : car prêcher, c’est planter un arbre, disent ses confrères…

Au pied de cet arbre, où les lettres sont accrochées aux branches comme des pommes, les élèves étudient avec leur maître. Ce dernier montre du doigt la lettre a, donnant le sens de lecture (dans celui des aiguilles d’une montre), le d, comme dominus (maître en latin), touche son chapeau, désignant sa profession ; la lettre maîtresse est le m, initiale de la Vierge Marie, les trois dernières lettres, x, y, z, n’ont pas droit à une branche pour elles toutes seules, mais chacune a un surgeon : les lettres dites « grecques » ne sont pas classées sur le même plan que les autres. C’est pourquoi elles apparaissent à part, à la fin de l’alphabet seulement.

Opuscule de Geiler von Kaysersberg. Gravure, Ulm, J. Zainer, 1490 (1ère édition 1489). BnF, Imprimés, C46159 © Bibliothèque nationale de France.

Le Noyer de Benevento

Le Noyer de Bénévento était un très vieux noyer – dit toujours vert – consacré au dieu germanique Odin, autour duquel une communauté de Lombards s’est réuni à partir du VIe siècle, dans les territoires habitée par les Samnites. La célébration des rites païens et religieux, qui prévoyait la suspension d’une peau de chèvre ou de serpent sur l’arbre, a donné lieu à diverses légendes qui se sont perpétuées au cours des siècles, concernant les cérémonies et les rituels magiques pratiqués par les sorcières à l’occasion du sabbat.

Il Noce di Benevento, Giuseppe Pietro Bagetti, (1764-1831), collection privée.

« Dans l’Antiquité préhellénique, le Noyer semble avoir été consacré à une divinité mystérieuse de la Mort, nommée Kar ou Ker dont hérita chez les Grecs Coré, « la jeune fille », enlevée par Hadès et devenue déesse des Enfers sous le nom de Perséphone (Proserpine en latin). Ce nom est lui-même préhellénique et désignait une ancienne divinité de la Mort, identifiée par la suite avec la fille de Déméter. Toujours est-il que le Noyer était voué aux divinités infernales et l’est depuis lors resté. C’est en tant qu’arbre maudit qu’il figure dans les folklores, surtout en Italie, où les sorcières se rassemblaient la nuit du Sabbat sous les Noyers.
Celui de Benevent fut bien connu pendant des siècles comme le lieu de rendez-vous des magiciennes de la région, qui se baignaient dans la rivière proche, appelée justement Sabato. Ce noyer qui disparut au XVIIe siècle passait pour très vieux, puisqu’au VIIe siècle, sous le règne de Constant II, l’évêque Barbatus, patron de la ville qui était retombée dans des pratiques païennes, l’avait fait arracher jusqu’au racines, exorcisant le diable alors apparu. Nous avons là un nouvel épisode de la lutte du clergé contre le culte des arbres. Mais ce noyer devait être particulièrement résistant, car, sans doute après la mort de l’évêque « barbu » un autre noyer apparut à la même place « tout aussi élevé, tout aussi vert » et reprirent les réunions démoniaques. »

Jacques Brosse, Dictionnaire des arbres de France, Mythes et légendes, p.127. Lire la suite

Laurus Metaphysica

Spectaculaire représentation allégorique de la métaphysique aristotélicienne, gravée par Léonard Gaultier (1561-1635), d’après un dessin du frère Mineur Martin Meurisse, utilisé par les étudiants de philosophie de la Sorbonne.

Une composition complexe représentant un arbre allégorique avec des racines qui sortent d’une rivière qui se transforment en plusieurs chemins pris par les croyants pour atteindre la connaissance.

Laurus metaphysica, Martin Meurisse. Gravé par Léonard Gautier (1616). Éditeur : Cum privilegio Regis. I Messager excudit. Conservé à la BnF.

Saint Gerold

Noble personnage de Rhétie, au cœur des Alpes, Gerold abandonne ses terres aux moines de l’abbaye d’Einsiedeln et se retire dans une forêt de Wallgau pour y vivre en ermite vers 970. « Il alla se reposer auprès d’un vieux chêne, qui servit de retraite au Saint ».

Il a deux fils Cunon et Udalric qui finissent par le retrouver, et deviennent ses premiers disciples. Alors l’empereur Otton 1er fait construire un petit monastère à l’emplacement de l’ermitage. Mort en 978 Gerold poursuit son apostolat en faveur des pèlerins qui viennent le prier sur sa tombe, dans l’église du monastère. Le culte de saint Gerold est important à Einsiedeln, Saint-Gall et Coire en Suisse.
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La vie de Saint Gerold solitaire, Vie des saints, tirée des auteurs ecclésiastiques anciens et modernes, divisée en 4 tomes, augmentée de plusieurs vies qui n’ont point encore paru en nôtre langue, par S.I. de Blémur, Jacqueline Bouette de Blémur, 1689, p. 148.

Saint Gerold, 16e numéro de la série Trophaeum vitae solitariae, Martin de Vos, conservé au Petit Palais, musée des Beaux-arts de la ville de Paris.

Zoerarde

André Svorad (en latin Zoerardus, en polonais Swierad), né vers 980 et mort vers 1009 (?), est un moine canonisé par l’Église catholique, et dont le culte est vivace dans l’actuelle Slovaquie et le sud de la Pologne. Il est le patron du diocèse de Nitra en Slovaquie et du diocèse de Tarnów en Petite-Pologne.

La vie de saint André Svorad est relatée par l’hagiographie de l’évêque Maur de Pécs, écrite en 1064. Selon cet écrit, André Svorad est né vers 980 dans une région aujourd’hui faisant partie du Sud de la Pologne.

André trouve refuge au monastère Saint-Hippolyte de Zobor à Nitra dans l’actuelle Slovaquie. L’abbé Philippe lui donne plus tard la permission de vivre dans un ermitage dans la forêt de Skalka, près de la vallée de la rivière Vah. Il y mène une vie ascétique et extrêmement rigoureuse.

Saint Zoerarde-Bibliotheque Lyon

Il a vécu une vie de pénitence stricte, à veiller des nuits au cœur d’un tronc d’arbre garni de pointes, à jeûner et à se mortifier le corps à l’aide d’une chaine en bronze. Il était accompagné d’un disciple, le Saint Benoît de Skalka, qu’il a formé sous l’influence du monastère. Il y a une certaine divergence dans les informations sur la mort d’Andreas et Benedict. Une version dit qu’Andreas est décédé vers 1010 à Skalka, un autre en 1009, un troisième en 1030 et un quatrième vers 1034. Cependant, toutes les sources s’accordent à dire que Benoît a continué à vivre dans la grotte de Skalka pendant trois ans, où il a vécu un vie strictement ascétique, avant d’être assassiné par des voleurs.
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Saint Zoerarde par Johan Sadeler, 1550-1600 – Martin de Vos, 1532-1603. Conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon.