Arbre du Paradis

Feuillet d’un manuscrit éthiopien réalisé pour la princesse Zir Ganela, petite fille du roi Amda Seyon Ier.

Des oiseaux perchés sur des arbres et des branches avec inscrit « Arbre du Paradis » (en Ge’ez) au-dessus du cadre architectural soutenu par des colonnes enfermant deux grands oiseaux avec des cous emboîtés accompagnés de l’inscrisption « Oiseaux qui habitent au milieu de la mer » (en Ge’ez) et deux plus petits oiseaux confrontés. Dans la marge gauche, deux oiseaux avec des cous entrelacés autour d’un bâton ou d’un tronc d’arbre. Dans la marge droite, oiseau avec le cou entrelacé autour d’un tronc d’arbre.

Éthiopie, 1400-1401, MS M.828 folio 5v, Zir Ganela Gospels conservé à la Morgan Library.

Chêne sacré, Palestine

« Le site de Laish, renommé plus tard Tel Dan, constitue l’ancienne limite septentrionale de la Terre Sainte. »

« À la source la plus occidentale du Jourdain, cet endroit est maintenant connu sous le nom de Tell el Kady (la colline des Juges), et il y a un chêne sacré auquel sont accrochés des offrandes votives, sur une tombe dédiée à Sheikh Merzûk. »

Charles Wilson, Picturesque Palestine : Sinai and Egypt, 1881, p. 343.

« Le makam est la place d’un saint. Il est de préférence sur une colline, mais peut être simplement une tombe d’un saint dans une enceinte grossière sous les cieux ouverts, ou la tombe peut être un petit bâtiment, généralement avec un dôme, appelé un kubbeh. Une telle tombe peut être dans une ville ou un village, ou même sur un terrain bas, comme le makam d’Abu Zenimeh, de la péninsule Sinaïtique, qui est une hutte frêle au bord de la mer Rouge. »

« Il ne fait aucun doute que les bosquets sacrés et les arbres sacrés ont essentiellement les mêmes caractères que ceux mentionnés dans l’Ancien Testament, et qu’ils existent à peu près au même endroit qu’avant, partout où les arbres peuvent pousser ; au moins un arbre pousse près d’un makam. Il existe un tel arbre à Tell el-Kadi sur la tombe d’un weli. »

« Le seul arbre que j’ai vu dans un trajet de neuf heures entre Beersheba et Gaza était un arbre sacré. Les arbres eux-mêmes, comme nous l’avons observé, sont parfois l’objet d’un culte. Bien que le nom de Baal ait péri en rapport avec ces lieux, leur culte est encore observé. »

Samuel Ives Curtis, Primitive Semitic Religion Today : a record of researches, discoveries and studies in Syria, Palestine and the Sinaitic Peninsula, 1902, p. 143.

L’arbre Jinmenju – 人面樹

En découvrant cet arbre légendaire du Japon, j’ai tout de suite été saisi par le lien de parenté stylistique évident avec l’arbre Waq Waq [1], ou avec l’arbre devin rencontré par Alexandre le Grand [2]. Un arbre du monde arabo-persan dont les légendes semblent avoir suivi les hommes sur la roue de la soie.

L’arbre Jinmenju (arbre à visage humain) a été décrit pour la première fois dans l’encyclopédie japonaise Wakan Sansai Zue compilée par Terajima Ryōan en 1712 (période Edo). Ce docteur d’Osaka décrit un arbre étrange qui pousse bien au-delà des îles japonaises, au sud de la Chine.

« Entre les vallées et les montagnes de ce pays, il y a un arbre dont les fleurs sont comme des têtes humaines. Elle ne disent rien et rient. Quand elles ont ri sans discontinuer, elles tombent. »

Ninmenju, Wakan Sansai Zue, 1715, volume 15 « barbares extérieurs », cadre 24/67.

Cette description a été reprise en 1781 par Toryama Sekien dans son bestiaire fantastique et surnaturel Konjaku Hyakki Shūi. L’auteur dit quasiment la même chose, mais omet le personnage qui regarde l’arbre, et n’indique pas le pays, ce qui est logique puisque Sekien veut mettre en avant l’arbre et non son contexte

Toryama Sekien, Konjaku Hyakki Shūi, Jinmenju, volume 1, 1781. Lire la suite

L’arbre Nariphon – นารีผล

Partons sur les traces d’un arbre mythologique bouddhiste dont les représentations rappellent étrangement l’iconographie de l’arbre Waq waq [1].

L’arbre Nariphon (นารี ผล), également connu sous le nom de Makkaliphon (มักกะลีผล), est un arbre de la mythologie bouddhiste qui porte des fruits ayant la forme de jeunes créatures féminines attachées par leur tête aux branches de l’arbre. Cet arbre pousse sans la forêt mythique d’Himaphan où les fruits femelles sont appréciés par les Gandharvas qui les recoltent.

Le Nariphon est également mentionné dans le Vessantara Jataka dans lequel il est rapporté que le dieu Indra a placé ces arbres autour du bosquet où le Bodhisattva Vessantara méditait.

Nariphon - Wat Photaram murals

Selon la mythologie bouddhiste, le Dieu Indra a créé au coeur de la forêt un pavillon comme une demeure pour Vessantara, sa femme, et ses deux enfants. Chaque jour sa femme allait dans la forêt pour ramasser des fruits : elle risquait cependant d’être attaquée par des ermites ou des yogis qui y vivaient. Lire la suite

L’arbre de vie du Paradis

Quelques précisions concenant l’arbre de vie du Paradis évoqué aux débuts du blog [1].

« Il m’a montré un fleuve de vie, une eau resplendissante comme du cristal. Elle sortait du trône de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la rue, de part et d’autre du fleuve, un arbre de vie fructifiait douze fois donnant du fruit chaque mois. Et les feuilles de l’arbre servait pour la guérison des nations. »
(Nouveau Testament, Apocalypse de Jean, XXIII, 1-2, édition La Pléiade)

Liber Floridus folio 52 Paradysus

Liber Floridus, Lambert de Saint-Omer, Paradysus, folio 52.
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« Qui a des oreilles qu’il entende ce que l’Esprit dit aux églises :
Le vainqueur, je lui donnerai à manger de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu. »
(Nouveau Testament, Apocalypse de Jean, II, 7, édition La Pléiade)

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« Heureux les vainqueurs de l’Apocalypse », une enluminure contemporaine de Pascal Meier.

Homo arbor inversa

« Homo arbor inversa » une illustration extraite de l’ouvrage Parvus Mundus de Laurentius Haechtanus, édité pour la première fois à Anvers en 1579, richement illustré par le graveur Gérard de Jode. On soupçonne les gravures et le texte d’être d’inspiration hermétique.

Parvus Mundus ed. 1644

« Homo arbor inversa », Μικροκόσμος Parvus mundus, édition 1644, p. 77.

« Omnis arbor quae non facit fructum bonum exciditur et in ignem mittitur », Bible Vulgate (Mathieu 7,19).

Ainsi un bon arbre fait de beaux fruits, et l’arbre pourri fait de mauvais fruits.
Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits ni un arbre pourri porter de beaux fruits.
Tout arbre qui ne fait pas de beaux fruits sera coupé et jeté au feu.
La Bible Nouveau Testament, Évangile selon Matthieu, VIII, 17-19, édition La Pléiade.

Le poème en latin qui accompagne cette illustration nous fournit de plus amples explications :

L’homme est un arbre inversé : comme le dit Aristote, la tête de l’homme est comme la racine d’un arbre : d’elle dépend la prospérité de l’ensemble. Si la racine de l’esprit d’un homme est la sagesse, alors vide de mauvais fruit, il prospérera pleinement.