Le Roi Châtaignier de La Chapelle-Bertrand (Deux-Sèvres)

Encore une découverte hallucinante de Yanick en Deux-Sèvres…

« Maintenant que les trois Rois de Saurais se sont révélés [1], et que l’énigme de leur nom a été déchiffrée par Sisley, chacun se demande si Charles, César et David seront accompagnés par Alexandre et former ce beau carré de Rois tant attendu. »

« Et bien oui évidemment, sinon j’aurai choisi le nom des Rois mages. Si j’ai choisi de le présenter séparément, c’est que bien qu’il ne soit pas très loin des trois premiers (200 mètres), il ne se trouve pas sur la même commune. Il y a aussi le fait que je l’ai découvert moi-même en compagnie de Yann. »

« C’est vrai qu’en voyant les premiers, je me suis dit que comme bien souvent (comme les champignons), quand il y a du gros dans un coin, il y en a souvent d’autres pas bien loin. »

« Comme j’avais un peu de temps devant moi, j’ai enjambé des clôtures barbelés, histoire de jeter un coup d’œil dans les environs. Il ne m’a pas fallu longtemps pour apercevoir en bord de prairie une grosse masse sombre un peu plus importante que les autres. »

« Et là, (restons dans notre jeu de cartes) bonne pioche ! Notre Alexandre, courtaud mais trapu, le ventre creux et tout éclaté se dressait tout fier et bien en vie devant nous. Je me suis dis, mais c’est pas possible dans quel pays sommes-nous tombés ? Car le gaillard à vu d’œil ne paraissait guère moins gros que ses comparses. Je déroulais alors le double décamètre qui pour le coup commençait à se mettre à fumer. Si, si, je vous jure ! J’en croyais pas mes yeux, une circonférence au plus creux (environ 20cm de haut) de 9,60m ! »

« Bon je me suis dit pour porter un nom de Roi c’est un minimum ! Me reste plus qu’a trouver les Dames et les Valets. Pour le carré d’as, faut peut-être pas trop rêver. »

Le trio des Rois de Saurais m’avait laissé sans voix lorsque je les avais découvert en photos, cet alignement de vieux châtaigniers est vraiment fantastique. Et là, tu nous déniches un autre colosse à moins de 200 mètres… Merci pour ce nouveau reportage Yanick !

Quelle joie d’ouvrir quotidiennement le courrier et d’y trouver de tels trésors !

Châtaignier de Kerascouët, Saint-Jean-Brevelay (Morbihan)

Continuons la découverte du Morbihan en compagnie de Yannick [1][2]…

« Ce châtaignier est l’arbre des bonnes surprises, la première, fut celle de sa « découverte » (en 2001 me semble-t-il). En effet, je revenais de voir l’if de la chapelle Saint Nicolas situé à deux pas de Kerascouët, quand mon regard a été attiré par une masse dissimulée au pignon d’une maison. J’ai été très surpris de découvrir cet arbre aux dimensions plus que respectables et qui n’était pas encore répertorié… »

« Je me suis décidé, il y a quelques jours à aller lui rendre visite, mais sans grand espoir de faire des photos convenables, car j’avais souvenir que son tronc était couvert de rejets, et d’autre part je craignais pour sa santé. »

« Et là nouvelle bonne surprise, ce châtaignier fait preuve d’une insolente vitalité, ce qui contraste beaucoup avec ses congénères bretons qui, malheureusement, dépérissent à vue d’œil à cause des maladies (encre et chancre) et du manque d’eau. Lui s’est embelli, son houppier s’est développé, ce qui limite le nombre de rejets à sa base, mettant ainsi son tronc en valeur, tronc qui est constitué d’un amalgame d’axes plus ou moins vieux, et qui a une circonférence d’environ dix mètres (à 1m). »

« La hauteur est de 13 mètres, et son diamètre de 16 m. J’espère qu’il va continuer à prospérer, et que le voisinage de la maison ne lui portera pas préjudice. »

Lire la suite

Le châtaignier de l’Eraudière, Nantes (Loire-Atlantique)

Non loin du centre de la ville de Nantes existe un très vieux châtaignier, un arbre paysan rattrapé par l’urbanisation dans les dernières décennies. Mais bien qu’il soit installé dans une zone densément peuplée, impossible de trouver un reporter. Et au printemps le hasard des visites sur le blog m’a fait entrer en contact avec une guide interprète de cette cité, enthousiaste elle a accepté avec un vif plaisir d’aller rendre une visite à ce patriarche.

Jadis situé dans le jardin du château du même nom, ce spécimen est remarquable par bien des aspects. Considéré comme le doyen du département, la tradition populaire le dit millénaire en annonçant une plantation en l’an 756… Mais le service des espaces verts et de l’environnement de la Ville de Nantes évalue son âge aux alentours de 800 ans [1].

Son énorme tronc en spirale atteint plus de dix mètres de circonférence pour dix mètres de hauteur et seize d’envergure. C’est donc un arbre massif, plus large que haut, qui nourrissait autrefois les fermiers du château et continue de produire des fruits.

Pour assurer à ce noble vieillard urbanisé malgré lui une existence plus tranquille, il est entouré d’un périmètre clos par des barrières, afin d’éviter les piétinements excessifs.

Pour le service des espaces verts, ce châtaignier exceptionnel, après avoir subi des soins importants au moment de sa découverte par les botanistes, demande aujourd’hui peu d’entretien : une surveillance par rapport aux aléas du temps, aux champignons. Aucun apport d’engrais ni d’eau ni de désherbant.

Lire la suite

Les Trois Rois Châtaigniers de Saurais (Deux-Sèvres)

Il y a peu, j’ai transmis le mail de Yanick à Joseph car il souhaitait envoyer un deux-sévrien en reportage auprès de châtaigniers au diamètre impressionnant dans la région de Parthenay.

Mais j’étais bien loin d’imaginer de tels phénomènes…

« Jeudi dernier en ouvrant ma boite mail, je trouvais un message de Joseph Chauveau. Bien que le nom me paraisse tout de suite familier, je ne me suis pas souvenu immédiatement de qui il s’agissait. En ouvrant le message, je vis tout de suite qu’il y avait un rapport avec les arbres, car il était accompagné d’une photo plutôt parlante [1]. »

Bonjour,

Je suis l’auteur-éditeur du livre « Arbres & Lieux de Poitou, Charentes et Vendée » [2][3] et occasionnellement visiteur du site Krapo arboricole.

Je voulais te signaler un site deux-sévrien où subsistent quelques châtaigniers. J’ai signalé leur présence à Prom’Haies et j’ai aussi écrit à la commune de la Chapelle-Bertrand et au bureau d’étude qui s’occupe de la mise en place de la « Carte Communale » pour que ces arbres soient protégés par ce document.

En pièce jointe une photo prise l’an dernier, ne pas oublier de prendre sa chaine d’arpenteur pour mesurer les circonférences au contour incertain.

Cordialement. Joseph Chauveau – http://leblogdejoseph.blogspot.com/

« Là , Joseph ne m’était plus inconnu, puisque je connaissait bien son livre et son site et qu’il nous avait déjà gratifié d’un bel article sur le Krapo arboricole [4]. Ne nous étant jamais rencontrés et n’ayant jamais eu aucun contact, je répondais immédiatement à Joseph pour le remercier de cette information, et dès le soir-même, prenais la direction de La Chapelle-Bertrand, tant cette photo me laissait présager le meilleur. »

« Je n’eu aucun mal à trouver, les indications étaient bien détaillées. En fait les arbres se trouvent sur la commune de Saurais, rue des châtaigniers, juste en limite de La Chapelle-Bertrand. Me retrouvant face à ces trois Rois anciens, je compris tout de suite que mon double décamètre allait chauffer. Je ne vous fais pas plus patienter, voici les mensurations du plus petit au plus gros, qui sont respectivement pour vous y retrouver : du plus grand au moins haut. Les circonférences sont prises à une hauteur de 1,30m. »

«  11,32m (Charles) – 9,26m (César) et pour le dernier 7,55m (David). »

Le Roi Charles…


.
Lire la suite

Vénérable châtaignier champêtre, Dompierre-sur-Besbre (Allier)

Et hop, on repart pour de nouvelles aventures arboricoles en Allier avec Gilles [1][2][3][4].

« Celui-là, ça fait plus de sept ans que je l’ai repéré. Cela remonte à l’époque où j’habitais dans l’Ain. Pour m’y rendre, j’empruntais la N79, route hyper fréquentée par des tonnes de camions et dangereuse. J’ai très vite remarqué cette masse importante qui siégeait au beau milieu d’un champ de culture intensive. À l’époque, je ne courrais pas encore les arbres remarquables et il m’avait semblé que c’était le plus gros châtaignier que j’avais jamais vu. Je n’ai d’ailleurs depuis trouvé qu’un seul arbre de son espèce qui fût plus imposant [5]. »

« Malheureusement pour moi, l’accès à cet arbre est loin d’être direct malgré son implantation qui le rend très visible depuis la nationale et ce dans les deux sens. J’ai donc dû attendre pour enfin trouver un créneau temporel et m’y rendre. »

« C’est chose faite ! De loin, on n’aperçoit qu’un buisson d’une grosse quinzaine de mètres d’envergure pour à peu près douze mètres de hauteur, à comparer avec les semi-remorques [6]. Et mis à part un ou deux cerisiers, l’intégralité du bosquet est constitué du châtaignier en lui-même et de ses nombreux rejets qui l’encerclent intégralement. »

« Le plus important d’entre eux mesure 1m60 de circonférence à 1m30 du sol. »

« L’arbre en lui-même est bien caché au milieu de sa forêt de rejetons et il se dirige lentement mais surement vers son crépuscule. Pour autant, son tronc en partie desséché a gardé toute sa force. En effet, une fois que l’on a pénétré sous le feuillage périphérique, on comprend que l’on est en présence d’un colosse hors d’âge. »

« Sa circonférence minimale, je l’ai trouvée à environ 1m50 du sol, c’est-à-dire à environ 1m au-dessus de l’empattement de sa souche et elle est de 8m90 ! »

« Je parle de la souche, car ce renflement qui entoure tout l’arbre et duquel jaillissent tant de rejets vigoureux possède un diamètre de plus de 6m ! Ainsi, pour mesurer l’arbre, faut-il en quelque sorte monter dessus ! »

Lire la suite

Le châtaignier des Radeux, Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine)

« Tout vient à point à qui sait attendre » nous dit le proverbe… Cela vaut aussi pour le blog !

Il n’y a encore pas si longtemps on se languissait de découvrir les merveilles arboricoles de la Bretagne. C’est alors que des reporters se sont manifestés et nous ont fait découvrir quelques arbres emblématiques bretons : le chêne des crapauds, le châtaignier de Kerséoc’h, le gros chêne de Pleuven, les ifs d’Yvignac-la-Tour et de Saint-Maudez… Aujourd’hui suivons Yannick en Ille-et-Vilaine pour son premier reportage avec un arbre de choix !

« Celà fait pas mal d’années, que je recherche des arbres avec lesquels je travaille. D’ailleurs je suis correspondant A.R.B.R.E.S. pour l’Ille-et-Vilaine, et je participe à l’inventaire en cours. »

« Je te fais parvenir des photos de ce qui est certainement le plus gros arbre d’Ille-et-Vilaine, le châtaignier du lieu-dit des Radeux sur la commune de Corps-Nuds. »

« Ce bon gros pépère trône au milieu d’un champ, il fait 11,5 m de tour, 20 m de haut et 19 m d’envergure, vraiment très impressionnant ! Labellisé par Arbre Remarquable depuis 2005. »

« Il n’y a pas d’histoire qui se rapporte à lui. Il est visible du chemin menant à la ferme des Radeux situé tout près de la quatre voies D41 échageur de Radeux. »

« La ferme accueille depuis peu un jardin collectif bio, l’arbre en est le symbole et je pense qu’il a tout à y gagner, car c’est la fin de la cohabitiation avec la chimie agricole. »

L’arbre est situé au milieu du champ, si des cultures sont en place veuillez ne pas pénétrer directement. Rendez-vous à la ferme et demandez leur l’autorisation. D’ailleurs ce sera l’occasion de vous initier à la culture en plein champ, vous pourrez ainsi revenir de votre balade avec des fruits & légumes non traités (fraises, salades, petits pois, courgettes, fèves, rhubarbe, tomates, concombres, carottes, et bien d’autres…).

Pour en apprendre plus sur les Jardins du châtaignier, consultez leur blog, c’est par ici.

Merci pour ce reportage Yannick, un châtaignier colossal ! Sa station isolée en fait un véritable marqueur de paysage, je ne me lasse pas de contempler ce tronc magnifique, quelle puissance ! Je l’avais découvert grâce à l’inventaire que réalise la MCE [2] et j’espérais bien l’accueillir un jour sur le blog, voilà qui est chose faite, merci encore.

Yannick & Sylvain sont élagueurs grimpeurs à Maxent (Ouest de Rennes), alors si vos arbres ont besoin de soins ou d’entretien n’hésitez pas à faire appel à eux, plus d’infos par ici.

Le vénérable châtaignier de Kerséoc’h, Pont l’Abbé (Finistère)

Dès la création du blog début 2008, j’espérais pouvoir vous présenter le châtaignier millénaire de Kerséoc’h, un vénérable patriarche installé dans le Sud du Finistère sur la route qui mène de Pont l’Abbé à Combrit. Malgré tous mes efforts, mes courriers restèrent sans réponses… Du coup, je m’étais promis de rendre moi-même visite à châtaignier colossal lors de mes prochaines vacances en Bretagne. Mais c’était sans compter sur le réseau créé par le blog ! Yvon, qui nous avait donné des nouvelles du gros chêne de Pleuven [1], m’a fait parvenir une série de clichés, mais aussi un article d’une revue bretonne permettant de retracer un peu de l’histoire d’un des plus imposants châtaigniers de France.

(J’ai volontairement choisi de retranscrire ce document dans son intégralité, car il nous fournit de nombreux détails non encore relatés, à cela j’ai rajouté les mots de Jean Auffret et d’Olivier Hamery publiés dans leurs livres consacrés aux vieux arbres de Bretagne)

Article de Jakez Cornou, extrait de la revue du pays bigouden « Cap Caval » n° 16 mai 1992.

La nature nous réserve parfois quelques surprises heureuses. Ainsi cet arbre phénoménal caché dans la campagne bigoudène rescapé des temps anciens où la forêt occupait une bonne partie du territoire breton. Un châtaignier bien curieux que peu de gens connaissent et qui mérite le détour avant qu’il ne disparaisse un jour définitivement, victime d’un prochain avatar car son destin ne fut point des plus sereins jusqu’à ce jour, si l’on se réfère au récit de Jakez Cornou à son sujet.

A mi-distance de la route qui mène de Pont-l’Abbé à Combrit, sur la départementale 44, la ferme de Kerséoc’h abrite un terrain de camping géré par les propriétaires des lieux, les frères Gléhen. Une pancarte le signale au bord de la route, c’est le camping des Châtaigniers. Une désignation fort banale au demeurant sinon que ces arbres présentent l’originalité d’être les témoins vivants d’une époque fort reculée, surtout l’un d’entre eux, que l’on considère comme millénaire.

Depuis belle lurette ils ne passent pas inaperçus pour tout le monde puisque de loin en loin un visiteur, un article de presse, un guide touristique ou une carte postale en font mention. Consécration suprême : le ministre de l’Instruction Publique, Gaston Doumergue, décida même sur proposition de la commission départementale des sites, d’inscrire les châtaigniers de Kerséoc’h sur !a liste des monuments naturels classés en 1910. Un label qui ne les a pas empêchés de subir à maintes reprises les outrages des hommes, davantage que ceux du temps, nous le verrons plus loin.

Première évocation

En 1835 Alexandre Bouet écrivait dans le livre « la galerie bretonne » : « Le sol breton a dans tous les temps nourri de ces arbres monstrueux qui proclament sa richesse… Près de Pont-l’Abbé au milieu d’un groupe de châtaigniers, tous remarquables par leurs dimensions on voit un qui est comme le roi des autres, il a plus de 50 pieds de circonférence et de son tronc partent d’énormes branches qui pourraient passer elles mêmes pour de très beaux arbres. » (le pied est une mesure ancienne mesurant 0 m 32. Cinquante pieds correspond donc à une circonférence de 16 mètres).

Lire la suite