Le Cormier et le Poirier de Saint-Christophe-sur-Roc (Deux-Sèvres)

« Depuis que Sisley nous enchante régulièrement avec ses fabuleuses découvertes en Cormier, je rêvais secrètement d’en trouver un moi aussi. Mais pas si facile que ça de trouver celui qui supportera la comparaison avec ceux de mon ami. Et puis par un beau jour d’avril alors que nous promenions le chien par ces petits chemins creux qui entourent la maison [1], un lapin passa devant la truffe de Cannelle. Celle-ci se mit alors aussitôt à ses trousses et disparut de notre vue en pénétrant dans une prairie où j’étais déjà entré autrefois pour mesurer deux frênes [2]. »

« Ce coup-ci, je dus pousser un peu plus loin et traverser une haie pour retrouver mon chien. »

« Et c’est là, à quelques 800m de chez moi que j’ai découvert grâce à mon chien cet arbre tant rêvé depuis des mois. Un cormier superbe avec un beau houppier bien formé et en bonne santé.

Le bonheur ! Et, cerise sur le gâteau, un peu plus loin dans la haie un poirier pas vilain du tout. Le temps de profiter de ces découvertes, Cannelle était de retour bien essoufflée et bredouille. »

« Merci mon chien ! Retour à la maison pour récupérer de quoi dégager un peu les troncs sous les ronces, faire quelques photos et mesurer tout ça. Comment avais-je pu passer à côté de ces deux arbres depuis des années sans jamais les remarquer ? »

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Le Rombergpark de Dortmund, Nordrhein-Wesfalen (Allemagne)

Suivons Sisley dans une expédition en Allemagne avec son frère et un ami à lui durant l’été 2008, un article un peu technique mais qui passionnera tous ceux qui aiment les sorbiers.

« La matinée était assez maussade dans l’ensemble mais une fois arrivée sur place, la météo ne me découragea plus quand je vis ce qui s’offrait à nous, un vaste parc d’environ 65 ha dont les premières plantations dateraient de 1818 à 1822 lors de l’acquisition de cette étendue par la famille Romberg, les années passèrent avant qu’en 1951 y fut crée un jardin botanique avec de multiples installations, dont plusieurs serres. Un épisode de forts bombardement s’est joué sur ce secteur en 1944, le château fut détruit et une partie du parc, mais aujourd’hui tous les trous sont comblés et le moindre espace occupé. [1] »

« Je ne m’intéresserai qu’à quelques spécimens en particuliers, bien que les collections soient d’une surprenante richesse, notamment en bouleaux et certains conifères exotiques. »

« Au détour d’une allée que ne fut pas ma surprise que je me retrouvai nez à nez avec un splendide chêne, mais pour lors ce ne fut guère le chêne qui m’intéressa mais plutôt son élégant compagnon, un superbe lierre montant sur son tronc en parcourant 15 à 17 m de hauteur. On peut plus parler d’un enchevêtrement de brins qu’un pied unique bien défini, ce qui en terme de résultat nous donne aujourd’hui un très bel ensemble. Même si j’avais voulu le mesurer, la pratique m’aurait été impossible au vu de la morphologie du spécimen ! »

« Puis continuant dans les sentiers en suivant les méandres encadré de bouleaux venant des quatre coins du monde, j’en perdis d’abord mon latin, puis je dus vite m’habituer à cet espace de grande diversité pour enfin déboucher dans une petite parcelle du genre sorbus où je fus plus qu’étonné par les trois individus rencontrés, un cormier, un alisier de Fontainebleau et un alisier de Suède, un beau groupe d’arbres, dont deux exemplaires étaient sans aucuns doutes possible d’une grande remarquabilité. Le cormier avait un tour de tronc compris entre 1,55 et 1,85 m pour plus de 15 m, l’alisier de Fontainebleau tournait autour des 2,50 m de circonférence à plus au moins 25 cm près pour 10 à 12 m et l’alisier de Suède avait 3,02 m de tour pour 10 m de hauteur (mesures datant de 2006 / D. Ehlert / championtrees.de). »

« Les deux derniers exemplaires cités, possèdent des dimensions très peu banales, pour se faire une idée, il est relativement rare de voir des alisiers de Fontainebleau de plus de 1,85 m de tour et des alisiers de Suède de plus de 2,20 m de périphérie, c’est pourquoi pouvoir contempler un tel doublé, fut un moment intense, surtout quand on connaît mon intérêt pour ce vaste genre d’arbres ! »

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Cormier des Levées de Notre-Dame-des-Mauges, Jallais (Maine-et-Loire)

Enfonçons-nous avec Gilles dans les Mauges profondes…

« J’avais envie que l’on reparle un peu de cette essence particulière qu’est le cormier. »

« J’ai donc fouillé dans mes archives de l’hiver 2009-2010 pour retrouver un spécimen que j’avais découvert le même jour que deux châtaigniers séculaires [1] et qu’un autre cormier présenté sur mon blog [2]. Comme Sisley avait particulièrement apprécié ce dernier, je me décide donc à proposer celui de ce jour sur le blog du Krapo. »

« Il n’atteint pas les dimensions record que nous connaissons déjà [3], mais il commence déjà à dépasser les normes du commun des fruitiers. »

« Situé sur la commune de Jallais en bordure de route, il semble avoir été planté par d’anciens propriétaires de la ferme voisine. Il servait ainsi de balise de limite de propriété (une sorte de pied cornier) tout en fournissant des fruits. »

« Sa circonférence à 1m30 est de 2m70 et malgré deux grosses branches cassées et coupées et la présence assez abondante de gui, il semble en pleine possession de ses moyens. Pour preuve, le rejet vigoureux qui s’élance à la base de sa branche coupée. Les cernes étaient pratiquement illisibles ce qui est dommage, ça nous aurait surement appris bien des choses. »

« Sa hauteur d’environ 12 mètres et son tronc qui semble puissant pour son espèce sont les deux éléments qui m’ont poussés à m’arrêter auprès de lui ce jour là. »

« Cet arbre est assez représentatif de ce que l’on peut trouver dans ce terroir angevin riche en arbres remarquables. Les cormiers sont ainsi présents de manière assez régulière en bordures de routes, de champs ou au cœur même des propriétés. Mais il semblerait qu’ils aient tous déjà atteint un certain âge ce qui tendrait à indiquer que leur plantation n’est plus une pratique d’actualité. Souhaitons qu’il n’en soit rien pour qu’ainsi les générations futures apprennent à connaître cette essence discrète mais ô combien intéressante et utile. »

Ça alors un cormier à gui de belle stature, merci pour cette découverte Gilles ! C’est sûr il ne peut rivaliser avec le cormier du château du Marteil que tu nous avais présenté l’an passé [4], néanmoins il s’agit d’un bel individu de bord de route, et bien qu’amputé de grosses branches, il garde encore une belle silhouette et une certaine vigueur, tout comme celui de Neuvy-en-Mauges.

Orme de la Saute Cravatte, Vallon-en-Sully (Allier)

Du département de l’Allier seuls les chênes de la forêt de Tronçais [1], et les hêtres fantastiques de l’allée des géants [2] s’étaient montrés  sur le blog, mais c’était sans compter sur la collaboration précieuse de Sébastien qui, en plus d’arbres hors-normes normands [3][4][5], nous avait présenté des peupliers fantastiques de son Bourbonnais natal [6].

• « En avril je t’avais envoyé des photos un peu sombres d’un orme à Vallon-en-Sully sur la route de Montluçon au lieu-dit La Saute Cravatte. Mais suite à une grève passagère aucun article ne fut publié [7]. Depuis, je suis retourné sur les lieux pour prendre d’autres photos en juin. L’herbe avait bien poussé au point de rendre le tronc trapu de cet arbre invisible depuis la route. Les orties, les chardons et les moustiques étaient malheureusement là, mais cette fois, les chevreuils n’étaient plus au rendez-vous comme l’hiver dernier. »

« Visiblement cet orme était autrefois traité en têtard, cependant aucune taille ne semble effectuée depuis plusieurs années. Du coup cette trogne possède un tour de taille plus étroit à la base. Circonférence : 6,50 m à 1,20 m / 7,20 m à 1,50 m. »

« Il n’est pas atteint par la graphiose tout comme les autres ormes de la vallée du Cher et de l’Aumance. Une violente tempête lui a arraché une grosse branche il y a quelques années. Celle-ci est d’ailleurs toujours visible au sol au pied de l’arbre. »

« Cette année là, beaucoup d’arbres périrent. »

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Cormiers, Kronberg im Taunus – Hessen (Allemagne)

Sisley – le chasseur de fruitiers rares & anciens – a encore frappé, et de bien belle façon !

« De retour sur un article, et comme je vous avais présenté le temps des prunes, je réitère avec cette fois le temps des cormes (grises rugueuses, jaune rouge pomiforme, pyriforme, ronde, petite…). Rien qu’avec ça, j’en connais qui font déjà des grands yeux ! »

« Comme à notre habitude, quand nous partons en Allemagne mon frère et moi, on a toujours tendance à donner du piquant à l’excursion en allant visiter quelques arbres de choix et comme le veut la tradition, j’en suis revenu avec une belle série d’arbres fabuleux ! Alors qu’on se rendait dans la Banlieue de Francfort on continua un peu plus au nord-ouest pour gagner la ville de Kronberg im Taunus, j’avais au préalable enquêté sur le fort potentiel fruitier des lieux et grâce à un contact pris avec un arboriculteur local, nous avons réussi à localiser notre objectif. Mais d’abord, je vais vous décrire l’endroit et pourquoi, je suis arrivé par là. »

« Dans le Land d’Hessen, vivent 400 à 500 cormiers ayant un âge supérieur ou égal à 80 ans et à Kronberg vivent 47 vieux et 100 jeunes cormiers qui sont répartis entre les anciens vergers en périphérie, près des jardins potagers où bien encore dans les jeunes vergers et chez des particuliers. Tout ça pour dire, que par ici, le cormier c’est pas une légende mais bel et bien, une façon de faire. Il fut désigné arbre de l’année en 1993 et depuis, des centaines de milliers ont été plantés dans le pays, en effet il fait parti d’un vaste programme de dissémination, afin d’obtenir des quantités suffisamment viables pour qu’il se stabilise. On utilise beaucoup ces fruits pour faire du vin, lequel et mélangé avec de la pomme, mais aussi des confitures et de l’eau de vie, fortement apprécier pour son arôme unique. »

• « Il nous fallut peu de temps pour aboutir chez l’un des barons de ce vaste domaine, il se tenait avec hauteur et prestance non loin d’un bâtiment moderne, le vieux cormier face à la modernité galopante, mais l’emplacement est soigné et délimité de manière à laissé une intimité à ce sage fruitier. » (clic les photos)

« Me rapprochant pas à pas, une forte impression m’envahit, quelle merveille que cet arbre devant moi ! Combien de générations sont venus ramasser ses fruits, dans l’herbe grasse en profitant de l’ombrage du houppier. »

« Les dimensions parlent d’elles mêmes, 3,89 m de tour, une quinzaine de hauteur et quelques 200 années d’existence ! Un spécimen hors du commun et dans un état relativement bon, pour un fruitier bicentenaire, le gros problème qu’on rencontre des fois, c’est la rupture de branches, quand elles filent trop droites et éloignées du tronc ainsi que des faiblesses aux insertions des charpentières. »

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Le parc du Château du Martreil, Sainte-Christine (Maine-et-Loire)

« Au début de mes recherches, Christophe m’avait transmis une liste d’arbres remarquables [1] dans laquelle figurait un cormier imposant, mais je ne m’y suis pas tout de suite intéressé. Or, il y a quelques temps, le propriétaire de ce fruitier magnifique a contacté Krapo directement pour proposer de présenter son arbre sur le blog.

Rendez-vous fut donc pris et je me suis rendu à Sainte-Christine au château du Martreil. J’ai été accueilli très chaleureusement par Patrick et Jacques de Romans qui m’ont tout de suite convié à les suivre pour un tour complet de leur propriété. » (clic les photos)

« Le cormier est visible dès l’entrée du parc et on se rend compte tout de suite qu’il s’agit là d’un individu hors norme. Son allure charpentée est digne d’un chêne tant ses branches sont épaisses et élancées. Il s’élève sur une petite vingtaine de mètres de haut pour autant d’envergure et sa circonférence de 3m65 à 1m30 du sol laisse songeur ! »

« Il s’agit du premier fruitier de plus de 3m de tour que je rencontre, et quel fruitier ! En sa présence on comprend aisément l’amour que notre ami Sisley leur porte. Cet arbre est entretenu régulièrement par un arboriste professionnel qui le purge avec parcimonie de son bois mort. Il m’a donc semblé en très bonne santé. Pourtant, mes guides m’ont expliqué qu’il entre progressivement dans une phase de sénescence qui impose de revenir l’entretenir régulièrement. Il faut dire qu’avec un âge qui a très certainement passé les deux siècles et demi, il est normal qu’il ait perdu de sa fringance. »
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« Juste derrière ce phénomène subsistent côte à côte les deux doyens du parc. Ce sont deux chênes têtards quadri centenaires qui sont liés l’un à l’autre à tous points de vue. »

« Non seulement ils ont à peu près le même âge et la même conformation (leurs mensurations  étaient de 6m10 et 6m20 il y a deux ans  mais non content d’avoir été égaux dans la vie, il le sont dans leur dépérissement. En effet, l’année dernière, leurs troncs fatigués se sont fendus par le milieu à quinze jours d’intervalle sans que l’on ait d’autres explications. On se sentirait presque pris, dans un élan romantique, à imaginer qu’à la vue de son voisin de toujours défait par les éléments, le second chêne se soit sacrifié à son tour pour l’accompagner dans l’au-delà… » Lire la suite

Vieux cormier, Sarre-Union (Bas-Rhin)

Allez ! Après quelques mois passés loin de la belle Alsace bossue, partons donc lui rendre une petite visite. Et pour cela, Sisley a dans ma malle, un très bon sujet d’article qui ravira les amateurs de vieux fruitiers. (clic les photos)

“Il y a quelques années, étant parti à Sarre-Union pour une sortie sur les fruitiers précieux, j’ai fait la rencontre hors-pair, d’un spécimen pour exceptionnel. N’étant qu’un novice à l’époque, je me suis tout de même rendu compte de l’importance d’un tel arbre, que ce soit dans le patrimoine fruitier, ou paysager, il a une place qui lui est d’office réservée.”

“Mon impression première fut d’être éblouie par tant de présence, une ramure s’exprimant dans la profusion, une forme si libre, et une grâce indescriptible, tant son feuillage léger, lui confère cette aisance, quand une fine brise d’été vient lui effleurer le houppier.”

“C’est seulement, par la suite que je me suis rendu compte que mis à part sa beauté, cette essence est aussi d’une rareté notoire, en effet, malgré la présence de quelques individus forestiers très éparpillés, de morceaux de vergers relictuels ainsi que dans des haies, le sorbier domestique reste un grand discret. Raison de plus, de le faire un peu sortir de l’ombre, en exposant quelques splendides vieux exemplaires tel que celui-ci et en réapprenant à mieux les connaître, tout en leur donnant une chance d’occuper à nouveau de façon plus marquée, nos campagnes.”

“Je ne vous pas encore parlé des mesures de notre sujet ! Alors, pour commencer, malgré un écartement du tronc, la circonférence obtenue est de 3,50 m et la hauteur semble osciller dans les 12,5 m. Un bien beau cormier, qui est sans doute le plus gros de cette région de l’Alsace et qui peut probablement en terme d’âge, se situer dans le siècle et demi d’existence, à une vingtaine d’année près.”

“En ce qui concerne son état général, il n’a pas trop à se plaindre, malgré le fait, qu’il contient une grosse déchirure qui fend son tronc du sol aux premières branches. A l’arrière, on observe une amorce de fissure, le tout est certainement du, à la forte tension qu’à subit cette zone, lors de période de grand vents. Car avec un tel houppier les petites faiblesses, ne sont pas toujours très bien tolérées.” Lire la suite