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Seahenge, Holme-next-the-Sea, Norfolk

C’est en août 1998 que surgit un « seahenge », un cercle de bois apparu sur une plage à marée basse à Holme-next-the-Sea dans le nord du Norfolk, en Angleterre (côte Est au-dessus de Norwich), émergeant de la tourbe qui le recouvrait de moins en moins par suite de l’érosion des marées. Au départ, le cercle avait été érigé dans un marais d’eau douce, protégé de la mer par une barrière de dunes. Il est constitué de 55 poteaux disposés en cercle autour de la souche d’un chêne déraciné.

Seahenge - Andy Burnham

Les fouilles ont permis de restituer la procédure mise en ouvre. D’abord, le chêne fut débité de sa partie supérieure à la hache et des trous de halage furent creusés dans la partie inférieure du fût. Ceinturé d’une corde en fibres de chèvrefeuille tressées, il fut halé jusqu’au marais où l’attendait une fosse. Le tronc fut basculé dans le trou, racines vers le haut. Il fut entouré d’un fossé ovoïde, de 6,60m de diamètre au plus, dans lequel furent plantés les 55 poteaux en chêne.

Comme ce seahenge était de toute manière condamné, il fut entièrement dégagé, sous la direction de Mark Brennand, et transféré fin 1999 aux laboratoires de Flag Fen près de Peterborough, pour y être étudié. L’application combinée du carbone-14 et de la dendrochronologie (l’analyse des cernes du bois) sur les vestiges aboutit à une datation absolue des deux composantes : le chêne, lui-même vieux de 167 ans, avait été abattu au cours du printemps de -2050 et les bois des poteaux formant le cercle débités au printemps suivant. Certains ont cru pouvoir faire remarquer que, jusqu’à la découverte de cette souche de chêne plantée au milieu du seahenge, on ignorait tout de l’origine de cavités retrouvées généralement au centre des cercles de pierres mégalithiques, laissant entendre par là que la solution était toute trouvée C’est oublier un peu vite que, en -2050, nous nous situons déjà à l’Age du bronze et que les cercles authentiques, qu’ils soient de pierre ou de bois, remontent au Néolithique.
Le seaheange de Holme semble plutôt être une curiosité locale – un monument à un chêne doté d’une identité spirituelle ? – ou au mieux le vestige abâtardi d’une tradition bien plus ancienne. Si celle-ci impliquait des chênes renversés, nul ne peut le dire, mais gageons quand même qu’on en aurait retrouvé les traces concrètes au sein des cercles de pierres ! Et ce n’est pas la découverte, en août 2000, d’un autre seahenge non loin du premier qui changera la donne : il s’avère tout simplement que l’estuaire du Humber fut, au cours de l’Âge du bronze, un important centre rituel symbolisant peut-être, par sa localisation marginale entre terre et mer, la séparation entre le monde des morts et celui des vivants.
Pour la petite histoire, il faut ajouter que, malgré les protestations des néo-druides contre le non-respect d’un lieu sacré, le seahenge de Holme devait être restauré et présenté au public. Mais… aucun musée ne se porta acquéreur, par crainte des frais d’entretien, et donc le “monument” devait être ré-enfoui non loin de son emplacement d’origine. Jusqu’à l’apparition du second seahenge, où l’English Heritage, en application du salutaire principe de “courage, fuyons !”, abandonna le projet tout à fait officiellement le 25 avril 2001…

(Source : Wikipédia & revue belge Kadath n° 95 – photo © Andy Burnham)

Catégories :Celtes
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. 9 juin 2010 à 14:11

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