Diamond nights – Beth Moon

30 mars 2015 2 commentaires

Notre relation avec la nature a toujours joué un rôle important le travail de Beth Moon.

Cette série lui a été inspirée par deux études scientifiques fascinantes qui relient la croissance des arbres avec le mouvement céleste et les cycles astraux.

La plupart des lieux choisis étaient vraiment sauvages, éloignés de la civilisation et de la pollution lumineuse dans l’hémisphère Sud de l’Afrique au Botswana, en Namibie et en Afrique du Sud. Des baobabs puissants et excentriques, ainsi que des Kakerbooms surréalistes sont en vedette dans ce travail, intitulé d’après les constellations nommées par les Grecs.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Des chercheurs de l’Université d’Edimbourg ont montré que les arbres poussent plus vite lorsque des niveaux élevés de rayonnement cosmique atteignent la surface de la Terre, ils ont conclu que les effets du rayonnement cosmique affecte la croissance des arbres encore plus que la température annuelle ou les précipitations.
Un chercheur de renommée, Lawrence Edwards, a constaté que les bourgeons des arbres changeaient de forme et la taille rythmiquement, selon des cycles réguliers tout au long de l’hiver, en corrélation directement à la lune et des planètes. Le chêne par exemple, semble changer avec Mars, le hêtre avec Saturne et le Bouleau avec Vénus. Curieusement, Edwards a également constaté que les lignes électriques aériennes perturbent cette influence planétaire.

Comme David Milarch l’explique dans le livre, The man who planted trees, « Les arbres sont des capteurs solaires. La plupart des gens associent cela avec l’énergie du soleil. Mais le soleil n’est qu’une étoile, et il y a des milliards d’étoiles qui influent sur la Terre avec leur rayonnement. Je crois que les énergies à l’intérieur de la Terre sont transmutées et transmises dans le cosmos par les arbres, de sorte que les arbres sont comme des antennes, émetteurs et récepteurs des énergies de la Terre et des énergies stellaires ».

Notes techniques :

La majorité de ces photographies ont été prises pendant des nuits sans lune, prises avec un objectif grand angle et d’ISO 3200 – 6400. La Voie Lactée, le ruban d’étoiles qui s’étend à l’horizon brûle vivement dans certaines des images. Des expositions jusqu’à 30 secondes ont autorisé assez de lumière à entrer dans la lentille sans mouvement notable d’étoiles. Chaque emplacement a exigé beaucoup d’expérimentations et différentes techniques d’éclairage. Parfois, une courte rafale de lumière diffuse à partir d’une lampe de poche était suffisante – ou une lumière combinée de plusieurs lampes de poche a été utilisé pour un éclat plus naturel doux.
_____

Une série de photos de Beth Moon sur les arbres vénérables, à découvrir sur LensCulture.

Catégories:Des photos

Ce chef indien qui combat la déforestation au prix de sa vie

30 mars 2015 1 commentaire

« Ce chef indien qui combat la déforestation de l’Amazonie au prix de sa vie » @ Audrey Garric – Ecologie Blog Le Monde, 20 mars 2015.

En territoire Surui 1 - Thomas Pizer - Aquaverde

Comme le colibri qui, selon la légende amérindienne, cherchait à éteindre seul le feu d’un immense incendie de forêt en portant quelques gouttes d’eau dans son bec, face aux autres animaux impuissants et sceptiques, le chef indien Almir Narayamoga Suruí a choisi de « faire sa part ». Ce leader emblématique des Suruí, peuple de 1 400 âmes vivant dans un territoire très reculé de l’Etat brésilien du Rondônia, se bat inlassablement contre la déforestation qui ravage l’Amazonie, sa « Terre-Mère ».

Afin de « sauver la planète », tel que l’indique le titre de l’essai-manifeste qu’il vient de publier avec l’aide de l’écrivaine voyageuse Corine Sombrun ? Sans doute pas (il le reconnaît lui-même). Mais pour éviter la destruction d’une partie de la forêt et retrouver un équilibre naturel, oui. Un combat qui lui a valu de voir sa tête mise à prix à trois reprises, l’obligeant à se déplacer sous escorte policière.

BRAZIL-RIO20-ENVIRONMENT-GOOGLE-TRIBE

Dans ce récit captivant, rédigé comme une lettre ouverte à ses cinq enfants dans le cas où il serait assassiné, le chef, reconnaissable à son traditionnel cocar (coiffe) de plumes d’aigles, alterne entre son parcours personnel, l’histoire et les traditions de son peuple, et les initiatives concrètes pour générer des bénéfices de la forêt sans la détruire.

Pression de l’élevage et de l’agriculture intensifs

Car depuis un demi-siècle, près d’un cinquième de la forêt amazonienne, le poumon vert de la planète, a disparu, sous la pression de l’élevage et de l’agriculture intensifs ainsi que de la production de bois, entraînant 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’Etat de Rondônia, dans le nord-ouest du Brésil, est l’un des plus durement touchés, accusant une perte de 40 % de sa forêt primaire.

AMAZONIE,BRESIL DEFORESTATION...SUR LA TRANSAMAZONIENNE..... © MAGALI GIRARDIN

Un défrichement qui a forcé les Paiter Suruí les hommes vrais, nous »), dont le territoire s’étend sur 250 000 km², à sortir de leur isolement en 1969. Ce premier contact avec les Blancs – les iaraei, exploitants forestiers, prospecteurs ou colons – entraîne d’abord affrontements et épidémies, qui font passer la population autochtone de 5 000 à 240 individus. Puis, vient le temps des échanges, plus ou moins forcés. Leurs coutumes et rites ancestraux, menés par des chamanes qui dialoguent avec les esprits de la forêt, du ciel et de la rivière, s’en voient altérés. Et laissent place à un nouveau mode de vie, plus moderne, où la chasse, la pêche, la cueillette ou l’artisanat traditionnels ne suffisent plus.

Des GPS pour traquer les abattages clandestins

Face aux siens qui commencent à vendre leurs terres, Almir Narayamoga Suruí, nommé chef de clan (des Gameb) à 17 ans, puis de son peuple tout entier à 26, cherche un « modèle où la protection de l’environnement serait aussi liée au profit ». Il tente tout d’abord de renouer avec les traditions, en réapprenant aux Suruí à se dessiner des peintures rituelles sur le corps, en instaurant des cours de portugais et de tupi-mondé, la langue locale, ou encore en mettant en place un programme sanitaire pour faire reculer la mortalité.

Puis, alliant culture ancestrale et méthodes high-tech, le jeune chef, le seul parmi les siens à avoir obtenu un diplôme universitaire (en biologie), met sur pied un plan sur cinquante ans pour une gestion durable des ressources de la forêt : il instaure un moratoire sur l’exploitation forestière, plante 100 000 arbres et traque les abattages clandestins grâce à des GPS fournis par Google. « Je suis autant à l’aise avec un arc qu’un iPhone, un compte Twitter ou une page Facebook », affirme-t-il.

Mécanisme de compensation carbone Lire la suite…

Catégories:Revue de presse

L’arbre de Peredur

31 janvier 2015 3 commentaires

Un extrait du conte de Peredur où apparaît un arbre double symbolisant l’Autre Monde.

Peredur rencontra une femme assise sur un monticule – la plus belle femme qu’il eût jamais vue :
« Je sais quel est ton but. Tu veux te battre avec le monstre, et il va te tuer, non pas grâce à sa force, mais par ses ruses. Il a une caverne, un pilier de pierre en défend la porte, et il observe tous ceux qui rentrent sans qu’on puisse le voir. Caché dans l’ombre du pilier, il tue chacun avec une pierre de lance empoisonnée. Si tu fais serment de m’aimer plus que toute autre femme, je te donnerai une pierre avec laquelle tu le verras quand tu rentreras, et lui, il ne te verra pas.
– Je t’en fais le serment, par ma foi, dit Peredur. Depuis que je t’ai vue, je suis amoureux de toi. En quel endroit pourrai-je te chercher ?
– Lorsque tu viendras me chercher, va du côté de l’Inde. »

La jeune fille disparut après avoir remis la pierre à Peredur.

arbre-de-peredurIl poursuivit son chemin vers la vallée d’une rivière : les bords de la vallée étaient boisés, et il y avait des prairies de chaque côté de la rivière. D’un côté de la rivière, il vit un troupeau de moutons blancs, et de l’autre, un troupeau de moutons noirs. Lorsque l’un des moutons blanc bêlait, l’un des moutons noirs passait de l’autre côté et devenait blanc ; lorsqu’un mouton noir bêlait, un mouton blanc passait de l’autre côté et devenait noir.
Il vit au bord de la rivière un grand arbre, dont une moitié brûlait depuis la racine jusqu’à la cime, et dont l’autre moitié avait un feuillage verdoyant.

Un peu plus haut, il vit un jeune homme assis sur un monticule, et deux lévriers, avec poitrine blanche et dos tacheté, tenus en laisse, reposant près de lui. Il était convaincu qu’il n’avait jamais vu un jeune homme aussi majestueux. Dans le bois, en face il entendit des chiens de chasse qui levaient des cerfs. Il salua le jeune homme, qui lui rendit son salut. Peredur voyait trois chemins partir du monticule, deux grands et un petit. Il demanda où conduisaient ces trois chemins.

« L’une de ces routes conduit à ma cour, et je te conseille de choisir, soit d’aller directement à la cour, auprès de ma femme, soit d’attendre ici avec moi. Tu verras les chiens jaunes forcer les cerfs fatigués à sortir du bois dans la plaine et tu verras les meilleurs lévriers que tu aies jamais vus, et les plus vaillants chasseurs de cerfs – tu les verras tuer les cerfs au bord de l’eau près de nous. Lorsqu’il sera l’heure d’aller manger, mon valet m’amènera mon cheval et tu seras le bienvenu ce soir chez moi.
– Dieu te le rende ; mais je ne resterai pas ici, je continuerai mon chemin.
– Le deuxième chemin conduit à la prochaine ville ; là tu pourras trouver de la nourriture et de la boisson à acheter. Le chemin qui est plus petit que les autres mène à la caverne du monstre.
– Avec ta permission, jeune homme, je me rendrai de ce côté. »

Peredur partit dans la direction de la caverne ; il prit la pierre dans la main gauche et sa lance dans la main droite. En entrant, il aperçut le monstre, le transperça de sa lance et lui coupa la tête.

Pierre-Yves Lambert, Les Quatre Branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge, Édition L’aube des Peuples, Gallimard, pp-266-267.
____

L’arbre symbolisant l’Autre Monde est fréquent dans les récits celtiques. On le retrouve dans un autre contre des Mabinogi lorsque Gwydion découvre Leu métamorphosé en aigle.

Outre les moutons et l’arbre double, le passage dans l’Autre Monde est ici annoncé par la traque du cerf. Avant de pousser plus loin notre propos, il convient de dissiper une interprétation ambiguë de cet Autre Monde. Il ne s’agit pas ici d’un mondes morts stricto sensu mais d’un espace parallèle un monde « surnaturel » peuplé de dieux, fées, lutins, esprits et héros immortels, un monde dont la réalité est aussi perceptible que l’espace apparent. Cet Autre Monde est « naturellement » inclassable, surréaliste, illogique et infini. Il échappe aux représentations d’une raison quantifiante et d’une religion dualiste mais il demeure accessible aux hommes tout comme ce monde tangible pourrait être fréquenté par le peuple d’à côté. Les deux espaces communiquent entre eux puisqu’ils participent de la même nature animée. Le passage dans l’Autre Monde  ne peut être appréhendé comme un acte isolé et rêvé mais comme une action complémentaire et déterminée. Tout passage dans l’Autre Monde induit d’ailleurs une qualification assurant un retour pour une remise en ordre. Ce passage au-delà des apparences est généralement initié par une messagère lors d’un itinéraire faussement aléatoire.

Bernard Rio, L’arbre philosophal, Collection Antaios – L’Âge d’Homme, pp.226-227.
Lire la suite…

Catégories:Celtes

« Parodies et caricatures sont les plus pénétrantes des critiques »

10 janvier 2015 4 commentaires

Notre vengeance? Continuer à faire notre métier - Gerard Mathieu

Un dessin de Gérard Mathieu publié le 8 janvier 2015 sur le site alterecoplus.

La citation en titre est d’Aldous Huxley, tirée de son roman Contrepoint (Point Counter Point).

Catégories:Illustrations

Deux courts pour Noël

22 décembre 2014 7 commentaires

Forest

Un court métrage d’animation réalisé par Takeshi Tsunehashi en 2013 (3’35 »).

Entièrement créé par Takeshi Tsunehashi, réalisateur et producteur de son studio basé à Tokyo Designers Appartement. Ce court invite le spectateur dans un monde naturel et éthéré ; l’histoire des animaux qui s’y trouvent donne une vue unique de leur environnement en décrivant les changements subtils de la forêt lors des changements de saison.

Une histoire pour exprimer la beauté de la nature par le silence.
____

Premier automne

Un film réalisé par Aude Danset et Carlos de Carvalho en 2013 (10’31 »).

Une petite fille – Apolline – rencontre un petit garçon – Abel. Chacun apprend au contact de l’autre à vivre avec l’idée que la vie à une fin. Les personnages de « Premier Automne » ont curieusement un air de famille avec les protagonistes décrits à travers le mythe grec de Perséphone – à l’origine du cycle des saisons.

« Aude Danset et Carlos de Carvalho proposent ici une adaptation en miroir de cette allégorie du cycle de la vie. La dualité est incarnée par les deux personnages Abel (Hiver) et Apolline (Eté) vivant chacun dans le monde qui est le leur. Ignorant tous les deux jusqu’à l’existence de l’autre, ils cheminent vers la frontière séparant leurs deux mondes. La rencontre de leurs deux univers va avoir lieu au pied d’un arbre scindé en deux : une partie est en vie et l’autre est morte. »

« L’approche résolument symbolique permet de préserver l’atmosphère propre aux mythes et légendes tout en proposant dans le même temps une relecture moderne de celui-ci. À la différence du mythe grec qui met en avant la confrontation entre Perséphone, Déméter et Hadès, les rapports entre les personnages et l’univers qu’ils déploient avec eux s’inspirent du concept oriental du Yin et Yang : l’accent est mis ici sur la complémentarité des deux états incarné par l’Été et l’Hiver plutôt que sur ce qui pourrait les opposer. »

« On retrouve donc une symétrie dans les personnages et les univers mais aussi dans la construction narrative du film. Apolline et Abel passent chacun à leur tour par des émotions et des actions semblables, faisant ainsi coïncider le fond et la forme, contribuant ainsi l’harmonie qui se dégage du film. Réconciliés chacun avec eux-mêmes à la fin du film, ils jouent à se poursuivre autour de l’arbre, faisant ainsi pousser ou tomber les feuilles à leur passage. »

« Ce film parle avec justesse de la vie et de la mort sans qu’un seul mot soit prononcé. La magnifique musique composée par Fréderic Boulard sublime les images et confère au film à la fois une force et une douceur tout à fait saisissante. Et c’est avec beaucoup de minutie et d’ingéniosité que les deux réalisateurs créent une histoire qui s’adresse à tous sans jamais céder à la facilité. »

(Critique de Julien Beaunay parue sur Format Court le 17 juillet 2013)

Catégories:Images de synthèse