S(tree)t art

24 octobre 2018 3 commentaires

Cagacemento - NemO Milan 2010

NemO, Cagacemento – Milan 2010.

Dr Love - Upfest 2015 Bristol

Dr Love – Upfest 2015, Bristol.

Unknown artist - São Paulo Brésil

Artiste inconnu, Baco de Batman – São Paulo Brésil.

Banksy - I remember when all this was trees

Banksy, I remember when all this was trees – Detroit 2010.

Os Gemeos & JR - Sao Paulo Bresil 2015.jpg

Os Gemeos & JR, São Paulo Brésil 2015.

Catégories :Des photos

Comment l’évasion fiscale contribue à la surpêche et à la déforestation

6 septembre 2018 5 commentaires

Comment l’évasion fiscale contribue à la surpêche et à la déforestation @ Rachel Knaebel – Basta , 6 septembre 2018.

Deforestation argentine - Jim Wickens.jpg

La fraude et l’évasion fiscales représentent en Europe une perte de 1000 milliards d’euros chaque année ! Les révélations par la presse d’investigation des Paradise Papers, des Panama Papers, des Luxleaks ou des Swissleaks, montrent que ces pratiques d’évasion fiscales sont massives, mondiales, et concernent les milliardaires et les multinationales. En plus d’appauvrir les finances publiques – donc l’éducation, la santé ou les protections sociales des pays concernés – des Etats où ces milliards échappent à l’impôt, l’évasion fiscale à grande échelle a aussi des conséquences écologiques dramatiques à travers la planète. « De nouvelles analyses révèlent les connexions entre les paradis fiscaux et la dégradations des ressources dans la forêt amazonienne et au niveau de la pêche mondiale », souligne l’institut Stockholm Resilience Center, basé à l’université de Stockholm, qui a réalisé une étude publiée mi-août.

« La publication des Paradise Papers et des Panama Papers a rendu tout à fait clair que les paradis fiscaux peuvent causer un grand nombre d’impacts négatifs au niveau politique, économique et social », écrivent les chercheurs. Aujourd’hui, leur étude, publiée dans la revue Nature Ecology and Evolution, montre « comment les paradis fiscaux soutiennent des activités économiques qui ont aussi de graves impacts environnementaux ». Comment ont-ils procédé ? L’équipe internationale de chercheurs a examiné la provenance des capitaux étrangers qui financent les secteurs du bœuf et du soja dans l’Amazonie brésilienne [1]. L’élevage et le soja y sont les deux grandes causes de la déforestation. L’analyse montre qu’« un total de 26,9 milliards de dollars de capitaux étrangers a été transféré vers ces secteurs entre octobre 2000 et août 2011. Sur ces capitaux, 18,4 milliards venaient de paradis fiscaux ». C’est donc près de 70 % des capitaux étrangers investis dans le soja et l’élevage de bœufs qui provient de paradis fiscaux. En retraçant d’où vient cet argent de la déforestation, on remonte aux îles Caïmans, aux Bahamas, aux Antilles néerlandaises et au Panama…

Les flux de capitaux étrangers transférés de paradis fiscaux vers des entreprises des secteurs du bœuf et du soja en Amazonie brésilienne entre octobre 2000 et août 2011. Illustration : J. Lokrantz, Azote. Stockholm Resilience Center.

L’étude a aussi analysé le rôle des paradis fiscaux dans la pêche illégale. Conclusion ? « 70% des navires responsables de la pêche illégale, et pour lesquels des informations sont disponibles sur leur pavillon de rattachement, naviguent sous un pavillon domicilié dans un paradis fiscal, en particulier à Belize et au Panama. » Le Panama est le premier pays pour les pavillons dits de complaisance, où peuvent être immatriculés des navires sans que ni l’armateur ni l’équipage n’aient de lien avec le territoire (lire notre article Sur les océans, comment les marins subissent de plein fouet les vagues de la dérégulation). Dans le secteur maritime, les pavillons de complaisance permettent aux armateurs de payer moins d’impôts, d’échapper au droit du travail et aux réglementations en matière de sécurité.

Les chercheurs de l’institut suédois soulignent donc que cette pratique contribue aussi à la pêche illicite et, ainsi, à l’épuisement des ressources naturelles. « Notre analyse montre que le recours aux paradis fiscaux n’est pas seulement un défi socio-politique et économique, mais aussi une enjeu environnemental », écrit l’auteur principal de l’étude, Victor Galaz. Pour lui, il est temps que la communauté internationale mette la question des paradis fiscaux à l’agenda du programme de l’ONU pour un développement soutenable [2].

Catégories :Revue de presse

Il est le chemin de l’échange entre les étoiles et nous

20 août 2018 3 commentaires

Car ce poète, un soir auprès du feu dans le désert, racontait simplement son arbre. Et mes hommes l’écoutaient dont beaucoup n’avaient jamais vu qu’herbe à chameau et palmiers nains et ronces.

« Tu ne sais pas, leur disait-il, ce qu’est un arbre. J’en ai vu un qui avait poussé par hasard dans une maison abandonnée, un abri sans fenêtres, et qui était parti à la recherche de la lumière. Comme l’homme doit baigner dans l’air, comme la carpe doit baigner dans l’eau, l’arbre doit baigner dans la clarté. Car planté dans la terre par ses racines, planté dans les astres par ses branchages, il est le chemin de l’échange entre les étoiles et nous. Cet arbre, né aveugle, avait donc déroulé dans la nuit sa puissante musculature et tâtonné d’un mur à l’autre et titubé et le drame s’était imprimé dans ses torsades. Puis, ayant brisé une lucarne dans la direction du soleil, il avait jailli droit comme un fût de colonne, et j’assistais, avec le recul de l’historien, aux mouvements de sa victoire.

Plum Blossoms and Moon Hokusai

« Contrastant magnifiquement avec les nœuds ramassés pour l’effort de son torse dans son cercueil, il s’épanouissait dans le calme, étalant tout grand comme une table son feuillage où le soleil était servi, allaité par le ciel lui-même, nourri superbement par les dieux.

« Et je le voyais chaque jour dans l’aube se réveiller de son faîte à sa base. Car il était chargé d’oiseaux. Et dès l’aube commençait de vivre et de chanter, puis, le soleil une fois surgi, il lâchait ses provisions dans le ciel comme un vieux berger débonnaire, mon arbre maison, mon arbre château qui restait vide jusqu’au soir… »

Ainsi racontait-il et nous savions qu’il faut longtemps regarder l’arbre pour qu’il naisse de même en nous. Et chacun jalousait celui-là qui portait dans le cœur cette masse de feuillage et d’oiseaux.

« Quand, me demandaient-ils, quand finira la guerre ? Nous voudrions aussi comprendre quelque chose. Il est temps pour nous de devenir…

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Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, chapitre X (oeuvre postume publiée en 1948).

Katsushika Hokusai, Fleurs de prunier et lune, 1803, Album Mont Fuji au printemps (Haru no Fuji). Conservé au Museum of Fine Arts, Boston.

Catégories :Des mots en prose

Make the best of what you have

4 juillet 2018 2 commentaires

« Tree » par Steve Cutts, un illustrateur et animateur de talent, à découvrir d’urgence sur son site et/ou blog.

Catégories :Illustrations

Parole de Pygmée

31 mai 2018 1 commentaire

« Tout est dans la nature et toute la nature est en moi. On est ensemble ! »

Ce magnifique objet à été réalisé avec de l’écorce d’arbre, plus précisément la substance fibreuse contenue sous la couche superficielle la plus dure du tronc (liber). Ces fibres d’écorce sont battues jusqu’à les rendre fines et souples. Si ce sont les femmes Pygmées des forêts de l’Ituriqui déterminent l’arbre dont sera prise l’écorce, ce sont les hommes qui vont la battre et la préparer à l’aide de maillets. Le produit fini est appelé murumba, pongo ou lengbe. (Cameroun, Yaoundé 1970-1980)

Catégories :Citations