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Le chêne du Roi, forêt de Bride, Château Voué (Moselle)

Avec la série de chênes que nous venons de dévoiler, Sisley a donc tout naturellement surenchéri en pédonculé ! Il s’est rendu près de Château Voué sur la trace d’un vieux chêne.

« Arrivé dans le village, je constate qu’il y a de belles ruines d’un château médiéval où la nature a repris le dessus – et après quelques pas je distingue au loin un chemin menant au bois, je m’y engage et je commence à chercher. Malgré les quelques indications, je finis par tourner en rond, décidant de remonter vers la lisière je tombe par le plus simple des hasards sur un couple dont le monsieur est propriétaire d’une parcelle, il me demande ce qui m’amène ici et je lui rétorque que j’ai eu vent d’un beau chêne, dit du roi, siégeant non loin. A ces mots il me propose de m’y conduire et après quelques minutes il me signale le reste du chemin et s’en va. Je n’étais pas passé loin en fait ! »

« Le long d’un ruisseau je me dirige vers une ancienne chênaie, quelques mètres parcourus et là j’entre littéralement dans un endroit où l’ambiance est autre, c’est un mélange de silence de cathédrale et de présence séculaire pesante ! De beaux vieux chênes s’offrent à ma vision et je comprend de suite que j’ai atteint le but de la balade. »

« A la droite du ruisseau, j’aperçois enfin le maître des lieux, un superbe arbre dans toute sa splendeur se tient là dans une sorte de zone semi-inondée. A premier regard, il a vraiment de la prestance et cela explique son nom, le chêne du roi de la forêt de Bride. D’après l’histoire Louis XIV en voyage dans le pays du sel, se serait reposé à son pied par une chaude après-midi d’été ! »

« Pour les dimensions il n’y a rien de banal : 5,53 m de tour, une hauteur de 35 m, un tronc élancé avec une frondaison royale et à priori un âge avoisinant les quatre siècles ! »

« Il est avec les autres chênes pédonculés du périmètre [12] issu des vieilles futaies peuplant le domaine. De plus avec des telles mesures il a probablement atteint les limites en forêt et même si l’eau quasi permanente lui a donné un coup de pouce, il est une véritable relique des ces époques où circuler dans ces contrées devait avoir un côté magique. Ce fut vraiment un après-midi fort en émotions, la découverte des environs, la rencontre du chasseur et enfin l’arrivée dans le sanctuaire. »

Merci Sisley, on revient enfin en forêt, et de bien belle façon ! Un très beau chêne forestier avec de belles dimensions et un âge fort respectable s’il a connu Louis XIV. Marrant le récit de ton aventure, je me revois en train de tourner en rond à la recherche de l’arbre tant désiré… Mais finalement, il y a toujours un bon samaritain qui nous remet sur le bon chemin.
___

Mise à jour 1/09/09 : Francis a rendu visite à ce chêne forestier.

Pour y accéder le plus simplement possible, sur la route entre château Voué et Wisse prendre la petite route qui constitue la digue du petit étang de “La Grande Frade”, continuer sur cette petite route goudronnée, arrivé en haut du “plateau”, la route s’arrête, à droite il y a une ferme abandonnée, prendre le chemin agricole à gauche. Là on tombe sur la route forestière, prendre à droite jusqu’à la maison des chasseur qui se localise peu après l’entrée de la forêt, on gare sa voiture, puis on continue une centaine de mètres sur le chemin forestier puis sur la droite il y a un panneau indiquant le sentier menant jusqu’au seigneur de la forêt. Non loin de celui-ci, à une vingtaine de mètres, il ya 3 beaux spécimens allant de 3m à 4m de circonférence ! Cette parcelle forestière est vraiment sympa.

Catégories :Chênes de futaie
  1. 5 mai 2009 à 13:55

    Comme quoi, ils y a toujours des passionnés qui ont le sens du beau, comme ce chasseur, qui est un ami de la nature, bien peu connaissent les arbres. Celui-là a le mérite d’être en plus un bon samaritain.

    bonjour à toi, et bonne semaine.

  2. 5 mai 2009 à 14:00

    Bonjour Booguie,

    à la campagne, il ne faut jamais hésiter de demander son chemin, surtout lorsque l’on recherche des monuments « naturels » ; les gens du cru connaissent tous les chemins de leur pays, et vous guideront…

  3. 5 mai 2009 à 14:10

    Impressionnant ! Et quelle ramure!

    J’aime bien ton passage sur tes impressions en face de ces géants.

  4. 5 mai 2009 à 20:51

    Rien à voir…
    Mais 200000 visiteurs!
    Bravo Krapo! bientôt le1/4 de million.

  5. 6 mai 2009 à 13:43

    Bonjour Gilougarou,

    yééééééééé….. 200.000 randonneurs dans la forêt !!!
    le blog prend un rythme de croisière et tisse sa toile tranquillement…

  6. 7 mai 2009 à 16:18

    Cet arbre est superbe !

    Maintenant, regardons les choses plus froidement : il devrait y en avoir des tas comme celui-ci ! Certes, dans une forât naturelle, la pyramide des âges fait la part belle aux plus jeunes, mais quand même, à 300-400 ans, ce n’est pas un vieux, il est dans la force de l’âge là. Quand la ligniculture laissera la place à une sylviculture intelligente, proche des processus syllvigénétiques naturels, alors on pourra se dire que plus tard, d’autres s’émerveilleront de tous ces arbres magnifiques…

  7. 7 mai 2009 à 18:23

    Salut Hacène,

    tu as vu ce fût massif et élancé bien droit vers le ciel !
    ces grands chênes forestiers sont plus nombreux qu’il n’y parait,
    (la mémoire collective se concentre sur les chênes isolés en campagne)
    il y en aura beaucoup à découvrir, âgés de plus de 4 siècles

    une histoire à suivre…

  8. Sisley
    8 mai 2009 à 12:09

    Des chênes forestiers de 400 ans, il en reste mais ça devient rare étant donné la phase où il n’ y a pas eut de relève pour succéder et maintenant on trouve des parcelles avec des arbres de 150-250 ans et peut-être encore en montagne des peuplement plus importants qui ayant évolués moins vite ont des dimensions plus modestes.

    J’ai vu une fois un beau chiffre annonçant que la forêt indivisée de Haguenau (67) possède 800 chênes dépassant ou égal à 1m de diamètre sur 13750 ha.

  9. Sisley
    24 juillet 2009 à 17:22

    Complément d’enquête :

    Après avoir rencontré un prof de bio assez au courant, il m’a fournit des docs d’archive de foresterie daté de 1936.
    On y fait part d’un inventaire des arbres remarquables de Moselle.
    Et j’ai vu que celui du roi y figure, alors pour la petite histoire, il a été mesuré à 4,50 m à 1,30 en 1936, soit 1,05 m d’accroissement en 73 ans, soit 1,44 cm de tour chaque année.
    C’est pas mal, mais on peut se faire une idée de son grand age, en effet les champêtres ont des fois des mesures annuelles de l’ordre de 2-2,50 cm.

  10. 27 août 2009 à 22:03

    Merci pour ces précieux renseignements Sisley !

    C’est vraiment intéressant de retrouver d’anciennes mesures car ça permet de mieux comprendre la valeur des découvertes arboricoles. Et celui-là vaut donc clairement le détour.

  11. JEROME
    9 septembre 2009 à 14:22

    JE CROIS QUE TU TE TROMPE D UN METRE POUR LA HAUTEUR EN FAITE IL MESURE 36 METRE POUR SUR JE LE CONNAIS DEPUIS QUE JE SUIS TOUT PETIT ET SI TU REGARDE SUR LE PANNEAU DEVANT C MARQUER 36 METRE EN 2001

  12. 9 septembre 2009 à 14:38

    Bonjour Jérôme,

    je fais une totale confiance à mon ami Sisley pour mesurer les arbres, car en bon dendrologue il maitrise parfaitement son sujet. 36 mètres en 2001, pourquoi cet arbre mesurerait-il la même hauteur 8 ans plus tard ?
    Parfois il ne faut pas faire confiance aux panneaux indicatifs, l’arbre est vivant et soumis aux forces de la nature, les mensuration évoluent comme le fait la circonférence ; et puis l’arbre subit les éléments comme le vent qui peut lui raccourcir la cime…

    Essaie de le mesurer et fais-nous parvenir tes données, tu verras comme il n’est pas aisé de réaliser de bonnes estimations en pleine forêt…

    et avec 1 mètre d’écart sur 36 mètres de haut, cela revient à 3% d’écart, ce qui finalement n’est pas grand chose…

    Cordialement,

    ps : ne pas écrire en majuscule sur le net, cela signifie crier.

  13. 17 mai 2011 à 15:59

    Superbe, et merci pour les précisions à la fin de l’article, qui m’ont bien aidée à trouver ce bel arbre.
    Je préciserais juste (il me semble) que dans l’article, à la fin des indications : il conviendrait de dire : « environ 250 mètres à droite après la maison des chasseurs « . Et puis ensuite, signaler une descente, assez importante,pour arriver au pied de l’arbre. J’ai fait aussi des photos, si tu en veux, il n’y a qu’à demander !

  14. Sisley
    17 mai 2011 à 17:21

    Salut,

    Il me semble que ce chêne est indiqué sur la carte IGN du secteur.
    En fait il faut remercier Francis, car la seule fois où j’y suis allé, je ne l’aurai trouvé sans l’aide d’un propriétaire en activité à proximité.

    Je serai curieux de savoir ce que vieux chêne devient, se porte t-il bien ?

    Des photos sont toujours les bienvenues :

    https://krapooarboricole.wordpress.com/contact/

    Krapo, te diras ce qu’il en est..

    Bonne continuation.

  15. 18 mai 2011 à 11:07

    Bonjour Martine,

    c’est une vraie récompense de savoir que grâce au blog, tu t’es rendue auprès de ce chêne, et oui je veux bien voir les photos que tu as pris !

    à bientôt (je te contacte par mail)

    note : Martine nous avait fait découvrir quelques arbres :
    https://krapooarboricole.wordpress.com/2008/11/06/un-ent-en-haut-du-mont-rossberg/
    https://krapooarboricole.wordpress.com/2009/05/12/tilleul-du-gommkopf-oderen-haut-rhin/
    https://krapooarboricole.wordpress.com/2008/11/26/des-hetres-remarquables-kirchberg-haut-rhin/

    et Philippe s’était lancé sur la trace d’un des hêtres présentés :
    https://krapooarboricole.wordpress.com/2009/09/01/vieux-hetre-kirchberg-haut-rhin/

  16. 21 janvier 2012 à 16:28

    Ce chêne, pas si facile que cela à trouver … était un lieu de rendez-vous quand nous étions gamins. Ce Quercus Robur nous surveille !

  17. 21 janvier 2012 à 20:05

    Merci pour ce témoignage. Les arbres accompagnent toujours nos souvenirs. Qu’on soit réceptif ou pas, ils jalonnent notre parcours sur cette Terre.

  18. Noël Goergen
    14 mai 2012 à 20:37

    14 mai 2012, 20 h 10.
    Personne n’a causé du côté « mystique », ni des constatations faites sur les particularités « géobiologiques » de ce chêne qui semble possèder un pouvoir « vibratoire » physique et spirituel énorme, étant situé à proximité d’un point de sortie d’un important courant tellurique qui passe par Château-Salins, Sarrebourg et Strasbourg sur son côté nord/est, et un courant hydraulique souterrain sur son côté nord/ouest.
    En fait c’est un arbre thérapeutique qui vibre sur la couleur indigo, et qui soignerait en particulier, les sciatiques, les douleurs dorsales et articulaires : l’emplacement des soins se situe à la base nord/est de son tronc.
    Je vous fait part de ce fait tel que je l’ai reçu d’un ami géobiologiste- magnétiseur.

  1. 7 juin 2010 à 21:57
  2. 8 juin 2010 à 22:15
  3. 10 juin 2010 à 14:12
  4. 30 septembre 2010 à 17:17
  5. 17 octobre 2010 à 22:40

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