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Archive for the ‘Culte des arbres’ Category

L’arbre sacré de Fatima

8 janvier 2018 1 commentaire

« It is to the Nilometer that the island of Roda owes its fame and there is a little else that the visitor will find north seeing beyond plantations, houses and the modest tomb of a sheykh, unless we mention a venerable Mandoorah-tree with spreading branches, called by the Arabs Hakeem-Kebeer the Great Physician to wich they make pilgrimages in order to be cured of fevers and other disorders. »

« The devoted kneel down at its roots, and it boughs are thickly hung with fragments of clothes of every descriptions, the voting-offering of the sick and thank-offering of the convalesent. « 

« A legend has ben preserved which says that this tree was planted by Fatima the daughter of the Prophet, but I could not trace its origin. »

Georg Moritz Ebers – Egypt Descriptive, Historial and Picturest, 1885, vol. 1, pp. 199-201.

« C’est au Nilomètre que l’île de Rodah doit sa renommée et il y a un peu plus que le visiteur trouvera au nord au-delà des plantations, des maisons et du modeste tombeau d’un sheykh, un vénérable arbre Mandoorah aux branches étalées , appelé par les Arabes Hakeem-Kebeer le Grand Médecin à qui ils font des pèlerinages pour être guéris de fièvres et d’autres désordres. »

« Les dévoués s’agenouillent à ses racines, et les branches sont abondamment piquées de fragments de vêtements de toutes sortes, d’offrandes des malades et de remerciement des convalescents. »

« Une légende qui a été conservée dit que cet arbre a été planté par Fatima, la fille du Prophète, mais je n’ai pu en retracer l’origine. »

Catégories :Culte des arbres

Culte des arbres – Éthiopie

28 décembre 2017 12 commentaires

Culte des arbres Ethiopie

Le peintre a représenté une scène de culte aux esprits des arbres nommée adbar et pratiquée, ici, par des chrétiens orthodoxes. Une femme oint de beurre un arbre pendant qu’un homme verse à son pied le sang d’une chèvre sacrifiée pour l’occasion. Une grande tablette pour le café est disposée au pied de l’arbre, révélant la dimension sociale et domestique de ce culte aux esprits de protection puisque le café est au centre de nombreuses interactions. Tout autour, on s’affaire à préparer un banquet et à le déguster : viande, bière, café, galettes de blé, fèves bouillies (nefro) sont au menu.

Exposition « Étonnante Éthiopie ». La peinture éthiopienne de style traditionnel ou « bahelawi ».

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Jardin d’Église en Ethiopie centrale – Les arbres-tombes

Tandis que certains membres de la communauté ont opté pour la tombe en pierre d’autres ont choisi de perpétuer la coutume qui consiste à recueillir un jeune plant d’olivier ou de genévrier dans une forêt voisine pour le transplanter à l’endroit des corps ensevelis. Les pierres qui dessinent la forme elliptique des tombes protègent les jeunes plants. La pratique est à l’origine des grands genévriers et oliviers que l’on observe actuellement. On les appelle màqaber zaf, « arbre-tombe » ou hawelt, « statue » ou « stèle funéraire ». La plupart sont la mémoire de notables de la paroisse morts pendant les guerres qui opposèrent l’empereur Téwodros à Haylâ Mâlâqot, fils du roi Sahlâ Sellasé. D’autres plus anciens remonteraient à l’époque où l’église siégeait en contrebas.

Ces grands arbres protègent le bâtiment des vents violents. Investis de l’esprit de Saint Mikaél et de Dieu, ils représentent aussi une protection symbolique contre les esprits malveillants. Leur disposition est loin d’être le fruit du hasard. Les prêtres choisissent l’emplacement des tombes et dictent par cette action l’aménagement de l’ased. Il a ainsi été décidé que les prochaines sépultures seraient installées dans la partie sud du territoire, dénuée d’arbre.

Après les obsèques, à plusieurs reprises et pendant sept ans la famille vient se recueillir sur la tombe et implorer le salut du défunt. Les prêtres qui dirigent les prières et les amis sont invités à se rassembler dans l’un des petits abris en bois construits à cet effet. C’est l’occasion de manger et de boire ensemble et pour la famille de garder en mémoire l’emplacement de la tombe.

Durant ces premières années, les parents en deuil s’occupent de nettoyer l’espace qui leur a été attribué, mais rapidement l’activité revient à une autre personne. Il s’agit du « gardien de l’extérieur », yàweçç zàbànna, portant également le titre de dàbtàra. Ce dernier est en charge de l’entretien de la végétation de la deuxième enceinte de Vased. Le sol retourné lors des inhumations offre une bonne terre, il sera réparti aux pieds de plusieurs jeunes plants. Collecter les branches qui se cassent et couper les arbres morts fait aussi partie des attributions de ce dâbtàra. Le bois collecté alimente Pâtre du monastère situé à proximité, il sert aussi à l’éclairage et aux fumigations.

Au quotidien, les fidèles n’ont pas droit à de tels prélèvements. Après un rituel d’exorcisme, ceux qui pratiquaient des cultes aux esprits malveillants peuvent simplement venir suspendre aux branches des arbres-tombes leurs anciens objets fétiches. L’intervention directe sur la végétation de Yased exige en revanche une certaine élévation spirituelle. C’est dans un état de pureté atteint par le jeûne et la prière, au terme d’un pèlerinage par exemple, que les fidèles sont autorisés à recueillir certains végétaux. Les mousses ou les lichens qui poussent sur les vieux oliviers et genévriers, nommés les « vêtements de l’arbre », yàzaf lebs, sont très recherchés pour des fumigations réalisées dans le cadre de rites de guérison ou de purification.

C’est à certains membres du clergé que l’on doit l’essentiel des prélèvements réalisés dans la deuxième enceinte de Yased. Ils sont prêtres, moines et surtout dâbtàra. Outre les fonctions que ces derniers exercent au sein de l’église, beaucoup d’entre eux sont thérapeutes et pour quelques-uns, l’activité médicale représente la seule source de revenus14. Aidés des membres de leur ordre (le gardien de l’église et celui du jardin), ils font de Yased leur réserve de plantes magico-médicinales.

Les prêtres et les dâbtàra trouvent les plantes de leurs préparations magico-médicinales sur les monticules de terres recouvrant les morts. Les végétaux utiles à leur activité doivent provenir de lieux que le profane ignore. Le paroissien croit pour sa part à l’interdiction de consommer ce qui a poussé sur les corps décomposés. Les végétaux des dâbtàra se trouvent ainsi bien protégés.

Du point de vue du thérapeute, chacun des arbres, arbustes et herbacées présents dans cette deuxième enceinte offre un intérêt spécifique qui légitime leur conservation mais aussi la sélection des espèces qui fournissent les produits recherchés. Les plantes croissant sur les tombes ont été semées, plantées ou entretenues quand elles étaient issues de la flore spontanée. Considérant les arbres-tombes, ces derniers peuvent aussi faire l’objet de nombreuses utilisations. Ainsi des fruits du Podocarpus gracilior s’extrait une huile médicinale qui nous a été signalée comme la panacée des maux se rapportant aux oreilles (troubles auditifs, douleurs
diverses). L’olivier est l’arbre de l’onction : de son bois, s’extrait une huile sacrée dont seuls quelques moines spécialisés possèdent le secret de la préparation. Elle était jadis employée à la consécration des rois et des empereurs et s’utilise toujours dans l’ordination des religieux. Elle s’employait aussi beaucoup pour l’éclairage des églises lors des offices nocturnes. Enfin, le bois de l’arbre s’utilise en fumigation pour des rituels de purification ou comme offrande adressée aux esprits.

Chouvin Élisabeth. Jardin d’Église en Ethiopie centrale. Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 41ᵉ année, bulletin n°2,1999. pp. 110-112.

Catégories :Culte des arbres, Ethiopie

Le culte du chêne 2/2 ~ Le dieu Aryen du chêne et du Tonnerre

30 mai 2010 4 commentaires

Avant-propos : Frazer emploie le terme Aryen pour désigner les peuples indo-européens, il a écrit ce texte en 1911-1915, bien avant la montée du nazisme et loin des thèses racistes de la prétendue supériorité de la race Aryenne. (Article scindé en deux, le début est ici).
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« D’après ce qui précède nous pouvons conclure que les Aryens primitifs d’Europe vivaient dans les bois de chênes, se servaient de branches de chêne pour alimenter leurs feux, de bois de chêne pour construire leurs maisons, leurs routes, leurs canots et que les glands formaient la nourriture de leurs porcs et, en partie, de la leur. Quoi d’étonnant donc, que cet arbre dont ils recevaient tant de bienfaits jouât un rôle important dans leur religion, et fût investi d’un caractère sacré ?
Nous avons vu que le culte des arbres a été universel et que, n’étant au commencement que respect et crainte de l’arbre, animé lui-même par un esprit puissant, il s’est transformé peu à peu en un culte des dieux et des déesses des arbres. Et aussi que ceux-ci, suivant les progrès de la pensée, se sont de plus en plus détachés de leur ancienne demeure dans les arbres, pour revêtir le caractère de divinités des bois et de puissances de la fertilité en général, de qui l’agriculteur attend non seulement la prospérité de ses récoltes, mais la fécondité de ses animaux et de ses femmes. Partout où cette évolution s’est produite, elle s’est développée avec une extrême lenteur. »

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« Bien qu’il soit commode de distinguer, en théorie, le culte des arbres de celui des dieux des arbres, il est impossible d’établir, dans la pratique, une ligne de démarcation très nette entre les deux et de dire : « Voici où commence l’un, et où l’autre finit ». Précieuses pour l’étude et la classification, ces distinctions échappent cependant en général à l’esprit plus lourd de l’adorateur des arbres. Nous ne pouvons donc espérer mettre le doigt sur le point précis de l’histoire des Aryens où ils cessèrent d’adorer l’arbre pour lui-même, et se mirent à adorer un dieu du chêne. S’il était possible de l’indiquer théoriquement, ce moment avait dû certainement être dépassé depuis longtemps, par les plus intelligents de nos ancêtres, du moins avant qu’ils émergent à la lueur de l’histoire. Il faut nous contenter, le plus souvent, de trouver parmi eux des dieux pour qui le chêne était un attribut et un accessoire sacré plutôt que le principe. Si nous voulons trouver l’origine du culte de l’arbre lui-même, nous devons l’aller chercher chez le paysan ignorant de nos jours et non chez les écrivains éclairés de l’antiquité. Il faut se souvenir en outre que, tandis que tous les chênes étaient probablement l’objet d’une crainte superstitieuse, au point qu’avant d’abattre un arbre pour le brûler ou pour l’utiliser à la construction, il fallait accomplir des cérémonies afin d’apaiser l’esprit offensé de l’arbre, seuls certains bosquets particuliers, ou certains arbres, recevaient cette sorte d’hommages que nous qualifierons de culte. Très diverses pouvaient être les raisons qui poussaient les hommes à vénérer certains arbres plutôt que d’autres. L’âge vénérable et les dimensions imposantes d’un chêne géant devaient compter pour beaucoup. Et tout autre signe frappant qui distinguait un arbre des autres devait attirer l’attention et concentrer sur lui la terreur vague et superstitieuse du sauvage. Nous savons par exemple que pour les druides le gui sur un chêne marquait l’arbre comme particulièrement sacré ; et la rareté de ce fait – car le gui ne croît pas sur les chênes en général – devait augmenter le caractère sacré et mystérieux de l’arbre. Car c’est ce qui est étrange, merveilleux, rare, et non pas ordinaire et familier, qui excite les émotions religieuses de l’humanité. » Lire la suite…

Catégories :Culte des arbres

Le culte du chêne 1/2 ~ La répartition des forêts de chênes en Europe

30 mai 2010 4 commentaires

Le chêne était un arbre vénéré dans toute l’Europe et le bassin méditerranéen, un ancien culte qui a laissé quelques traces : à Dodone les Dieux s’exprimaient par l’intermédiaire d’un chêne sacré [1] ; c’est sous l’ombrage d’un chêne qu’Abraham s’entretint avec Iahvé [2], les scribes des envahisseurs romains rapportèrent que les druides des Gaules se réunissaient dans des drunemetons, des bois de chênes…

Et il n’y a qu’à regarder la proportion de chênes présents sur le blog (environ 40%) pour se convaincre sans peine que ce robuste arbre nourricier – à la grande longévité et présent sur tous les terroirs – fut autrefois désigné comme étant un don des Dieux.

Encore une fois [3][4][5], je citerai le Rameau d’Or de James Frazer, car c’est un des premiers auteurs à s’être vraiment penché sur ce culte, avec une approche ethnologique, anthropologique & religieuse (un livre écrit il y a maintenant un siècle, et si certaines analyses et théories sont désormais dépassées ; tout ce qui concerne le culte des arbres reste valide, ou en tout cas pose une bonne base pour en discuter). Comme d’habitude c’est un peu long, mais nécessaire si vous voulez approfondir vos connaissances sur le chêne, et découvrir pourquoi de nombreux peuples du continent lui ont voué un culte.


« Il y a certaines raisons de croire que les premiers rois latins se posaient en représentants de Jupiter, dieu du chêne, du ciel, de la pluie et du tonnerre, et qu’en cette qualité ils s’efforçaient d’exercer les fonctions fertilisantes attribuées à ce dieu. La vraisemblance de cette opinion se trouvera renforcée si l’on peut prouver que ce même dieu était adoré en Europe, sous d’autres noms, par d’autres branches de la famille aryenne, et que les rois latins n’étaient pas seuls à s’arroger ses pouvoirs et ses attributs. Je me propose dans ce chapitre d’exposer brièvement quelques-uns des principaux faits qui suggèrent cette opinion. »

« Dès le début, une difficulté se présente. A nos yeux, le chêne, le ciel, la pluie et le tonnerre semblent être des choses tout à fait différentes l’une de l’autre. Comment nos ancêtres sont-ils arrivés à les grouper ensemble comme attributs d’un seul et même dieu ? On peut voir un rapport entre le ciel, la pluie et le tonnerre ; mais qu’ont-ils à faire avec le chêne ? Cependant un de ces éléments, disparates en apparence, fut probablement le noyau primordial, autour duquel, avec le temps, les autres se groupèrent et se cristallisèrent en cette conception composite de Jupiter. Aussi faut-il se demander lequel d’entre eux a été le centre primitif d’attraction. Si les hommes sont partis de l’idée d’un dieu du chêne, comment sont-ils arrivés à agrandir son royaume en annexant la région du ciel, de la pluie et du tonnerre ? Si, d’autre part, ils ont commencé par la notion d’un dieu du ciel, de la pluie et du tonnerre, ou de n’importe lequel d’entre eux, pourquoi auraient-ils ajouté le chêne à ses attributs ? Le chêne est du domaine terrestre ; le ciel, le tonnerre et la pluie du domaine céleste ou aérien. Quel est le trait d’union entre les deux ? »

« Nous allons essayer, dans ce qui suivra, de montrer que d’après le principe de la pensée primitive il est plus facile de concevoir qu’un dieu du chêne se soit transformé en dieu du ciel, que d’envisager l’évolution contraire. Si nous y parvenons, il deviendra vraisemblable que dans le personnage composite de Jupiter le chêne soit l’origine, le principe, et le ciel, la pluie et le tonnerre ne sont que secondaires et dérivés.
Nous avons vu que, longtemps avant l’aube de l’histoire, l’Europe était couverte de vastes forêts primitives, et ceci doit avoir exercé une profonde influence sur la pensée ainsi que sur la vie de nos rudes ancêtres qui vivaient dispersés dans la morne obscurité de la forêt ou dans les clairières ou les endroits défrichés. Or, de tous les arbres qui composaient ces bois, le chêne paraît avoir été le plus commun et le plus utile. La preuve en est fournie en partie par les écrits des auteurs classiques, en partie par les vestiges d’anciens villages construits sur pilotis sur les lacs et les marais, et en partie par les forêts de chênes qu’on a trouvées ensevelies dans les tourbières. » Lire la suite…

Catégories :Culte des arbres

De mère au singulier à féminin au pluriel « L’arbre de Vie »

25 janvier 2010 3 commentaires

« Pour nous les racines de la vie sont dans la parole, c’est elle qui nous aide à élever nos enfants, de mère en fille, tout se transmet comme ça. C’est le souffle, c’est ce qui fait vivre, et transporte tous nos rêves, notre passé. Pour les nomades c’est aussi leurs racines, ils les transportent avec eux. C’est pourquoi garder notre langue, c’est important pour nous. »

« Le culte de la vie, c’est le culte de tout ce qui pousse et surtout des arbres. Le travail au jardin, le travail de la terre, tout est lié à la fécondité. La mère, c’est la terre. En Kabylie, chez moi, on voit souvent des arbres qui portent des fils de laine noués, provenant de la ceinture des femmes, de la frange de leur foulard, ou des morceaux d’étoffe de leur vêtement. »

« Les jeunes filles en difficulté de mariage et par suite condamnées à la stérilité offrent en nouant sur une branche du frêne un brin de leur ceinture en chantant : « Je te rends la friche », comme le ventre de la femme qui n’est pas fertile et ressemble à une terre laissée à l’abandon (en jachère). « Chez nous, c’est à une branche de caroubier que les jeunes filles, impatientes de se marier, attachent un morceau de ruban ou de fil à cet arbre sacré, et si un homme détache l’un de ces liens, il épousera la jeune fille qui l’a déposé. « 

« Les femmes s’adressent à l’arbre sacré, un frêne ou un olivier, nouent leur difficulté d’être mère, et s’en remettent à son génie gardien. Souvent, au pied de cet arbre, s’amoncellent des poteries dans lesquelles des malades ont mangé quelque chose pour se guérir, avec des préparations traditionnelles. Ce qui apparaît clairement, c’est qu’en nouant leur stérilité aux hanches de l’arbre sacré, les femmes sont en relation directe avec la terre qui a capacité de donner la vie. C’est aussi pour ça que, après la naissance, le placenta est enterré à l’abri de tout regard au pied d’un olivier, d’un chêne ou d’un frêne, pour que l’enfant grandisse, fasse racine et descendance. C’est un rituel important pour sa santé à venir mais aussi pour celle de sa mère et de sa fécondité. »

S’il arrivait que quelqu’un sache où c’est enfoui avant la septième lune, l’enfant risque d’être atteint par la maladie ou de repartir dans l’autre monde. Sa mère peut perdre son lait, sa fécondité et même son esprit. Ensuite, l’enfant peut venir parler à cet arbre s’il a un problème et repartir en paix avec lui-même. Mais si une femme ne veut plus avoir d’enfant, elle l’enterrera à la limite d’un champ cultivé. Ce lien entre la femme mère et la terre mère se poursuivant au travers de la végétation dans le culte des arbres, affirme le lien entre la vie humaine et la totalité cosmique. »

« Le mystère de l’inépuisable apparition de la vie est solidaire du renouvellement rythmique du cosmos. Pour cette raison, le cosmos a été imaginé sous la forme d’un arbre géant : le mode d’être du cosmos et, en premier lien, sa capacité de se régénérer sans fin sont exprimés symboliquement par la vie de l’arbre. » (Eliade, Le sacré et le profane)

Les fruits représentent ainsi les générations qui se succèdent au gré des saisons.
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C-J Delpy, De mère au singulier à féminin au pluriel « L’arbre de Vie », Revue Spirale, n°22-2002/2, pp.121-122. Article récupéré sur Cairn.info, lire l’original ici.

Catherine-Juliet Delpy, psychopédagogue, formatrice au CEFISEM de l’académie de Créteil (Centre d’études, de formation et d’information pour la scolarisation des enfants de migrants), tisse pour chaque numéro des dialogues nomades entre sociétés traditionnelles et monde occidental, ici et là-bas, migrants et société d’accueil.

Photo : vieil arbre dans le cimetière, Beni Ouacif, Tikidount © Jacques Godeau, 1973

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