Le chêne de Romuva

Romuva était un prétendu lieu de culte païen (un temple ou une zone sacrée) dans la partie occidentale de la Sambie, une des régions de la Prusse païenne.

Il existe des doutes considérables sur l’existence d’un tel lieu. Le temple n’est mentionné qu’une seule fois, par Peter von Dusburg en 1326. Selon son récit, Kriwe-Kriwajto, le grand prêtre ou «pape païen», vivait à Romuva et régnait sur la religion de tous les Baltes. Il décrit le Kriwe comme un prêtre puissant tenu en haute estime par les Prussiens, les Lituaniens et les Baltes de Livonie. Il gardait la flamme sacrée et pouvait se pencher sur le destin des fidèles décédés. Il recevait un tiers de tout butin pris par les guerriers païens.

Ce premier récit a été amélioré par Simon Grunau au 16ème siècle. Il a décrit un feu sacré éternel, un chêne éternellement vert avec des idoles représentant une «trinité» païenne : Patrimpas (dieu du printemps), Perkūnas (dieu du tonnerre) et Patulas (dieu de la mort et des enfers). L’endroit était gardé par des prêtres et des vestales. Les images sont apparues sur la base de cette description et sont devenues très populaires auprès des historiens romantiques.

Si le Kriwe était une personne aussi influente, il aurait été mentionné dans certains comptes rendus politiques de la région. L’emplacement supposé n’a jamais été trouvé ni par les chevaliers teutoniques, qui contrôlaient l’ensemble de la Nadruvia, ni par des archéologues modernes. Certains détails dans les descriptions présentent des similitudes avec d’autres sources. Par exemple, le Traité de Christburg interdit aux Prussiens convertis d’avoir des Tulissones vel Ligaschones lors des funérailles pour voir dans le voyage de l’âme du défunt. Un autre document des chevaliers teutoniques parle de la blûtekirl qui a recueilli un tiers du butin des guerriers samogitiens comme offrande aux dieux.
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Christoph Hartknoch. « Alt- und Neues Preussen Oder Preussischer Historien Zwey Theile In derer erstem von deß Landes vorjähriger Gelegenheit und Nahmen, wie auch der Völcker, so darinnen vor dem Teutschen Orden gewohnet, Uhrankunfft, Lebens-Beschaffenheit, Sprache, Religion … und andere Sitten und Gewohnheiten: In dem andern aber von deß Teutschen Ordens Ursprung, desselben, wie auch der nachfolgenden Herrschafft vornehmsten Thaten und Kriegen, Erbauung der Städte, der itzigen Innwohner Uhrsprung, Religion … gehandelt wird. Auß vielen alten so wol als neuen, einheimischen als außwertigen Scribenten, Privilegien und andern Documenten … Mit sonderbahrem Fleiß zusammen getragen. »
Franckfurt ; Leipzig ; Königsberg 1684. Manuscrit conservé à la MDZ (Münchener DigitalisierungsZentrum).

2 réflexions sur “Le chêne de Romuva

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