Le Noyer de Benevento

Le Noyer de Bénévento était un très vieux noyer – dit toujours vert – consacré au dieu germanique Odin, autour duquel une communauté de Lombards s’est réuni à partir du VIe siècle, dans les territoires habitée par les Samnites. La célébration des rites païens et religieux, qui prévoyait la suspension d’une peau de chèvre ou de serpent sur l’arbre, a donné lieu à diverses légendes qui se sont perpétuées au cours des siècles, concernant les cérémonies et les rituels magiques pratiqués par les sorcières à l’occasion du sabbat.

Il Noce di Benevento, Giuseppe Pietro Bagetti, (1764-1831), collection privée.

« Dans l’Antiquité préhellénique, le Noyer semble avoir été consacré à une divinité mystérieuse de la Mort, nommée Kar ou Ker dont hérita chez les Grecs Coré, « la jeune fille », enlevée par Hadès et devenue déesse des Enfers sous le nom de Perséphone (Proserpine en latin). Ce nom est lui-même préhellénique et désignait une ancienne divinité de la Mort, identifiée par la suite avec la fille de Déméter. Toujours est-il que le Noyer était voué aux divinités infernales et l’est depuis lors resté. C’est en tant qu’arbre maudit qu’il figure dans les folklores, surtout en Italie, où les sorcières se rassemblaient la nuit du Sabbat sous les Noyers.
Celui de Benevent fut bien connu pendant des siècles comme le lieu de rendez-vous des magiciennes de la région, qui se baignaient dans la rivière proche, appelée justement Sabato. Ce noyer qui disparut au XVIIe siècle passait pour très vieux, puisqu’au VIIe siècle, sous le règne de Constant II, l’évêque Barbatus, patron de la ville qui était retombée dans des pratiques païennes, l’avait fait arracher jusqu’au racines, exorcisant le diable alors apparu. Nous avons là un nouvel épisode de la lutte du clergé contre le culte des arbres. Mais ce noyer devait être particulièrement résistant, car, sans doute après la mort de l’évêque « barbu » un autre noyer apparut à la même place « tout aussi élevé, tout aussi vert » et reprirent les réunions démoniaques. »

Jacques Brosse, Dictionnaire des arbres de France, Mythes et légendes, p.127.

San Barbato abbatte il noce

Gravure de Bénévento, XVIIIe siècle, illustrant l’abattage du noyer des sorcières par l’évêque Barbatus.

9 réflexions sur “Le Noyer de Benevento

  1. Ping : Index : symboles, mythes, textes divers – Krapo arboricole

    1. La caduta del regno dell’amazzoni : festa teatrale fatta rappresentare in Roma dall’eccellentissimo signor marchese di Coccogliudo ambasciatore della maestà del re cattolico per le augustissime nozze dalla sacra real maestà di Carlo II. re delle Spagne e della principessa Marianna, contessa palatina del Reno : dedicata alla maestà della regina sposa.

      Yale University Library – Beinecke Rare Book
      https://brbl-dl.library.yale.edu/vufind/Record/3440826?image_id=1124689

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