Accueil > Arbres menacés, Tilleuls > Alignement de tilleuls, Tanlay (Yonne)

Alignement de tilleuls, Tanlay (Yonne)

Contacté par des bourguignons inquiets d’une décision du Conseil Général de faire couper un alignement de tilleuls plus que centenaires, d’une haute valeur écologique ; je relaie ici leur appel à la préservation du site.

« Nous refusons l’abattage de la totalité des arbres plus que centenaires (plus de 600 arbres), préconisé par le Conseil général. Nous demandons un élagage énergique de tous les arbres et l’abattage des seuls arbres individuels présentant un réel danger pour les usagers et les riverains. Le remplacement au coup par coup de ces arbres par des jeunes plants pouvant croitre dans des bonnes conditions. Nous demandons que soit protégée la biodiversité exceptionnelle de ce site classé aux Monuments historiques depuis 1934. »

Les Tilleuls de Tanlay représentent un ensemble d’environ 800 arbres âgés d’au moins 150 ans. Leur état de conservation comme leur état physiologique est variable mais la majeure partie est dans bon état de conservation et présentent quelques signes de maturités physiologique (cavités).

Tilleuls Tanlay 1

Le principal ensemble est constitué par l’alignement d’environ 600 arbres qui se situe dans l’axe du château et encadre une route du village. Dans la partie la plus proche du village, ces arbres semblent plus âgés et jouxtent des maisons.

Ces arbres présentent un enjeu de sécurité indéniable. Ils présentent également un enjeu essentiel en terme de patrimoine : patrimoine esthétique et affectif pour les habitats du village, patrimoine historique témoignant de l’histoire du site, patrimoine écologique.

Nous rappelons ici qu’un quart des espèces forestières sont des organismes saproxyliques (entrant en jeu dans la décomposition de la matière végétale), et que les publications récentes considèrent que « plus de 40 % des organismes saproxyliques sont aujourd’hui gravement menacés à l’échelle de l’Europe tandis que les sites hébergeant des cortèges complets d’espèces saproxyliques sont devenus très rares ».

L’action humaine est en train de provoquer la sixième grande extinction des espèces vivante. C’est pourquoi depuis la conférence sur Stratégie Nationale pour la biodiversité l’un des objectifs fixés et retenus est de “parvenir d’ici à 2010 à une réduction significative du rythme actuel de l’appauvrissement de la diversité biologique”. Ce rythme est considéré actuellement comme 100 à 1000 fois supérieur à la normale.Tous les pays européen ont pris conscience de l’enjeu de la préservation des espèces liées aux vieux arbres. Malgré les conclusions du rapport de l’UEF et en désaccord avec les orientations en faveur de la protection de la biodiversité, proclamées à la fois par le Conseil Général de l’Yonne, par le Grenelle de l’Environnement et par le Conseil de l’Europe, la décision de l’abattage a été entériné en janvier 2008, sans que aucune solution alternative a été envisagée.

Le Comité de Sauvegarde des Allées de Tanlay demande que soit étudié la pertinence de ce qu’elle préconise : l’élagage sévère de ces arbres et le suivi régulier, ce qui permettrait de répondre à la fois aux enjeux de sécurité, d’esthétique et de biodiversité.

Visitez leur site, sur lequel vous trouverez des dossiers complets sur l’alignement, ainsi qu’une pétition, c’est par ici.

Une étude entomologique avait été réalisée, afin de vérifier quelles espèces habitaient le lieu, en tout plus d’une cinquantaine de coléoptères, regardez par .

***

Communiqué de presse France Nature Environnement 29 octobre 2009

Destruction programmée du Pique-prune dans l’Yonne

Le département de l’Yonne n’abrite plus que deux populations d’un scarabée sensible à la destruction des vieux arbres : le Pique-prune. Pourtant, le Conseil général de l’Yonne va procéder très prochainement à l’abattage de 518 vieux tilleuls de l’allée du Château de Tanlay au mépris de la réglementation qui entoure le scarabée Pique-prune.

Des arbres centenaires qui hébergent le Pique-prune

Ces tilleuls âgés de 130 à 150 ans constituent une double allée d’un kilomètre de long dans l’axe du Château de Tanlay. L’absence d’entretien de ces arbres fait maintenant courir un risque pour les nombreux visiteurs de ce site classé. Le Conseil général de l’Yonne et la commune de Tanlay souhaitent donc faire abattre ces vieux arbres qui abritent une population viable de scarabées Pique-prune.

Or, cette espèce est protégée par la réglementation européenne et nationale. La réglementation prévoit néanmoins qu’il est possible de déroger à cette protection pour « l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques », à la condition qu’il n’y ait pas d’autres solutions satisfaisantes et que des mesures compensatoires à cette destruction soient proposées.

Des élus qui méprisent la réglementation

Le Conseil général, parfaitement informé des enjeux écologiques et de la réglementation refuse de déposer une demande de dérogation et va procéder aux travaux d’abattage dans les jours prochains.

Catherine SCHMITT, présidente de Yonne Nature Environnement, ne comprend pas. « Nous avons alerté à plusieurs reprises le Conseil général des conséquences de cet abattage qui non seulement défigure le site mais entraîne la disparition du Pique-prune et des chauves-souris qui se réfugient dans les cavités de ces vieux arbres ». Elle poursuit «Pourtant, comprenant le risque pour les visiteurs, nous avons proposé des alternatives à cet abattage. En vain ».

Bruno MÉRIGUET de l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE) précise : « le Pique-prune est une espèce écologiquement très exigeante, porte drapeau d’une faune qui a fortement régressé partout en France depuis 50 ans. Sa présence est le gage d’une bonne préservation de cette faune ». Il complète : « La protection du Pique-prune est d’un enjeu national fort. D’ailleurs, l’Europe avait relevé, dans le cadre du réseau Natura 2000, l’insuffisance du nombre de sites désignés en Région Bourgogne pour la conservation du Pique-prune. Le conseil général de l’Yonne devrait être fier de pouvoir contribuer à sa préservation ! ».

L’ONF Bourgogne attributaire de l’appel d’offre pour l’abattage

Comble de l’affaire, c’est la direction territoriale de Bourgogne-Champagne-Ardenne de l’ONF qui réalisera les travaux d’abattage et de broyage, alors même que les agents de l’Office sont habilités à constater les atteintes aux espèces protégées et à leurs habitats.

La fédération France Nature Environnement, l’OPIE, Yonne Nature Environnement et la LPO Yonne oeuvrent pour faire arrêter les travaux et se réservent le droit d’intenter tout contentieux utile pour faire condamner le Conseil général.

Consulter l’article sur le site de France Nature Environnement, c’est par ici.

***

Communiqué de presse France Nature Environnement 14/05/2010

Destruction de 49 tilleuls abritant le pique-prune à Tanlay !

Le département de l’Yonne n’abrite plus que deux populations d’un scarabée sensible à la destruction des vieux arbres : le Pique-prune. France Nature Environnement, l’OPIE et Yonne Nature Environnement viennent de découvrir que des destructions des habitats de cette espèce protégée ont été commises dans le parc du Château de Tanlay.

Le département de l’Yonne n’abrite plus que deux populations d’un scarabée sensible à la destruction des vieux arbres : le Pique-prune. France Nature Environnement, l’OPIE et Yonne Nature Environnement viennent de découvrir que des destructions des habitats de cette espèce protégée ont été commises dans le parc du Château de Tanlay.

Dans un contexte tendu, où le Conseil Général de l’Yonne a dû mettre en suspens ses projets d’abattage de l’alignement principal sur intervention ministérielle, et où devant l’Assemblée Nationale, il s’est vu rappeler par le Ministère qu’il avait obligation d’obtenir une autorisation pour procéder aux travaux de sécurisation du site, France Nature Environnement, l’OPIE et Yonne Nature Environnement ont constaté que la propriétaire du Château, au mépris des informations données par la DREAL lors d’une réunion avec le Conseil Général et en présence du Maire, a fait abattre, cet hiver 4 puis 45 tilleuls.

Ces arbres avaient fait l’objet d’une expertise et présentaient pour plusieurs d’entre eux les traces récentes, perceptibles depuis le sol, d’une occupation par le pique-prune et de nombreuses cavités hautes propices à l’espèce, non explorées.

Une réglementation existe : qu’elle soit appliquée !

France Nature Environnement, l’OPIE et Yonne Nature Environnement ne contestent pas la nécessité d’assurer la sécurité des visiteurs de Tanlay et des golfeurs. Néanmoins, comme l’exige la réglementation en matière de protection des habitats et des espèces, ces travaux doivent faire l’objet d’une demande de dérogation à la protection des espèces et de leurs habitats.

« Aujourd’hui, tous les acteurs concernés par la question des vieux arbres à Tanlay connaissent la présence du Pique-prune » explique Catherine Schmitt, présidente de Yonne Nature Environnement, « l’abattage de ces arbres a été conduit en toute connaissance de cause. Il constitue, en absence d’autorisation, un délit selon le Code de l’environnement ! ».

Theo Dirksen du Comité de Sauvegarde des Allées de Tanlay déplore « l’absence de réaction de la DREAL que j’avais pourtant informée dès l’abattage des 4 premiers arbres et je regrette que cet immobilisme ait conduit à l’abattage de 45 autres tilleuls qui sont maintenant réduits en copeaux ! »

Consulter l’article sur le site d’origine France Nature Environnement, c’est par ici.

Catégories :Arbres menacés, Tilleuls
  1. 26 janvier 2009 à 15:38

    J’espère que leur cri va être entendu ! Il y a déjà assez d’arbres centenaires qui ont été abattus par la tempête, sans qu’on s’y mette nous aussi !

  2. cheyenne
    26 janvier 2009 à 19:59

    « …..un arbre? enfin! cela ne sert à rien ! et puis cela peut être dangereux ! » mais oui bien sûr…., suis-je toujours sur la planète Terre? Allo ?

  3. 27 janvier 2009 à 01:09

    Salut cheyenne,

    arguments sécuritaires, encore… mais qui est dangereux ?
    L’arbre qui pousse tranquille avec ses frères,
    ou l’humain dans sa voiture filant à toute allure ?

  4. 27 janvier 2009 à 10:19

    C’est vrai que si on pousse l’argument sécuritaire jusqu’au bout, on serait tenté de classer l’homme comme espèce nuisible… pour la planète !

  5. 27 janvier 2009 à 11:10

    Pitoyable. L’homme voit toujours à courte vue et a perdu sa relation à la nature. Y a pas une pétition à signer ? Oui. Ok. Dès que ma douce installe ce qu’il faut, je signe.
    ça me rappelle quelqu’un de proche qui a dit un jour le plus banalement du monde : « J’ai coupé le tilleul, il commençait à devenir un arbre. »

  6. 27 janvier 2009 à 12:20

    Bonjour Lucie et Lyriann,

    je me suis emporté… mais c’est quand même dingue, un biotope essentiel, des arbres par centaines ; et il faut tout raser au nom de la sécurité publique !
    Le comité préconise le remplacement au coup par coup des arbres ‘dangereux’, mais non, il faut couper tous ces tilleuls…

    A quoi pensent-ils lorsqu’ils plantent des arbres, dont l’espérance de vie peut dépasser 1000 ans ? A quoi rêvent-ils lorsqu’ils les arrachent ?

    Déjà vu un abattage en règle… ce qui m’a marqué, ce sont les riverains d’un certain âge qui pleuraient, désespérés de voir disparaitre les arbres.

    J’en ai assez qu’on coupe des arbres, sous prétexte qu’en France la forêt se porte bien. Mon cul oui ! La forêt de porte mal, de la sylviculture avec juste quelques espèces (souvent des OGM). La forêt française est devenue un biotope pauvre avec très peu d’espèces végétales et animales.

    La planète ne nous appartient pas,
    c’est nous qui appartenons à la planète
    (un chef indien)

  7. Sisley
    27 janvier 2009 à 13:15

    J’aurais pas dit mieux !
    Si y a possibilité de pétition je suis de la partie !
    En ont-ils déjà fait part à cette association ?
    http://www.arbresetroutes.org/securite-routiere/index.html
    http://www.arbresetroutes.org/index.html

  8. 27 janvier 2009 à 14:47

    Sur un seul document je veux dire…

  9. 27 janvier 2009 à 14:14

    Bonjour Sisley,

    merci de remettre ce lien par ici, très bon site !

    Il serait absurde de couper les arbres, comme il a été proposé par certains, pour réduire l’insécurité routière. Incriminer les arbres n’en demeure pas moins typique d’une certaine perception de la route en France, où ce sont plus souvent des éléments extérieurs que les comportements des conducteurs qui sont jugés responsables des méfaits.

    L’Académie des Sciences Morales et Politiques, qui a réalisé une étude excellente de 110 pages sur l’insécurité routière, à regarder par ici (en .pdf) :
    http://www.asmp.fr/travaux/gpw/route/route.pdf

  10. 27 janvier 2009 à 14:45

    Tu as raison de t’indigner, Krapo. Est-ce que tu as téléchargé en .doc la pétition car on pourrait tous la remplir pour leur envoyer, non ?

  11. 27 janvier 2009 à 15:24

    Ola Lyriann,

    voici l’exemplaire de la pétition :
    http://sauvegardedesalleesdetanlay.hautetfort.com/media/00/01/402701387.4.doc

    à renvoyer :

    Comité de Sauvegarde des Allées de Tanlay, 16 rue Haute 89740 PIMELLES

    Contact : Théo Dirksen tel : 03.86.75.76.96
    Ou Joëlle Grigor tel : 06.82.08.87.15

    Mail : sauvegardealleestanlay@orange.fr

  12. 27 janvier 2009 à 15:28

    Heu… Oui d’accord. Mais je voulais dire en fait que l’on pouvait peut-être tous se rassembler sur une seule et même liste plutôt que faire 46 documents de tous les côtés… C’était la raison de mon commentaire, mais je crains ne pas avoir été bien compris… En fait je n’ai pas été très explicite…

  13. 27 janvier 2009 à 16:14

    Les pétitions sur papiers ne sont valables qu’avec les signatures des engagés révoltés…

    Quand aux pétitions sur le net, elles ne sont valables qu’à condition d’avoir une adresse ip différente par signature,

    Donc soit on envoie chacun par mail notre soutien, mais on peut aussi imprimer le document, le faire signer par le maximum d’amis et le renvoyer par la poste…

  14. 27 janvier 2009 à 17:04

    « Si tu dis à un Mapuche que la terre bouge et parle, il le comprendra. Cela ressort à une conscience qui vient de bien plus loin et de bien plus profond. C’est pour cela que notre lutte n’est pas seulement terrestre, en termes de réalités concrètes, c’est aussi une lutte spirituelle. »

    « En disant terre, je dis langue. Je ne dis pas seulement le mot mais aussi tout le contenu sacré qu’il implique. Je dis terre et je nomme ainsi les esprits qui l’habitent. Il ne s’agit pas seulement d’un problème de terres, mais avant tout de ce que la terre n’est pas une marchandise.
    Il y a en elle une histoire qui ne se réduit pas à l’histoire humaine. »

    « Cet arbre qui t’a vu grandir est une histoire, une vie. »

    Le poète Léonel Lienlaf, propos échangés avec Camilla Pascal ; indien Mapuche du Chili, à côté de ses frères en lutte pour la défense du territoire, mais surtout contre la perte de la mémoire et de la culture « c’est une lutte contre l’oubli : pas contre l’oubli des autres, mais contre notre propre oubli de nous-mêmes. »
    ———
    « C’est la consistance même de cette vie qui est en jeu », écrit le poète chilien Raul Zurita. « La société occidentale, aveugle et dominatrice, en contraignant les peuples indiens à l’affrontement ou à la perte progressive de leur culture propre, à leur anéantissement comme entité collective, se perd aussi elle-même. L’homme perd les dimensions plus vastes de l’air qui l’accompagne, du ciel, des marées. Quand il n’y aura plus rien à faire et que les hommes de la terre parleront tous une langue unique, quand ils auront oublié la voix du pehuen et celle de l’oiseau et qu’ils n’entendront plus que le caquètement des pondeuses dans une usine, ce jour-là, ils regretteront. »
    _________

    Tout ceci provient d’un article que j’avais écrit sur les indiens Mapuche et leur relation intime avec l’araucaria, l’arbre-mère de leurs montagnes. Tant de vérités… envie d’en lire plus :
    https://krapooarboricole.wordpress.com/2008/01/30/252/

  15. Sisley
    28 janvier 2009 à 20:10

    J’ai vu à quoi correspondrait un élagage énergique :
    p.26 du doc :
    http://sauvegardedesalleesdetanlay.hautetfort.com/media/01/02/1301484509.pdf

    Dans un cas comme dans l’autre j’ai peur qu’à terme il n’y ai plus que les jeunes arbres de substitution qui aient un réel avenir !

  16. Sisley
    12 février 2011 à 00:51

    Dernières nouvelles :

    l’alignement sera épargné, mais un élagage de la plupart sera entrepris, ce qui préserve la biodiversité du peuplement.
    Reste à voir le type de taille ..

  17. Yanick
    12 février 2011 à 13:53

    Hou la la quel silence depuis 24h,
    Un seul message et c’est toi Sisley toujours fidèle au poste.
    Enfin c’est pour nous annoncer une bonne nouvelle.
    Espérons que ces tilleuls seront soignés par un bon arboriste.

    Je suppose que Christophe est dans le dépouillement et le tirage au sort du concours.

  18. 12 février 2011 à 14:13

    Salut les amis, il y a des jours où le silence du blog est assourdissant…

    Merci pour l’info Sisley, j’espère aussi que l’élagage sera de qualité…

  1. 7 juin 2010 à 12:28
  2. 8 juin 2010 à 15:18
  3. 3 janvier 2011 à 18:32

Laissez vos mots...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s