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Chêne têtard, La Tourlandry, hameau de la Rigaudière (Maine-et-Loire)

Bien que Gilles nous ait fait découvrir de beaux arbres, je me suis rendu compte qu’il venait de s’installer récemment en Anjou. Et comme je sentais qu’il était désireux d’aller rencontrer de vieux arbres, je lui ai fait passer une petite liste…

“Direction La Tourlandry, hameau de La Rigaudière. C’est un endroit que l’on trouve tout au bout d’une petite route qui serpente le long d’une colline. Et tout à coup on se sent petit face à la masse ligneuse qui se love au fond du vallon. Voilà des siècles qu’il grossit bien à l’abri des regards de la civilisation.” (clic)

“C’est un bon gros chêne taillé en têtard depuis des générations qui a fourni on ne sait combien de stères pour réchauffer les longues soirées d’hiver.”

“Un spécimen qui en impose quand on est en sa présence, de près plus que de loin car même s’il ne mesure que 12 mètres de haut, il a un tour de tronc de 6m70 à 1m30 ou 6m10 à l’endroit le plus étroit.”

“Une de ses branches coupées m’a permi de compter environ 200 cernes mais comme le premier tier intérieur est inexploitable, la branche à bien largement 300 ans. Les branches latérales sont bien deux fois plus épaisses ce qui tendrait à confirmer son age présumé de 600 ans. Je n’ai pas fait de relevé précis, mais à la lecture des cernes on remarquait régulièrement des périodes où ceux-ci étaient plus rapprochés : sujet d’étude possible sur la fréquence des tailles que subit le géant au cours de sa vie.”


“Le haut du tronc est creux et c’est une cachette idéale. J’en veux pour preuve la boîte en plastique qui se trouvait à l’intérieur et qui était un trésor à découvrir pour un jeu de piste. Désolé les petits, c’est moi qui l’ai trouvée (non je rigole, je l’ai laissée en place). Voici donc un témoin du passé qui porte les stigmates des pratiques agricoles ancestrales. Un vrai livre d’histoire vivant.”

La Tourlandry, la rigaudière - Google MapsMerci pour le reportage Gilles, un vrai régal la découverte de ce vieux chêne têtard, un “livre d’histoire vivant” qui arrive en fin de vie ; mais qui devait offrir une vision formidable du temps de sa superbe, et en hiver sa silhouette trapue doit être de toute beauté. J’ai lu qu’à l’origine, “ce chêne têtard possédait 8 charpentières réparties en couronne et terminées par des têtes de chats”.

A bientôt pour de nouvelles aventures…

Catégories :Chênes villageois
  1. 1 mai 2009 à 01:07

    euh… a veut dire quoi taill en ttard ?

  2. 1 mai 2009 à 12:04

    Salut Tikayu,

    Une taille en têtard consiste à tronçonner le tronc d’un arbre à une certaine hauteur du sol. Les branches repoussent ensuite en « couronne », en donnant un port caractéristique. La pratique de ce type de taille a pour origine la nécessité d’un approvisionnement aisé et abondant en osier pour les besoins de la vannerie, ou encore, l’approvisionnement de différents feuillages pour l’affouragement du bétail, (par exemple le frêne).
    La seule différence avec le recépage qui s’effectue au plus près du sol et qui, après rejets, forme une cépée, est la hauteur d’intervention (1,50 à 2 m), après laquelle il y aura également formation de rejets. Le terme de têtard provient du renflement qui se forme après quelques années, au sommet du tronc.

    Les têtes de chat : cette variante qui s’applique bien au tilleul consiste à tailler un peu plus long lors que la première intervention. Ainsi, au lieu de se retrouver avec des départs au ras du tronc, ceux-ci seront déportés un peu plus loin sur les charpentières, simplement taillées à 1m du tronc environ. Les « boursouflures » qui naitront au bout des charpentières forment ce que l’on nomme les têtes de chat !

    Ne pas croire que la taille en têtard est faite par un krapo !

  3. 1 mai 2009 à 17:48
  4. 1 mai 2009 à 17:51

    Bonjour et merci de cette attention Kathy,

    bonne journée à toi

  5. Sisley
    2 mai 2009 à 10:56

    Ça devient des vrais raretés ces chênes têtards !!
    Même si j’ai du mal à croire à son age, le fait qu’il ai été conduit de cette manière a certainement réduit sa croissance et explique en partie ce cas de figure.
    Très vieille trogne en tout cas, qui peut abriter tout un cortège de la faune campagnarde au grand bonheur de la biodiversité.

    Un peu hors sujet, mais j’en profite pour poster
    une pétition contre le riz OGM :

    http://www.greenpeace.org/luxembourg/getinvolved/act/copy-of-take-action-stand-up

  6. 2 mai 2009 à 11:40

    Salut Sisley,

    oh oui ça devient rares de tels spécimens, d’après les anciens il aurait été planté au XVe siècle, j’ai vu une ancienne photo avec les 8 charpentières… Combien de stères a-t-il pu offrir pendant toutes ces années ?

  7. 2 mai 2009 à 12:32

    Mazette ! On aimerait bien en voir d’aussi vieux en forêt !
    On peut rêver…

  8. 2 mai 2009 à 13:07

    Bonjour Hacène,

    impossible de trouver de tels chênes en forêt, mais plutôt derrière des fermes, ou bien dans des haies, un têtard a besoin de place et de lumière.

    Bonne journée

  9. gilougarou
    2 mai 2009 à 21:11

    Salut Sisley.

    En fait, je partage ton avis sur le fait que l’âge que l’on attribue à cet arbre peut être exagéré. La seule certitude que j’ai vis-à-vis de son âge est qu’il a au moins 300 ans (cf la branche que j’ai observée). Il est tout à fait possible qu’elle se soit moins développé que ses voisines et qu’elle ait été une branche d’origine. De plus, je vois régulièrement des chênes de 6 mètres dont on dit qu’ils ont 400 ans, ce qui semble raisonnable. Cependant, les cernes de cette branche sont particulièrement petits (les plus larges ne mesurant pas plus de 3mm), alors il est permis de rêver !

    Au bout du compte, l’important n’est pas là ; 300, 600, 800… Ça finit par être abstrait tout ça ; il n’y a qu’à voir ces chênes de la liberté qui n’ont « que » 200 ans et qui pourtant se réfèrent à une histoire déjà ancienne.
    Nous sommes tout petits face à ces éternelles jeunes brindilles et il convient donc simplement de les admirer et de les respecter en admettant ce qu’elles sont : des miracles de la nature.

    ciao!🙂

  10. Sisley
    2 mai 2009 à 22:51

    J’suis tout à fait d’accord avec toi au niveau de l’age réel d’un arbre.
    Qu’il ait 200-300 ou 600 ans, il n’est pas à privilégier par rapport à un autre.
    Seulement j’ai tellement d’engouement pour la dendrologie que l’exactitude ou les valeurs assez justes m’écartent un peu de la réalité.
    Mais au bout du compte l’essentiel c’est que ce blog, reste une centrale de l’arbre ou quiconque vient apporter une anecdote, reportage ou autres. Un super point de rendez-vous des arbrophiles de France et de Navarre en fait !
    L’un des meilleurs endroits du web où j’ai plaisir à venir me promener.

    A +

  11. 2 mai 2009 à 22:55

    Bonjour Gilougarou & Sisley,

    A ce que je lis, vous vous entendez bien ! Pas facile d’estimer l’âge des arbres, surtout de loin, de l’autre côté de l’écran… Une raison pour laquelle, je n’affiche que les âges qui ont été confirmé par de vrais dendrologues. Et puis, en ne donnant pas leurs âges, l’imagination reste fertile…

    « L’immortalité potentielle ajoute encore à la dignité de ces gardiens du temps. Près d’eux, nous sommes tous des gamins. » (Francis Hallé)

  12. Sisley
    2 mai 2009 à 23:03

    Le chêne se prélassait dans un près fleurit,
    Quand je l’aperçus ainsi,
    Mon impression première,
    Et qu’il était ivre de lumière,

    Mais la réalité était autre,
    Le vieillard palabrait avec ses frères,
    Du bon vieux temps où les gens d’ici,
    Les considérait avec du ressenti,

    L’époque ou le jeune garçon de ferme,
    Venait récolter son bois,
    Pendant la période des stockages.
    Quand l’hiver approchait doucement,
    Et que le chêne tolérait objectivement,
    Ce don utile pour des gens sages.

  13. 2 mai 2009 à 23:38

    Ola Sisley,

    très bien ce poème, il illustre parfaitement la taille en têtard :
    « Et que le chêne tolérait objectivement,
    Ce don utile pour des gens sages. »

    ainsi au lieu de couper les arbres, les paysans d’antan les taillaient et les gardaient en vie pendant des siècles. Une source quasi inépuisable de buches pour les hivers rigoureux…

  14. 3 mai 2009 à 21:58

    Merci pour toutes ces infos : je m’étais justement longtemps intérrogée sur l’aspect « boursouflé », pour reprendre le terme, de certains arbres; Et bien que je me douta que ce fut grâce à l’intervention de l’homme, je n’en connaissais pas l’origine exacte…

    Et si on taille les oreilles d’un Krapo, est-ce qu’il boursoufle?

  15. 4 mai 2009 à 12:04

    Salut Tikayu,

    au plaisir de te renseigner…
    heu… pas envie de faire tailler mes oreilles, je les aime bien grandes !

  16. gilougarou
    13 mai 2009 à 18:24

    En fait, cet arbre … il est trognon!!! (lol)

  17. 14 mai 2009 à 12:55

    ah c’te blague ! (rires)

  1. 10 juin 2010 à 14:35
  2. 21 juin 2010 à 16:01

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