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Archive for the ‘Inde millénaire’ Category

La vie nocturne des arbres

20 décembre 2014 4 commentaires

Un ouvrage de Bhajju Shyam, Durga Bai et Ram Singh Urveti – édité par Tara Books en 2006.
Publié chez Actes Sud en 2013, épuisé et disponible d’occasion au prix prohibitif de 67€ !

Ce somptueux livre d’art nous propose de découvrir trois des plus grands artistes vivants issus de la tradition Gond à travers leur vision des arbres. Pour cette tribu du centre de l’Inde, l’arbre est au cœur de la vie. Le jour, il apporte aux hommes l’ombre, l’abri et la nourriture. Mais la nuit, une fois ses visiteurs repartis, les esprits des arbres se dévoilent. Ce sont ces esprits lumineux qui envoûtent les pages de La Vie nocturne des arbres.

Tara Books - Night life of trees.

La création des arbres

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Quand Shankar Bhagwan, le créateur, a fait le premier homme, il n’y avait ni arbre ni feuille sur Terre.
L’homme dit : « Maître, que vais-je manger ? Comment vais-je vivre ? »
Le créateur s’arracha trois poils, et en fit trois grands arbres.
Puis l’homme dit : « Mais, Maître, ces arbres n’ont pas de fruits. Trois ne feront pas plus que trois, et les trois finiront bien par mourir un jour. »
Puis Shankar Bhagwan a pris la cendre qui recouvrait ses poils, et en saupoudra les arbres. Ils se mirent à fleurir et à donner des fruits.
Ainsi, bien avant que nous sachions semer du grain, les arbres nous ont nourris de leurs fruits.

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Maison du Créateur - Tara Books.

La maison du Créateur

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Le Peepal est la Maison du Créateur, vénéré par les Hindous comme par le peuple de la forêt. Ils viennent de loin pour dire des prières en versant de l’eau sur son tronc.

Le Peepal est si parfait que lorsqu’il se découpe sur le ciel, il semble avoir la même forme que chacune de ses propres feuilles. Le détail est à l’image de l’ensemble.

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Entièrement fabriqué à la main, le livre – au tirage limité et dont chaque exemplaire est numéroté – reproduit des œuvres originales en sérigraphie sur papier noir. Chaque tableau s’accompagne d’un texte qui emmènera  les lecteurs – petits et grands – dans le riche univers imaginaire des Gond où l’homme et la nature vivent en harmonie.

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Vanaspati वनस्पति – Le Roi des forêts

23 juin 2009 3 commentaires

Plant de lotus et plantes médicinales naissant du nombril d'un homme - Musée Calcutta, IIè siècle av. JCDans l’hindouisme, la forêt dans son ensemble (y compris les animaux qui la peuplent) apparait sous la forme d’une déesse du nom d’Aryanyāni.

Pour les anciens sages, aucun autre dieu n’était aussi important, et aucun n’avait autant de pouvoir que Vanaspati, le Roi des forêts वनस्पति (Rig Veda 10,146).

Dans la littérature védique, le règne végétal était divisé entre les Vrksa (les arbres), les Osadhi (herbes utiles à l’homme), et les Virudhas (lianes). Celles-ci sont subdivisés en Visakha (arbustes), Sasa (herbes), Vratati (grimpantes), Pratanavati (lianes) et Alasala (rampantes). Toutes les herbes sont classées séparément comme Tàňa, les plantes à fleurs sont Puspavati, et les porteurs de fruits sont Phalavati. Les feuilles des plantes sont placées sous le groupe, Karira.

D’après les croyances et les mythes védiques toutes les plantes et tous les arbres sont considérés comme sacrés, car ils possèdent les dons d’immortalité, de guérison et de prospérité. En raison de leur générosité infinie qui a permis aux hommes de s’élever, ils sont devenus aussi précieux qu’une mère et son lait, source merveilleuse de vie.

“Plants, O ye Mothers, I hail you as the Godesses” (Yajurveda IV.2.6)

Vanaspati est invoqué dans le Rig Veda et dans les aprisuktas ; et, le printemps, les rochers et les arbres sont vus comme autant de manifestations de l’esprit divin. Toutes les divinités des plantes, des arbres et de la forêt jouent un rôle prépondérant dans la religion du Rig Veda et dans l’Atharvaveda, ils sont invoqués principalement avec les eaux et les montagnes. Il apparait à la lecture de ces textes que les hommes vivant à l’époque védique étaient des adorateurs de la nature.

La littérature post-védique des Hindous, Bouddhistes et Jaïns est emplie de révérence, d’amour et de compassion pour la nature ; et aussi du concept – non seulement de l’unité de la vie – mais aussi de l’unité de ce qui vit (cetan) et de ce qui ne vit pas (acetana).

Le Śvetāsvatara Upanishad capture l’essence de cette unité lorsqu’il décrit la nature :

“The God who is in fire, who is in water, who pervades the whole universe,
who is in medicines, who is in vegetation, we salute that God”.

Dans la culture indienne, la sylve occupe une place très importante et, est considérée comme appartenant aux Dieux. La plupart des écrits anciens comme les Vedas, Purānas, Brāhmanas et Aryanakas ont été rédigés par des sages vivant dans la forêt. Dans ces temps reculés, les hommes considéraient trois types de vana (forêt) :

Mahāvana était dépourvue d’habitations humaines et l’impact des hommes était donc négligeable. De telles forêts étaient denses, vierges et naturelles – recouvrant de grands massifs montagneux ainsi que quelques plaines. Lord Śiva est considéré comme la divinité qui préside dans de telles forêts.

Tapovana était la forêt où les sages venaient pratiquer tapas (pénitence et méditation) ; les textes Upanishads et Aranyakas ont été écrits dans des forêts semblables. La plupart des tapovanas ont maintenant disparues. De nos jours, il en reste une aux environ de Haridwar. Ces forêts étaient pleines de plantes et d’arbres qui offraient des feuilles médicinales et comestibles, des racines, des fruits, de l’ombre et un climat plus hospitalier.

Śrivanas étaient les forêts locales, rattachées à un village ou une ville, et entretenues par un pancāyatas. Elles contenaient une grande variété d’essences d’arbres, ainsi le concept de la société sylvicole était connu des Indiens, même dans ces âges si lointains. Généralement, cinq espèces d’arbres (banyan, pipal, asoka, bela and harda) devaient se retrouver dans une srivana et formaient le pancavati, sorte de bois sacré que chaque village se devait de posséder, même s’il ne possédait pas de srivana.

Source : Bansi Lal Malla, Trees in indian art, mythology and folklore.
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Notes :

Védique voir Véda, ensemble des textes de la religion hindoue.  La partie la plus ancienne, le Rig-Véda, daterait de 1800 à 1500 av. J.-C. (mais la transmission orale serait bien plus ancienne). La compilation de ces textes est attribuée au sage Vyāsa. Les parties les plus récentes du Véda dateraient de 500 av. J.-C.

Les Véda constituent sans doute le corpus de connaissance le plus ancien que l’on connaisse et sont la base de la littérature indienne. Ils traitent d’astrologie, d’astronomie, de rituel, et comment ceux-ci se relient à la vie spirituelle de l’humanité.

Les Upanishads sont une partie des textes faisant partie de la śhruti  (des révélations reçues par les rishi – les sages des temps les plus anciens) et consistent en des spéculations philosophiques qui éclairent le Véda.

Catégories :Inde millénaire

Kadalī – le bananier en Inde

22 juin 2009 2 commentaires

bananier indeLe bananier – kadalī – est considéré comme sacré par les Hindous. Les femmes désirant une progéniture mâle, lui rendent un culte durant le mois de Kārtika.

Cet “arbre” est de bonne augure à la fois pour les Vaisnavites et les Śaivites, en effet il est considéré comme étant la réincarnation de la déesse Pārvatī, la femme de Śiva , et celle de Laksmī , la femme de Visnu.

Il est remarquable que la divinité du bananier soit identifiée à Laksmī, ainsi qu’à Pārvatī qui est une déesse agraire aussi appelée Navapatrikā. Une statue est taillée dans son tronc, et est habillée comme une mariée. Ce travail est souvent réalisé par les femmes qui en font cadeau au mari, ou à l’enfant en vue d’une vie prospère.

Par ailleurs, l’image de la déesse Nandā Devi est aussi sculptée dans les troncs de bananiers Et les feuilles de cette plante sont aussi utilisées pour les cérémonies du Satyanarayan Puja. Enfin, il est bon de noter qu’en Inde, les repas sont souvent servis sur des feuilles de bananier en guise d’assiette.

Source : Bansi Lal Malla, Trees in indian art, mythology and folklore.

Enfin commencé la traduction de ce livre, cela ouvre une nouvelle catégorie consacrée aux mythes et folklore de l’Inde millénaire, vous verrez c’est très riche ! La traduction est ardue, et les illustrations dures à retrouver ; les articles viendront donc dans le désordre… (J’ai conservé l’écriture en sanskrit pour le nom des divinités et pour ceux des arbres).

Catégories :Inde millénaire

Figuier des pagodes, Ficus religiosa

28 mars 2008 19 commentaires

pipal-tree-leafLe figuier des pagodes, arbre Bo, pipal ; le ficus religiosa est un arbre sacré pour les bouddhistes jaïns et hindouistes, et fait l’objet d’un véritable culte ; nommé Açvattha en sanscrit.

Il s’agit d’un arbre majestueux de 30 m de haut, à la cime touffue et dont la ramification s’étend beaucoup en tous sens. De ses branches pendent des racines aériennes qui, atteignant le sol, y donnent naissance à de nouveaux troncs entourant le fût principal. Le feuillage est généralement dense, et les feuilles pendantes sont en forme de coeur, terminée par une pointe effilée. L’arbre perd ses feuilles pour une brève période lors de la saison sèche. En vieillissant l’écorce prend un teint brun rougeâtre et l’arbre multiplie les racines aériennes, magique.

pipal-bodhi-tree-ficus-religiosa

Le plus connu, et le plus sacré de ces arbres se situe au nord-est de l’Inde dans la ville de Bodh-Gaya à 100 km de Patna. L’arbre de la Bodhi est un de quatre lieux saints du bouddhisme.

arbre-bodhi-eveilC’est sous son feuillage que Bouddha, le fondateur du bouddhisme, atteint la Bodhi, l’Éveil ou connaissance suprême. Le Siddhartha Gautama s’assied alors sous un pipal et fait le vœu de ne pas bouger de cette place avant d’avoir atteint la Vérité. Māra, démon de la mort, effrayé du pouvoir que le Bouddha allait obtenir contre lui en délivrant les hommes de la peur de mourir, tente de le sortir de sa méditation en lançant contre lui des hordes de démons effrayants et ses filles séductrices. En vain : c’est dans une posture demeurée célèbre dans l’iconographie bouddhiste que Siddhārtha prend la terre à témoin de ses mérites passés, accède à l’éveil et nie simplement, pendant sept jours, les présences démoniaques sans les combattre, en toute sérénité. Il insistera toujours sur le fait qu’il n’est ni un dieu, ni le messager d’un dieu, et que l’illumination ne résulte pas d’une intervention surnaturelle, mais d’une attention particulière portée à la nature de l’esprit humain ; elle est donc possible pour tous les êtres.

Par conséquent, le Pipal ou arbre de la sagesse, est considéré comme sacré et symbolique, et à ce titre est devenu lieu de pèlerinage. Autrefois, dans l’histoire bouddhiste, quand la statue du Bouddha n’était pas encore en usage, l’arbre de Bodhi a été pris pour symbole du Bouddha vivant pour le représenter. L’arbre de Bodh-Gaya proviendrait d’une bouture d’un arbre du Sri Lanka, lui-même descendant de l’arbre sous lequel le Bouddha réalisa l’Éveil, a été replanté après le passage de Caçanka, roi du Bengale au VI siècle qui dévasta les lieux. L’arbre fut abattu en 1876 par un orage violent, mais repoussa de plus belle.

Arbre sacré, le couper équivaut à un crime sur un Brahmane. Krishna dit :

“de tous les arbres de la forêt, je suis l’Açvatha”, qu’il décrit comme l’arbre sacré éternel.

En Inde, un moine accusé d’avoir coupé l’arbre de Boddhi, contraint à démissionner (lire)

Consultez l’article sur le Ficus Benghalensis où Bouddha s’est rendu après l’éveil, un autre figuier sacré de la mythologie indienne, et ce coup-ci avec mes photos.
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La photo utilisée pour illustrer l’article est de Eli, visitez son site et partez à la découverte de l’Inde. Des graines de ficus religiosa à faire germer, ici.

Figuier des Banyans, Ficus Benghalensis

22 février 2008 9 commentaires

botanique-banyan-treeAprès l’illumination sous l’arbre de la Bodhi, le Bouddha vint s’asseoir sous l’arbre Vata, afin de recevoir l’hommage de Brahma, le Créateur, père des dieux et des hommes. Brahma supplia Bouddha de ne pas garder sa découverte pour lui, mais de la révéler à l’humanité souffrante. Le Vata est le figuier des Banyans, qui doit son nom (banyan signifie marchand) au fait que les petits marchés locaux se tiennent à l’ombre de son feuillage. C’est l’arbre qui m’a le plus impressionné en Inde, de ses très grandes charpentières le banyan laisse pendre des racines aériennes qui une fois arrivées à terre, créeront de nouveaux arbres. Le plus grand spécimen , un bois à lui tout seul, fait 412 mètres de circonférence !
Modèle de luxuriance, de prolifération infinie de la vie, le Banyan est la résidence terrestre des dieux créateurs. Le Pipal et le Vata forment le couple de figuier sacré, et pour les hindous le banyan est considéré comme féminin.

Vagabondage au milieu des ruines d’Hampi, site grandiose classé au patrimoine mondial de l’Unesco, Au hasard d’une promenade, un banyan vénérable ! Un arbre à vœux, vous pouvez voir les petits sacs accrochés aux racines, ils contiennent des souhaits d’indiens qui seront exaucés, lorsque la racine touchera le sol pour former un nouveau tronc.

Banyan Tree Hampi Inde

Une sacrée impression ce géant du Karnâtaka, lieu de pèlerinage pour les hindous qui lui vouent une très grande adoration. Il est d’usage de venir faire un voeux avant son mariage.

Si vous vous rendez un jour à Hampi, faites une halte au très bon restaurant “mango tree restaurant” et comme son nom l’indique, un manguier immense (le plus grand que je n’ai jamais vu) offre une ombre fraiche à toute la terrasse, un très bel endroit et la cuisine est fantastique ! Lire la suite…