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Une curiosité de l’enfer musulman : l’arbre Zaqqoum

3 avril 2014 3 commentaires

En découvrant la riche iconographie du Mi’râdj nâmeh [1], la ressemblance entre le Zaqqoum [2] , l’arbre infernal des musulmans, avec deux arbres fabuleux présentés sur le blog : l’arbre Waq Waq [3] et l’arbre du Soleil et de la Lune [4], était évidente. Mais comment aborder ce thème sans s’en tenir au simple lien de parenté stylistique ?

Laissez-vous conter ces trois arbres par Anna Caiozzo (Maître de conférences, Université de Paris), son étude vous mènera des enfers au paradis, sur la trace d’anciennes légendes et de cosmologies primitives, de simples voyageurs jusqu’à Alexandre le Grand ; une plongée à la découverte de ce type d’arbres dans l’imaginaire du monde musulman proche-oriental.

Le Zaqqoum, arbre de l’enfer

En atteignant les tréfonds de l’enfer, Muhammad, porté par al-Burâq et précédé de l’ange Gabriel, arrive devant le Zaqqoum, un arbre à trois grosses branches dotés de très longues épines, où se dressent en guise de fruits des têtes d’animaux sauvages ou fabuleux dont certains sont reconnaissables : dragon, ours, serpent, lion, éléphant, panthère, dromadaire, renard. Un démon à peau bleue et aux yeux rouges, la tête auréolée d’une flamme, à demi vêtu d’un pagne orange, portant un collier, des anneaux aux oreilles et aux poignets, en est le gardien. Au pied de l’arbre se dresse un brasier dans lequel des bourreaux coupent la langue d’hommes agenouillés, des docteurs de la loi dont les crimes furent de tromper le peuple en buvant du vin et en commettant de nombreux péchés.

L’arbre Zaqqoum est donc une créature hybride, un végétal zoomorphe, une sorte de curiosité ou de merveille s’offrant au voyageur de l’au-delà, qui peut s’interroger sur la fonction exacte de son aspect tératomorphe : est-il prodige ou présage, fantaisie de l’artiste ou tourment réel de l’eschatologie musulmane ?

Si par bien des aspects, les représentations de ce voyage relèvent du merveilleux inhérent au texte ou de l’imagination personnelle de l’artiste (forme et couleurs des anges, structure et composition des cieux, types de démons), l’arbre Zaqqoum, lui existe bel et bien, tant dans le Coran que dans la réalité.

Concernant l’arbre, le texte qui accompagne la miniature raconte :

Je vis au milieu de l’enfer un arbre qui embrassait dans ses dimensions un espace de cinq cents ans de route. Ses épines étaient comme des lances et ses fruits ressemblaient à des têtes de div (démons). Gabriel me dit : « Cet arbre est le Zaqqoum dont le fruit est plus amer que le poison. Les habitants de l’enfer le mangent, mais il ne reste pas dans leurs entrailles qu’il ne fait que traverser. »

Mais l’auteur ne précise pas à quelle catégorie de pêcheurs sont destinés les fruits de l’arbre. En revanche, d’autres sources nous éclairent sur ce point : le Coran cite le Zaqqoum comme étant l’arbre maudit, il est ensuite présenté comme un châtiment :

N’est-ce pas un meilleur lieu de séjour que l’arbre de Zaqqoum Nous l’avons placé Comme une épreuve pour les injustes ; C’est un arbre qui sort du fond de la fournaise ; Ses fruits sont semblables à des têtes de démons. Les coupables en mangeront Ils s’en empliront le ventre Puis ils boiront un mélange bouillant Et ils s’en retourneront dans la fournaise.

L’artiste a respecté l’esprit du texte sacré en représentant les fruits comme des têtes d’animaux fabuleux, sans pour autant les dessiner en démons. Serait-ce parce que ces derniers sont les bourreaux officiels de l’enfer ou parce qu’il s’inspire d’un modèle d’arbre en particulier ? L’arbre Zaqqoum dont les fruits brûlent l’estomac et engendrent la soif est un tourment destiné à une catégorie de pêcheurs mal identifiés et dont on ne connaît pas les crimes précis. Ibn ‘Abbâs dans sa relation du Mi’râj donne une information supplémentaire :

Puis je vis des femmes accrochées par leurs cheveux dans l’arbre de zaqqoum, de l’eau chaude se déversant sur elles si bien que leurs chairs se cuisaient, et je dis : « Qui sont celles-là ? Ô mon frère ! Ô Djibrail ! » Il dit : « Ce sont des femmes qui absorbaient des remèdes afin de tuer leurs enfants, par crainte d’avoir à les nourrir et à les élever ».

L’arbre de Zaqqoum aux fruits dangereux aux propriétés abortives serait donc le supplice des femmes infanticides, qui avaient avorté, ou qui étaient susceptibles de l’utiliser pour avorter, ce qui dénote un lien direct entre le crime et le supplice comme c’est le cas des autres supplices de l’enfer musulman.

On pourrait penser à la vue de l’arbre hybride, qu’il relève du registre des animaux fabuleux tourmenteurs (tels les scorpions géants ou les serpents venimeux) appartenant aux temps eschatologiques. or, d’un point de vue naturaliste, au vu de la flore de l’Arabie de l’époque du Prophète et des espèces végétales croissant en milieu semi-désertique, deux espèces végétales au moins correspondent au Zaqqoum. Il s’agit d’une part d’une variété d’euphorbe résineuse cactoïde (euphorbia resinifera) répandue au Maghreb, dont la sève, irritante au contact de la peau, a des propriétés purgatives avérées dans les pharmacopées traditionnelles. L’autre espèce végétale, qui s’en approche davantage par l’aspect extérieur, serait la variété d’acacia capparis spinosa, un câprier à grandes épines lui aussi très répandu dans le monde méditerranéen et dont les fruits oblongs présentent une certaine analogie avec de petites têtes de démons.

On peut remarquer que le Zaqqoum est l’une des rares espèces végétales peuplant les enfers, alors que les arbres abondent comme il se doit au paradis. Le plus notable est, à cet égard, son nom exact contraire, l’arbre de la félicité appelé Thoubaa et décrit comme étant le lotus ou le jujubier de l’extrême limite, le Sidrat al-Muntahâ. Il est l’arbre de vie par excellence apparenté à l’arbre cosmique ou axe du monde décrit entre autres par le mystique Ibn ‘Arabi qui, lui, fait de l’arbre de vie un rameau de l’arbre du monde :

Puis le Lotus de la Limite fut déterminé comme étant l’un des rameaux issus de cet Arbre sous lequel se tient celui qui respecte le service dû à cette branche […]

Cet arbre au pied duquel coulent les quatre grands fleuves du paradis, dont les branches sont d’émeraude et de perles, porte des fruits exquis réservés aux bienheureux. Il est à la limite du septième ciel et on le représente souvent comme étant inversé et ayant ses racines dans les cieux.

On peut noter que les deux arbres sont disposés en vis-à-vis, aux extrémités des cieux et des terres (c’est-à-dire les enfers), l’un étant l’arbre  des supplices qui punit, affame et assoiffe, l’autre l’arbre de vie et d’éternité.

L’arbre Waq-Waq du royaume des femmes

Le second arbre qui présente une analogie visuelle avec le Zaqqoum est l’arbre Waq-Waq dont, comme le dit fort justement Marthe Bernus-Taylor dans la notice du Catalogue L’étrange et le merveilleux en terre d’Islam, s’inspire visiblement le peintre du Zaqqoum. Lire la suite…

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Les arbres du Soleil et de la Lune

30 mars 2014 6 commentaires

« Tu verras, roi, qui que tu sois, les deux arbres du soleil et de la lune, qui parlent en indien et en grec ; celui du soleil est mâle, l’autre, celui de la lune, femelle, et tu pourras apprendre d’eux ce qui va t’arriver en fait de bonheurs ou de malheurs. »

Pseudo-Callisthène (entre les IIe-Ie siècles avant J.-C. et les IIe-IIIe siècles après), Le Roman d’Alexandre, II, 39, 11-12, Les Belles Lettres, 1992, Lettre d’Alexandre de Macédoine à Aristote son maître sur son expédition et la description de l’Inde, 48, Appendice I, p. 138.

Les arbres du Soleil et de la Lune - Bruges, 1448-1449 - Jean Wauquelin  - Paris, BNF, Manuscrits, français 9342, f. 164

Les arbres du Soleil et de la Lune – Chroniques d’Alexandre – Bruges, 1448-1449 – Jean Wauquelin (Paris, BNF, Manuscrits, français 9342, f. 164)

Réalisées à la demande du duc de Bourgogne Philippe le Bon et somptueusement enluminées, les Chroniques d’Alexandre offrent une représentation de la célèbre scène de la rencontre du roi avec les arbres du Soleil et de la Lune, lors de ses fabuleuses aventures indiennes. Doués du pouvoir de lui révéler l’avenir, les arbres annoncent au conquérant sa fin prochaine. Si, à l’intérieur du récit, la scène s’inscrit dans la volonté souveraine de domination de l’espace et du temps, elle relève également, de façon plus générale, du genre littéraire foisonnant des merveilles de l’Orient, dont le charme était de révéler à l’Occident un univers onirique.
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L’épopée d’Alexandre fut revue et corrigée dans le monde arabo-persan qui ne conserva du conquérant que le souvenir laissé par deux écrits apocryphes, celui du pseudo-Callisthène et celui de la Lettre d’Aristote à Alexandre. Le Roman d’Alexandre dont l’Occident hérita, est en effet une oeuvre orientale, mais la version arabe égarée n’est connue qu’au travers de versions syriaques ou coptes ; elle inspira cependant les poètes persans du XIIè siècle, tels Nizâmî ou Firdawî qui en firent un véritable roi de Perse, digne de figurer dans l’épopée nationale, Le Shâh NamehLe Livre des rois, aux côté des plus grands souverains de l’Iran ancien.

Firdawî fait le récit de la rencontre entre Alexandre et l’arbre devin :

Il y a ici une merveille telle que personne n’en a jamais vu de pareille en public ou en secret : c’est un arbre composé de deux troncs qui se sont joints en croissant, et une pareille merveille ne doit pas rester inconnue ; un des troncs est femelle et l’autre est mâle, cet arbre parle, a de larges branches et est beau et odorant. La nuit c’est la femme qui parle et émet son parfum, et quand le jour parait c’est le mâle qui parle.

Alexandre le Grand près de l'arbre qui parle - manuscrit Shah Nameh - Firdawsi 1330-1340 AIl-Khanid dynasty

Alexandre le Grand près de l’arbre qui parle – l’arbre du Soleil et de la Lune.
Manuscrit Shah Namêh – Firdawsi 1330-1340 (Iran médiéval)

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Les burlubans, des arbres qui éclairent…

26 avril 2010 7 commentaires

Issus du folklore breton, les burlubans ont presque été oubliés avec le temps, et pourtant ce sont des arbres fabuleux capables de s’illuminer la nuit…

« Au château de la Bretêche, à Saint-Symphorien (canton de Hédé, arrd. de Rennes), il y avait jadis un burluban . C’était un arbre merveilleux, comme l’on en voit dans les pays d’Orient, et qui éclairait pendant la nuit. De cet arbre il ne reste plus que la souche, qui est d’une largeur extraordinaire, et sur laquelle les messieurs de la Bretêche vont jouer aux cartes. Des étrangers leur ont proposé de payer cette souche 2.000 fr., mais les messieurs de la Bretêche ont répondu non ! » (François Duine – 1903, Revue des Traditions Populaires, t.18, p. 380)

Arbre lumière - Marion Bulot

« Il faudra attendre la fin du siècle suivant pour que les habitants des environs prennent à nouveau l’habitude de s’y réunir comme autrefois au printemps et à l’automne (marches). Jusqu’alors, ils n’avaient cessé d’être hantés par les dieux. Il n’est pour s’en convaincre que de relire le récit de la vision fabuleuse de l’évêque d’Avranches, où sont évoquées les éphémérides de la fondation du premier monastère bénédictin, sur le Mont-Tombe. Aucune d’elles, selon le chroniqueur, n’aurait été étrangère à la fameuse apparition de l’Archange du Seigneur, venu y manifester la volonté de triompher enfin des puissances des Ténèbres… A entendre le religieux Aubert, innombrables étaient alors les guirlandes qui flottaient au vent, suspendues aux branches des vieux chênes de la forêt de Scissy… Autant de “burlubans” magiques, hantés par les revenants. Ces arbres foisonnaient en effet, dans les parages, il était prudent d’en conjurer les dangereux présages en se signant sur leur passage. Nul me mettait en doute qu’ils ne soient dépositaires des secrets messages de l’Au-delà. Les uns et les autres se signalaient, nous apprend le religieux, par un étonnant et mystérieux concert. Aux cris rauques et stridents des oiseaux de mer attirés dans les parages, se mêlaient alors sur leurs branches le bruit provoqué par de petites “harpes rustiques”. Ces instruments servaient alors de leurres pour attirer les animaux. Confectionnés par les riverains avec des branches creuses de sureau, de tels pièges s’apparentaient fort aux antiques “rotes” gauloises. Le vent venait s’y engouffrer comme dans un sifflet d’enfant. Leur sonorité aiguë rehaussait encore le décor sinistre qu’offraient ces vastes étendues marécageuses, où ne se risquaient plus que rarement les humains… » Lire la suite…

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Du royaume de Trimochaim et de l’arbre du soleil, aussi appelé l’arbre sec

13 juin 2009 2 commentaires

Les freres Polo devant l'arbre sec - BNF manuscrit 2810

« Ayant laissé derrière soi la ville de Cobinam, on rencontre un autre désert très aride et qui, à huit journées de longueur, n’a ni arbres ni fruits ; le peu d’eau qu’il y a est très amère, en sorte que les juments même n’en peuvent pas boire. Il faut que les voyageurs en portent d’autre avec eux, s’ils ne veulent pas périr de soif. Après avoir passé ce désert on entre dans le royaume de Trimochaim, où il y a beaucoup de villes et de châteaux. Ce royaume est borné au septentrion par la Perse. Il croit dans la plaine de ce royaume un grand arbre appelé l’arbre du soleil, et par les Latins l’arbre sec. Il est fort gros, ses feuilles sont blanches d’un côté et vertes de l’autre ; il porte des fruits faits en manière de châtaigne, mais vides et de couleur de buis. Cette campagne s’étend plusieurs milles sans que l’on y trouve un seul arbre. Les gens du pays disent qu’Alexandre le Grand combattit Darius en cette plaine. Toute la terre habitée du royaume de Timochaim est fertile et abondante en plusieurs choses, le climat en est bon, l’air y est tempéré, les hommes y sont beaux, et les femmes encore plus belles ; mais ils sont tous mahométans. »

Source : Marco Polo, Deux voyages en Asie au XIIIe siècle, texte édité par M. Pauthier, Paris, Delagrave, 1888. Lire le texte en ligne, par ici.
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« Cet arbre solitaire était localisé quelque part dans une plaine au nord de la Perse. La légende raconte qu’il marquait l’exacte position de la grande bataille entre Darius et Alexandre, sans préciser s’il s’agit de la bataille d’Issos ou de Gaugameles. Il symbolisait ainsi la limite entre Orient et Occident. Cependant, cela est peu probable, car Darius avait été assassiné avant qu’Alexandre n’atteigne ces régions. » (source Wikipédia)

On peut apercevoir un arbre sec sur le champ de bataille de la mosaïque d’Alexandre.
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Arbres légendaires médiévaux

9 janvier 2009 7 commentaires

Au cours de mes recherches, j’ai découvert de nombreux arbres médiévaux légendaires. Le plus étrange, c’est que ces arbres sont décrits dans des publications “scientifiques” de l’époque ! En voici quatre, pour lesquels j’ai réussi à trouver des illustrations.

arbreacanard.png

L’arbre à canards…

“Portrait de l’Arbre qui porte des feuilles, lesquelles tombées par terre se tournent en oiseaux volants, et celles qui tombent dans les eaux se tournent en poissons.”

Il s’agit d’une gravure de l’édition originale, je cite le titre évocateur du livre en entier :
Claude Duret, Histoire Admirable des Plantes et Herbes Esmerveillables & Miraculeuses en nature : Mesmes d’Aucunes Qui sont Vrays Zoophytes, ou Plant-Animales, Plantes & Animaux tout ensemble, pour Avoir Vie Vegetative Sensitive & Animale : Avec Leurs Portraicts au Naturel, Selon les Histoires, Descriptions, Voyages, & Navigations des Anciens & Modernes…, à Paris, chez Nicolas Buon, 1605.

“Nous avons autrefois entendu qu’en Écosse il y avait un arbre, lequel, étant crû sur le rivage d’une rivière, produisait des fruits qui avaient la forme de canes, et qu’étant près de mûrir ils tombaient d’eux-mêmes, les uns en terre, les autres en l’eau ; et que ceux qui tombaient en terre pourrissaient, ceux qui étaient tombés en l’eau, prenant vie, nageaient sur les eaux et s’envolaient avec plumes et ailes en l’air ; de laquelle chose comme, étant en Écosse, nous enquérions de Jacques, roi d’icelle, homme bien carré et chargé de graisse, nous apprîmes que les merveilles s’enfuient toujours plus loin, et que cet arbre tant renommé ne se trouve pas en Écosse, mais aux îles Orcades.”
(Æneas Sylvius Piccolomini, futur pape Pie II (1405-1464). cité par Claude Duret)

Duret-Claude-1605

L’arbre de l’île de Cimbulon…

“…lors qu’une Plante devient Animal, elle s’ennoblit, & monte dans un plus haut degré, en aquérant la vie fenfitive. Voici un Arbre de ce fécond genre. Proche l’Ifle de Cimbulon, il y en a une autre, où fe trouve un Arbre dont les feuilles en tombant fe changent en animaux. Elles ne font pas fi-tôt à terre, qu’elles commencent à aler comme une poule fur de petites jambes.” ».
..dit qu’il a gardé une de ces feuilles huit jours dans une écuelle, qu’elle fe mètoit à marcher, dez qu’il la touchoit & qu’elle ne vivoit que d’air.”
Scaliger parle de ces mêmes feuilles, & dit, comme s’il l’avoit vu, qu’elles marchent , & s’en vont fans façon , quand on les veut prendre.”
“Bauhin dit qu’elles font affez femblables aux feüilles de Meurier, & qu’elles ont de chaque côte deux piés courts, & aigus. Si cela eft, ajoute ce Savant Bota- nifte, il eft à craire que ces feüilles en fe corompant aquierent une vie plus noble, favoir la vie fenfitive, que les Phyficiens n’ont jamais féparée du mouvement progreffif. Il ne les faut donc plus compter dans la famille des végétaux. C’eft un grand prodige , qu’une feuille d’Arbre fé change en animal, & qu’elle raffemble en elle le fentiment et le mouvement progreffif.”
(Monsieur l’abbé de Vallemont, Curiositez de la nature et de l’art sur la végétation ou l’agriculture et le jardinage dans leur perfection, 1709)
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arbreaambre.jpg

L’arbre à ambre…

L’origine de l’ambre était inconnue pour la plupart des gens  de l’Antiquité [1],  ce qui a amené de nombreuses légendes. Ils tenaient la résine fossile comme un élément magique, et des talismans en étaient fabriqué.  Découvert sur les rivages côtiers, ou sur les rives de grands fleuves, on l’a gardé pour le produit d’un mystérieux poisson, par la suite appelé Amberfish, qui mangeait les fruits de l’arbre à ambre situé en pleine mer.  D’autres pensaient qu’il s’agissait de la mousse de mer cristallisé… Seuls les moins crédules pensaient que la résine n’ait été un produit mystérieux de la mer, mais pourrait provenir d’arbres.

La première publication “scientifique” de cet arbre date du 15 siècle dans l’Hortus sanitatis (jardin de la santé).  L’encyclopédie compte plus de 1000 illustrations, et est considérée aujourd’hui comme l’un des ouvrages majeurs de son temps et comme le principal ouvrage d’histoire naturelle du Moyen Âge.. Sa première édition a été créée en 1491 par Jacob Meydenbach imprimé à Mayence.  Le Hortus Sanitatis est cependant plus qu’un livre de fines herbes et un livre de médecine, car il traite également de différentes catégories d’animaux et de minéraux. Lire la suite…

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