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Culte des arbres – Éthiopie

28 décembre 2017 12 commentaires

Culte des arbres Ethiopie

Le peintre a représenté une scène de culte aux esprits des arbres nommée adbar et pratiquée, ici, par des chrétiens orthodoxes. Une femme oint de beurre un arbre pendant qu’un homme verse à son pied le sang d’une chèvre sacrifiée pour l’occasion. Une grande tablette pour le café est disposée au pied de l’arbre, révélant la dimension sociale et domestique de ce culte aux esprits de protection puisque le café est au centre de nombreuses interactions. Tout autour, on s’affaire à préparer un banquet et à le déguster : viande, bière, café, galettes de blé, fèves bouillies (nefro) sont au menu.

Exposition « Étonnante Éthiopie ». La peinture éthiopienne de style traditionnel ou « bahelawi ».

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Jardin d’Église en Ethiopie centrale – Les arbres-tombes

Tandis que certains membres de la communauté ont opté pour la tombe en pierre d’autres ont choisi de perpétuer la coutume qui consiste à recueillir un jeune plant d’olivier ou de genévrier dans une forêt voisine pour le transplanter à l’endroit des corps ensevelis. Les pierres qui dessinent la forme elliptique des tombes protègent les jeunes plants. La pratique est à l’origine des grands genévriers et oliviers que l’on observe actuellement. On les appelle màqaber zaf, « arbre-tombe » ou hawelt, « statue » ou « stèle funéraire ». La plupart sont la mémoire de notables de la paroisse morts pendant les guerres qui opposèrent l’empereur Téwodros à Haylâ Mâlâqot, fils du roi Sahlâ Sellasé. D’autres plus anciens remonteraient à l’époque où l’église siégeait en contrebas.

Ces grands arbres protègent le bâtiment des vents violents. Investis de l’esprit de Saint Mikaél et de Dieu, ils représentent aussi une protection symbolique contre les esprits malveillants. Leur disposition est loin d’être le fruit du hasard. Les prêtres choisissent l’emplacement des tombes et dictent par cette action l’aménagement de l’ased. Il a ainsi été décidé que les prochaines sépultures seraient installées dans la partie sud du territoire, dénuée d’arbre.

Après les obsèques, à plusieurs reprises et pendant sept ans la famille vient se recueillir sur la tombe et implorer le salut du défunt. Les prêtres qui dirigent les prières et les amis sont invités à se rassembler dans l’un des petits abris en bois construits à cet effet. C’est l’occasion de manger et de boire ensemble et pour la famille de garder en mémoire l’emplacement de la tombe.

Durant ces premières années, les parents en deuil s’occupent de nettoyer l’espace qui leur a été attribué, mais rapidement l’activité revient à une autre personne. Il s’agit du « gardien de l’extérieur », yàweçç zàbànna, portant également le titre de dàbtàra. Ce dernier est en charge de l’entretien de la végétation de la deuxième enceinte de Vased. Le sol retourné lors des inhumations offre une bonne terre, il sera réparti aux pieds de plusieurs jeunes plants. Collecter les branches qui se cassent et couper les arbres morts fait aussi partie des attributions de ce dâbtàra. Le bois collecté alimente Pâtre du monastère situé à proximité, il sert aussi à l’éclairage et aux fumigations.

Au quotidien, les fidèles n’ont pas droit à de tels prélèvements. Après un rituel d’exorcisme, ceux qui pratiquaient des cultes aux esprits malveillants peuvent simplement venir suspendre aux branches des arbres-tombes leurs anciens objets fétiches. L’intervention directe sur la végétation de Yased exige en revanche une certaine élévation spirituelle. C’est dans un état de pureté atteint par le jeûne et la prière, au terme d’un pèlerinage par exemple, que les fidèles sont autorisés à recueillir certains végétaux. Les mousses ou les lichens qui poussent sur les vieux oliviers et genévriers, nommés les « vêtements de l’arbre », yàzaf lebs, sont très recherchés pour des fumigations réalisées dans le cadre de rites de guérison ou de purification.

C’est à certains membres du clergé que l’on doit l’essentiel des prélèvements réalisés dans la deuxième enceinte de Yased. Ils sont prêtres, moines et surtout dâbtàra. Outre les fonctions que ces derniers exercent au sein de l’église, beaucoup d’entre eux sont thérapeutes et pour quelques-uns, l’activité médicale représente la seule source de revenus14. Aidés des membres de leur ordre (le gardien de l’église et celui du jardin), ils font de Yased leur réserve de plantes magico-médicinales.

Les prêtres et les dâbtàra trouvent les plantes de leurs préparations magico-médicinales sur les monticules de terres recouvrant les morts. Les végétaux utiles à leur activité doivent provenir de lieux que le profane ignore. Le paroissien croit pour sa part à l’interdiction de consommer ce qui a poussé sur les corps décomposés. Les végétaux des dâbtàra se trouvent ainsi bien protégés.

Du point de vue du thérapeute, chacun des arbres, arbustes et herbacées présents dans cette deuxième enceinte offre un intérêt spécifique qui légitime leur conservation mais aussi la sélection des espèces qui fournissent les produits recherchés. Les plantes croissant sur les tombes ont été semées, plantées ou entretenues quand elles étaient issues de la flore spontanée. Considérant les arbres-tombes, ces derniers peuvent aussi faire l’objet de nombreuses utilisations. Ainsi des fruits du Podocarpus gracilior s’extrait une huile médicinale qui nous a été signalée comme la panacée des maux se rapportant aux oreilles (troubles auditifs, douleurs
diverses). L’olivier est l’arbre de l’onction : de son bois, s’extrait une huile sacrée dont seuls quelques moines spécialisés possèdent le secret de la préparation. Elle était jadis employée à la consécration des rois et des empereurs et s’utilise toujours dans l’ordination des religieux. Elle s’employait aussi beaucoup pour l’éclairage des églises lors des offices nocturnes. Enfin, le bois de l’arbre s’utilise en fumigation pour des rituels de purification ou comme offrande adressée aux esprits.

Chouvin Élisabeth. Jardin d’Église en Ethiopie centrale. Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 41ᵉ année, bulletin n°2,1999. pp. 110-112.

Catégories :Culte des arbres, Ethiopie

Ancestral Tree – Kebra Nagast

11 septembre 2009 3 commentaires

Le Kebra Nagast « Gloire des Rois » est un récit épique du début XIVè siècle, rédigé en ge’ez. Le sujet central est la rencontre entre la reine Makeda de Saba et le roi d’Israël, Salomon ; de cette union est né un fils Ménélik qui aurait emporté avec lui l’Arche d’alliance du Temple de Jérusalem vers l’Éthiopie.

Ce mythe fondateur de l’Abyssinie médiévale a largement inspiré la spiritualité rasta. Compilée par des scribes tigréens, cette épopée abyssinienne s’est inspirée de l’Ancien Testament, du Coran, de certains passages talmudiques et de divers textes deutérocanoniques.

Dans la littérature éthiopienne existe cette légende :

Jah Rastafari, lorsqu’Il a créé Adam, a placé dans son corps une perle. Cette perle est passée de corps en corps dans des hommes saints, les uns après les autres juqu’à un jour fixé où la perle est allé dans le corps de Marie et a formé la substance de son premier fils Jésus Christ. Cette perle est passée dans le corps de Salomon, un ancêtre de Jésus Christ, qui à son tour l’a transmis à son fils Ménélik, lui-même ancêtre de Hailé Sélassié.

Kebra Nagast, 208 pages – 19€, lien libraire ici (livre traduit en français par Samuel Malher 20€.
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« Wherefore, behold, I send unto your prophets, and wise men, and scribes : and some of them shall kill and crucify ; and some of them shall ye scourge in your synagogues, and persecute them from city to city. » (Matthew 24:34)

« And ye shall hear of wars and rumors of wars : see that ye be not troubled : for all these things must come to pass, but the end is not yet. » (Matthew 24:6)

How long shall they kill our prophets
while we stand beside and look ?
Some say it’s just a part of it,
we have to fulfill the book.

Redemption song – Robert Nesta Marley

Catégories :Ethiopie, Symboles