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Archive for the ‘Bible’ Category

L’arbre de vie du Paradis

9 février 2018 6 commentaires

Quelques précisions concenant l’arbre de vie du Paradis évoqué aux débuts du blog [1].

« Il m’a montré un fleuve de vie, une eau resplendissante comme du cristal. Elle sortait du trône de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la rue, de part et d’autre du fleuve, un arbre de vie fructifiait douze fois donnant du fruit chaque mois. Et les feuilles de l’arbre servait pour la guérison des nations. »
(Nouveau Testament, édition La Pléiade, Apocalypse de Jean, XXIII, 1-2.)

Liber Floridus folio 52 Paradysus

Liber Floridus, Lambert de Saint-Omer, Paradysus, folio 52.
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« Qui a des oreilles qu’il entende ce que l’Esprit dit aux églises :
Le vainqueur, je lui donnerai à manger de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu. »
(Nouveau Testament, édition La Pléiade , Apocalypse de Jean, II, 7.)

Pascal Meier - manger arbre-de-vie_crop_516x424

« Heureux les vainqueurs de l’Apocalypse », une enluminure contemporaine de Pascal Meier.

Catégories :Bible

Homo arbor inversa

8 février 2018 4 commentaires

« Homo arbor inversa » une illustration extraite de l’ouvrage Parvus Mundus de Laurentius Haechtanus, édité pour la première fois à Anvers en 1579, richement illustré par le graveur Gérard de Jode. On soupçonne les gravures et le texte d’être d’inspiration hermétique.

Parvus Mundus ed. 1644

« Homo arbor inversa », Μικροκόσμος Parvus mundus, édition 1644, p. 77.

« Omnis arbor quae non facit fructum bonum exciditur et in ignem mittitur », Bible Vulgate (Mathieu 7,19).

Ainsi un bon arbre fait de beaux fruits, et l’arbre pourri fait de mauvais fruits.
Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits ni un arbre pourri porter de beaux fruits.
Tout arbre qui ne fait pas de beaux fruits sera coupé et jeté au feu.
La Bible Nouveau Testament, Évangile selon Matthieu,  édition La Pléiade  VIII, 17-19.

Le poème en latin qui accompagne cette illustration nous fournit de plus amples explications :

L’homme est un arbre inversé : comme le dit Aristote, la tête de l’homme est comme la racine d’un arbre : d’elle dépend la prospérité de l’ensemble. Si la racine de l’esprit d’un homme est la sagesse, alors vide de mauvais fruit, il prospérera pleinement.

Catégories :Alchimie, Bible

Le chêne Ogygès

13 avril 2014 2 commentaires

Alors que l’Ancien Testament nous conte l’apparition de Dieu à Abraham au chêne de Mambré, l’historien Josèphe Flavius relate lui qu’Abraham vivait près du chêne d’Ogygès, un endroit proche de la ville des Hébronites (dans la mythologie grecque, Ogygès est le premier roi de Béotie et d’Attique, et le fondateur de Thèbes. Les Béotiens voyaient en lui le créateur de l’humanité. Les auteurs anciens plaçaient sous son règne un déluge antérieur au Déluge du Deucalion).
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Dans les récits bibliques d’épisodes antérieurs à la Royauté, les grands arbres deviennent des points de repère pour les scènes qui se passent en dehors d’une cité mais non loin d’elle. C’est le cas particulièrement pour les traditions concernant les Patriarches, à Sichem, à Hébron et à Béthel. [1]

Wreath of oak leaves and acorns Greek, Late Classical or Early Hellenistic Period, 4th century B.C.

Dans la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe, au livre IV, 532-534, il est question de la sépulture de Sara « à six stades d’Hébron ». La Bible, en la circonstance, ne parlait d’arbres qu’en passant. C’est Josèphe qui a donné de l’importance à l’un d’eux, en s’autorisant explicitement d’une légende locale. D’après lui, dans la petite cité, on est fier de montrer deux curiosités : d’abord les magnifiques tombeaux des descendants d’Abraham ; ensuite un térébinthe gigantesque qui serait là, disent les gens, depuis la création du monde. Lorsque Josèphe, quelques années plus tard, aura à reparler d’Hébron (AJ 1, 186-197, à propos de Gen. 18, 1), il mentionnera de nouveau cet arbre, mais cette fois en donnant son nom propre « près du chêne appelé Ogygès ». Rien d’étonnant qu’un arbre à qui l’on attribue une fabuleuse antiquité ait reçu un nom propre, ni que ce nom soit celui d’un personnage mythique.

« Abram habitait près du chêne appelé Ogygès, – c’est un endroit de la Chananée, non loin de la ville des Hébroniens -. Affligé de la stérilité de sa femme, il supplie Dieu de lui accorder la naissance d’un enfant mâle. Dieu l’engage à se rassurer ; c’est pour son bonheur en toute chose qu’il lui a fait quitter la Mésopotamie et, de plus, des enfants lui viendront. Sarra, sur l’ordre de Dieu, lui donne alors pour concubine une de ses servantes, nommée Agar(é), de race égyptienne, afin qu’il en ait des enfants. Devenue enceinte, cette servante osa prendre des airs d’insolence envers Sarra, faisant la reine parce que le pouvoir devait être attribué au rejeton qui naîtrait d’elle. Abram l’ayant remise à Sarra pour la châtier, elle résolut de s’enfuir, incapable d’endurer ses humiliations et pria Dieu de la prendre en pitié. Tandis qu’elle va à travers le désert, un envoyé divin vient à sa rencontre, l’exhorte à retourner chez ses maîtres sa condition sera meilleure, Si elle fait preuve de sagesse, car présentement, c’était son ingratitude et sa présomption à l’égard de sa maîtresse qui l’avaient conduite à ces malheurs. Si elle désobéissait à Dieu en poursuivant son chemin, elle périrait ; mais si elle rebroussait chemin, elle deviendrait mère d’un enfant, futur roi de ce pays. Ces raisons la convainquent, elle rentre chez ses maîtres, et obtient son pardon ; elle met au monde, peu après, Ismaël(os) : ce nom peut se rendre exaucé par Dieu, à cause de la faveur avec laquelle Dieu avait écouté sa prière. »
(Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, Chapitre X, 4.)

Ce qui surprend dans cette appellation, c’est qu’elle n’a rien à voir avec une quelconque divinité sémitique, comme on l’attendrait dans ce contexte, mais qu’elle relève de la mythologie grecque. A la réflexion pourtant, cela aussi se comprend. A l’époque où ils arrivèrent dans la région d’Hébron, les Abrahamides apprirent la légende locale sur la haute antiquité de cet arbre. Mais cette légende lui donnait-elle un nom propre ? Lire la suite…

Catégories :Bible, Grèce antique

La fin du déluge – Noé, la colombe et la branche d’olivier

23 février 2011 10 commentaires

Élohim se souvint de Noé, de tous les animaux et de tous les bestiaux qui étaient avec lui dans l’arche. Élohim fit passer un vent sur la terre et les eaux s’apaisèrent. Alors se fermèrent les fontaines de l’Abîme et les écluses des cieux, l’averse des cieux fut retenue, les eaux revinrent de dessus la terre, allant et revenant, et les eaux décrurent au bout de cent cinquante jours.
Au septième mois, au dix-septième jour du mois, l’arche se reposa sur les monts d’Ararat. Les eaux allèrent en décroissant jusqu’au dixième mois. Au dixième mois, le premier du mois, apparurent les sommets des montagnes. (Genèse VIII, 1-5)

Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre de l’arche qu’il avait faite et lâcha le corbeau. Celui-ci sortit allant et revenant jusqu’à ce que les eaux fussent séchées de dessus la terre. Puis il lâcha d’auprès de lui la colombe, pour voir si les eaux avaient diminué de la surface du sol. La colombe ne trouva pas d’endroit où reposer la plante de son pied et elle revint vers lui dans l’arche, car les eaux étaient sur la surface de toute la terre. Il étendit sa main, la prit et la ramena vers lui dans l’arche.
II attendit encore sept autres jours et recommença à lâcher la colombe hors de l’arche. La colombe vint à lui, au temps du soir, et voici qu’en sa bouche il y avait une feuille d’olivier toute fraîche. Alors Noé sut que les eaux avaient diminué de dessus la terre. II attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, mais elle ne revint plus vers lui. (Genèse VIII, 6-12)

En l’an six cent un, au premier mois, au premier jour du mois, il advint que les eaux s’étaient desséchées de dessus la terre. Noé écarta la couverture de l’arche et regarda. Or, voici que la surface du sol était desséchée. Au deuxième mois, au vingt-septième jour du mois, la terre était sèche.
Élohim parla à Noé, en disant : « Sors de l’arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi.  » Fais sortir avec toi tous les animaux qui sont avec toi, de toute chair : oiseaux, bestiaux, et tous les reptiles qui rampent sur la terre. Qu’ils foisonnent sur la terre, qu’ils fructifient et se multiplient sur la terre! ». Noé sortit donc, ainsi que ses fils, sa femme et les femmes de ses fils avec lui. Tous les animaux, tous les oiseaux, tous les reptiles qui rampent sur la terre, selon leurs familles, sortirent de l’arche.
Noé bâtit un autel à lahvé, il prit de toutes les bêtes pures et de tous les oiseaux purs, il fit monter des holocaustes sur l’autel. lahvé sentit l’odeur apaisante et lahvé dit en son cœur : « Je ne recommencerai plus à maudire le sol à cause de l’homme, car l’objet du cœur de l’homme est le mal, dès sa jeunesse, et je ne recommencerai plus à frapper tout vivant comme je l’ai fait :
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0000000000Tous les jours que la terre durera,
0000000000Semailles et moisson, froid et chaud,
0000000000Été et hiver, jour et nuit
0000000000Point ne cesseront. (Genèse VIII, 13-22)

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Catégories :Bible

La fuite en Égypte – le miracle du palmier

2 décembre 2010 8 commentaires

Symbole de la fertilité en Égypte, le palmier dattier constitue l’arbre miracle des régions désertiques. Le palmier-dattier semble être à l’origine de l’iconographie de l’arbre de vie depuis l’époque sumérienne, associé au Phénix l’oiseau légendaire qui renait de ses cendres, le palmier était aussi une représentation du Saint-Esprit.

La fuite en Égypte.

Le roi Hérode Ier, qui tenait le pouvoir en Palestine, ayant appris des mages venus d’Orient la naissance à Bethléem du roi des Juifs, envoya tuer tous les enfants de moins de deux ans qui se trouvaient dans la ville. Joseph, prévenu par un songe, s’enfuit avec l’enfant Jésus et sa mère en Égypte où ils resteront jusqu’à la mort d’Hérode.

Quand ils se furent retirés, voilà qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et dit : Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, fuis en Égypte et restes-y jusqu’à ce que je te parle. Car Hérode va chercher l’enfant pour le perdre.
Et lui se leva, prit de nuit l’enfant et sa mère et se retira en Égypte, et il y fut jusqu’à la mort d’Hérode, pour remplir cette parole du Seigneur qui dit par le prophète : J’ai rappelé d’Égypte mon fils. (Évangile selon Matthieu, II, 13-15)

Comment la palme s’inclina jusqu’aux pieds de Marie.

Mais, deux jours après leur départ, il advint que Marie, dans le désert, souffrit de l’excessive chaleur du soleil, et, voyant un palmier, elle désira se reposer un peu à son ombre. Joseph s’empressa de la conduire près du palmier et la fit descendre de sa monture. Et, après que Marie se fut assise, levant les yeux vers le feuillage du palmier, elle vit qu’il était chargé de fruits, et elle dit : « Oh, s’il était possible que je puisse goûter des fruits de ce palmier. » Et Joseph lui dit : «Je m’étonne que tu dises cela, alors que tu vois combien ce palmier est haut. Toi, tu songes aux fruits du palmier, mais moi je songe à l’eau qui manque déjà dans nos outres, et nous n’avons pas de quoi les remplir et nous désaltérer. »

Alors, le petit enfant Jésus, assis sur les genoux de sa mère la vierge, s’écria et dit au palmier : «Arbre, incline-toi, et restaure ma mère de tes fruits. » Et aussitôt, à cette parole, le palmier inclina sa tête jusqu’aux pieds de Marie, et, après avoir cueilli les fruits qu’il portait, tous se restaurèrent. Mais, après que tous ses fruits eurent été cueillis, l’arbre restait incliné, attendant pour se redresser l’ordre de celui qui lui avait ordonné de s’incliner. Alors, Jésus lui dit : « Redresse-toi, palmier, fortifie-toi et sois le compagnon des arbres que je possède dans le paradis de mon père. Fais jaillir de tes racines les sources cachées et que de l’eau à notre satiété en coule. » Et aussitôt le palmier se redressa et d’entre ses racines des sources d’eau limpide, fraîche et très douce se mirent à couler. Voyant couler ces sources d’eau, ils se réjouirent d’une grande joie, et ils burent avec leurs bêtes et leurs serviteurs en rendant grâces à Dieu.

Ils partirent le lendemain. Au moment où ils se mettaient en route, Jésus se tournant vers le palmier dit : «Je t’accorde ce privilège, palmier, qu’un de tes rameaux soit transporté par mes anges et planté dans le paradis de mon père. Et voici ma bénédiction : à qui aura vaincu dans une lutte quelconque on dira :  » Tu as obtenu la palme.  » » Pendant qu’il parlait ainsi, voici qu’un ange du Seigneur apparut, se tenant debout au-dessus du palmier, et il s’envola emportant un des rameaux du palmier. En voyant cela, tous tombèrent face contre terre et devinrent comme morts. Alors, Jésus leur adressant la parole dit : « Pourquoi la peur s’est-elle emparée de votre cœur ? Ou bien, ignorez-vous que ce palmier que j’ai fait transporter sera à la disposition de tous les saints dans le lieu des délices, comme il a été à votre disposition dans ce désert ? » (Évangile du pseudo-Matthieu, 20-21)

L’épisode est conté dans le Coran.

Pour les musulmans Marie n’a pas accouché dans une étable à Bethléem, mais seule auprès du tronc d’un palmier élevé, dans cet épisode si l’eau jaillit par la volonté du Seigneur, c’est Marie qui fera tomber les dattes de l’arbre (il n’y a plus de miracle).

Nous ferons de lui
un Signe pour les hommes ;
une miséricorde venue de nous.
Le décret est irrévocable. »

Elle devint enceinte de l’enfant
puis elle se retira avec lui dans un lieu éloigné.

Les douleurs la surprirent
auprès du tronc du palmier.

Elle dit :
« Malheur à moi !
Que ne suis-je déjà morte,
totalement oubliée ! »

L’enfant qui se trouvait à ses pieds l’appela :
« Ne t’attriste pas !
Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds.

Secoue vers toi le tronc du palmier ;
il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres.
Mange, bois et cesse de pleurer. (Coran, XIX, 21-26)

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Catégories :Bible