Un tilleul imposant, Le Noyer (Cher)

Gilles avait commencé de nous faire découvrir le département du Cher, avec un chêne de futaie [1], un chêne isolé dans un pré [2], ou ces fameuses trognes de charme [3]. Continuons dans ses pas pour découvrir un autre arbre singulier.

« Alors que j’avais à faire dans le charmant village du Noyer, je suis passé devant l’atelier d’un potier au style assez particulier. Il n’y avait personne, mais comme un panneau disait en gros : “Ouvert, bienvenue, entrez !”, j’ai donc poussé la grille. Derrière l’habitation trône un tilleul phénoménal ; d’après mes observation, il semblerait que je sois à tombé sur une cépée à 6 troncs, dont certains se ramifient encore dans la foulée. » (clic les photos)

« Une surprise de taille ! 7m30 de tour à 1m30 et une hauteur de 25 à 30 mètres… Cet arbre respire la santé et je ne me lasse pas de contempler mes clichés qui sont assez bon grâce au soleil rasant de cette belle matinée d’hiver. »

« Pour se donner une bonne idée de sa taille, il suffit de se dire que le gaulois en poterie planté juste à côté est à l’échelle 1/1. Voilà un spécimen qui n’est peut-être pas aussi vieux que sa circonférence laisserait augurer. Les bâtiments dateraient du XVIe siècle, mais je doute que le tilleul soit si vieux. Peut-être a-t-il entre 150 et 250 ans. » Lire la suite

Un tilleul mystérieux, le Bois Ricard, Heudreville-sur-Eure (Eure)

Il y a peu, rencontre avec deux blogueurs passionnés par les arbres. Tous deux explorent la Normandie, et mettent leurs découvertes en photos sur leur blog “Histoire d’arbres” [1]. Comme nous n’avions pas encore recruté de krapo reporter pour la Normandie, je leur ai demandé si une collaboration était possible, forcément ils étaient d’accord !

« Sur la commune d’Heudreville-sur-Eure et plus précisément dans le Bois Ricard se trouve un arbre atypique, hors norme. Son caractère singulier ne lui vient pas de son âge avancé, ni de sa taille ou de son espèce, mais de sa forme et de sa situation. C’est un tilleul qui pousse en solitaire dans une petite clairière au sein d’un bois majoritairement composé de résineux, et se dévoile subitement au regard du promeneur au détour d’un virage. Il semble alors que l’on entre dans un monde différent et mystérieux, un monde mystique, à mi chemin entre Sleepy Hollow et le Seigneur des Anneaux. » (clic les photos)

« S’il est courant que les arbres influencent et définissent les ambiances des lieux où ils croissent, inspirant à qui les contemple tantôt le recueillement et tantôt l’émerveillement ou le respect ; celui ci, par ce qui transparaît de sa forme, dépasse de loin tous ceux que je connais. Cet arbre, j’en jurerais, est alimenté par quelque source magique, et il est d’ailleurs connu dans la région sous le nom d’arbre aux sorcières. »

« Je ne connais pas son âge, ni son histoire, mais il est sur qu’elle fut tourmentée, comme en témoigne l’entrelac de branches mortes et boursouflées qui constituent l’essentiel de sa ramure.. On peut imaginer qu’il a subi des tailles répétitives pendant un laps de temps assez long, ce qui expliquerait la formation de moignons aux extrémités de ses branches et que ceci a cessé, permettant a des rejets vigoureux et d’apparence normale de se développer comme on le voit aujourd’hui. Cette hypothèse est intéressante mais ne suffit pas à dissiper le mystère qui l’entoure… Pour mon plus grand plaisir d’ailleurs. »

« L’existence de cet arbre a été portée à ma connaissance par l’intermédiaire de l’Association Culture et Loisir de Saint-Pierre-les-Elbeuf, qui a édité il y a quelques années deux numéros de son journal (le Petit Pierrotin) sur le thème des vieux arbres de Normandie. Ses membres ont à cette occasion réalisé une reconduction des photographies de Henri Gadeau de Kerville, ce qui a permis de mesurer l’évolution des arbres qu’il avait photographié et d’en dresser un inventaire actualisé. Un concours a aussi été lancé pour recenser des arbres remarquables locaux, catégorie dans laquelle figurait ce tilleul exceptionnel. Je leur tire mon chapeau pour ce travail qui m’a servi de base pour mes pérégrination arboricoles en Normandie. » Lire la suite

Le Parc de la Guyonnière, Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire)

(Un article de Gilougarou, l’arpenteur des bois)

En début d’année dernière, grâce au livre des arbres remarquables en Maine-et-Loire [1], Krapo m’avait mis sur la piste d’un magnifique tilleul dont les branches basses, en s’enracinant, avaient créé comme une petite forêt autour de l’arbre principal. On pouvait le trouver dans le parc de la Guyonnière à Montreuil-Juigné. (clic les photos)

Mais, première surprise, le tilleul a disparu et il ne reste de lui que le bosquet dû au marcottage. Après m’être renseigné, il apparaît qu’il était parasité par un champignon lignivore et qu’un beau jour, sans même l’aide d’une tempête, il s’est effondré. Son heure était venue, on peut simplement se rassurer en se disant qu’il n’est pas tout à fait mort…

Ce n’était cependant pas le seul représentant de son espèce. Juste derrière le panneau d’entrée, j’ai découvert un autre tilleul qui compense sa discrétion par sa circonférence imposante de 5m90 à 1m30. Un vieillard courbé par les ans et dont les tailles répétées devraient le prémunir de toute chute.

C’est juste après que l’on tombe nez-à-tronc avec les deux stars affichées de ce parc.

Tout d’abord, voici le plus gros. Un chêne que l’on pourrait mettre dans la classe des napoléons [2][3], magnifié par sa forme en lyre que lui donnent ses trois grosses charpentières. Il mesure une vingtaine de mètres de haut pour une envergure maximale légèrement supérieure et son fût pose sans complexes ses 6m de circonférence à 1m30 à côté de l’aire de jeux pour enfants. Lire la suite

Hameau La Bouhière, Blaison-Gohier (Maine et Loire)

Gilles nous avait déjà présenté ce hameau grâce au magnifique cyprès de Lambert classé qui trône au milieu de cet endroit magnifiquement arboré [1].

“J’aimerais aujourd’hui revenir sur le chêne dont le houppier m’avait fait visiter ce lieu. Ce chêne figure sur la carte IGN au 1/25000e et assure le rôle de doyen des lieux.”

“J’estime son âge à environ 250 ans car il présente une circonférence à 1m30 de 5m10 pour une vingtaine de mètres de hauteur. De plus, s’agit vraisemblablement d’une ancienne trogne oubliée depuis un bon siècle et dont les rejets forment aujourd’hui un bouquet fourni et verdoyant dont la présence impressionnante est renforcée par une très grosse branche basse quasiment horizontale.”

“Les propriétaires de cet arbre m’ont raconté qu’ils ont pris la défense de celui-ci alors qu’il était question de transformer le hameau en lotissement avec le chêne comme ornement phare situé au milieu d’un rond point central.

Je n’ose imaginer ce qui serait advenu de lui dans ce cas entre le tassement important causé par le va-et-vient des véhicules, le manque d’eau dû à la surface bitumée et les conséquences néfastes d’un élagage drastique des charpentières les plus basse inévitable pour permettre aux éventuels camions d’accéder aux maisons alentour. Il ne serait sans doute plus là… Heureusement, ce scénario a été évité pour notre plus grand plaisir !” Lire la suite

Vieux tilleul, Le Bastit (Lot)

“C’est un tilleul découvert par hasard l’été dernier. Sur la route du départ pour les vacances mon père m’a dit sur la route qu’il y avait la cime d’un arbre qui dépassait près de l’église et qu’il faudrait aller voir sur le chemin du retour.”

“Nous nous y sommes arrêtés sur le retour, je ne m’attendais pas à grand chose de bien exceptionnel mais je dois dire que j’ai été agréablement surpris lors du premier regard. Le Bastit est un petit village du causse qui compte une centaine d’habitants et possède donc un beau tilleul à côté de son église, je n’avais pas d’appareil photo la première fois que je l’ai vu, je suis donc retourné le voir ce dimanche. (clic les photos)”

“Son tronc a une circonférence de 6m à 1m30 pour une hauteur de 20 m environ. Le tilleul est en bonne santé et ne semble pas creux, je ne connais pas son âge (est-ce un tilleul de Sully, de la liberté, de la Révolution, ou bien entre ces deux périodes ?).”

“Un phénomène qui n’est peut-être pas bizarre mais je ne saurais l’expliquer. La partie du tronc qui est couverte de mousse n’est pas exposée au nord, et l’autre parte qui l’est ne présente que très peu de mousse, mais ne dit-on pas que la mousse pousse au nord ?”

Localisation tilleul Le BastitMerci pour la découverte de ce tilleul Julien. Décidément, le Lot nous réserve de belles surprises arborées, et je ne m’attendais pas à découvrir un gros tilleul à cet endroit du Causse. Moins imposant que celui de Paramelle [1] mais néanmoins superbe ! Un tronc imposant en parfaite santé, de belles charpentières qui lui confèrent un port princier. (Le Bastit se trouve sur la D807 entre Labastide-Murat et Gramat). Lire la suite

Tilleul centenaire, Guébling (Moselle)

Aujourd’hui Francis nous emmène du coté de Guébling, petite commune perdue au fin fond du pays du Saulnois en Moselle, où il a découvert un charmant tilleul.

“Celui-là je l’ai dégoté le jour où je suis revenu de ma petite excursion en forêt de Bride pour y observer le fameux Chêne du Roi [1]. En repartant j’ai décidé de prendre une autre route pour pourquoi pas, ne sait-on jamais, y découvrir une curiosité naturelle. Et je n’ai pas été déçu d’avoir changé mon itinéraire, car en passant devant l’église de Guébling, un beau tilleul trônait là juste à coté.” (clic les photos)

“Je ne me suis même pas arrêté, pensant avoir vu un mirage ! Car ce village est situé à quelques kilomètres de là où j’habite et jamais je n’en avait entendu parler. Donc rentré à la maison je suis allé surfer sur la toile, et en tapant “Tilleul Guébling”, j’ai effectivement trouvé la mention de cet arbre mais sans plus. Les quelques sites disaient juste qu’il y avait un très vieux tilleul dans ce village. Donc quelques jours après, par un magnifique ciel bleu, je me suis décidé à y retourner pour y prendre quelques mesures conventionnelles.”

“Le tilleul n’est pas aussi imposant que ceux que l’on peut admirer sur le blog, mais avec ses 4,52m de circonférence il faut avouer qu’il a quand même fière allure. Sa hauteur ne doit pas dépasser les 15m, et son âge doit approcher les 200 ans. Son tronc est orné de très belles loupes qui lui donnent un charme fou.”

J’adore l’histoire ! Merci pour la découverte de ce tilleul séculaire Francis, certes moins vieux que d’autres présentés mais il a une forme plutôt sympathique et mérite sa place ici parmi tous ces autres centenaires. Comme quoi il ne faut pas hésiter à sortir des sentiers battus et modifier son itinéraire et ce, même dans son propre pays…