Le gros tilleul de Samoëns (Haute-Savoie)

François continue de lever le voile sur les arbres emblématique de Haute-Savoie [1][2][3].

« Fierté du village, le gros tilleul de Samoëns trône au milieu de la place qui porte son nom. »

« Le site internet communal signale qu’il a été planté en 1438 pour célébrer un jugement rendu par le duc Amédée VIII de Savoie confirmant aux habitants de Samoëns la possession de plusieurs alpages situés dans la vallée voisine de la Manche. »

« Le panneau à son pied indique  un pourtour de tronc de 9,80 m. On doit hélas à la vérité de corriger cette affirmation quelque peu marseillaise : la mesure que j’en ai faite le 8 décembre 2010 m’a en effet donné un pourtour de 6 m à environ 1 m du sol, de 7,60 m à la base. »

« Cet arbre vieux de presque six siècles n’en reste pas moins aussi emblématique que sympathique, et il mérite amplement les soins que lui prodigue la commune. Le jour de ma visite, on était d’ailleurs en train d’installer à son pied l’alimentation de quatre projecteurs destinés à l’éclairer en contre-plongée, ce qui ne manquera certainement pas d’allure. »

Merci pour ce nouveau reportage François, quel plaisir de pouvoir enfin contempler ce vieux tilleul dont la renommée a largement dépassé les frontières de son propre département. Maintes fois évoqué dans les livres avec la circonférence donnée par le panneau d’information… Merci d’avoir pris le temps de sortir ton décamètre  pour vérifier les mesures, nous pouvons ainsi  évaluer au mieux l’embonpoint de cet arbre à haute valeur historique.

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Le tilleul de Stennweiler, Saarland (Allemagne)

Nouvelle incursion en Allemagne avec Sisley pour découvrir un tilleul de renommée.

« Je vais cette fois vous relater la rencontre avec un être particulièrement insolite, un arbre d’un certain âge qui en à vu des choses. Je mets mes chaussures et je vous fait traverser le pont de la frontière, le village est plus au Nord dans la région de la Sarre. »

« Par une de ces journées de fin d’hiver que j’apprécie beaucoup, entre soleil timide et début de bourgeonnement printanier, je décidai d’explorer un coin qui m’était jusqu’alors inconnu, ce fut d’ailleurs ce jour que je découvris le frêne de Schiffweiler [1] et les poiriers de Mainzweiler [2], des moments d’exaltation où tout paraît si simple et compréhensible. »

« Donc, après avoir fait quelques haltes, j’arrive aux alentours de midi, dans le calme village de Stennweiler, pour vous décrire l’ambiance, j’utiliserai celle vécu pour la rencontre du tilleul à Schoenenbourg [3], car à peu de choses près, ça ce passa de la même manière, un arbre central, une rue principale peu fréquentée, un calme reposant sous ce spécimen réputé dans toute la région. Si cet arbre à l’air d’un rescapé des années passées, cette réputation repose sur le fait qu’on le dit millénaire, en effet à première vue, le passant lambda pourrait en croire ainsi, mais le tilleul est particulier et les estimations semblent converger vers 400 à 500 ans. »

« Il est vrai que pour un exemplaire ayant à l’origine atteint les 9 m de circonférence et encore aujourd’hui 7,95 m à 1 m du sol (2002), on pourrait penser que c’est une relique, mais je pencherai plutôt pour une hypothèse dans laquelle un ou plusieurs incidents de de différents types (météo, taille drastique, blessures de guerre..) ont dû accentuer la désagrégation du tronc, car à un moment donné seul deux troncs dépourvus de branches subsistaient, d’où cette apparition de suppléants en bouquets, houppier de substitution à rapide développement. »

« Il semble avoir essuyé ces évènements avec brio et s’est reconstitué un ramage et afin de redonner de la vigueur à tout cela, lors de la décomposition du tronc il a émis des racines aériennes qui ont aussi un rôle de maintient. On a évidemment pallié à ces faiblesses en installant deux étais et un mat central pour le haubanage des deux parties désolidarisées. »

« Il est assez difficile de s’imaginer à quoi il devait ressembler il y a encore une centaine d’année, mais je n’ai aucun doute quand à la superbe qu’il devait naguère arborer ! » Lire la suite

Le tilleul des Forgettes, Mauquenchy (Seine-Maritime)

Suivons à nouveau Alexis sur ses terres normandes, alors exceptionnellement enneigées.

« Voici, depuis le sud de la France où depuis quelques mois j’ai pris mes quartiers, un arbre ami dont les racines s’enfoncent au cœur du sol normand. En regardant ces photos prises il y a presque un an, je goûte en souvenir la saveur de cet hiver rigoureux qui couvrit la campagne d’un délicat manteau de neige pendant quelques semaines, mettant au chômage technique le jardinier que j’étais alors ; et ce pour mon plus grand plaisir… Les balades qu’à cette occasion j’ai fait à travers les champs dénudés comptent parmi les meilleurs moments passés dans cette nature que j’aime et qui parfois aujourd’hui me manque. »

« L’arbre dont il est question ici est connu localement sous le nom de « tilleul des Forgettes ». Il pousse à la croisée des chemins, sur la commune de Mauquenchy si ma mémoire est bonne, sa silhouette imposante constituant un repère dans ce paysage de plaine. »

« Son tronc boursoufflé est couvert d’excroissances diverses, et c’est en se rapprochant de lui que cet arbre magnifique prend toute sa mesure. Parent sans nul doute du tilleul du Bois Ricard [1], à Heudreville-sur-Eure, il fait partie de ces géants sur lesquels le temps à gravé à même la peau le récit de leur tumultueuse existence. »

« Que son air de trogne patibulaire ne trompe pas le promeneur venu à son pied se blottir, de cet arbre perle une aura de douceur que certains percevront peut être, et le fait qu’une famille de petites fougères ait trouvé refuge sur ses plus grosses branches ne fait à mes yeux que renforcer cette conviction. »

« Cet arbre a pour moi une valeur symbolique, et souvent quand je pense à lui je me rappelle qu’il est parfois bon de s’arrêter un moment pour contempler la beauté du monde qui m’entoure lorsque je ne sais pas quel chemin suivre, et que la nature, qui parle le même langage que celui du cœur, est souvent bonne conseillère. »

Merci beaucoup d’avoir accepté de partager avec nous ce reportage Alexis, il s’agit-là d’un très beau tilleul, ce vieux tronc parcouru de multiples bosses et excroissances est vraiment saisissant ! Un arbre fantastique rappelant ce tilleul mystérieux que tu nous avais dévoilé, une vision chimérique fortement renforcée par ce manteau blanc recouvrant le paysage.

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Palmengarten et Grüneburgpark, Francfort – Hessen (Allemagne)

Retournons en Allemagne avec Sisley, et découvrons quelques arbres de Francfort.

« Après la France, place à l’Allemagne, c’est un jeu d’équité pour moi, comme ça il n’y a pas de jaloux. C’est en allant visiter le jardin botanique de Francfort « Palmengarten » avec mon frère, que j’ai pu admirer des hectares de verdure dont la diversité est à peine croyable, je n’ai rarement vu autant d’espèces de plantes sur un endroit ! C’est en effet un lieu de renommée mondiale pour ce qui est des collections abritées dans les serres tropicales. Tant dans les serres que dans les parcs et rocailles, un vrai bijou pour les amateurs de chlorophylle ! Si on associe les 22 hectares de ce jardin aux 29 autres du parc voisin « Grunerburgpark », on arrive à 51 hectares de pure merveille ! »

« Les deux domaines datent de 1868 et de 1837 (initialement du XVIIIe), avec une extension de ce dernier en 1946. Inutile de vous expliquer qu’il faut des heures pour pouvoir apprécier cet ensemble à sa juste valeur. Et de plus la concentration d’espèces dans les serres et la partie du jardin rocaille, alpinarium de l’université est assez impressionnante, je n’ai pas vraiment de chiffre quant aux nombres d’espèces, mais c’est un nombre démentiel ! »

• « De très beaux spécimens se tiennent ça et là, mais ce sont quatre individus en particulier qui ont attiré mon attention. Pour commencer, alors que sa forme peu commune m’interpella, je fus ébloui par la présence d’un massif chêne pédonculé ‘fastigié’, une forme bien propre à la variété et des dimensions très honorables. Un tapis de fougères l’encercle, le résultat fait bon ménage et ainsi une aire contre le piétinement est marqué par ces plantes. »

« Chêne fastigié : circonférence 5,56 m, 25 m de hauteur, un âge > 160 ans. »

• « Ce n’est que 100 m plus loin, qu’on entre dans une partie boisé et m’attendant forcément à voir de l’inconnu, je fus subjugué devant un superbe frêne élevé Diversifolia, espèce découverte en 1789 et apparue spontanément depuis, mais souvent reproduite par greffage, ce qui est le cas ici. Non seulement cette forme n’est déjà pas très fréquente mais avec une belle dimension comme ce spécimen, ce fut une surprise de choix ! »

« Frêne élevé diversifolia : circonférence 3,52 m, 22 m de hauteur, âge > 110 ans. »

« Il y a bien des arbres intéressants dans ce parc, mais n’ayant pas pu m’arrêter sur tous les détails, notamment les variétés, cultivars et espèces peu communes, je dus avoir une vision globale et le résultat en fut à la hauteur. »

• « C’est complètement dans l’autre partie du jardin, qu’une rencontre de poids se fit, en longeant une allée, un houppier dépassait fortement d’une haie en bordure, le tronc assez accessible je vis de suite à qui j’avais à faire, un super exemplaire de chêne, mais je ne savais pas lequel, un petit coup d’œil sur l’écriteau quercus x leana. »

« Le chêne de Léa, un hybride naturel entre le chêne des teinturiers (q. velutina) et celui à lattes (q. imbricaria), deux espèces nord-américaine. Il fut cultivé en Europe dès 1850. Il serait le ou l’un des plus gros d’Allemagne ! » (circonférence 6,31 m,  25 m hauteur, âge > 140 ans)

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Les deux tilleuls de Herberhausen, Göttingen (Allemagne)

Une fois n’est pas coutume, rendons-nous aujourd’hui en Allemagne, mais sans Sisley [1]. Fin août, une française expatriée m’a signalé deux tilleuls remarquables situés à l’orée d’un bois non loin de Göttingen, afin de réaliser un article complet, elle m’a fait parvenir des clichés pris à différentes saisons ainsi que des mesures récentes de circonférence.

« Ils se tiennent au-dessus du village, à un endroit où l’on échangeait et vendait autrefois du bétail, des produits de consommation courante, où les habitants des villages et des hameaux des environs se rencontraient pour échanger les dernières nouvelles. On rendait y rendait la justice et les deux tilleuls auraient aussi servi de gibet, malheureusement. »

« J’ai mesuré leur circonférence à 1,50 m du sol : l’un fait 4,50 m et l’autre 5,10 m. »

« Ils feraient entre 15 et 20 mètres de haut. La personne du service qui s’occupe des arbres classés ne connait pas leur taille exacte. Rien n’est mentionné dans la documentation à part les maigres « soins » dont ils font l’objet. J’en suis restée comme deux ronds de flan mais cela confirme ce que certains écologistes allemands prétendent : l’Allemagne est de moins en moins intéressée par la conservation de son patrimoine environnemental que par sa croissance économique. »

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Le tilleul de la cathédrale, Saint-Dié (Vosges)

Gilles ne nous avait pas dévoilé tout son périple dans les Vosges [1][2][3][4].

« Voici un arbre historique qui est le témoin de l’histoire bien mouvementée de la ville de Saint-Dié. On dit de ce tilleul à petites feuilles qu’il a été planté au XIIIe siècle. En découvrant cette donnée dans les archives lorsque j’ai préparé mon excursion vosgienne de l’été passé, je m’attendais à trouver un géant. Pensez donc, plus de 700 ans, c’est assez phénoménal ! »

Tilleul de Saint-Dié 1Tilleul de Saint-Dié 2

« Du coup, j’ai été presque déçu en découvrant un arbre d’une circonférence de 5m30 à 1m du sol, juste au dessus du niveau de la maçonnerie. Cette maçonnerie, comme bien souvent lorsqu’un arbre est déclinant a été coulée pour garder à l’esprit l’ancienne taille du tronc de l’arbre. Je n’ai pas mesuré celle-ci, mais il y en avait bien pour 6m50. »

« Tout à coup, l’arbre prend une autre dimension. Je n’ai mesuré, en effet, qu’un demi-arbre ! Celui-ci comprend d’ailleurs deux parties distinctes qui fusionnent ensuite : un demi-tronc principal et des sortes de racines internes qui se sont muées ensuite en véritable tronc. »

« Ce phénomène est très courant chez les tilleuls. C’est une essence très réactive aux agressions extérieures et dont la souche est capable de créer des rejets vigoureux qui permettent à l’arbre de survivre quoi qu’il arrive. On en a ici l’illustration parfaite. Alors qu’il ne s’agit que d’un reste d’arbre, il offre un feuillage très fourni à l’aspect presque juvénile. De plus, la municipalité en prend soin, et il occupe une position privilégiée, alors, si son âge est avéré, gageons qu’il se dirige tranquillement vers son millénaire. » Lire la suite