If & trio de tilleuls, Sainte-Croix-sur-Buchy (Seine-Maritime)

Retournons faire une petite virée en Normandie avec Damien, car en quelques semaines il s’est pris au « jeu » en retrouvant des arbres décrits par Henri Gadeau de Kerville [1][2], mais aussi des arbres déjà décrits sur le blog pour lesquels il nous a fait des mises à jour [3][4].

Aujourd’hui c’est en suivant les pistes dévoilées sur le blog de Sébastien [5] qu’il s’est rendu à Sainte-Croix-sur-Buchy pour nous ramener les photos de l’if séculaire de l’église.

 

« Situé au bord du talus du cimetière et au bord la route, on le remarque immédiatement grâce à sa grande taille et son élégance. Les plus hautes branches sont harnachées par de discrets fils métalliques, afin de prévenir toute chute accidentelle sur la chaussée. »

« Le tronc affiche une circonférence de 5,08m à 1m30.»

« Il s’agit d’un sujet mâle en pleine forme, comme l’atteste la couleur orangée du sol autour de lui due aux semences déposées [6]. »
____

Dans la campagne, au Sud du village Damien a fait sa première véritable découverte.

Lire la suite

Le tilleul de Maussac, Gindou (Lot)

Souvent en voiture sur les chemins connus, on discute et je ne prête pas assez attention…

Celui-là, je suis passé au moins une dizaine de fois devant avant de l’apercevoir enfin !

Un très beau tilleul faisant face à l’église en plein cœur du hameau de Maussac.

Un tilleul avec de l’embonpoint, ce n’est pas si courant par ici, comment le rater ?

Tout de même : 4,80m de circonférence à 1,50m pour un fût en pleine santé.

Lire la suite

Le Tilleul de Notre-Dame-de-Bon-Secours, Bettegney-Saint-Brice (Vosges)

Retrouvons Gilles pour un dernier « road trip » vosgien.

« Dernier volet de ma virée vosgienne de l’été 2009. Il s’agit de deux arbres non répertoriés mais qui ont chacun un caractère particulier. C’est en quittant Nomexy [1] pour me rendre à Bainville-Aux-Saules [2] que j’ai eu la chance de les rencontrer. »

« Le tilleul de Bettegney-Saint-Brice est planté en façade d’une petite chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Bon-Secours [3]. Il possède une grosse plaie sur son tronc qui est le souvenir de la rupture d’une ancienne grosse branche. Mais mis à part cela, il affiche une très bonne santé et une circonférence très honorable de 4m50. »

« À mon sens il doit avoir le même âge que la chapelle qui semble dater de la fin du XIXe siècle voire du début du XXe siècle. Mais je n’ai aucune certitude à ce sujet. Il faudrait se renseigner auprès de la mairie mais je n’ai malheureusement plus de temps pour cela. Alors avis aux amateurs ! En tout cas, la rencontre fut plaisante et emprunte de recueillement. »

« Après moult virages je suis arrivé à Dompaire et un magnifique houppier m’a fait m’arrêter sans délai : un noyer commun qui a eu tout loisir de s’étaler et le mot n’est pas trop fort. »

« En effet avec environ 20 mètres d’envergure et plus de 15 en hauteur, il atteint des proportions peu communes pour son espèce. Ses charpentières sont particulièrement bien développées et puissantes. Elles sont ancrées sur un tronc très court d’environ 1 mètre de haut qui peut se vanter d’atteindre une circonférence minimale de 3m80. »

« N’étant pas spécialiste de l’espèce, je n’ai aucune idée de son âge qui peut cependant avoir dépassé le siècle. En tout cas, son écorce peu ridée et son aspect général me font penser à un spécimen hors norme, implanté dans un terroir particulièrement favorable, et qui de ce fait doit connaître une croissance particulièrement rapide. »

« Le voici maintenant qui rejoint la famille naissante des noyers du Krapo [4] et souhaitons lui longue vie ! C’est moins impressionnant que les dernières découvertes du blog mais ces arbres avaient un bon goût de terroir bien prononcé et c’est toujours agréable de trouver ces bonus quand on est sur la piste d’autres arbres qui sont déjà connus. »

Et bien voilà deux belles découvertes de bord de route, merci Gilles ! Le tilleul centenaire associé à la chapelle est en pleine forme, j’ai fouillé mais impossible de retrouver la date de construction de l’édifice. Quand au noyer, c’est une belle surprise, une circonférence plus qu’honorable et un port étalé fantastique. Il vient enrichir de belle façon la catégorie des noyers, par ici c’est un arbre largement cultivé, mais je n’ai pas encore pu dénicher de digne représentant de l’espèce, mais ça viendra surement !

Tilleul de Weywertz, province de Liège (Belgique)

Après le colosse de Doyon [1], Renaud nous propose un autre tilleul, lui aussi lié à une église.

« Comme chaque année, je me suis rendu à l’exposition de poussins de Weywertz (2500 poussins de un jour répartis entre une vingtaine d’espèces et tous destinés à la vente). J’ai profité de l’occasion pour rendre visite au fameux tilleul. »

« Impossible de rater le vieux tilleul en passant devant l’église : il trône sur une petite plateforme, accessible par un escalier, en plein milieu de la place. »

« On ne connait pas la date à laquelle il a été planté car trois hypothèses coexistent : il aurait été planté le 29 septembre 1668 pour la construction de la chapelle primitive, ou alors le 16 juillet 1670 pour sa consécration par le suffragant de Cologne, ou bien encore en 1648 à la fin de la guerre de trente ans. Quoi qu’il en soit, il aurait donc 3 siècles d’existence. »

« On l’avait mesuré 4,65 mètres de circonférence à 1,50 m du sol et 24 mètres de haut mais on ne précise pas à quelle date. Pour la taille, je ne sais pas mais pour le tronc j’ai mesuré 4,73 mètres de circonférence à 1,50 m du sol. »

Lire la suite

Le tilleul fantastique de Pâquier, canton de Neuchâtel (Suisse)

Marchons dans les pas d’Agnès et découvrons un joyau des alpages suisses.

« Après la tilleul de Marchissy [1], j’aimerai de présenter le tilleul de Pâquier du canton de Neuchâtel. Il est vieux d’environ 2 siècles (Michel Brunner l’estime même à 400 ans), il se trouve sur un magnifique pâturage à environ 970mètres d’altitude. »

« J’adore son tronc à l’aspect boursouflé. A 1m de hauteur il n’est pas très large et il mesure 5m de circonférence. Il n’est pas très haut non plus avec ses 16,5 m, mais ses branches sont remarquables et énormes : j’ai mesuré une envergure de 34m et 27m. »

« Quelques branches touchent le sol mais ils ne s’appuient pas. L’arbre a eu la chance de pouvoir se développer à son aise. Il est en plein forme et aucun béquille soutien le poids de ses énormes branches. Il dégage une sorte de joie, une grande dynamique et de la force. »

« C’est magnifique de s’asseoir sous ses bosses et partager de précieux instants avec lui… »

« Ce vieux tilleul est entouré d’une des plus belles allée. On trouve également dans la bordure de ce pâturage de magnifiques hêtres, bouleaux, érables, sapins et épicéas. Je pense que la plupart des ces arbres sont centenaires ou plus. » Lire la suite

Tilleul, Le Coudray, Saint-Léger-de-La-Martinière (Deux-Sèvres)

« Lorsque Yann et moi étions allés voir le chêne de Fombédoire [1], ce brave Monsieur Sapin nous avait dit que tous les jeudi il allait jouer aux boules avec ses copains. Et qu’au bout du terrain il y avait un tilleul dont un de ses partenaires de jeu disait qu’il était aussi gros que son chêne ! Il n’en fallait pas plus pour nous mettre la puce à l’oreille. »

« Le samedi suivant nous voilà donc partis pour le petit village du Coudray à une dizaine de kilomètre de Melle. Nous avons demandé au premier bonhomme venu s’il ne savait pas où il y avait un gros arbre dans le village. »

– Ah, c’est vous qui cherchez le tilleul ?
– Ah, c’est vous qui jouez aux boules avec monsieur Sapin ?

« Une minute plus tard, nous étions donc tout heureux de nous retrouver face à « notre premier » tilleul Deux-Sévrien. »

« Un beau tilia cordata (ce nom vient-il du fait que l’on tirait de son écorce une fibre servant à confectionner des cordes d’amarres ?) au tronc creux et noueux avec des rejets partant en tout sens fait 5,65m de circonférence au plus creux et 8,30m à la base. »

« Certes, plus petit que le chêne de monsieur Sapin, mais pour un tilleul Deux-Sévrien non-répertorié, on va pas faire la fine bouche. »

« Surtout qu’ils se font plutôt rares dans le département. »

Hé hé le premier tilleul des Deux-Sèvres se montre enfin !

Et pas des moindres : une belle allure, un tronc cabossé et creusé laissant passer la lumière, sa circonférence est plus qu’honorable si on tient compte qu’il est le premier recensé à ce jour dans ce département (pourtant si richement arboré). Cet été tu m’avais raconté combien tu regrettais de ne pouvoir contempler de vieux tilleuls par chez toi, te voilà donc remercié pour tes nombreuses explorations, nul doute que d’autres tilleuls se montreront à l’avenir…

« Outre les fleurs, les Grecs en utilisaient le liber, situé entre l’écorce et le bois ; ils l’appelaient aussi philyra et en faisaient du papier, des nattes, des montures de couronnes et des guirlandes. L’écorce, qui reste souple pendant vingt ou trente ans, contient des fibres textiles, la « teille », qui, après avoir été immergées dans l’eau (rouissage), étaient isolées par le « teillage », opération propre d’abord au Tilleul, mais appliquée ensuite au lin et au chanvre. Le teillage procurait des tissus grossiers et surtout des cordes. Ces diverses utilisations se sont perpétuées fort longtemps dans toute l’Europe. On faisait encore des cordes de puits avec l’écorce du Tilleul en France au XIXe siècle. » (Jacques Brosse, Dictionnaire des arbres de France)