If de l’Archiprêtré de Mazière-sur-Béronne (Deux-Sèvres)

Et si on remontait en Deux-Sèvres avec Yanick ?

« Depuis plus de six ans que je chasse les arbres, cette passion m’a apporter la joie de rencontres mémorables. Celle que je vous présente aujourd’hui l’est à double titre. Tout d’abord parce que l’arbre rencontré est exceptionnel pour le département, et puis surtout pour l’accueil que nous ont réservé ses heureux propriétaires. »

« L’ancien archiprêtré de Mazière-sur-Béronne est un lieu chargé d’histoire [1]. Il faut remonter au IVe siècle pour en retrouver les fondations. Clovis y aurait enterré ses francs mort au combat. Un des vicaires de l’archiprêtré, Norbert Pressac de la Chagnaye, planta le premier arbre de la liberté de France le 10 mai 1790. Sur ce lieu on retrouve les traces d’une villa gallo-romaine, un puits sacré, une église romane, un temple Druidique, un aqueduc de 275m, 7 sources, des jardin créés en 1780 et, l’objet de ma visite, un if millénaire. »

« Nous fument accueillis par la propriétaire, la charmante Mme Wieme, qui nous conduit au pied de cet arbre, qui en fait est accompagné par un  if plus petit. Il forment ensemble un couple (mâle et femelle) qui parait inséparable. N’ayant jamais vu d’if aussi gros de ma vie, je fus émerveillé par la lumière que dégage la couleur rose saumon de son tronc. Celui-ci fait une circonférence de 5,78m à une hauteur de 40 cm (plus creux du tronc) et 15m de haut. »

« Un jardinier de Versailles a estimé cet arbre à un millier d’années. Mme Wieme me demanda mon avis et voyant l’attachement qu’elle porte à cet arbre je fus un peu gêné de lui avouer que je trouvais cela surestimé. »

« Ayant pris sur place la photo d’une branche coupée de 1,17m de circonférence, j’y ai compté environ 110 cernes. Je peux donc aujourd’hui lui accorder environ 550 ans. »

« Puis le colonel Wieme revenant d’une petite promenade nous a rejoint au jardin. Si sa femme experte du contre pied est très charmante, ce personnage haut en couleur ne m’a pas laissé indifférent. Il faut dire qu’il cache bien ses 89 ans. Nous avons eu droit à une histoire du site, des aventures de ce grand baroudeur [2][3], et de l’arbre généalogique de lui et sa femme. Tout ceci en défilant devant les portraits d’époques des aïeux. Nous avons alors vu une grande partie de l’histoire de France défiler sous nos yeux. »

« Heureusement avant que ce grand bavard (qu’il me pardonne) ne nous accapare, j’avais pris le temps de mesurer le deuxième if pour 3,10m à 1,30m puis un troisième pour 2,92m à 1,30m [4] et un superbe saule tortueux de 23 ans et 3m de circonférence. »

« Finalement cet après-midi d’été est passé à une vitesse folle et je n’ai pas eu le temps de tout visiter. Je ne manquerai donc pas d’y revenir le plus rapidement possible, d’autant que je pense que le Colonel ne nous a pas tout dit. »

« L’Archiprêtré de Mazière-sur-Béronne est à 5 kilomètres au sud de Melle. Les propriétaires actuels sont les héritiers du dernier Seigneur Archiprêtre résidant à Mazières-sur-Béronne de 1767 à 1801. Ils y ont déjà accueilli gratuitement plus de 43.000 visiteurs. Je tiens à remercier chaleureusement Mr et Mme Wieme pour leur accueil ainsi que Philippe Rabillat co-auteur du livre DVD « Arbres en Deux-Sèvres » [5] pour m’avoir lancé sur la piste de cet If. »

Ah, je savais bien que le département des Deux-Sèvres, si richement arboré, abritait forcément un if séculaire ! Merci pour ce reportage Yanick, car il s’agit là d’un très beau spécimen de taxus, avec un tronc massif soutenant un houppier encore assez élégant pour cinq siècles d’existence. Ces ifs mâle & femelle forment un couple remarquable, deux arbres qui ont surement de nombreux siècles devant eux. L’autre if que tu as trouvé dans la propriété n’est pas en reste non plus avec une circonférence approchant les 3 mètres. Et pour finir, le saule tortueux que tu nous présentes est vraiment superbe ; et avec une datation précise qui plus est ! (ce qui nous aidera grandement pour les autres explorations)

Le Parc de la Guyonnière, Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire)

(Un article de Gilougarou, l’arpenteur des bois)

En début d’année dernière, grâce au livre des arbres remarquables en Maine-et-Loire [1], Krapo m’avait mis sur la piste d’un magnifique tilleul dont les branches basses, en s’enracinant, avaient créé comme une petite forêt autour de l’arbre principal. On pouvait le trouver dans le parc de la Guyonnière à Montreuil-Juigné. (clic les photos)

Mais, première surprise, le tilleul a disparu et il ne reste de lui que le bosquet dû au marcottage. Après m’être renseigné, il apparaît qu’il était parasité par un champignon lignivore et qu’un beau jour, sans même l’aide d’une tempête, il s’est effondré. Son heure était venue, on peut simplement se rassurer en se disant qu’il n’est pas tout à fait mort…

Ce n’était cependant pas le seul représentant de son espèce. Juste derrière le panneau d’entrée, j’ai découvert un autre tilleul qui compense sa discrétion par sa circonférence imposante de 5m90 à 1m30. Un vieillard courbé par les ans et dont les tailles répétées devraient le prémunir de toute chute.

C’est juste après que l’on tombe nez-à-tronc avec les deux stars affichées de ce parc.

Tout d’abord, voici le plus gros. Un chêne que l’on pourrait mettre dans la classe des napoléons [2][3], magnifié par sa forme en lyre que lui donnent ses trois grosses charpentières. Il mesure une vingtaine de mètres de haut pour une envergure maximale légèrement supérieure et son fût pose sans complexes ses 6m de circonférence à 1m30 à côté de l’aire de jeux pour enfants. Lire la suite

Séquoias géants de Thouarcé (Maine-et-Loire)

(Un article de Gilougarou, l’arpenteur des bois)

Le village de Thouarcé nous avait déjà livré deux chênes imposants lors de mon premier article pour krapo [1], mais il n’est pas nécessaire d’aller se perdre en haut du coteau pour trouver de gros arbres. En plein cœur du village et en bordure du Layon, siègent deux séquoias dont les dimensions supplantent largement nos quercus.

Le premier, et le plus remarquable, se dresse fièrement au milieu de la place principale du village juste devant le centre social de Neufbourg. Ses dimensions sont impressionnantes pour un séquoia français. Sa circonférence à 1m30 atteint 6m90. Sa hauteur frise les 30 mètres et elle pourrait encore être supérieure vu que sa tête est bifide [2] ce qui indique un étêtage il y a une bonne vingtaine d’année. (clic les photos)

J’ai cherché à me renseigner sur son histoire et les services municipaux mon orienté vers un ancien du village qui m’a indiqué : “que les raisons de sa plantations se sont malheureusement perdues, mais que son âge serait compris entre 150 et 180 ans”. Les séquoias ont été introduits pour la première fois en France dans les années 1850, ce qui nous indiquerait un âge de 160 ans au maximum pour cet arbre en admettant qu’il fasse partie des tous premiers à avoir été semé. Lire la suite

Les ifs de l’église, Missiriac (Morbihan)

Il y a peu, j’ai reçu un courrier d’Alice [1] avec quelques photos me dévoilant la présence de deux ifs devant l’église de Missiriac dans le Morbihan. Les clichés étaient arrivés sans mesures de circonférence, mais la municipalité vient de me renvoyer les données. (clic les photos)

Il s’agit de deux “jeunes” arbres, circonférence à 1.50m du sol 3,80 et 3.10 mètres.

Merci pour la découverte de ces deux ifs Alice, car même s’il n’ont pas atteint des âges records comme certains présentés sur le blog,  ces deux ligneux ont déjà dépassé les deux siècles d’existence. Et puis il faut avouer qu’ils encadrent admirablement cette petite église, et qu’ils la veilleront peut-être encore pendant 1000 ans..?

Alice se raconte sur son blog, alors rendez-lui une petite visite, par ici

La commune de Missiriac se dévoile aussi sur un blog, faites donc un tour, c’est par .

L’if séculaire de Neuvicq-le-Château (Charente-Maritime)

En Charente-Maritime, près de l’église de Neuvicq-le-Château se trouverait un if séculaire, un des plus vieux arbres du département. En fouillant internet, je découvre un blog qui parle de cette région, quelques courriers échangés et Fabien accepte d’aller prendre photos & mesures de l’ancêtre. (clic les photos)

“Ce matin la lumière et même la pluie couvrait Neuvicq. Je suis allé quand même mesurer la circonférence de if.  J’ai pris une corde qui servait a lier les bottes de paille dans le temps. J’ai fait le tour du tronc, et le résultat est 5,90 mètres de circonférence au plus fin. Je joins deux photographies prises cet après-midi entre deux nuages.”

Merci pour la découverte de ce vieil if Fabien : une belle ramure avec un port équilibré, et un tronc trapu que le temps n’a pas encore creusé. Sa circonférence traduit un âge avancé, surement 5 siècles d’existence à veiller sur l’église ; il se pourrait même que cet arbre séculaire soit contemporain du château de Neuvicq.

Fabien écrit un blog consacré à ce coin de Charente, faites donc un tour, c’est par ici.
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Il me signale également deux gros chênes sur la commune, lieu-dit La Barétrie

le maire vient de les faire classer, le plus gros affiche 5m de circonférence.

If séculaire, La Chapelle-du-Genêt (Maine-et-Loire)

« Voici sans doute le plus ancien des ifs du département. Il trône à l’emplacement de l’ancien cimetière sur la place de l’église du village, ou sur la place de la mairie car celle-ci se trouve juste à côté. Et c’est d’ailleurs là que je me suis rendu dans un premier temps. »

« En cherchant des photos de cet ancêtre sur internet, je m’étais rendu compte qu’il était protégé par des grilles. J’ai donc appelé la mairie pour savoir si je pouvais me procurer la clé pour prendre des photos au plus près. C’est un sympathique employé de mairie qui m’a répondu puis accueilli le plus simplement du monde en me remettant l’ustensile en acier. Il m’a d’ailleurs aidé à ouvrir, car la vieille serrure qui clos l’enceinte laquelle renferme également un monument au mort est capricieuse. J’ai pu ainsi vérifier que je serais un bien piètre voleur attendu que même avec la clé, je suis capable de ne pas rentrer ! »

ifdelachapelledugent12.jpg

« Me voici donc au contact de ce vieillard qui daterait du XIVe siècle. Pour preuve il en est fait mention dans les registres paroissiaux du début des années 1600, époque à laquelle il devait déjà être suffisamment vieux pour qu’on en parle. »

« Ce pied femelle garni de baies rouges affiche 6m10 de circonférence à 1m30. Sa hauteur est d’environ 12 mètres pour une envergure qui frise les 20 mètres. Son tronc torturé et creux est divisé en trois parties dont certaines se rejoignent plus haut. Comme on le remarque souvent sur les vieux ifs creux, la cicatrisation à recouvert l’intérieur de certaines portions du tronc donnant l’impression d’une cépée. » Lire la suite