Cyprès millénaire de Montezuma, Árbol de iluminación, Oaxaca (Mexique)

Des nouvelles de mon frère Thomas parti en voyage au Mexique.

“Je suis bien arrivé au Mexique. J’ai eu un peu de mal au début, le temps de m’acclimater… Ça va de mieux en mieux, c’est vraiment terrible ici, un peu comme en Afrique, tout est diffèrent et tellement plus simple qu´en France… no comment…”

“Je suis resté 3 jours à Mexico, ville tripante mais trop grosse (25 millions d’habitants…) Je suis maintenant à 500 km à l´Est de Mexico, Oaxaca. J’ai discuté avec un monsieur dans le car qui me disait qu’il y avait ici un arbre millénaire, vénérable “Árbol del Tule“.  J’ai sauté sur l’occasion et y suis allé… obligé frangin ! J’ai halluciné, un truc de ouf.”

“Apparemment c’est un des plus vieux arbres du monde, plus de 2000 ans, mais ils ne savent pas exactement. Il fait parti de la famille du cyprès, 58 mètres de circonférence, 14 mètres de diamètre [1], une allure plus qu’impressionnante, c´est un truc de MALADE ! Je commence à comprendre ton trip, ça dégage des énergies dures à expliquer.”

Deux autres arbres remarqués près des pyramides de la vallée d’Oaxaca.

“Plein de bisous et de bonne humeur à la mexicaine, que todo vaya bien hermano. Tom”

Merci pour ce reportage Thomas, je t’envie sur ce coup-là car cela fait longtemps que je rêve de rendre visite à ce cyprès millénaire, un des doyens de la planète. Quel arbre extraordinaire, il est réellement gigantesque et parait en pleine santé malgré le poids des ans. A bientôt pour la suite de tes aventures… au Guatemala, au Costa-Rica ?

Mon frangin n’avait pas pris de photo du cyprès où on pouvait le voir en entier, j’ai donc choisi une photo de Paco Alcantara, un globe-trotter qui expose sur flickr, voir ici.

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎ (Bahreïn)

Un jour qu’on rêvait à de vieux arbres lointains,  Yanick avait évoqué un arbre légendaire « l’Arbre de Vie » qu’il aimerait bien voir arriver sur le blog. Localisé en plein cœur du désert de Bahreïn, la difficulté consistait à trouver un reporter capable de nous envoyer photos et mesures de cet arbre. En fouillant sur le net, j’ai fait la rencontre de Maldita, une blogueuse Bahreïnienne qui a volontiers accepté de devenir reporter arboricole.

Cet arbre s’épanouit dans le désert où presque aucun autre signe de vie n’est visible…

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 2L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 3

Des discussions se sont engagées [1] pour savoir comment cet arbre fait pour survivre dans un tel milieu, mais aussi pour déterminer l’espèce : s’agit-il d’un Prosopis cineraria ou d’un Prosopis juliflora ? Les Prosopis peuvent avoir des racines extrêmement profondes capables d’atteindre de façon permanente les couches de sol humide. Prosopis juliflora peut s’épanouir et fructifier même si les eaux souterraines sont salées (salinité équivalente à 75% d’eau de mer). Sa deuxième source d’eau réside dans la condensation de l’humidité de l’air durant la nuit lorsque les feuilles ouvrent leurs stomates. Bahreïn bénéficie d’un très haut taux d’humidité de l’air toute l’année. (clic les photos)

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 4

“Malheureusement, ma dernière visite à l’arbre fut un peu décevante. Puisque c’est l’un des sites touristiques de Bahreïn, et comme il n’y a rien d’autre à voir à proximité, l’arbre est largement visité, mais sans aucun respect : les visiteurs gravent leurs noms sur le tronc, mais pire ils utilisent des bombes de peintures pour taguer l’arbre ! C’était vraiment un triste spectacle. Les branches sont abaissées (peut-être dû en partie aux gens qui y grimpent). Je me suis aussi sentie coupable de grimper sur l’arbre, même si nous ne sommes restés que sur les branches inférieures qui avaient déjà la plus grande partie dans le sol, contribuant ainsi à soulager notre poids.”

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 5L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 6

“Nous avons escaladé la clôture, et mesuré le tronc de l’arbre : 148 inches (3,76m circ).”

Merci pour la découverte de cet arbre mythique Maldita, car il s’agit bien d’une merveille de la nature. Tout seul en plein désert depuis environ quatre siècles, où trouve-t-il l’eau et la force pour résister au soleil et aux vents brûlants du désert ? Une réponse est contenue dans le nom donné localement : “l’arbre de vie” – la légende veut qu’il pousse sur le lieu de l’Éden sumérien, ses racines iraient chercher l’eau du puits des origines…

Maldita écrit un blog (en anglais) où vous pourrez découvrir Bahreïn, mais aussi la culture et l’art de vivre des femmes arabes, rendez-lui visite, c’est par ici.
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Comme Bahreïn est la localisation de l’Éden sumérien Dilmun, je saute sur l’occasion pour revenir sur cette histoire fort ancienne… Entre le Tigre et l’Euphrate, des hommes fondèrent la civilisation de Sumer (6è millénaire av. JC). Les Sumériens perfectionnent l’écriture, les bateaux, l’art de bâtir en briques, la roue, l’école, la démocratie, la justice, la monnaie, les impôts et la médecine. Ils fondent des cités avec un prêtre-roi. Ce sont eux qui ont inventé le système sexagésimal de l’heure, la minute et la seconde…

La religion sumérienne a influencé l’ensemble de la Mésopotamie pendant près de 3000 ans, ainsi que les onze premiers chapitres de la Bible (il existe des parallèles évidents).

C’est un sujet qui est parfois polémique, afin de ne créer aucune tension, je citerai Samuel Noah Kramer, assyriologue américain, spécialiste de Sumer et de la langue sumérienne.

L’histoire commence à Sumer, chapitre 22. Paradis Lire la suite

Les camphriers de Vergelegen Estate, Somerset West (Afrique du Sud)

Retournons découvrir de vieux arbres en Afrique du Sud, mais cette fois-ci, il s’agit d’arbres plantés par l’homme sur un domaine viticole. Des camphriers vraiment majestueux, découverts pour la première fois dans le livre “Rencontre avec des arbres remarquables” de Thomas Packenham. Comme à mon habitude, je les ai contacté, et le Vergelegen Estate m’a fourni le cliché suivant. (clic les photos)

Tellement émerveillé, car c’était la première fois que je contemplais de tels camphriers, que je me suis mis en quête d’un krapo reporter qui pourrait nous en dévoiler un peu plus… En fouillant, j’ai découvert un club de croquet non loin de la propriété, contactés ils ont accepté avec enthousiasme de nous dévoiler ces arbres emblématiques.

Ces cinnamomum camphora ont été introduits au Cap en provenance de Chine et du Japon vers 1670. Simon van der Stel les a plantées entre 1700 et 1706, et les cinq spécimens gigantesques qui restent ont été proclamés monuments nationaux en 1942.

Il existe d’autres camphriers sur la propriété issus de graines provenant de ces cinq magnifiques spécimens. La circonférence du plus grand arbre est d’environ 7 mètres et sa hauteur d’environ 30 mètres. Lire la suite

Les grands kaoris, Waipoua Forest, Northland (Nouvelle-Zélande)

La forêt de Waipoua est unique en Nouvelle-Zélande, située au Nord de l’ile, cette zone est un véritable sanctuaire végétal et animal. Forêt primordiale contenant les plus vieux arbres de l’ile, elle a failli disparaitre malgré une volonté citoyenne de la préserver, et ce depuis les années 40. Et en 1952, un espace de 80 km² devient réserve forestière inviolable pour tous les temps.

Pourtant à la fin des années 60, le gouvernement peu scrupuleux lance des coupes claires dans la forêt, et 1/5 de la forêt est abattu jusqu’en 1972. Devenu site touristique majeur, cette forêt abrite plusieurs kaoris millénaires, dont les deux ancêtres vénérables.

Il y a quelques semaines, rencontre avec les Roues Flaquettes, trois jeunes vosgiens fous de monocycle et même de mountain unicycle ! A la fin de l’année 2009, ils se sont rendus en Nouvelle-Zélande pour la coupe du monde de monocycle. Forcément, ils ont un peu exploré l’ile et ils ont ramené des photos de la forêt de Waipoua et de ses grands kaoris.

“On continue vers la forêt jusqu’à entrer dedans, les arbres font quasiment une voute au dessus de la route, on s’arrête au premier parking qui permet d’aller voir Tāne Mahuta, « le seigneur de la forêt », son âge est estimé entre 1200 et 2500 ans, il mesure 51 mètres de haut, et affiche 13,80 m de circonférence.”

Dans la cosmologie Maori, Tāne est le fils de Ranginui le père du ciel, et de Papatuanuku la Terre mère. Tāne apporta la lumière, l’espace et l’air qui ont permis à la vie de prospérer.

Tāne est celui qui donne la vie. Toutes les créatures vivantes sont ses enfants. Lire la suite

Baobab, Modjadjiskloof (Afrique du Sud)

Il existe huit espèces de baobabs : une en Afrique, six à Madagascar et une en Australie. La variété africaine, Adansonia digitata, est la plus grande, et elle est retrouvée dans 20 pays subsahariens, où elle prospère dans des climats secs.

Voici un des vénérables gardiens de la planète, le Sunland Baobab est encore (et devrait le rester) le plus gros représentant de l’espèce sur tout le continent africain. Une hauteur de 22 mètres, et environ 33,80 mètres de circonférence à 1,50m de haut. L’arbre fleurit glorieusement, il abrite de nombreuses espèces d’oiseaux, dont deux couples de hiboux.

La datation au radiocarbone aurait révélé un âge de ± 6000 ans pour cet arbre vénérable.

En 1993, la famille van Heerden a été autorisée à vider l’arbre (avec l’accord du gouvernement et l’aide d’une équipe d’archéologues), ils en ont sorti des masses de compost, ce qui leur a permis de construire un plancher à environ 1m sous le sol.

Ils ont élargi une faille naturelle du tronc pour faire une porte, et ils ont installé un pub complet avec bière pression, des sièges, un système de musique et de l’espace pour près de 60 personnes. Une cave à vin a été installée dans un creux, avec une température constante de 22 °C, ventilée par la circulation naturelle de l’air dans la cavité.

Un grand merci à Heather van Heerden, propriétaire des lieux qui m’a envoyée toutes ces photos, et qui m’a permis d’en apprendre bien plus sur ce colosse ‘immortel’. La famille loue cinq bungalows vraiment bien équipés, vous pourrez prendre une douche sous les étoiles, ou dormir dans les arbres… mais aussi boire une bière fraiche à l’intérieur du baobab…

Envie d’en savoir plus – ou de vous y rendre, alors visitez leur site internet, ici.

Mais bon…
un arbre aussi vieux mériterait bien plus de respect,
et devrait rester vierge de toute installation humaine.

Sarv-e-Abarqu, cyprès de Zarathoustra, Yazd (Iran)

Au début de l’hiver, je découvre dans un livre que l’un des plus vieux cyprès de la planète se trouve en Iran. Le cyprès d’Abarkooh, aussi appelé le cyprès de Zarathoustra, est contemporain des invasions indo-européennes sur le plateau iranien, mais aussi contemporain de la dynastie amorrite à Babylone.

Tellement envie de découvrir cet arbre légendaire, je me mets donc en quête de photos présentant cet arbre, mais l’internet iranien est un vrai labyrinthe pour moi… Du coup, je me suis tourné vers des voyageurs au long cours ayant exploré l’Iran, et ils ont accepté avec enthousiasme de me faire parvenir leurs clichés. (clic les photos)

Cet arbre nous ramène à une époque si lointaine, imaginez un peu : 4000 ans d’existence ! Il s’agit du plus vieil arbre d’Iran, et compte parmi les plus vieux ligneux d’Asie.
Aucunes mesures dendrologiques, car je n’arrive pas à entrer en contact avec des habitants de cette ville (ah l’internet iranien…), mais contact est pris avec les services culturels de l’ambassade d’Iran à Paris, peut-être en apprendrons-nous un peu plus..?

Merci à Brian [1] et à Léo [2] – photographes globe trotter – qui ont accepté de me prêter leurs clichés, afin que nous admirions cet arbre quasiment immortel….

Ci-dessous, une petite vidéo de 2 minutes pour mieux le découvrir : Lire la suite