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Archive for the ‘Horizons lointains’ Category

Couple de ginkgos de l’université Sungkyunkwan, Séoul (Corée du Sud)

4 avril 2010 12 commentaires

서울 종로구 성균관대학교 은행나무

L’Université Sungkyungkwan (appelée aussi SKKU) est une université privée située à Séoul en Corée du Sud. Elle est considérée comme l’une des meilleures de tout le pays.

Son nom, qui signifie “institution pour construire une société harmonieuse”, rappelle les origines historiques de l’université qui fut créée en 1398 à la fin de l’ère Koryŏ pour promouvoir les valeurs confucéennes. Son emblème est une feuille de ginkgo biloba.

C’est en cherchant à en apprendre plus sur la symbolique du ginkgo que je suis tombé sur ce dessin, et en fouillant un peu plus j’ai découvert que cette vieille université abritait en son sein deux ginkgos vieux de 500 ans, mais impossible de trouver des photos… Du coup, j’ai pris contact avec l’université afin d’en apprendre plus sur leur histoire, mais aussi avec un blogueur azerbaïdjanais étudiant de cette prestigieuse institution. (clic les photos)

sungyunkwan1.jpg

A l’origine, l’université se nommait Seonggyungwan, il s’agissait alors d’une institution d’enseignement supérieur et de la recherche du confucianisme sous la dynastie Joseon pendant plus de 500 ans. L’université ne prit sa forme moderne qu’à la libération du pays en 1945, après 35 années de colonisation japonaise.

Plantés en 1519 pendant la 14è année de règne du roi Jungjong, par Yun-Tak, un confucianiste et ancien président de la vieille Sungkyunkwan ; ces deux ginkgos détiennent donc une signification symbolique, car dans le confucianisme Confucius aurait aimé lire, réfléchir, et enseigner à ses disciples sous un Ginkgo. Ces arbres représentent aussi la longévité et l’illumination, et sont un lieu important dans la culture coréenne.

Le ginkgo situé à l’Ouest mesure 21 mètres de hauteur, pour 7,30 m de circonférence.

Le ginkgo à l’Est  fait environ 26m de haut pour 12 mètres de circonférence [1]. Déja endommagé en 1592, son tronc a été divisé en sept branches au cours de la guerre de Corée, mais chaque branche a progressé épaisse comme le tronc principal. Habituellement ce sont des ginkgos femelles qui sont inscrits comme monument naturel en Corée [2], mais il s’agit ici de deux individus mâles. On peut également observer des excroissances qui pendent comme des stalactites, des chi-chi de 60 cm de long, preuve de son âge avancé.

« K. Fujii décrit des formations monstrueuses sur les troncs de vieux Ginkgos ; elles sont appelées au Japon chichi. A la partie inférieure d’une grande branche pousse un corps cylindrique conique qui peut atteindre dans certains cas 2,2 m de longueur et 30 cm de diamètre. Ce corps ne possède pas de feuilles, mais peut prendre racine et produire alors des feuilles. Son anatomie montre des anneaux annuels, et les trachéides y sont sinueuses. D’après Fujii, c’est une protubérance pathologique de la tige, et elle peut prendre la place d’un rameau court ou d’un ou plusieurs bourgeons adventifs. Elle est probablement due à une circulation défectueuse en général et plus particulièrement à une augmentation locale de nourriture. C’est peut-être pour cela qu’on en trouve autour des greffes ; il paraît que les parties souterraines et les racines en produisent aussi. » (Andreas Sprecher)

« Le genre Ginkgo regroupe des arbres qui ont peu changé depuis la base du Crétacé ; il comptait alors plusieurs espèces distinctes, répandues dans les régions tempérées. La seule espèce survivante, Ginkgo biloba, à laquelle l’appellation de fossile vivant convient particulièrement bien, est originaire de Chine du Sud, où un peuplement naturel de 244 arbres a été étudié par Peter del Tredici dans la province de Zhejiang, au Sud de Shanghai. Les très vieux Ginkgos, dit-il, ont des lignotubers : mon ami Peter me pardonnera d’être en désaccord avec lui sur ce point mais je considère que les vieux Ginkgos ont une plaque basale. Quelques différences, on va le voir, incitent à ne pas confondre les deux choses. »
« Dans un lignotuber, chez un Eucalyptus par exemple, le renflement des premiers bourgeons de la plantule s’étend à toute la base de l’arbre pour donner un organe de résistance aux feux. Par ailleurs, ces bourgeons tubérisés sont exclusivement situés au niveau du sol. »
« Les bourgeons axillaires des cotylédons d’un jeune Ginkgo se développent en stolons tubérisés sans que leur renflement se généralise à toute la base du tronc. Ces stolons ont une forme étrange qui leur a valu en Chine le nom de zhong ru (stalactite) et au Japon celui de chichi (mamelle) ; je leur trouve une certaine ressemblance avec de vieilles chaussettes terreuses mises à sécher sur un fil à linge. Rigides, ils poussent vers le bas et, nullement cantonnés aux aisselles des cotylédons, ils apparaissent aussi sous la base des branches où ils atteignent de grandes dimensions — plus de 1 mètre — dans le cas du Ginkgo de Zempukuji à Tokyo. Un chichi qui n’a pas encore atteint le sol est capable d’émettre un jeune Ginkgo, en tous points semblable à une plantule, mais ce cas semble assez rare ; beaucoup plus fréquemment, des chichis ayant atteint le sol s’y sont ramifiés, émettant à la fois des racines vers le bas et des tiges feuillées vers le haut. »
« Le chichi est un organe ambigu dont la véritable nature est difficile à établir. Son allure générale et sa croissance vers le sol évoquent plutôt une racine, mais les anatomistes, Fuji, Li et Lin, y voient une tige atypique, dépourvue de feuilles et couverte de bourgeons dormants ; le cambium y édifie des cernes annuels. Peter del Tredici note qu’en Chine, depuis le XIIe siècle au moins, on utilise les chichis pour la multiplication végétative : coupé et planté dans le sol avec la pointe en haut, le chichi est capable de s’enraciner et de donner des tiges feuillées. »
(Francis Hallé, Plaidoyer pour l’arbre, p.48.)

Javanshir m’a envoyé une multitude de clichés de ces deux arbres, régalez-vous ! Lire la suite…

Cyprès millénaire de Montezuma, Árbol de iluminación, Oaxaca (Mexique)

30 mars 2010 18 commentaires

Des nouvelles de mon frère Thomas parti en voyage au Mexique.

“Je suis bien arrivé au Mexique. J’ai eu un peu de mal au début, le temps de m’acclimater… Ça va de mieux en mieux, c’est vraiment terrible ici, un peu comme en Afrique, tout est diffèrent et tellement plus simple qu´en France… no comment…”

“Je suis resté 3 jours à Mexico, ville tripante mais trop grosse (25 millions d’habitants…) Je suis maintenant à 500 km à l´Est de Mexico, Oaxaca. J’ai discuté avec un monsieur dans le car qui me disait qu’il y avait ici un arbre millénaire, vénérable “Árbol del Tule“.  J’ai sauté sur l’occasion et y suis allé… obligé frangin ! J’ai halluciné, un truc de ouf.”

“Apparemment c’est un des plus vieux arbres du monde, plus de 2000 ans, mais ils ne savent pas exactement. Il fait parti de la famille du cyprès, 58 mètres de circonférence, 14 mètres de diamètre [1], une allure plus qu’impressionnante, c´est un truc de MALADE ! Je commence à comprendre ton trip, ça dégage des énergies dures à expliquer.”

Deux autres arbres remarqués près des pyramides de la vallée d’Oaxaca.

“Plein de bisous et de bonne humeur à la mexicaine, que todo vaya bien hermano. Tom”

Merci pour ce reportage Thomas, je t’envie sur ce coup-là car cela fait longtemps que je rêve de rendre visite à ce cyprès millénaire, un des doyens de la planète. Quel arbre extraordinaire, il est réellement gigantesque et parait en pleine santé malgré le poids des ans. A bientôt pour la suite de tes aventures… au Guatemala, au Costa-Rica ?

Mon frangin n’avait pas pris de photo du cyprès où on pouvait le voir en entier, j’ai donc choisi une photo de Paco Alcantara, un globe-trotter qui expose sur flickr, voir ici.

Catégories :Cyprès, Horizons lointains

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎ (Bahreïn)

16 février 2010 16 commentaires

Un jour qu’on rêvait à de vieux arbres lointains,  Yanick avait évoqué un arbre légendaire « l’Arbre de Vie » qu’il aimerait bien voir arriver sur le blog. Localisé en plein cœur du désert de Bahreïn, la difficulté consistait à trouver un reporter capable de nous envoyer photos et mesures de cet arbre. En fouillant sur le net, j’ai fait la rencontre de Maldita, une blogueuse Bahreïnienne qui a volontiers accepté de devenir reporter arboricole.

Cet arbre s’épanouit dans le désert où presque aucun autre signe de vie n’est visible…

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 2L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 3

Des discussions se sont engagées [1] pour savoir comment cet arbre fait pour survivre dans un tel milieu, mais aussi pour déterminer l’espèce : s’agit-il d’un Prosopis cineraria ou d’un Prosopis juliflora ? Les Prosopis peuvent avoir des racines extrêmement profondes capables d’atteindre de façon permanente les couches de sol humide. Prosopis juliflora peut s’épanouir et fructifier même si les eaux souterraines sont salées (salinité équivalente à 75% d’eau de mer). Sa deuxième source d’eau réside dans la condensation de l’humidité de l’air durant la nuit lorsque les feuilles ouvrent leurs stomates. Bahreïn bénéficie d’un très haut taux d’humidité de l’air toute l’année. (clic les photos)

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 4

“Malheureusement, ma dernière visite à l’arbre fut un peu décevante. Puisque c’est l’un des sites touristiques de Bahreïn, et comme il n’y a rien d’autre à voir à proximité, l’arbre est largement visité, mais sans aucun respect : les visiteurs gravent leurs noms sur le tronc, mais pire ils utilisent des bombes de peintures pour taguer l’arbre ! C’était vraiment un triste spectacle. Les branches sont abaissées (peut-être dû en partie aux gens qui y grimpent). Je me suis aussi sentie coupable de grimper sur l’arbre, même si nous ne sommes restés que sur les branches inférieures qui avaient déjà la plus grande partie dans le sol, contribuant ainsi à soulager notre poids.”

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 5L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 6

“Nous avons escaladé la clôture, et mesuré le tronc de l’arbre : 148 inches (3,76m circ).”

Merci pour la découverte de cet arbre mythique Maldita, car il s’agit bien d’une merveille de la nature. Tout seul en plein désert depuis environ quatre siècles, où trouve-t-il l’eau et la force pour résister au soleil et aux vents brûlants du désert ? Une réponse est contenue dans le nom donné localement : “l’arbre de vie” – la légende veut qu’il pousse sur le lieu de l’Éden sumérien, ses racines iraient chercher l’eau du puits des origines…

Maldita écrit un blog (en anglais) où vous pourrez découvrir Bahreïn, mais aussi la culture et l’art de vivre des femmes arabes, rendez-lui visite, c’est par ici.
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Comme Bahreïn est la localisation de l’Éden sumérien Dilmun, je saute sur l’occasion pour revenir sur cette histoire fort ancienne… Entre le Tigre et l’Euphrate, des hommes fondèrent la civilisation de Sumer (6è millénaire av. JC). Les Sumériens perfectionnent l’écriture, les bateaux, l’art de bâtir en briques, la roue, l’école, la démocratie, la justice, la monnaie, les impôts et la médecine. Ils fondent des cités avec un prêtre-roi. Ce sont eux qui ont inventé le système sexagésimal de l’heure, la minute et la seconde…

La religion sumérienne a influencé l’ensemble de la Mésopotamie pendant près de 3000 ans, ainsi que les onze premiers chapitres de la Bible (il existe des parallèles évidents).

C’est un sujet qui est parfois polémique, afin de ne créer aucune tension, je citerai Samuel Noah Kramer, assyriologue américain, spécialiste de Sumer et de la langue sumérienne.

L’histoire commence à Sumer, chapitre 22. Paradis Lire la suite…

Les camphriers de Vergelegen Estate, Somerset West (Afrique du Sud)

15 février 2010 2 commentaires

Retournons découvrir de vieux arbres en Afrique du Sud, mais cette fois-ci, il s’agit d’arbres plantés par l’homme sur un domaine viticole. Des camphriers vraiment majestueux, découverts pour la première fois dans le livre “Rencontre avec des arbres remarquables” de Thomas Packenham. Comme à mon habitude, je les ai contacté, et le Vergelegen Estate m’a fourni le cliché suivant. (clic les photos)

Tellement émerveillé, car c’était la première fois que je contemplais de tels camphriers, que je me suis mis en quête d’un krapo reporter qui pourrait nous en dévoiler un peu plus… En fouillant, j’ai découvert un club de croquet non loin de la propriété, contactés ils ont accepté avec enthousiasme de nous dévoiler ces arbres emblématiques.

Ces cinnamomum camphora ont été introduits au Cap en provenance de Chine et du Japon vers 1670. Simon van der Stel les a plantées entre 1700 et 1706, et les cinq spécimens gigantesques qui restent ont été proclamés monuments nationaux en 1942.

Il existe d’autres camphriers sur la propriété issus de graines provenant de ces cinq magnifiques spécimens. La circonférence du plus grand arbre est d’environ 7 mètres et sa hauteur d’environ 30 mètres. Lire la suite…

Les grands kaoris, Waipoua Forest, Northland (Nouvelle-Zélande)

28 janvier 2010 15 commentaires

La forêt de Waipoua est unique en Nouvelle-Zélande, située au Nord de l’ile, cette zone est un véritable sanctuaire végétal et animal. Forêt primordiale contenant les plus vieux arbres de l’ile, elle a failli disparaitre malgré une volonté citoyenne de la préserver, et ce depuis les années 40. Et en 1952, un espace de 80 km² devient réserve forestière inviolable pour tous les temps.

Pourtant à la fin des années 60, le gouvernement peu scrupuleux lance des coupes claires dans la forêt, et 1/5 de la forêt est abattu jusqu’en 1972. Devenu site touristique majeur, cette forêt abrite plusieurs kaoris millénaires, dont les deux ancêtres vénérables.

Il y a quelques semaines, rencontre avec les Roues Flaquettes, trois jeunes vosgiens fous de monocycle et même de mountain unicycle ! A la fin de l’année 2009, ils se sont rendus en Nouvelle-Zélande pour la coupe du monde de monocycle. Forcément, ils ont un peu exploré l’ile et ils ont ramené des photos de la forêt de Waipoua et de ses grands kaoris.

“On continue vers la forêt jusqu’à entrer dedans, les arbres font quasiment une voute au dessus de la route, on s’arrête au premier parking qui permet d’aller voir Tāne Mahuta, « le seigneur de la forêt », son âge est estimé entre 1200 et 2500 ans, il mesure 51 mètres de haut, et affiche 13,80 m de circonférence.”

Dans la cosmologie Maori, Tāne est le fils de Ranginui le père du ciel, et de Papatuanuku la Terre mère. Tāne apporta la lumière, l’espace et l’air qui ont permis à la vie de prospérer.

Tāne est celui qui donne la vie. Toutes les créatures vivantes sont ses enfants. Lire la suite…

Catégories :Horizons lointains, Kaoris