« Dicke Eiche » le gros chêne de Rothenbach (Allemagne)

Retrouvons Martine pour la découverte d’un des plus vieux chênes forestiers de l’Eichsfeld.

« Ce gamin d’environ 550 ans [1] se trouve à une quarantaine de kilomètres de Göttingen, à Rothenbach, dans l’ancienne RDA, à mi-colline, au pied du château-fort de Hanstein. »

« En lisière de forêt, il s’accroche sur un terrain relativement en pente. Il est assez dégarni, seules les hautes branches portent encore quelques feuilles. Une branche maîtresse s’est brisée, des restes jonchent encore le sol et la cassure  est encore fraîche. Vent, foudre ? »

« Nous avons mesuré son tour de taille à un mètre du sol, il fait 6,20 m. »

« Désolé pour la mauvaise qualité des photos, il faisait assez sombre à cet endroit et on n’a pratiquement aucun recul pour photographier le vénérable au milieu de ses voisins. »

Merci pour la découverte de ce vieux briscard forestier Martine. Quelle présence, quelle force ! Un très beau chêne qui dénote fortement à la lisière de cette forêt, un fût massif et moussu avec une écorce fortement fissurée qui atteste un âge déjà bien avancé. Ah, ce qu’il est agréable de rencontrer de tels colosses en forêt…

Un cliché hivernal nous le dévoilant de presque toute sa hauteur à voir par ici.

Charme de Voroux-Goreux, province de Liège (Belgique)

Nouveau détour par la Belgique avec Renaud pour une très belle découverte champêtre…

« Jeudi dernier, il y avait grève nationale des professeurs en Belgique : je suis donc resté à la maison et je me suis dit que j’irai bien mesurer un arbre situé à Voroux-Goreux dont j’avais souvenir qu’il était gros. Il n’avait pas changé depuis ma dernière visite. J’ai commencé par vérifier l’espèce : c’était bien un charme comme je le pensais [1]. »

« C’est un charme qui possède un tronc très court (1,10 m) avant de se séparer en 4 branches (ancienne taille en têtard ?). La cime monte à environs 10 mètres. Le houppier n’est pas rond mais ovale (il est plus allongé sur un axe Est-Ouest). Le tronc possède ce motif si caractéristique qui resemble à des dizaines de petits troncs soudés les uns aux autres. »

« Je n’ai jamais vu un arbre en si mauvais état et qui semblait pourtant en si bonne santé : il est complètement creux et la cavitée est jonchée de pierres à la base. Les 4 branches principales sont pleines de troux qui montrent qu’elles sont complètement vides ou que le bois y est mort [2]. Pourtant, l’écorce de ses branches est toujour bien vivante. Le sol autour de la base est creusé, probalement par les bovidés qui paissent dans la prairie. Ils ne semblent pas venir se frotter sur le tronc mais ils abiment quand même les racines. C’est peut-être aussi à cause d’eux que le tronc semble se replier vers l’intérieur à la base. »

« Petit détail amusant : un pic métallique est visible dans la cavitée du tronc [3]. Je ne sais pas à quoi il servait mais invisible de l’extérieur, l’arbre s’est refermé sur la blessure. »

« Venons-en à ce que vous attendez tous : les mesures. Me semblant énormes, j’ai commencé par la base : 6,10 m ! Fort de cette lancée, j’ai mesuré le tronc à 1,10 m (sous la division), résultat : 4,50 m ! Deux mesures incroyables pour un charme ! »

Superbe découverte, merci pour ce reportage Renaud ! Un charme de toute beauté, avec une circonférence impressionnante pour l’espèce. Un vieux tronc cannelé qui ne peut laisser indifférent, le piétinement des racines par les vaches ne semble pas trop le faire souffrir, ceci dit isolé de la sorte dans un pré, il remplit à merveille son rôle d’arbre de  « chaume » (arbre-reposoir offrant de l’ombre aux troupeaux). Avec un tel spécimen, tu as monté la barre bien haut… Bien que peu élevé, ce charme se classe au même niveau que celui d’Herchies [4][5].

Le colosse de Groß Schneen, Friedland (Allemagne)

(Eiche bei Groß Schneen, Friedland, Niedersachsen)

Quittons la France un court instant, et rendons nous encore une fois dans la région de Göttingen avec Martine [1], cette région allemande regorge de vieux arbres, dont le petit village de Groß Schneen à l’Est de Friedland qui abrite un chêne colosse fantastique.

« Première rencontre avec le magnifique colosse de Groß Schneen (un chêne pédonculé, Quercus robur) dont tu m’avais envoyé les coordonnées. J’en suis restée bouche bée tellement il est impressionnant. Pour te consoler un peu de la perte du séquoia [2], voilà quelques photos. Je continuerai dans quelques jours et quand il commencera à verdir. »

« C’était le chêne de la justice pour la juridiction de Friedland (une commune des environs). Il vaut mieux ne pas penser à ce qui a pu se passer sous son feuillage. »

« Ce chêne aurait entre 280 et 350 ans (une autre source donne 300 à 400 ans). En 1994, le tronc avait une circonférence de 7,85 m à un mètre du sol pour 22 mètres de haut.

« Pour son histoire, je cherche encore. Bon, tu vas dire que je radote, mais c’est coton pour trouver quelque chose sur les vénérables dans ce coin. »

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Tilleul de Weywertz, province de Liège (Belgique)

Après le colosse de Doyon [1], Renaud nous propose un autre tilleul, lui aussi lié à une église.

« Comme chaque année, je me suis rendu à l’exposition de poussins de Weywertz (2500 poussins de un jour répartis entre une vingtaine d’espèces et tous destinés à la vente). J’ai profité de l’occasion pour rendre visite au fameux tilleul. »

« Impossible de rater le vieux tilleul en passant devant l’église : il trône sur une petite plateforme, accessible par un escalier, en plein milieu de la place. »

« On ne connait pas la date à laquelle il a été planté car trois hypothèses coexistent : il aurait été planté le 29 septembre 1668 pour la construction de la chapelle primitive, ou alors le 16 juillet 1670 pour sa consécration par le suffragant de Cologne, ou bien encore en 1648 à la fin de la guerre de trente ans. Quoi qu’il en soit, il aurait donc 3 siècles d’existence. »

« On l’avait mesuré 4,65 mètres de circonférence à 1,50 m du sol et 24 mètres de haut mais on ne précise pas à quelle date. Pour la taille, je ne sais pas mais pour le tronc j’ai mesuré 4,73 mètres de circonférence à 1,50 m du sol. »

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Le tilleul de Linn, canton d’Argovie (Suisse)

Si Yanick a mis sa famille à contribution pour nous présenter des ligneux d’exception loin de chez lui [1][2][3], Sisley quant à lui, a pu compter sur son frère Arnaud pour nous dévoiler deux arbres emblématiques de Belgique [4][5]. Cette fois-ci, il s’est rendu dans les Alpes et il nous a ramené quelques clichés d’un tilleul connu au-delà des frontières de son propre pays.

« Un article pour un évènement qui l’est tout autant, de ce fait pour ton anniversaire, j’ai ici un article présentant un arbre bien sûr mais loin d’être comme les autres ! »

« Mon frère s’étant rendu en Suisse en été 2010, m’a fait une surprise comme on est loin de s’y attendre, et c’est en consultant les photos que j’ai compris à qui j’avais à faire. »

« Le réputé et splendide tilleul à grandes feuilles de Linn, est très largement connu dans tout le pays, et même dans les pays frontaliers. »

« Un petit mot sur son histoire, tout d’abord on lui attribue un âge compris en 500 et 800 ans, mais en me référant aux constats de Jeroen Pater et l’histoire présentée sur un panneau au pied de l’arbre, ce tilleul aurait été planté sur une fosse commune vers 1669, à la fin de la terrible épidémie de peste qui troubla la région et le village de Botzberg de l’automne 1667 au mois de janvier de 1669, cependant cette légende histoire bien que fondée, ne nous permet pas aujourd’hui de savoir si il s’agit bien de cet arbre, pour ce faire il faudrait sonder le sol sous l’arbre, mais du coup la légende perdrait de sa pureté. »

« Le nom du village provient du haut allemand lint-ahe voulant dire près du bois de tilleul. »

« C’est un arbre poussant sur un point élevé et dans le secteur il est nettement visible des alentours, sa forme, ses dimensions et sa bonne conservation en font un spécimen d’exception, car avec 10,82 m de circonférence et 22 m de hauteur, ce fringant tilleul à pris 18 cm de tour depuis 2002, soit 2,25 cm/an, ce qui n’est pas rien pour un vieil arbre ayant au minimum 340 ans, mais j’ignore à quelle hauteur la mesure de 2002 à été prise, si elle l’a été au point le plus étroit la différence entre la dernière ne doit pas être trop importante. »

« Son tronc est largement creux, mais de l’intérieur partent une multitude de racines adventives plongeant dans le terreau fertile que l’arbre porte en lui depuis des décennies. »

« Sa forme champêtre à souhait et sa belle taille en font un exemplaire de référence, car malgré avoir essuyé deux incendies, l’un en 1863 et l’autre en 1908, ce tilleul resplendit de vitalité et il a la chance inouïe d’encore supporter des sections de charpentières qui semblent être originelles. »

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Le tilleul fantastique de Pâquier, canton de Neuchâtel (Suisse)

Marchons dans les pas d’Agnès et découvrons un joyau des alpages suisses.

« Après la tilleul de Marchissy [1], j’aimerai de présenter le tilleul de Pâquier du canton de Neuchâtel. Il est vieux d’environ 2 siècles (Michel Brunner l’estime même à 400 ans), il se trouve sur un magnifique pâturage à environ 970mètres d’altitude. »

« J’adore son tronc à l’aspect boursouflé. A 1m de hauteur il n’est pas très large et il mesure 5m de circonférence. Il n’est pas très haut non plus avec ses 16,5 m, mais ses branches sont remarquables et énormes : j’ai mesuré une envergure de 34m et 27m. »

« Quelques branches touchent le sol mais ils ne s’appuient pas. L’arbre a eu la chance de pouvoir se développer à son aise. Il est en plein forme et aucun béquille soutien le poids de ses énormes branches. Il dégage une sorte de joie, une grande dynamique et de la force. »

« C’est magnifique de s’asseoir sous ses bosses et partager de précieux instants avec lui… »

« Ce vieux tilleul est entouré d’une des plus belles allée. On trouve également dans la bordure de ce pâturage de magnifiques hêtres, bouleaux, érables, sapins et épicéas. Je pense que la plupart des ces arbres sont centenaires ou plus. » Lire la suite