Le Gros Hêtre, Combressol (Corrèze)

Parti deux jours explorer la Corrèze en vue de rencontrer quelques tilleuls de Sully, j’ai fait la connaissance de gens sympa, dont un forestier qui m’a guidé jusqu’à un fameux hêtre sur la commune de Combressol, Situé dans une forêt privée (mais l’accès à l’arbre est autorisé) ; néanmoins pas facile de retrouver sur la nationale bordée de forêts où il faut s’arrêter précisément…

Après une petite clôture, je m’engage avec mon guide sur une route abandonnée, où la nature reprend peu à peu ses droits, puis il s’assied sous un arbre et m’indique la direction à suivre… J’emprunte donc ce petit chemin herbeux tout seul, puis mes pas me mènent dans une sombre forêt de pins, je regarde en tous sens à la recherche d’un gros tronc, et d’un coup j’aperçois sa ramure au loin. (clic pour agrandir)

Un hêtre magnifique ! Installé sur une petite butte, il domine une clairière où trône quelques troncs vestiges d’anciens hêtres tout aussi vénérables ; des pierres recouvertes de mousse et une petite rivière en contrebas. Un endroit magique assurément, et je comprends alors pourquoi mon guide m’a laissé profiter de ces instants en solitaire.

Après une petite pause, passons au décamètre : 4,60m de circonférence à 1,50m, pour 18 mètres de haut. D’énormes charpentières attirent le regard, courbées, elles remontent chercher la lumière, tels de grand bras défiant la gravité. Et que dire de ce tronc puissant, ancré à ces racines magnifiques recouvertes de mousse ? Je suis sous le charme, il s’agit bien d’un hêtre vénérable, vaillant gardien de la forêt.

J’ai essayé au mieux de situer où il était, voir ici une photo de l’entrée du chemin. Je rejoins Julien, qui me propose de poursuivre et de rencontrer des sapins Douglas plantés en 1895…

Les frères ennemis, forêt de Crécy (Somme)

Repartons en forêt de Crécy à l’aide des photos de Stéphane [1][2], et cette fois-ci découvrons un arbre de renom, issu de la soudure d’un chêne et d’un hêtre. Appelé les frères ennemis car ils illustrent la lutte sans merci que se livrent ces deux essences forestières.

Ces arbres sont ainsi dénommés par les forestiers en raison de la quasi incompatibilité de l’association chêne et hêtre : si, dans les peuplements mélangés de ces deux espèces, le chêne semble dominer pendant la phase juvénile, le hêtre se faufile souvent entre les arbres, appréciant un certain ombrage. (clic pour agrandir)

Avec le temps et dès qu’il a atteint les cimes hautes, le hêtre étale sa cime et “écrase” très souvent les autres espèces dont le chêne. Ce bras de fer se déroule sur plusieurs décennies et montre déjà ici la suprématie du hêtre.

Un arbre de 280 ans, aux belles dimensions : 28 mètres de hauteur, et des circonférences de 3,55m pour le Chêne et de 4,50m  pour le Hêtre (170 cm et 210 cm en 1936.)

Merci pour le prêt des clichés Stéphane, une drôle d’alliance ces deux troncs, incroyable comme le hêtre enserre le chêne et semble presque l’avaler. Il reste plus de vingt arbres remarquables à découvrir en forêt de Crécy, alors si ça vous donne des idées de balade pour le week-end, voici un plan en échange de photos à venir… voir ici.

Le hêtre de Kervinihy, Plouaret, le vieux marché (Côtes d’Armor)

Rencontre cette semaine avec une lectrice, qui en mail m’indique qu’elle possède des photos d’arbres à partager. Génial, un nouveau reporter arboricole ! Ah oui j’oubliais de vous dire, Karen réside en Bretagne, alors il y aura sûrement de nombreuses découvertes à venir…

Voici un hêtre renommé des Côtes d’Armor situé à Plouaret au lieu-dit « le vieux marché ». Fort connu, car plusieurs générations de jeunes tourtereaux se sont donné rendez-vous au pied de ce hêtre, en attendant les déclarations officielles. Et pour marquer leur amour éternel, ils y gravaient leurs initiales. (clic pour agrandir)

Ce hêtre magnifique, à l’allure un peu tumultueuse, plusieurs fois centenaire présente la particularité d’avoir une écorce zébrée d’initiales, de dates, de cœurs entrecroisés parfois transpercés par les flèches de Cupidon.

Un ancêtre vénérable avec de très belles racines, qui n’ont rien à envier à la ramure ; une circonférence de 4,70 mètres ; et une drôle de vie, passée à écouter les vœux de générations d’amoureux, un arbre témoin.

Merci pour les photos Karen, ça me fait vraiment plaisir de revoir cet arbre, j’ai autrefois habité dans le coin, et le train me déposait à Plouaret-Trégor… La série de photo est un peu sombre, mais elle nous en fera parvenir une nouvelle dès les beaux jours du printemps.

Hêtre, lieu dit Bois Noir, Boulc (Drôme)

« La suite de la découverte des Avondrons [1] nous amène tout naturellement à voir un autre arbre à l’âge respectable. Une fois aux Avondrons, continuer sur petite route vers le Nord et arriver à un pseudo embranchement en Y, prendre à droite vers la boucherie du Bois noir. En arrivant à la fin de cette voie, on atteint une petite ferme au milieu de la campagne et en avançant un peu plus on rencontre le vieux hêtre, imposante masse végétale siégeant au milieu d’une cour, de 200 ans et plus. » (clic les photos)

« Celui-ci à perdu y a quelques années une grosse charpentière qui à écrasé le toit d’une maisonnette. Malgré cet incident, le propriétaire l’a laissé suivre son chemin. On constate qu’il n’est plus tout jeune et avec la perte de cette branche, une ouverture béante est apparue montrant ainsi un tronc partiellement creux. »

« Actuellement il sert à l’occasion de balançoire pour les plus jeunes des lieux et termine ainsi calmement son cycle. Au point de vue des dimensions on à faire à un exemplaire de 4,75 m de tour à 0,5 m et d’une hauteur entre 14-16 m. »

Merci pour le reportage Sisley, je comprend qu’il ait retenu ton attention ; ce vieux hêtre montagnard semble amener la tranquillité à ce lieu. Il devait avoir une fière allure avant que cette grosse charpentière ne disparaisse. J’aime bien tes mots : “il sert à l’occasion de balançoire… et termine ainsi calmement son cycle .”

Hêtre vénérable du Suquet, forêt de l’Aigoual, Saint Sauveur Camprieu (Gard)

Début octobre, je vous avais présenté un film projeté au Festival international du film écologique de Bourges : « Aigoual, la forêt retrouvée », de Marc Khanne. En fouillant sur ce thème, j’ai découvert un reportage photo du tournage, de superbes clichés des acteurs et de l’équipe de tournage à Saint Sauveur Camprieu.

George Mathon nous y présente l’histoire de cette forêt « devenue désertique du fait du sur-pâturage, puis reboisée à la fin du XIXè siècle par deux héros : Georges Fabre & Charles Flahault ; dont on peut encore trouver la stèle au milieu des arbres ». Je prends contact avec l’auteur qui accepte avec plaisir, de partager ses photos avec nous.

Effets de l'érosion le Lion de Balsièges en 1880Le Lion de Balsièges 100 ans plus tard après reboisement

(Effets de l’érosion, le Lion de Basièges 1880, puis après reboisement 100 ans plus tard)

« Le seul hêtre survivant de ce déboisement est aujourd’hui visité comme une curiosité, il est actuellement entouré d’une jeune forêt magnifique ».

Hêtre du Suquet 1

Voici deux clichés pris lors du tournage, avec l’équipe du film à ses côtés, on se rend mieux compte de la taille de ce hêtre plus que centenaire (clic les photos).

Pas de mesures récentes de ce vieux hêtre, mais nul doute, qu’il a traversé plusieurs siècles, souvenir de la forêt d’antan maintenant disparue… Mensuration en 1996 : 6,40m de circonférence et 25 mètres de hauteur (données ONF).

« À partir du village, prenez la route en direction de l’Aigoual après quelques centaines de mètres vous avez la route du Suquet à droite, au niveau de la Maison du bois. Immédiatement, vous traversez le Trévezel, sur le pont vous mettez votre compteur à zéro. Quand votre compteur indique 7 km, vous avez à votre gauche juste avant un virage, un chemin qui monte dans les bois. Le hêtre est à quelques centaines de mètres de là. Garez votre voiture sur l’espace dégagé dans le virage au bord de la route et vous y allez à pied, vous êtes en zone Parc National. Le hêtre est signalé, depuis la route jusqu’au chemin d’accès. »

Merci pour le partage Georges, cet arbre a vraiment une histoire formidable, et une allure antique qui lui confère un caractère vraiment remarquable. Découvrez les photos du tournage, plus de renseignements sur le reboisement de cette forêt, ainsi qu’une fiche détaillée du film sur la page de Georges, c’est par ici.

La photo avec l’équipe de tournage est de Sophie Miranda da Silva, photographe du film.

Hêtres centenaires, forêt du Buchholz (Moselle)

Après un détour dans la Manche pour découvrir des hêtres en forêt de Saint Sauveur, Sisley nous entraine à nouveau dans son pays, en forêt du Buchholz.

“Et maintenant on continue en hêtre… Un qui vit en compagnie de nombreux confrères, dans la forêt du Buchholz. Je suis passé une paire de fois à 30 mètres, en me rendant vers le cormier, mais c’est seulement il y a quelques semaines que j’ai réalisé que cet (h)être se trouvait là. Alors évidemment je pars à sa rencontre et m’aperçois que j’ai à faire à un costaud.”

“Belle hauteur, circonférence respectable, frondaison déployée. Prise de vue sous tous les angles et là encore une surprise, il porte une ancienne signature sur son tronc. Après lecture, je constate que ça doit être un ou des soldats de la dernière guerre qui l’on gravé dans l’écorce dans l’objectif de laisser une trace (l’année et sûrement le numéro de matricule avec l’unité de section), car dans cette zone on voit encore pas mal de vieux bunker, tranchées et autres. Comme quoi les arbres ont quand même beaucoup servi (mirador, cachette et abri, tableau d’inscription,..)”

“Donc voilà pour l’histoire de cet arbre qui affiche une circonférence de 3,70 m, une hauteur de 27 à 30 m et pourrait avoir dans les 180-200 ans.”
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“A quelques pas de là, un second hêtre à trois troncs siège sereinement.”

“Cette forêt compte quelques très beaux arbres, je les enverrais au compte goutte, car il y a plusieurs espèces et ainsi ça fait durer la découverte !”

Encore une fois un grand merci Sisley, tes reportages sont toujours splendides, super intéressant l’histoire des signatures sur l’écorce. Un arbre qui garde en mémoire une partie l’histoire tourmentée des hommes… comme le chêne de Domfessel que tu nous avais présenté en septembre.
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