Le Fajas d’en Baillette, forêt communale du Vivier (Pyrénées-Orientales)

Peu d’informations sur les vieux arbres des Pyrénées-Orientales, et jusqu’à présent seul un pin s’était montré sur le blog [1], pourtant c’est certain, ce département boisé abrite quelques spécimens magnifiques qui n’attendent que de se montrer au grand jour, à l’instar de l’if millénaire de la forêt de la Massane. Mais c’était sans compter sur le réseau des reporters qui s’étend toujours un peu plus, aujourd’hui suivons Serge au cours d’une de ses balades.

« Au hasard d’une randonnée dans les Pyrénées-Orientales, j’ai découvert dans la forêt communale du Vivier un arbre remarquable référencé sur les cartes IGN au 1/25000. »

« Il mesure 30m de haut avec une circonférence de 5,75 mètres, données de 2007 [2]. »

Un très beau hêtre de basse montagne, avec un large enracinement somptueux.

« Les coordonnées GPS en décimal sont N 42°44.850′ et E 002°25.700′ »

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Accessible depuis le Vivier en suivant le chemin du Ravin du Bois, mais également au départ de Sournia, une fiche rando détaillée vous attend par ici.

Merci pour la découverte de ce superbe hêtre Serge, quel plaisir d’arpenter enfin cette partie des Pyrénées ! Si l’âge annoncé de 500 ans semble être quelque peu surestimé, ce hêtre se montre comme le véritable hôte de cette forêt. À bientôt pour de nouvelles aventures !

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Le hêtre du château de la Combe, Lancey (Isère)

« Ce dimanche, nous étions en voiture sur les routes du massif de Belledonne, l’un des trois massifs montagneux qui encadrent la ville de Grenoble. Aucune information particulière ne guidait nos errances touristiques, et seule une vigilance aux hautes ramures maintenait l’attention ouverte, dans cette chaleur caniculaire de juillet poussant plutôt à la sieste. »

« Ce fut seulement après le village de Saint Mury, plus exactement au lieu-dit le Cholet, qu’un tronc retint mon regard, en passant : il s’agissait d’un tilleul. Il n’était pas colossal, mais gros un peu quand même. Quelques hésitations intracrâniennes plus tard, je me décidais quand même à faire demi-tour et à aller interroger la dame que j’avais entraperçue dans le jardin à côté du tronc. »

« Belle décision que ce fut, là ! Le tilleul n’était pas très vieux, en effet, et avait été planté pour célébrer le jour du mariage du beau-père, il y a 76 ans. Ce qui était intéressant bien sûr, c’était l’exacte datation, que je rapportais de suite à la circonférence de 3.05 mètres (à 1.5 m de hauteur). Je compris avec cette situation qu’un tilleul de quasiment 1 mètre de diamètre est somme toute bien jeune, pas même centenaire, ce que je n’aurais pas cru de prime abord… Comme quoi, il faut être prudent dans les estimations d’âge. »

« Mais le plus intéressant était à venir. Posant la question qui pour moi est en train de devenir la question-clé : « Connaîtriez-vous un gros arbre dans le coin ? », la dame m’oriente vers le château de la Combe, au-dessus de Lancey, et me dit qu’un hêtre imposant s’y trouve… »

Que dire de plus ? Rien, sinon : « merci », et vite aller voir…

« Ce hêtre en question est effectivement superbe. C’est le « gros » arbre de la plantation du château, plantation qui comporte une quinzaine d’arbres divers (platanes, ifs, tilleuls,…) et plantation qui se trouve toute sur une terrasse surplombant la vallée. »

« A la mesure, le tronc affiche 4.95 mètres de circonférence (à 1.5 m de haut). Ce tronc est en très bel état, monte droit vers le ciel, et de nombreuses branches s’en détachent progressivement, jusqu’à la cime. »

« L’enracinement est majestueux, avec de forts ancrages visibles hors de terre, et de belles rotondités pouvant même servir de siège. L’aménagement de la terrasse utilise également l’eau qui, depuis un bassin central à quelques mètres de là, ruisselle sur le sol dans une petite gouttière de pierres taillées, gouttière formant arc de cercle autour du pied de l’arbre. »

« C’est superbe ! Le tout, bien à l’ombre du feuillage vraiment fourni. Parfait. »

« La très forte chaleur nous a empêchés de prolonger longtemps cette visite, mais j’ai repéré, au dernier moment, un séquoia planté en-dessous de la terrasse (on le voit un peu sur la première photo) et qui a l’air pas mal du tout. Cela m’amènera à une deuxième visite donc, lorsque le climat sera plus accueillant cette fois. »

« La chasse aux arbres vénérables devient un loisir des plus attractifs qui soit !
Et, à n’en pas douter, je crois que je vais m’y adonner pendant de longues années… »

Encore une fois merci pour cette nouvelle découverte en hêtre, tellement différent du montagnard que tu nous a dévoilé : ce coup-ci il s’agit de la pièce maitresse d’un parc, un fût bien droit solidement ancré, une ombre généreuse, et ce petit filet d’eau participe fortement à la magie du lieu.

Et faut l’avouer, je suis heureux que tu prennes du plaisir à marcher vers les vieux arbres !

Le hêtre de la ferme d’Ambel, plateau d’Ambel (Drôme)

« Nous avions pris le repas du midi au « restaurant du Sapin », nom prédestiné s’il en est. Et c’est après le café que j’ai posé la fameuse question. En quelques secondes, le patron se met à parler de hêtres énormes, qui se trouvent sur le plateau, à côté de la ferme d’Ambel… »

« Le surlendemain, j’étais en route vers la ferme d’Ambel. Elle se trouve dans un secteur très reculé du Vercors, en altitude (1220 m exactement), mais dans un endroit magnifique de sauvagerie et de tranquillité. Seuls, en cette période estivale, passent quelques randonneurs à pied ou à cheval, mais à l’automne et à fortiori en hiver, il n’y a que les forestiers qui fréquentent ces larges clairières. »

« Dès les premiers pas sur le chemin, je constate l’omniprésence des hêtres [1]. A droite comme à gauche, ce sont les seuls arbres. Leurs troncs clairs, parfois noueux, et leurs branches surtout, montrent bien qu’ici le vent du nord est fort car ils (et elles) sont tous, ou presque, poussés par ce vent dominant. Suivant les indications fournies par le restaurateur, je remonte la longue clairière et vise, au fond à droite, le bâtiment de pierres grises qui est le repère principal. Jusque là tout est facile, mais c’est pour la suite que je m’inquiète car, même si l’arbre que je cherche est «  énorme », arriver à le trouver dans cette longue et large hêtraie ne va pas forcement être simple… »

« Bigre ! Dès le début de la montée, je suis encerclé de hêtres splendides, aux branches fortes et trapues, mais aucun arbre qui ne soit vraiment énorme. Je commence à avoir des doutes sur le fait de parvenir à bonne fin de cette « chasse » et le cœur cogne, autant de l’effort imposé par la pente que par la crainte de repartir bredouille. Et puis, arrivant à ladite lisière, j’ai fini par me trouver en face du dernier arbre de la clairière… »

« Ce n’était pas sa hauteur qui le rendait remarquable mais, à essayer de lire à travers les feuilles des branches basses, il me semblait que son tronc était plutôt épais. N’ayant guère le choix j’avance vers lui, bien sûr. Alternant le regard, tantôt vers le bas pour voir où je mets les pieds en marchant, tantôt vers le haut pour deviner à quel type d’arbre j’ai affaire, les dimensions du gaillard m’apparaissent progressivement. Et force est de comprendre qu’enfin c’est le bon ! Son tronc court est massif, dodu même. »

« Ce qui me marque de suite ce sont les charpentières qui viennent vers moi à l’horizontale : elles sont vraiment grosses ! Plus de doute, le Vénérable est là, à vingt mètres seulement ! Rentrant sous sa frondaison, dans son ombre, je suis maintenant à l’abri de cette chaude après-midi de juillet. Et j’approche encore. Une vague terrasse, creusée par le piétinement des vaches en pâturage ici, permet le repos. »

« Ce tronc forme un fût de trois mètres de haut, cylindrique, et ensuite il se rétrécit. Il n’a pas l’air de monter plus haut que 10-12 mètres. Par contre, ce sont les branches maîtresses qui s’imposent. Ce qui est également surprenant c’est qu’elles constituent un entrelacs incroyable et parfois même incompréhensible ! Il en a même une qui a la forme d’un Té ! Comment est-ce possible ? Il me faudra une observation plus précise et rapprochée pour comprendre qu’il s’agit en fait d’un « carrefour » de 2 branches et qu’elles ont fusionné entre elles… »

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Sapins géants et vieux hêtre, Saint-Maurice-sur-Moselle (Vosges)

Avant que le printemps ne soit définitivement installé, suivons Sisley pour la découverte du fameux ‘sentier des géants’ dans les Vosges du sud.

“Le tout commença par une matinée un peu grise à deux semaines de Noël, les premières neiges faisaient leurs apparitions et les cimes s’en recouvraient doucement. Alors que nous étions en mini séjour dans le secteur de la Bresse, je décidai, accompagné de deux acolytes, de me rendre dans les sommets à proximité du bourg de Saint-Maurice-sur-Moselle où d’ailleurs, cette même Moselle prend sa source. Nous nous engageâmes sur le premier chemin, pour aboutir sur de larges pistes forestières sinueuses, les quarts d’heures passèrent, le calme enivrant du plein air, allié à l’omniprésence de vastes sylves où hêtraies et pessières, rendaient la marche relaxante malgré un mercure assez négatif. Quand la première escale fut annoncée, le ‘Roi Soleil’ nous épiait déjà du bout de la traverse, la rencontre du colosse fut tout à fait remarquable, un véritable géant culminant à 47 m pour 4,74 m de tour et 300 et quelques années d’existence.” (clic les photos)

“Il est inutile d’écrire, que face à ce genre d’individu, on se sent plutôt réduit, et à notre échelle d’humain, on ne peut réellement se rendre compte de la véritable grandeur d’un tel spécimen. Un arbre d’exception, noble représentant de l’élite du sapin forestier qui a dû en voir passer des évènement en trois siècles dans les bois.”

“Nous le quittions à regret pour continuer la visite et ainsi aller trouver les ‘4 mousquetaires’, un tournant de la ballade. Pour cela vingt minutes de pas furent le nécessaire, afin d’arriver devant l’écriteau annonçant le maître des lieux, un dernière petite montée et voilà que se présentait à nous, une superbe cépée à quatre brins s’élevant droit au ciel dont une légende-histoire révèle l’origine [1].”

“La circonférence de l’ensemble à 1,20 m donna 5,97 m et celles à l’unité par tronc, entre 2 et 2,30 m. Si on se réfère à la légende, l’évocation de la guerre de 30 ans laisserait à penser que l’arbre où du moins la souche pourrait être âgée de 380 ans ou plus.”

“Si il s’agit effectivement d’un seul et même individu, cela peut être vraisemblable.” Lire la suite

Le vieux hêtre, bergeries de Tataralla, Venaco (Haute-Corse)

Décidément, Yves Maccagno est un précieux collaborateur. Grâce à son aide, nous avons pu lancer des reporters sur la trace des vieux arbres du Gard [1][2][3]. Et aujourd’hui, il me fait passer des photos de Corse qu’un ami lui a transmis.

A l’Ouest de Venaco, à proximité des bergeries de Tataralla (1320m d’altitude), se trouve un hêtre fantastique. Un patriarche plusieurs fois centenaire avec des dimensions impressionnantes, un arbre qui servait autrefois d’abri aux troupeaux. (clic les photos)

Daniel n’avait pas de décamètre, mais il retournera cet été sur ce sentier de randonnée…

Localisation bergeries de Taratala - clic pour agrandirMerci pour cette superbe découverte Daniel, Max et Yves, (j’aime quand une chaine se forme pour qu’un arbre arrive sur le blog) quel hêtre fantastique ! Situé en altitude, il vous faudra marcher jusqu’à lui…

Cela fait longtemps que je ne me suis pas rendu en Corse et pourtant cette terre de légendes est un vrai paradis pour la retraite des vieux ligneux. Ce serait vraiment génial de trouver des reporters corses, car cette terre n’a pas dévoilé tous ses trésors arboricoles.

Quelques arbres du Puy-de-Dôme

Jerem a découvert d’autres arbres au cour de son périple dans le Puy-de-Dôme [1][2]. A chaque fois, ce sont des reportages minimalistes avec juste quelques photos, une mesure de circonférence, et des localisations approximatives.

“Ce grand chêne bicentenaire veillant sereinement sur une ferme est perdu dans un lieu-dit que ne n’ai jamais réussi à retrouver aux alentours de Saint-Priest-des-Champs.”

“En bon état, ce chêne mesure 5,80m de circonférence.”

“En voici un autre, paumé dans un champs au bord de la route entre Saint-Etienne-des-Champs et Bourg Lastic. Un vieux chêne creux au tronc recouvert de bosses.”

“Il fait 6,30 de circonférence mais est très boursoufflé.”

“Découvert aussi cette belle cépée de hêtre située entre deux routes après le grand rond-point après Besse et Super-Besse.”

“Une cépée qui mesure environ 7,80m de circonférence.”

Un chouette trio ! Merci pour ces belles découvertes Jerem, ma préférence va à ce vieux chêne bosselé, l’entrée au bas de son tronc est digne des légendes… Ceci-dit, les deux autre ne sont pas mal non plus ! Un chêne veillant sur une ferme depuis plusieurs siècles ; et une superbe cépée de hêtre qui impressionne. Maintenant que ces arbres sont localisés, peut-être obtiendrons-nous quelques photos supplémentaires ?