Promenons-nous en Touraine

Décidément l’Indre-et-Loire se dévoile à grand pas [1], Christian nous emmène encore une fois explorer son département [2], comme d’habitude plusieurs reportages à suivre, et il y a quelques découvertes de premier plan, avec notamment le vieux chêne de La Casse…

Chêne de La Casse 1Chêne de La Casse 2 - 2006 © Stéphan Bonneau

Environ 400 ans. Il mesure 15 m de haut pour  7,15 m de circonférence à 1 m du sol. [3]

Chêne de La Casse 3Chêne de La Casse 4

Il avait été élagué à gauche par l’EDF. Cela a du affaiblir l’arbre.

« C’est un gros et vieux chêne pédonculé que l’EDF n’a pas respecté en l’amputant de façon indigne. C’est un chêne creux qui a environ 400 ans, c’est un vieil arbre fait d’autant de terre que de bois pour reprendre une expression de Jules Renard dans son Journal (1er octobre 1898). A l’aide d’une échelle la famille occupant la ferme voisine descend dans le tronc creux prélever du terreau pour ses fleurs, probablement au grand dam des larves de pique-prunes (Osmoderma eremita), le scarabée qui se reproduit dans ce type de milieu et dont la nécessaire protection a retardé de trois ans la construction d’un tronçon de l’autoroute A 28. »
(Photo 2 & texte tirés du livre Arbres remarquables en Touraine)

  • Le chêne pédonculé de La Forge, Vou.

Ce chêne mesure 23 m de haut et son tronc a une circonférence de 5,30 m. [3] Lire la suite

Chêne et frêne de La Brosse, Chaudefonds-sur-Layon (Maine-et-Loire)

Le Maine-et-Loire n’aura bientôt plus de secrets pour Gilles…

« Voici le 100e chêne de plus de 4m de circonférence que j’aie eu l’occasion de croiser depuis un peu plus d’un an (ça se fête !). Un bel exemple de chêne au port altier. Du haut de ses 25 mètres, il domine très largement son pré. C’est d’ailleurs grâce à ça que j’ai pu apercevoir le haut de son houppier depuis la route qui relie Chaudefonds-sur-Layon à Saint-Aubin-de-Luigné. J’ai donc noté l’endroit dans un coin de ma tête et j’y suis retourné quand j’ai eu le temps et que la saison l’a permis. »

« Une fois n’est pas coutume, ma chère et tendre m’a accompagné. Comme le pré était bien humide, les bottes étaient de mises. Car la difficulté pour mesurer cet arbre résidait dans le fait qu’il a le pied dans l’eau. Pour une fois qu’il n’y a pas de ronces, l’opération s’est avérée cependant tout aussi délicate. En effet, du côté haut du pied, on s’enfonce déjà à mi-botte dans l’eau, alors de l’autre côté… sans doute plus d’un mètre. »

Chêne de La Brosse 1Chêne de La Brosse 2

« Du coup il faut maîtriser la technique du lancer de ruban contre le tronc. Comme un lasso. Et aller le récupérer en allant le chercher de l’autre côté. C’est à ce moment que mon épousée a glissé sur une racine et plouf !… Une patte chaude ! LOL !! Dommage, son expérience de reporter arboricole lui laissera donc un souvenir… comment dire… humide ! »

Chêne de La Brosse 3Chêne de La Brosse 4Chêne de La Brosse 5

« Et le résultat me demanderez-vous ? Eh bien 5m10 à 1m30 ce qui est tout à fait probant. Un chêne magnifique. On peut se demander pourquoi il s’élance si haut alors qu’il n’a, semble-t-il, pas eu à pâtir de la concurrence. Il possède quelques branches sèches dans son houppier sans doute à cause des « biches » (les capricornes) car on observe déjà de multiples points de sorties des galeries de ce coléoptère sur le fût de l’arbre. Ainsi, d’ici 60 à 80 ans, il devrait tout-à-fait avoir l’aspect du gros chêne du Graau à Andrezé [1]. »

« Derrière ce chêne majestueux, on trouve un Krapo… heu je voulais dire, un frêne au look très particulier. Il possède de très grosses excroissances de type loupe et un tronc bien court et enflé qui montrent qu’il s’agit là d’un ancien têtard exploité régulièrement. » Lire la suite

Chêne de Pressembois, Venon (Isère)

Après nous avoir présenté deux tilleuls remarquables [1][2], François nous emmène aujourd’hui découvrir un chêne isolé, digne ambassadeur de l’Isère.

“Cet arbre est connu sous le nom de chêne de Pressembois, du nom de la ferme à côté de laquelle il se trouve, ou encore arbre de Venon du nom de la commune. Exactement, le chêne est sur le sommet d’une butte à une altitude de 617 m, complètement dégagé de tout autre arbre, ce qui fait qu’il trône là, majestueusement.” (clic les photos)

“Cette situation, comme à chaque fois qu’elle se produit pour un arbre, fait qu’on n’a pas le sentiment d’un grand arbre si on le voit de loin. Mais quand on s’approche, la taille grandit à chaque pas un peu plus, pour finalement être majeure quand on touche l’écorce !”

“Circonférence de 4.60 m à ce que je désignerais comme la « taille » de l’arbre, c’est-à-dire à l’endroit où le tronc est le plus étroit juste avant que les branches maîtresses ne se séparent de lui (un peu en dessous de là où je pose ma main sur le tronc). Comme le sol est en pente autour du chêne, cette circonférence se trouve à 0.80 m du sol côté amont et à 1.50 m du sol côté aval. Le tronc se partage en 3 branches maîtresses très solides.

La plus grosse fait 3.30 m là où elle quitte le tronc (branche de droite sur la photo 4); la deuxième fait 3.00 m (branche de gauche sur la photo 4); et la troisième fait 2.50 m (celle sur laquelle je me suis assis pour faire la photo). J’ai trouvé cela tout à fait respectable !”

“Je ne sais pas dire quel peut-être son âge… L’arbre est en excellente santé. L’été de nombreux visiteurs (trop ??) viennent manger sous son ombrage et profiter du très beau panorama sur la vallée de Grenoble. Le fermier m’expliquait que certains d’entre eux ont même le culot de lui reprocher que ses vaches, qui paissent autour du chêne, fassent des bouses à l’endroit où ils voulaient s’assoir, les empêchant ainsi de faire leur sieste !” Lire la suite

Virée arboricole en Indre-et-Loire

Retournons avec Christian en Indre-et-Loire, car bien qu’il ne soit pas dendrologue, il pense au blog à chaque fois qu’il croise un arbre historique ou répertorié comme arbre remarquable. Et comme il vient de découvrir un site internet qui tient à jour une banque de données concernant les arbres remarquables de son département [1], les reportages seront dorénavant complets.

  • Les chênes de Saint-Antoine-du-Rocher.

deux chênes pédonculés situés à La Borde sur la commune de Saint-Antoine-du-Rocher.

Mesurés en 2001, leurs troncs affichaient tous deux 6,25 mètres de circonférence à 1 mètre du sol, c’est étonnant cette similitude (le deuxième chêne est malade).

  • Le châtaignier de la Championnière à Veigné.

Mesuré en 2004, son tronc avait une circonférence de 8,50 mètres à 1,30 mètre du sol. Un vieux châtaignier au tronc vrillé dont l’âge est estimé à 300 ans. Lire la suite

Le chêne du pigeonnier de Pouzay, Béceleuf (Deux-Sèvres)

Classé arbre remarquable de France par l’association A.R.B.R.E.S. en 2007, voici un chêne bien singulier, unique en son genre, bien qu’il ait une sorte de cousin à Bégard [1]. “A Béceleuf dans les Deux-Sèvres (à 20km au nord de Niort) fut bâti un pigeonnier. Laissé ensuite à l’abandon, le temps lui fit perdre son toit. Le hasard y fit pousser un chêne auquel personne ne prêta attention. L’arbre étant à son aise, il y poussa jusqu’à dépasser le pigeonnier, coiffant celui-ci de sa belle chevelure.”

Retrouvé sa trace cette semaine sur un blog bien rempli de bric et de broc, contacté la blogueuse qui a volontiers accepté de prêter ses clichés. (clic les photos)

“L’originalité de cet arbre est d’ailleurs liée au fait qu’il pousse au centre d’un magnifique pigeonnier d’environ 2.800 boulins, lui-même en parfait état de conservation. Ainsi, le chêne de Pouzay était connu jusqu’ici des Deux-Sévriens pour avoir figuré à la fois sur l’annuaire de la Poste, mais également sur de nombreuses revues du conseil général et autres.” [2]

“Le Pigeonnier était un privilège seigneurial aboli à la révolution, le colombier à pieds ou en fuie est un édifice isolé soit rond, soit carré. Le pigeonnier de Pouzay compte 2800 niches ou boulins et pouvait à l’époque loger environ 5000 pigeons. Cet élevage intensif produisait également des engrais très recherché appelé colombine. Une corniche nettement en saillie empêchait rats et belettes de grimper le long des murs pour pénétrer dans l’édifice par une des lucarnes. Une échelle verticale, suspendue à des potences fixées sur un mat central pivotant sur sa base, permettait l’accès aux nids. Des 5 pigeonniers de la commune de Béceleuf, 4 sont encore debout, dont celui de Pouzay qui est le seul accessible.” Lire la suite

Chêne-chataignier, Saint Mars d’Outillé (Sarthe)

Dans la Sarthe, au lieu-dit les Proulières à 2 kilomètres du village de Saint-Mars-d’Outillé, se trouve un châtaignier greffé sur un chêne. La greffe a été réalisée par Henri Chevereau en 1910. C’est une greffe en fente, avec un point de greffe à 2 mètres du sol. Pas d’indication sur la nature du porte-greffe, un indice : les chênes environnants sont des chênes rouvre.

Pour sauver le chêne-châtaignier, son fils Gaston Chevereau entrepris de nombreuses démarches et obtint de la mairie qu’il reste dans le domaine public. [1] (clic les photos)

Mesuré cette semaine, le tronc affiche 1,90 mètres de circonférence.

Merci pour la découverte de cet arbre surprenant Michel & Nicole.

Pour en apprendre plus sur cette greffe particulière de châtaignier sur chêne (bien utile en terrain calcaire), consultez cet excellent dossier réalisé par Patrice, voir ici.