Disparition d’un châtaignier remarquable, Pfaffenheim (Haut-Rhin )

Rejoignons Sisley pour rendre un dernier hommage à un ancêtre qui n’a pas passé l’hiver

« Et oui, tu vas me dire, encore un, mais je pense que celui-ci en avait plus pour longtemps et comme j’ai eu le privilège de le visiter en juin 2008, c’était tout naturel d’en toucher un mot. »

« A ce moment là, je traçait un petit itinéraire arbres et ma route croisa ce châtaignier multiséculaire, qui en ce début d’été vivait déjà son avant dernière année ! »

« Et pourtant comme tenant en titre de la catégorie plus gros châtaignier du département, ce fut un évènement regrettable de constater sa disparition si prématurée, car comme vous le savez tous, cette espèce est fortement connue pour atteindre des âges canoniques. »

« Quoi qu’il en soit je vais vous décrire cet individu, un pourtour de tronc de l’ordre de 5,10 m, une hauteur de cime égale à 14-15 m, le tout pour un âge estimé supérieur à trois siècles ou en tout cas pas très loin. »

« Un tronc partiellement creux et une silhouette décharnée avec une touffe de lierre qui à substitué le feuillage manquant. Son état s’explique en partie, par l’action de plusieurs dégâts du vent dont celui fatal, étant survenu il y a quelques mois. »

« Le résultat fut qu’arrivé au summum du printemps, aucun jeunes feuilles n’avaient encore montrées le bout de leurs nez et force est de constaté que son dernier mot de feuillu vivant était dit, bien que pour lui commence une autre vie, si je l’espère son tronc est laissé en place et conservé. »

« En Alsace il existe une paire de châtaigniers, mais pas énormément de très vieux. De mémoire, il en resterait moins d’une dizaine dépassant les 5 m de tour, mais tout n’est pas encore recensé ! »

« On peut également trouver son portrait dépeint [1] dans le livre des arbres remarquables du Haut-Rhin [2], mais il manquait quelques photos pour bien lui rendre cet hommage. »

« La région compte pas de châtaigniers sur le piémont vosgien, dissimulés entre forêt et vignes, le sol gréseux jusqu’au calcaire faible, de nature drainante et acide, leur convient bien. Cette pratique de culture pourrait remonter à une période du moyen-âge, mais de façon plus sûre vers la première seconde moitié du XIXe siècle. »

« Chaque année, une fête de la châtaigne a lieu à Pfaffeheim [3]. Des renseignements sur les aires de répartition de cette espèce et sur les diverses pratiques liées [4][5]. »

Décidément encore un vieil arbre affaibli qui n’a pu résister aux rigueurs de l’hiver, mais il est normal qu’au bout de deux années d’inventaire on commence à recenser quelques disparus, après tout les arbres sont des organismes vivants qui subissent eux aussi les outrages du temps. Une grande perte car il était le plus gros châtaignier recensé en Haut-Rhin, mais rassure toi l’ami, car je peux t’apprendre (en avant première) qu’un individu a été découvert dans une vallée par Philippe Mercklé, avec un tour de taille de 8,60 mètres !

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Virée arboricole en Indre-et-Loire

Retournons avec Christian en Indre-et-Loire, car bien qu’il ne soit pas dendrologue, il pense au blog à chaque fois qu’il croise un arbre historique ou répertorié comme arbre remarquable. Et comme il vient de découvrir un site internet qui tient à jour une banque de données concernant les arbres remarquables de son département [1], les reportages seront dorénavant complets.

  • Les chênes de Saint-Antoine-du-Rocher.

deux chênes pédonculés situés à La Borde sur la commune de Saint-Antoine-du-Rocher.

Mesurés en 2001, leurs troncs affichaient tous deux 6,25 mètres de circonférence à 1 mètre du sol, c’est étonnant cette similitude (le deuxième chêne est malade).

  • Le châtaignier de la Championnière à Veigné.

Mesuré en 2004, son tronc avait une circonférence de 8,50 mètres à 1,30 mètre du sol. Un vieux châtaignier au tronc vrillé dont l’âge est estimé à 300 ans. Lire la suite

Le Châtaignier de la Proutière, Soutiers (Deux-Sèvres)

Tous les trésors des Deux-Sèvres n’ont pas encore été dévoilés par Yanick…

“Tous les vendredi soir j’emmène mon lutin à son cour de tir à l’arc. Pendant cette petite heure, maintenant qu’il fait jour encore tard le soir, j’en profite pour sillonner la campagne environnante. Vendredi dernier, j’étais donc parti à le recherche d’un séquoia que l’on m’avait signalé. M’étant un peu égaré j’aperçus derrière une haie un énorme houppier d’où sortait quelques feuilles printanières. Et là j’ai tout de suite su que j’allais me retrouver face un châtaignier exceptionnel.” (clic les photos)

“C’est sur la commune de Soutiers au lieu dit “La Proutière” sur une colline en plein vents que je fis une de mes plus belles découvertes dans les Deux-Sèvres. Cet arbre est imposant et remarquable par sa circonférence (7,36m à 1,30m) mais il se trouve dans un état surprenant pour un châtaignier avec très peu de bois mort ou cassé. Quelle esthétique !”

“Un équilibre entre le tronc et le houppier parfait (hauteur du tout 22m), un environnement qui ne l’est pas moins, le rêve pour réaliser de super photos. Cet arbre se trouve sur une propriété privée, mais les propriétaire sont très accueillants. Madame est originaire de Nord ! Mon lutin qui ne l’avait pas vu, a voulu que l’on y passe le lendemain en revenant de Saint Loup. C’est donc lui qui a remarqué qu’il y avait des clous dans le tronc dont un apparemment récent. Arbre à clous ? (Le propriétaire semble ignorer cette ancienne pratique, mais il va surveiller et demander aux anciens proprios). “

“La Proutière sur une colline en plein vents… ça aurait bien fait rire mon Grand Père ! Découvrir un arbre non répertorié de plus de 7 mètres, quel pied. J’aimerais bien que ça m’arrive plus souvent.”

Localisation du châtaignier - clic pour agrandirMerci pour cette superbe découverte Yanick, je dois avouer que j’ai un faible pour les vieux châtaigniers, et celui-ci offre un pur spectacle. Une découverte exceptionnelle ! J’imagine sans peine ta joie quand tu l’as approché la première fois. Un tronc massif et vigoureux supportant de très belles charpentières, l’ensemble est très harmonieux et “dégage” énormément. Marrant cette histoire de clous, il m’était arrivé d’en trouver sur un châtaignier dans le Lot [1], pourtant il semble que ce ne soit pas l’essence préférée pour ces anciennes pratiques [2]. N’empêche, que comme toi, j’aimerai bien découvrir plus souvent de tels colosses.

Mise à jour septembre 2010, lorsque j’étais monté à Niort pour le festival Téciverdi, Yanick m’avait fait faire le tour des plus beaux arbres de par chez lui, et ce jour-là le châtaignier de La Proutière avait dévoilé une floraison spectaculaire.

Merci pour ces quelques jours chez toi l’ami, une succession d’instants heureux…

Chêne-chataignier, Saint Mars d’Outillé (Sarthe)

Dans la Sarthe, au lieu-dit les Proulières à 2 kilomètres du village de Saint-Mars-d’Outillé, se trouve un châtaignier greffé sur un chêne. La greffe a été réalisée par Henri Chevereau en 1910. C’est une greffe en fente, avec un point de greffe à 2 mètres du sol. Pas d’indication sur la nature du porte-greffe, un indice : les chênes environnants sont des chênes rouvre.

Pour sauver le chêne-châtaignier, son fils Gaston Chevereau entrepris de nombreuses démarches et obtint de la mairie qu’il reste dans le domaine public. [1] (clic les photos)

Mesuré cette semaine, le tronc affiche 1,90 mètres de circonférence.

Merci pour la découverte de cet arbre surprenant Michel & Nicole.

Pour en apprendre plus sur cette greffe particulière de châtaignier sur chêne (bien utile en terrain calcaire), consultez cet excellent dossier réalisé par Patrice, voir ici.

Châtaigniers de bocage, Le Pin-en-Mauges (Maine-et-Loire)

(Un article de Gilougarou, l’arpenteur des bois)

Lorsqu’on emprunte de nouvelles routes évitées jusque là, il arrive bien souvent que l’on découvre des spécimens très intéressants [1]. C’est ce qui m’est arrivé récemment lorsque j’ai traversé Le Pin-en-Mauges. Voici deux châtaigniers typiques de ce pays de bocage à la tradition agricole bien vivante. (clic les photos)

De tels spécimens ornent les Mauges à intervalles assez réguliers aux bords des routes ou dans les haies bocagères à proximité des fermes. Ils constituaient par le passé une sorte de garantie contre la famine grâce à leurs châtaignes. Préservés de génération en génération, nous avons donc maintenant le plaisir de contempler des arbres aux troncs imposants et dont les houppiers ont eu tout loisir de s’étaler au fil des décennies.

Les deux châtaigniers de cet article possèdent des caractéristiques très semblables avec 5m40 de circonférence à 1m30 pour une grosse quinzaine de mètres de hauteur. Leur âge doit dépasser les 250 ans.

Si le premier est bien en vue au bord de la route et en impose par sa carrure et son excellent état sanitaire, c’est le second que j’ai au départ tout juste aperçu du coin de l’oeil à travers une haie qui a le plus retenu mon attention.

Son fil spiralé et sa forme générale titillent l’imaginaire et l’on se prendrait à rêver une ou deux légendes elfiques le concernant. Ces anciennes branches tombées ont laissé la place à des ouvertures béantes qui sont autant de refuges de choix pour la faune. Le gîte et le couvert ! Non content de fournir la provende, voici notre patriarche inscrit au rang d’habitation.

Un arbre d’une grande importance, donc et qu’il convient de préserver absolument. Faisons confiance aux habitants des Mauges, ces arbres nourriciers ont toujours été entretenus et maintenus avec bienveillance et les traditions ont la vie dure !

Châtaignier de Mané Moustran (Morbihan)

Un des châtaigniers les plus célèbre de Bretagne, non pas qu’il soit le plus vieux ou le plus gros ; situé juste à quelques mètres de l’océan, cet arbre ‘maritime’ veille depuis des siècles sur le Golfe du Morbihan, et à ses pieds vous pourrez apercevoir l’ile Irus et l’ile aux Moines.

Un vieux bonhomme qui serait contemporain d’Henri IV, soit un âge honorable de 400 ans.

Une circonférence de 7,90 mètres, un énorme tronc vrillé qui impressionne, comment a-t-il pu s’épanouir devant la mer et résister ainsi à un environnement aussi salé ?

Merci de m’avoir transmis ces clichés André, un châtaignier rencontré il y a déjà plus de dix ans… Depuis je n’avais de cesse d’essayer d’obtenir quelques clichés de l’ancêtre, mais comme on dit : “tout vient à point, à qui sait attendre.” L’été dernier, Jérôme Hutin lui avait consacré une chronique  parue dans Ouest France, à voir ici.

Localisation châtaignier de Mane Moustran - clic pour agrandirSitué sur la commune de Baden, entre Arradon et Port Blanc une petite route vous mènera jusqu’à Mané Moustran, puis emprunter le petit chemin qui borde le golfe.
Si la marée vous est favorable, rendez-vous sur l’ile de Berder (à 3 km au Sud), vous y découvrirez des pins de Monterey centenaires, mais aussi un ancien chêne vert de 4m de tour.

Pour plus d’information sur la ville de Port Blanc, consultez leur site internet, par ici.