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L’arbre de vie du Paradis

Quelques précisions concenant l’arbre de vie du Paradis évoqué aux débuts du blog [1].

« Il m’a montré un fleuve de vie, une eau resplendissante comme du cristal. Elle sortait du trône de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la rue, de part et d’autre du fleuve, un arbre de vie fructifiait douze fois donnant du fruit chaque mois. Et les feuilles de l’arbre servait pour la guérison des nations. »
(Nouveau Testament, édition La Pléiade, Apocalypse de Jean, XXIII, 1-2.)

Liber Floridus folio 52 Paradysus

Liber Floridus, Lambert de Saint-Omer, Paradysus, folio 52.
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« Qui a des oreilles qu’il entende ce que l’Esprit dit aux églises :
Le vainqueur, je lui donnerai à manger de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu. »
(Nouveau Testament, édition La Pléiade , Apocalypse de Jean, II, 7.)

Pascal Meier - manger arbre-de-vie_crop_516x424

« Heureux les vainqueurs de l’Apocalypse », une enluminure contemporaine de Pascal Meier.

Catégories :Bible
  1. BEZIAT
    12 février 2018 à 09:03

    Ce texte est à prendre au sens purement symbolique, comme tout le texte de l’Apocalypse : les 12 arbres autour du Fleuve de Vie sont les 12 Apôtres puisant à l’Esprit de Dieu. Telle est l’exégèse des Pères de l’Eglise antique (saint Irénée de Lyon, Tyconius, saint Hilaire de Poitiers, Césaire d’Arles…) Quant à l’arbre du Jardin d’Eden, les mêmes Pères y voient une préfigure de l’Arbre de la Croix au centre de la Jerusalem Céleste (l’Eglise), faisant de la Genèse en fin de compte une prophétie.

    Dominique Béziat.

  2. 12 février 2018 à 09:54

    Le symbolisme de la Croix – René Guénon

    Un autre aspect du symbolisme de la croix est celui qui l’identifie à ce que les diverses traditions désignent comme l’« Arbre du Milieu » ou par quelque autre terme équivalent ; nous avons vu ailleurs que cet arbre est un des nombreux symboles de l’« Axe du Monde ». C’est donc la ligne verticale de la croix, figure de cet axe, qui est ici à considérer principalement : elle constitue le tronc de l’arbre, tandis que la ligne horizontale (ou les deux lignes horizontales pour la croix à trois dimensions) en forme les branches. Cet arbre s’élève au centre du monde, ou plutôt d’un monde, c’est-à-dire du domaine dans lequel se développe un état d’existence, tel que l’état humain qui est envisagé le plus habituellement en pareil cas. Dans le symbolisme biblique, en particulier, c’est l’« Arbre de Vie », qui est planté au milieu du « Paradis terrestre », lequel représente lui-même le centre de notre monde. […]

    […] On sait que la croix même du Christ est identifiée symboliquement à l’« Arbre de Vie » (lignum vitæ), ce qui se comprend d’ailleurs assez facilement ; mais, d’après une « légende de la Croix » qui avait cours au moyen âge, elle aurait été faite du bois de l’« Arbre de la Science », de sorte que celui-ci, après avoir été l’instrument de la « chute », serait devenu ainsi celui de la « rédemption ». On voit s’exprimer ici la connexion de ces deux idées de « chute » et de « rédemption », qui sont en quelque sorte inverses l’une de l’autre, et il y a là comme une allusion au rétablissement de l’ordre primordial; dans ce nouveau rôle, l’« Arbre de la Science » s’assimile en quelque sorte à l’« Arbre de Vie », la dualité étant
    effectivement réintégrée dans l’unité.

    Revenons maintenant à la représentation du « Paradis terrestre » : de son centre, c’est-à-dire du pied même de l’« Arbre de Vie », partent quatre fleuves se dirigeant vers les quatre points cardinaux, et traçant ainsi la croix horizontale sur la surface même du monde terrestre, c’est-à-dire dans le plan qui correspond au domaine de l’état humain. Ces quatre fleuves, qu’on peut rapporter au quaternaire des éléments, et qui sont issus d’une source unique correspondant à l’éther primordial, divisent en quatre parties, qui peuvent être rapportées aux quatre phases d’un développement cyclique, l’enceinte circulaire du « Paradis terrestre », laquelle n’est autre que la coupe horizontale de la forme sphérique universelle dont il a été question plus haut.
    L’« Arbre de Vie » se retrouve au centre de la « Jérusalem céleste », ce qui s’explique aisément quand on connaît les rapports de celle-ci avec le « Paradis terrestre » : il s’agit de la réintégration de toutes choses dans l’« état primordial », en vertu de la correspondance de la fin du cycle avec son commencement, suivant ce que nous expliquerons encore par la suite. Il est remarquable que cet arbre, d’après le symbolisme apocalyptique, porte alors douze fruits, qui sont, comme nous l’avons dit ailleurs, assimilables aux douze Âdityas de la tradition hindoue, ceux-ci étant douze formes du soleil qui doivent apparaître toutes simultanément à la fin du cycle, rentrant alors dans l’unité essentielle de leur nature commune, car ils sont autant de manifestations d’une essence unique et indivisible, Aditi, qui correspond à l’essence une de l’« Arbre de Vie » lui-même, tandis que Diti correspond à l’essence duelle de l’« Arbre de la Science du bien et du mal ». D’ailleurs, dans diverses traditions, l’image du soleil est souvent liée à celle d’un arbre, comme si le soleil était le fruit de l’« Arbre du Monde » ; il quitte son arbre au début du cycle et vient s’y reposer à la fin. Dans les idéogrammes chinois, le caractère désignant le coucher du soleil le représente reposant sur son arbre à la fin du jour (qui est analogue à la fin du cycle) ; l’obscurité est représentée par un caractère qui figure le soleil tombé au pied de l’arbre. Dans l’Inde, on trouve l’arbre triple portant trois soleils, image de la Trimûrti, ainsi que l’arbre ayant pour fruits douze soleils, qui sont, comme nous venons de le dire, les douze Âdityas; en Chine, on trouve également l’arbre à douze soleils, en relation avec les douze signes du Zodiaque ou avec les douze mois de l’année comme les Âdityas, et quelquefois aussi à dix, nombre de la perfection cyclique comme dans la doctrine pythagoricienne. D’une façon générale, les différents soleils correspondent à différentes phases d’un cycle ; ils sortent de l’unité au commencement de celui-ci et y rentrent à la fin, qui coïncide avec le commencement d’un autre cycle, en raison de la continuité de tous les modes de l’Existence universelle. […]

  3. 12 février 2018 à 10:10

    La Légende Dorée de Jacques de Voragine traduite par l’abbé J.-B. M. ROZE, Chanoine Honoraire de la cathédrale d’Amiens.

    http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/069.htm

    L’invention de la Sainte Croix

    Cette fête est appelée l’Invention de la Sainte Croix, parce qu’on rapporte que la sainte croix fut trouvée à pareil jour. Mais auparavant, elle avait été trouvée par Seth, fils d’Adam, dans le paradis. terrestre, comme il est raconté plus bas; par Salomon, sur le Liban ; par la reine de Saba, dans le temple, de Salomon ; par les Juifs, dans l’eau de la piscine ; et en ce Jour par sainte Hélène, sur le mont du Calvaire.

    L’Invention de la Sainte Croix eut lieu plus de deux cents ans après la résurrection de J.-C. On lit dans l’évangile de Nicodème (ch. XIX) qu’Adam étant devenu malade, Seth, son fils, alla à la porte du paradis et demanda de l’huile du bois de la miséricorde pour oindre le corps de son père afin qu’il recouvrât la santé. L’archange Michel lui apparut et lui dit : « Ne pleure pas et ne te mets point en peine d’obtenir de l’huile du bois de la miséricorde, car il te sera absolument impossible d’en obtenir, avant que cinq mille cinq cents ans soient révolus. Cependant on croit, que d’Adam jusqu’à la passion du Seigneur il s’écoula seulement 5099 ans. On lit encore ailleurs que l’ange lui offrit un, petit rameau et lui ordonna de le planter sur le mont Liban. Mais ou lit, dans une histoire apocryphe des Grecs, que l’ange lui donna du bois de l’arbre par le fruit duquel Adam avait péché, en l’informant que sole père serait guéri. quand ce bois porterait du fruit. A son retour, Seth trouva son père mort et il planta ce rameau sur sa tombe. Cette branche plantée devint en croissant un grand arbre qui subsista jusqu’au, temps de Salomon. (Mais il faut laisser au lecteur à juger si ces choses sont vraies, puisqu’on n’en fait mention dans aucune chronique, ni dans aucune histoire authentique.) Or, Salomon considérant la beauté de cet arbre le fit couper et mettre dans la maison du Bois.

    Cependant, ainsi que le dit Jean Beleth. (ch. CLI), On ne pouvait le mettre nulle part, et il n’y avait pas moyen de lui trouver un endroit où il pût être employé convenablement : car il était tantôt trop long, tantôt trop court : si on l’avait raccourci dans les proportions qu’exigeait la place où on le voulait employer, il paraissait si court qu’on ne le regardait plus comme bon à rien. En conséquence, les ouvriers, de dépit, le rejetèrent et le mirent sur une pièce d’eau pour qu’il servît de pont aux passants. Or, quand la reine de Saba vint entendre la Sagesse de Salomon, et voulut passer sur cette pièce, elle vit en esprit que le Sauveur du monde devait être suspendu à ce bois, et pour cela elle ne voulut point passer dessus, mais aussitôt elle l’adora. Cependant dans l’Histoire scholastique (liv. III Rois, c. XXVI), on lit que la reine de Saba vit cette pièce dans la maison du Bois, et en revenant à son palais elle communiqua à Salomon que sur ce bois devait être suspendu celui dont la mort devrait être la cause de la destruction du royaume des Juifs. C’est pourquoi Salomon le fit ôter du lieu où il était, et enterrer dans les entrailles les plus profondes de la terre. Dans la suite on y établit la Piscine Probatique où les Nathinéens * lavaient les victimes, et ce n’est pas seulement à la descente de l’ange, mais encore à la vertu de ce. bois que l’on attribue que l’eau en était troublée et que les infirmes y étaient guéris. Or, quand approcha le temps de la passion de J.-C., on rapporte que cette pièce surnagea, et les Juifs, en la voyant, la prirent pour en fabriquer la croix du Seigneur. On dit encore que cette croix fut faite de quatre essences de bois, savoir de palmier, de cyprès, d’olivier et de cèdre. De là ce vers :

    Ligna Crucis palma, cedrus, cupressus, oliva.

    Car dans la croix, il y avait le bois qui servait de montant droit, la traverse,la tablette de dessus, et le tronc où était fixée la croix, ou bien, selon Grégoire de Tours*, la tablette qui servait de support, sous les pieds de J.-C. Par là on, peut voir que chacune des pièces pouvait être d’une de ces essences de bois dont on vient de parler. Or, l’apôtre paraît avoir eu en vue ces différentes sortes de bois quand il dit : « Afin que vous puissiez comprendre avec tous. les saints quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur » (Ep. aux Ephés., c. II, 18). Ces paroles sont expliquées comme il suit par l’illustre docteur saint Augustin : « La largeur de la croix du Seigneur, dit-il, c’est la traverse, sur laquelle on a étendu ses mains sa longueur allait depuis la terre jusqu’à cette traverse en largeur sur quoi tout le corps de J.-C. fut attaché, moins les mains; sa hauteur, c’est à partir de cette largeur jusqu’à l’endroit de dessus où se trouvait la tête; sa profondeur, c’était la partie cachée et enfoncée dans la terre. Dans la croix on trouve décrites toutes les actions d’un homme chrétien, qui sont de faire de bonnes oeuvres en J.-C., de lui être persévéramment attaché, d’espérer les biens célestes, et ne pas profaner les sacrements.

    Ce bois précieux de la croix resta caché sous terre deux cents ans et plus : mais il fut découvert ainsi qu’il suit par Hélène, mère de l’empereur Constantin. En ce temps-là, sur les rives du Danube, se rassembla une multitude innombrable de barbares voulant passer le fleuve, et soumettre à leur domination tous les pays jusqu’à l’occident. Dès que l’empereur Constantin le sut, il décampa et vint se placer avec son. armée sur le Danube. Mais la multitude des barbares s’augmentant, et passant déjà le fleuve, Constantin fut, frappé d’une grande terreur, en considérant qu’il aurait à livrer bataille le lendemain. Or, la nuit suivante, il est réveillé par un ange qui l’avertit de regarder en l’air. Il tourne les veux vers le ciel et voit le signe de la croix formée par une lumière fort resplendissante, et portant écrite en lettres d’or cette inscription : « In hoc signo vinces, par ce signe tu vaincras. » Réconforté par cette vision céleste, il fit faire une croix semblable qu’il ordonna de porter à la tête de son armée: se précipitant alors sur les ennemis, il les mit en fuite et en tua une multitude immense. Après quoi Constantin convoqua tous les pontifes des temples et s’informa avec beaucoup de soin de quel Dieu c’était le signe. Sur leur réponse qu’ils l’ignoraient, vinrent plusieurs chrétiens qui lui firent connaître le mystère de la sainte croix et la foi de la Trinité. Constantin crut alors parfaitement en J.-C. et reçut le saint baptême des mains d’Eusèbe, pape, ou selon quelques livres, évêque de Césarée. Mais dans ce récit, il y a beaucoup de points contredits par l’Histoire tripartite et par l’Ecclésiastique, par la Vie de saint Silvestre et les Gestes des pontifes romains. D’après certains auteurs, ce ne fut pas ce Constantin que le pape Silvestre baptisa après sa conversion à la foi, comme paraissent l’insinuer plusieurs histoires, mais ce fut Constantin, le père de ce Constantin, ainsi qu’on le voit dans des historiens. En effet ce Constantin reçut la foi d’une autre manière rapportée dans la légende de saint Silvestre, et ce n’est pas Eusèbe de Césarée qui le baptisa, mais bien saint Silvestre. Après la mort de son père, Constantin, qui n’avait pas perdu le souvenir de la victoire remportée par la vertu de la sainte croix, fit passer Hélène, sa mère, à Jérusalem pour trouver cette croix, ainsi que nous le dirons plus bas.

    • BEZIAT
      12 février 2018 à 10:50

      Effectivement le texte grec original de l’Apocalypse (ch. 22) parle d' »UN bois de vie (xulon zoes) » produisant douze fruits (un fruit chaque mois) mais dit de ce « bois de vie » qu’il se situe « au milieu de la place (de la Jérusalem Céleste) et en même temps « de part et d’autre » du fleuve de vie, ce qui semble totalement incoherent SAUF bien sûr si on attribue un sens uniquement symbolique à ce texte. A noter que les mots qu’on traduit par « de part et d’autre » signifient plutôt « ça et là ». Ce texte revêt dès lors une signification plus purement eucharistique, le fleuve s’écoulant au molieu de l’arbre de vie rappelant l’eau qui s’écoule du coeur du Christ sur la Croix.

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