L’arbre fontaine des îles Canaries

Le garoé, encore appelé l’Arbre Saint ou l’arbre fontaine des îles Canaries, est un végétal qui captait sur ses feuilles les gouttelettes de brouillard pour les laisser s’écouler jusqu’au sol à son pied. Contrairement à ce que certains ont cru et continuent à croire, cet arbre ne fut pas mythique, mais au contraire, il a été décrit en 1559 par l’humaniste et homme d’église Bartolomé de las Casas en route vers les Amériques dans son Histoire des Indes :

« Il y a toujours au sommet de cet arbre un petit nuage et le garoé laisse tomber des goutelettes d’eau que les hommes acheminent vers une modeste fontaine grâce à laquelle humains et animaux vivent pendant les périodes d’extrême sécheresse. « 

En 1553, d’après Antonio Pigafetta, auteur de l’odyssée du Journal du Voyage de Magellan :

« Pas une seule goutte de pluie sur El Hierro, mais à  midi, on voit se baisser du ciel un nuage qui entoure un grand Arbre qui distille par ses feuilles et branches une grande quantité d’eau. »

Une illustration de l’arbre dans l’ouvrage de Girolamo Benzoni  & Theodor  de Bry : Das sechste Theil der neuwen Welt. Oder Der historien … das dritte Buch, 1559, planche XXIII.

04247004_crop_524x485

« Les Guanches, populations antérieures aux Castillans et Espagnols sur l’archipel des Canaries, ont utilisé l’arbre fontaine comme borne-fontaine jusqu’au XVlIe siècle sur Hierro, une île très aride. La capture des eaux de brouillard par les arbres est connue sur Hierro dès 1402-1405, c’est-à-dire dès la découverte des Canaries par le conquistador normand, Jean de Béthencourt, qui était à la solde du roi de Castille, Henri III Trastamare. Un arbre est signalé en particulier, sous différents noms, par les explorateurs, les botanistes et les historiens : le garoe, garsa, garse ou encore garas par les Guanches de Hierro, l’arbre qui pleure, l’arbre alambic, l’arbre aquifère, l’arbre de la pluie, l’arbre saint.

Cette floraison de noms pour un même végétal, si elle éveille la curiosité, fut la source de légendes mais aussi de confusions et elle permit à certains de ranger le garoé parmi les espèces mythiques, au même titre que la licorne. Cet arbre eut la particularité de faire émerveiller et rêver les hommes par sa propriété de capter les gouttelettes du brouillard par ses feuilles et de les restituer sous forme d’eau disponible pour la végétation et le sol. Pour l’homme qui l’exploita, le garoé disparut en 1610, arraché par un ouragan.
Toutefois, il n’est pas mort puisqu’il est présent sur les armoiries de Hierro. Une recherche bibliographique a permis de l’identifier presque sûrement comme un laurier endémique de Madère et des Canaries, Ocotea foetens, appartenant à la famille des Lauracées. »

L’arbre fontaine, Garance Voyageuse, n°23, 1993, pp. 2-5.

7 réflexions sur “L’arbre fontaine des îles Canaries

  1. Histoire generale des voyages, ou Nouvelle collection de toutes les relations de voyages par mer et par terre, qui ont ete publiees jusqu’a present dans les differentes langues de toutes les nations connues .., Volume 3



  2. Ping : Archive | Blog de Nicolas Sellier - RSS

  3. Ping : Index : symboles, mythes, textes divers – Krapo arboricole

Laissez vos mots...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s