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Et puis j’aimais ma forêt…

« Et puis j’aimais ma forêt, malgré sa mauvaise renommée. J’aimais ces immenses massifs de bois qui suivaient les mouvements du terrain, recouvrant le pays d’un manteau vert en été, et, à l’automne se colorant de teintes variées selon les espèces : jaunes, vert-pâle, rousses, feuille-morte, sur lesquelles piquait le rouge vif des cerisiers sauvages, et ressortait le vert sombre de quelques bouquets de pins épars. J’aimais aussi ces combes herbeuses fouillées par le groin des sangliers ; ces plateaux pierreux, parsemés de bruyères roses, de genêts et d’ajoncs aux fleurs d’or ; ces vastes étendues de hautes brandes où se flâtraient les bêtes chassées ; ces petites clairières sur une butte, où, dans le sol ingrat, foisonnaient la lavande, le thym, l’immortelle, le serpolet, la marjolaine, dont le parfum me montait aux narines, lorsque j’y passais mon fusil sur l’épaule, un peu mal accoutré sans doute, mais libre et fier comme un sauvage que j’étais. »

Eugène Le Roy, Jacquou le Croquant, chapitre VIII, p.385.

L’illustration choisie fait la couverture du livre publié par les Éditions Mornay, Collection « Les Beaux Livres », Paris 1925. En tout, 55 bois originaux gravés par Louis-Joseph Soulas.

Catégories :Des mots en prose
  1. Sisley
    20 avril 2011 à 21:00

    Joli texte !!
    La contemplation du naturel, comment ne pas y succomber !
    – – – –

    J’en profite pour ouvrir une parenthèse ‘déforestation’ sur les zones sauvages, juste à côté de chez moi, se trouvait un vieux verger en palissade, les arbres avaient entre 50 et 60 un peu moins pour certains et dépassaient les 4-5 m et des fois plus, le jour où les pères spiritains ne purent plus l’entretenir, la végétation indigène y gagna peu à peu sa place, c’était un beau coin de diversité entre les pommiers, quetschiers, frênes, chênes, aubépines, muriers, églantiers, saules,….La faune s’y trouvait bien, mais un beau jour comme la foudre frappe un endroit, le maire décida d’en finir avec ce lieu ne faisant guère bonne figure et ne correspondant pas au côté propret du nouveau verger mitoyen. C’est donc dans un grondement rugissant que les machines se mirent au travail, je n’eus heureusement la surprise que quelques jours après, car assister à une telle connerie, n’aurait pas arrangé les choses..

    Voilà pour la petite histoire :

    https://picasaweb.google.com/filipendula9550/ConstatRaillageDeLaCarteDeLAncienVergerDesPeres?authkey=Gv1sRgCLHl8NqCsp2_owE#

    Les 4 marronniers, les deux saules et le pommier de l’article (Marronniers/Neufgrange) déjà enregistrés se trouvent dans le voisinage mais tout de même assez loin.

    Je suis au moins content qu’ils aient laissé quelques chênes et un saule, mais pour les fruitiers c’est vraiment de l’histoire ancienne..

  2. 20 avril 2011 à 21:18

    C’est Triste mais Tellement Vrai ,
    Le Coté Sauvage Passe Souvent Sous Lames ,
    Manque de Vision , le Besoin d’Ordrer ,
    Enlève aux Bois l’Esprit et le Charme ,
    D’une Nature en Friches ,
    Abritants Mille Traits Hors ,
    D’un Vivant Qui s’entiche ,
    A l’aimer à bras le Corps.
    NéO~

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