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Mauvaise influence – Comment les conseils du cabinet McKinsey conduisent à la destruction des forêts

(Mauvaise influence – Comment les conseils du cabinet McKinsey conduisent à la destruction des forêts © Un article de Greenpeace paru le 8 avril 2011)

La majorité des forêts tropicales humides restantes dans le monde sont situées dans des pays en développement. Il est donc logique que les nations les plus riches aident à financer leur protection, puisqu’ils sont de surcroit responsables d’une grande part des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, et qu’ils sont également les premiers acheteurs des produits issus de la destruction des forêts tropicales.

À Cancun, un accord formel visant à créer et alimenter un fonds pour les forêts a été conclu. Afin d’être en mesure de bénéficier de ce fonds de protection de la forêt, les pays forestiers doivent présenter un plan détaillant la façon dont l’argent alloué sera utilisé.

Pour monter leur « dossier », les pays concernés se sont tournés principalement vers un seul et unique cabinet de conseil : le cabinet McKinsey. Malheureusement, les conseils dispensés par la firme pour lutter contre la déforestation se sont révélés désastreux.

McKinsey entre en scène

Lorsque les gouvernements donateurs ont commencé à évoquer un fonds pour la protection des forêts il y a quelques années, le cabinet McKinsey s’est positionné très rapidement comme un consultant de choix sur cette question.

McKinsey est largement reconnu au niveau mondial comme le cabinet le plus « influent et prestigieux de l’industrie du conseil ». En 2007, pour la cinquième année consécutive, McKinsey a été classé à la première position du classement Vault des cinquante plus grands cabinets mondiaux, et compte parmi ses clients 93 des 100 premières entreprises mondiales … des références qui ont largement de quoi rassurer les pays forestiers !

Le scénario catastrophe en République démocratique du Congo

Fin 2009, McKinsey est chargé de produire une analyse du potentiel REDD de la République Démocratique du Congo. Au final, le plan stratégique élaboré par le Gouvernement Congolais reprend in extenso les recommandations du cabinet, formulées en moins de 5 semaines. Et elles sont en total contradiction avec l’objectif affiché de protection des forêts et de leurs habitants, prévoyant notamment :

– l’expansion de l’industrie forestière sur 10 millions d’hectares supplémentaires de forêt dense humide ;

– des subventions pour l’industrie forestière afin qu’elle limite sa contribution à la dégradation des forêts (750 millions d’euros pour… le maintien de la situation actuelle) !

– plus d’un milliard d’euros annuels à horizon 2030 pour l’agro-industrie (huile de palme, etc.) pour qu’elle localise ses opérations en dehors des forêts denses ;

McKinsey fait systématiquement la part belle aux intérêts industriels. Dans sa vision des moteurs de la déforestation en RD Congo, l’industrie forestière est exonérée de toute responsabilité tandis que le petit paysan est pointé du doigt. Pourtant, McKinsey recommande de dépenser les milliards de la Communauté internationale pour dédommager les industriels… Cherchez l’erreur !

D’autres pays concernés

Greenpeace publie un rapport mettant en lumière l’influence néfaste de McKinsey sur les plans de lutte contre la déforestation – dans le cadre des négociations climatiques – de plusieurs pays forestiers: l’Indonésie, le Guyana, la Papouasie Nouvelle Guinée et la République Démocratique du Congo.

Le rapport de Greenpeace met à jour de nombreuses failles dans les méthodes utilisées par McKinsey pour produire ses recommandations. Le prestigieux cabinet s’abrite derrière le secret commercial pour ne pas révéler la façon dont il calcule ses chiffres – les fameux coûts d’opportunité, à la base de toutes ses recommandations. Le rapport révèle aussi nombre d’erreurs factuelles et de calculs fantaisistes, contribuant à biaiser son analyse.

Dans l’approche McKinsey, il n’est jamais question de communautés forestières, de biodiversité, ou de services rendus par les écosystèmes forestiers. Les forêts ne sont envisagées que dans une logique financière, comme source de profit pour des industriels ou de contribution à la balance commerciale des pays concernés. Aucune alternative de développement, plus durable et plus équitable, n’est envisagée.

Un pays comme la République Démocratique du Congo ne peut pas se permettre de suivre les conseils de la firme McKinsey ; et les bailleurs de fonds, comme la France, ne devraient plus consacrer l’argent du contribuable à les financer.
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Lire le rapport complet réalisé par Greenpeace par ici.
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L’illustration choisie est une photo de Ricardo Funari prise dans la forêt amazonienne.

Catégories :Revue de presse
  1. 14 avril 2011 à 17:54

    Ca Tombe sous Le Sens , au Fil des Jours ,
    L’Argent Toujours , Mais Rien n’est Fait ,
    Indifférence par le Méfait , et Rien Autour ,
    Parler sans Voix , Des Frères qui Tombent ,
    Coeurs de Vivant ne pèsent pas Lourds ,
    A l’Instant Hache l’Effet d’une Bombe ,
    Un Monde s’Ouvrira aux Mèpris de l’Histoire ,
    Du Profit mais en Vain , Trop peu d’Hors d’une Onde
    Sur l’Esprit qui s’en Va , Une Forêt a Battoir ,
    En Pillant les Ressources , Vient la Faim pour un Monde.
    NéO~

  2. martine
    14 avril 2011 à 22:16

    Un géant abattu,, une scène épouvantable qui remplit d´effroi et de tristesse.
    Que les hommes sur son tronc sont minuscules en comparaison. Que feraient-ils sans la tronçonneuse, cette machine infernale?

    • 18 avril 2011 à 12:00

      J’ai choisi cette photo pour marquer les esprits, bien que l’article décrive des méfaits dans d’autres pays que le Brésil, n’oublions pas que la déforestation bat son plein dans toutes les forêts tropicales humides.

  3. 15 avril 2011 à 11:18

    malgréla crise causé (en outre) par les cabinets d’audits et de notation, ils n’ont toujours pas compris
    et maintenant ils font du mal a notre patrimoine végétable
    quand s’arreteront il ??????????

  4. 17 avril 2011 à 22:22

    Merci pour ce rapport, j’ignorais jusqu’à maintenant le rôle désastreux que joue McKinsey

  5. 18 avril 2011 à 11:58

    « C’est pas nous qui marchons pas droit,
    c’est le monde qui va de travers… »

    Ces cabinets de conseils et d’audit sont une vraie plaie – aussi bien pour la gestion des économies nationales que pour la gestion du patrimoine vivant.

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