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L’aulne du lac Vert, Catus (Lot)

Au début du blog, je ne m’intéressais qu’aux arbres colosses que sont les chênes, châtaigniers, tilleuls et ifs ; puis peu à peu d’autres essences se sont dévoilés, des arbres avec des espérances de vies plus courtes et n’atteignant pas de dimensions exceptionnelles, ces ligneux demeurent donc assez discrets et pourtant nombre d’entre eux ont largement dépassés les limites de leurs espèces respectives, et deviennent donc remarquables.

Pour les aulnes, c’est Sébastien qui avait ouvert le bal avec un vieil individu découvert en Seine-Maritime [1], un arbre impressionnant avec une circonférence de 3,82m – un véritable « record » qu’il semble bien difficile de dépasser. Du coup, à mon tour j’ai eu envie d’en trouver un de la même trempe dans le Lot, alors j’ai fouillé les berges des rivières et autres zones humides… Et c’est au lac Vert de Catus que le phénomène s’est montré à moi.

Un aulne en pleine forme qui dévoile une ramure équilibrée culminant à 16m de haut.

Un joli tronc parcouru de belles boursouflures, une circonférence de 3,31 mètres à 1,30m.

Vigoureux et en parfait état avec peu de bois mort, un arbre de toute beauté qui servira de référence pour les explorations futures dans le département, et je me plais à espérer que d’autres individus se cachent plus au Nord dans les méandres de la Dordogne, peut-être même dans quelques combes qui maintiennent un bon niveau d’humidité toute l’année, y compris l’été.

« Blanc jaunâtre à l’abattage, le bois de l’Aulne se colore aussitôt après d’une vive teinte rouge orangé, comme si le sang affluait à la blessure. […] Il produisait jadis trois teintures, verte par ses fleurs, brune par ses rameaux et rouge par son écorce ; pour les Anciens, elles symbolisaient l’eau, la terre et le feu qui semblent se réunir dans l’arbre, son bois donnant une flamme vive, presque sans fumée, son charbon de bois fournissant plus de chaleur que toute autre espèce et ses cendres de la potasse, tandis que ses rameaux verts évidés servaient autrefois à faire des sifflets, témoignant ainsi de l’affinité de l’Aulne avec le quatrième élément, l’air. »
« Son nom demeure mystérieux et on ne peut guère le rapprocher que du très ancien vocable préhellénique Fearinos, signifiant « de l’aube de l’année » et qui désignait une divinité archaïque, confondue par la suite avec Cronos en tant que dieu des morts, à laquelle on offrait des sacrifices annuels, lors de l’équinoxe de printemps à Olympie. Fearinos, sous la forme Fearn, qu’il a conservée en irlandais, était également le nom archaïque de l’Aulne, lequel dans le Calendrier des arbres symbolise le quatrième mois de l’année [2]. Il est donc probable qu’il a existé jadis en Grèce un culte de l’Aulne, qui a survécu seulement à Argos mais dont on retrouve la trace dans l’Europe celtique, par exemple en Irlande, où l’abattage d’un Aulne sacré était puni de la destruction par le feu de la maison du coupable. Toujours est-il que l’Aulne fut considéré dès la plus haute Antiquité comme un arbre de la vie après la mort. »
« Dans de vieux contes allemands, cet arbre funeste, parfois presque diabolique, qui pleure et verse des gouttes de sang dès qu’on parle de l’abattre, permet à des magiciennes de ressusciter un mort. »
(Jacques Brosse – Dictionnaire des arbres de France, p-29-31.)

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Un dessin tiré du livre « Les Fées », récit & illustrations de Brian Froud et Alan Lee.

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Catégories :Aulnes, Exploration du Lot
  1. vincent
    15 septembre 2010 à 15:20

    Bravo pour cette découverte.
    cette aulne est magnifique!!

  2. 15 septembre 2010 à 17:10

    Content que la découverte te plaise Vincent !

  3. Yanick
    15 septembre 2010 à 19:54

    C’est sûr que ça fait vraiment plaisir quand de nouvelles essences se dévoilent sur le blog. Et quelle belle plante se dévoile à nous aujourd’hui. Tu m’en vois ravi et enchanté pour toi par cette belle découverte.

    • 16 septembre 2010 à 12:46

      Salut Yanick,

      sûr, c’est une belle découverte, ce n’est pas par chez moi que je pensais en trouver un de la sorte. Comme quoi tous les territoires peuvent nous surprendre, les arbres nous réservent bien des surprises à venir…

  4. Richet sébastien
    15 septembre 2010 à 20:46

    Ca va être difficile de rivaliser. Trouver des Aulnes aussi vieux et toujours en bonne santé, c’est presque mission impossible ! Bravo pour la découverte. J’espère qu’à l’avenir on pourra découvrir des aulnes toujours aussi remarquable, et pourquoi pas sous forme de taillis géant. Au fait, c’est un Aulne glutineux ? L’aulne de Corse se dévoilera t’il bientôt sur le blog ?

    • 16 septembre 2010 à 12:43

      Salut Sébastien,

      hé hé, je suis pas mécontent d’en avoir découvert un si imposant dans le Lot !
      Oui, c’est bien un aulne glutineux, j’ai d’ailleurs ouvert la catégorie en espérant que d’autres se dévoilent, car je suis certain qu’il en existe bien d’autres. Son aire de répartition est très vaste, et il existe de belles cépées, et même de grands peuplements qu’il serait chouette de découvrir…

      Pour la Corse, cela fait longtemps que j’espère qu’un reporter se déclare, l’île de beauté recèle tant de trésors arboricoles : chênes, oliviers, caroubiers, genévriers, oliviers, châtaigniers, pistachiers… et l’aulne… (L’aulne corse a été introduit en Champagne et en Lorraine où il supporte bien le froid, mais aussi dans la Drôme dans la forêt de Saou)

  5. Stéphane Chambon
    16 septembre 2010 à 12:24

    Le tronc est imposant. L’arbre est entretenu, on voit les coupes légères « à l’anglaise » qui ont été pratiquées sur lui, sur la première photo.
    C’est bien un aulne glutineux, en fait cet arbre n’est pas d’une longévité si courte que ça et il régénère très bien, ce qui permet à la souche de se maintenir très longtemps.
    Très bel arbre.
    ***************

  6. 16 septembre 2010 à 15:51

    Salut,

    dernière phrase modérée, ici on ne parle que des arbres, merci.

  7. Sisley
    16 septembre 2010 à 22:00

    Salut la clique !

    ça faisait un moment que tu nous avait pas dévoilé un arbre de ton cru et c’est maintenant chose faite, je dois dire que ça vaut souvent le coup de patienter, car cet aulne a de la gueule !! Le tronc et la forme générale sont sublimes.

    J’ai tendance à dire qu’aux alentours du mètre de diamètre, je considère un aulne remarquable, mais comme on le voit tous c’est pas facile d’y arriver.
    J’en ai quelques uns de 2,75-2,85 en station naturelle, ça pourrait être intéressant, car dans les aulnaies en situation dense, ils peuvent atteindre de fortes tailles (28-33 m).

    Malheureusement cette espèce connaît un déclin dans une grande majorité des régions françaises est cela pour une raison de contamination avec hybridation de deux espèces de champignons pathogènes.
    On parle alors de recéper les troncs ou les conduire en cépées de façon à ralentir le problème en favorisant les jeunes pousses et éviter la chute des arbres.

    https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2010/09/deperissement-des-aulnes-glutineux-phytophtora-alni.pdf

    – – – – –
    J’ai de l’aulne blanc et de corse qui poussent en Alsace, il faudrait que j’en vois un peu plus, qui sait si des spécimens n’accosteront pas sur le blog !

  8. 18 septembre 2010 à 01:20

    Suis zaloux! zen ai pô trouvé d’aulnes moi d’abord.

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