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Arbres remarquables dans le Tarn

Il y a presque un an, je vous avais présenté un beau livre sur les arbres remarquables & les paysages tarnais [1], et par le plus grand des hasards je suis tombé sur un .pdf synthétisant les données contenues dans l’ouvrage. Un beau département avec des paysages fantastiques, et pourtant peu d’arbres du Tarn se sont dévoilés jusqu’à présent :

Ci-dessous une liste de 80 arbres tarnais, alors… à vos décamètres & appareils photos !

Quelques mots de Jean-Louis Étienne préfaçant la plaquette [2] :

« En rentrant de ma longue marche en solitaire au pôle Nord, après des mois coupé du monde, dans un univers glacial, sans autre bruit que celui du vent, sans autre couleur que le bleu et le blanc, sans autre odeur que ses propres effluves, immergé dans cet univers sensoriel autiste, j’avais quitté les repères de la planète Terre. »

« Je me souviens avec force du retour au pays, dans cette campagne où j’ai grandi. Ce moi qui redécouvrait la nature tarnaise où j’ai grandi. Ce moi qui redécouvrait la nature tarnaise était un autre homme, l’esprit lessivé par une retraite polaire des plus exigeante. Après des mois, tendu vers ce point immatériel qui culmine au septentrion du monde, je venais d’accomplir un acte majeur dans mon parcours personnel et je me sentais léger, libéré du poids du pari insensé que je m’étais inventé. C’était l’aube d’une renaissance. Le sevrage de la nature avait fait son œuvre et j’avais soif d’Elle. »

« Je me roulais de plaisir dans l’herbe grasse du printemps, j’en aurai presque mangé. Jamais la nature tarnaise ne m’était apparue aussi luxuriante, colorée, sauvage, riche de mille espèces. Combien d’insectes, d’oiseaux, de fleurs, de plantes, d’arbres, de fruits, de baies sauvages, de fragrances… Jamais le regard sur ces paysages mille fois croisés, n’avait suscité autant d’émotion. Érodé par l’habitude, notre environnement quotidien souvent se banalise, perd sa capacité à nous émouvoir jusqu’à devenir le décor routinier de l’existence.

« L’esprit détaché de tous les codes et les repères locaux, je jouissais d’un regard neuf sur ces paysages dont je redécouvrais la beauté. Je réalisais combien la lecture d’un paysage est un instantané saisi à l’aune de ses sentiments, de sa clémence, de l’encombrement des soucis de l’existence, de sa disponibilité à le recevoir. Le temps de l’émotion, ils incarnaient la puissance de la création, ils transcendaient mon envie de vie. Je réalisais aussi combien ce département est riche de paysages d’une exceptionnelle diversité, concentrés sur un petit territoire. »

« Des images du Tarn, j’en ai toujours logé dans ma mémoire ; elles m’ont accompagnées dans les expéditions lointaines : la houle d’un champ de blé caressé par le vent, un chemin creux qui sent la bouse entre deux haies de prunelliers, les dentelles de givre sur les bouleaux de la Montagne Noire… Ces liens avec les racines, comme un refuge que l’on porte en soi,  m’ont aidé à tenir dans les moments difficiles, ont nourri mes aventures des plus intrépides audaces. »

« En ce sens, cet ouvrage est pour nous tous un réservoir d’images, d’émotions, de beautés, de souvenirs, de connivences qui nourrissent l’âme et nous accompagnent en silence… mais pour combien de temps encore… ? Il revient à chacun de nous de participer à leur conservation. »

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Catégories :Recensements
  1. Sisley
    7 août 2010 à 18:22

    Oui, je l’avais trouver en fouillant sur le chêne de Saix.
    ça a l’air bien fourni, mais pour attraper des données, c’est une autre paire de manche !

    Alors si un humble visiteur passe à Combefa ou à Lacaza, on aurait du beau cormier et du buis à interroger !

  2. 9 août 2010 à 11:20

    Et pourtant de mon côté j’ai aussi essayé d’obtenir un peu plus d’infos.
    Mais vu qu’en ce moment on est sur une belle vague, je ne désespère pas !
    Un reporter du Tarn finira bien par nous rejoindre…

  3. julien46
    11 août 2010 à 13:48

    Un jour Jean-Louis Etienne racontait à un interviewer qu’avant de partir en expédition dans l’antarctique, il s’était planté devant un vieux chêne du Lot et le regardant, il tentait de s’en imprégner totalement pour l’emporter avec lui dans son âme.
    Au moyen age, quand deux guerroyeurs se brûlaient les récoltes, cela faisait parti de la guerre mais si l’un abattait un arbre du domaine de l’autre, il y avait là un sacrilège car l’arbre est œuvre divine alors que la récolte n’est qu’œuvre humaine…
    Alors en regardant à mon tour ces arbres qui vieillissent bien mieux que nous, je me suis mis à les imaginer à chaque saison, grandissant encore, bousculant rochers ou fondation pour trouver leur place, se faufilant agilement dans les espaces libres et offrant toujours les plus belles couleurs, le plus beau sons avec le vent…

    http://tyobazz.blogspirit.com/

    • 23 août 2010 à 11:05

      Salut Julien,

      merci pour ces mots, « l’arbre est une œuvre divine… »

      merci aussi pour le lien vers « One man froggie’s Blues Band »
      (encore un cousin de la nébuleuse des batraciens 😉 )

  4. Paul Arrighi
    22 août 2010 à 13:19

    1
    Mon cher Châtaignier
    Toi, mon grand châtaignier
    où bruissent tant de feuilles,
    tu domines la plaine
    et les bois alentours,
    voguant comme un vaisseau,
    sur des flots de granit.
    et déployant tes branches
    comme un géant sublime.
    2
    Toi, mon vieux châtaignier
    si noueux, si solide;
    tu as vu, tant d’étés secs,
    qui n’en finissaient plus;
    si âcres et si brûlants,
    et qui séchaient la terre
    qu’il te semblait brûler
    au souffle du «Libecciu».
    Toi, mon beau châtaignier
    si vert dans tes atours,
    tu as hébergé des geais
    et des merles siffleurs.
    Même si ton voisin
    le cerisier charmeur
    te prenait pour un temps
    leurs faveurs de gourmet.
    Toi, noble châtaignier
    Tu vis tant d’invasions,
    qui venaient de la mer
    et tu donnas asile
    au clair des fougères
    aux proscrits, aux bannis
    qui luttaient pour leurs terres,
    pour le droit de choisir.
    Toi seul pouvais vraiment
    nourrir un peuple entier
    de tes bogues si vertes
    devenues des châtaignes
    dont la fine farine
    donne ce goût si suave
    aux beignets et «polenta.»
    de l’amour fait cuisine.

    Paul Arrighi – août 2010.

  5. 23 août 2010 à 11:07

    Bonjour Paul,

    merci beaucoup d’avoir laissé tes mots dans la forêt,
    ah ce que c’est bon d’entendre la musique de la poésie !

  6. pierre
    13 février 2013 à 18:23

    le livre est beau mais certains passages semblent un peu pédants…

  1. 15 juillet 2014 à 05:12

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