Accueil > Évènements > Un voyage exaltant sur le Rafiot des Cimes avec Port Libre

Un voyage exaltant sur le Rafiot des Cimes avec Port Libre

Il y a des gens qui vous résonnent sans qu’ils s’en aperçoivent…

En remontant la piste des visiteurs du blog il y a quelques mois, j’avais découvert Port Libre, une association « arboriculturelle » qui évolue entre l’éphémère et le durable… Un collectif réunissant des passionnés dans les cimes des arbres (grimpeurs, arboristes, architectes, plasticiens, sculpteurs, cordistes, musiciens, conteurs…), conquis par leur approche je les avais mis en lien sur le blog, quelques courriers échangés mais sans jamais se croiser. Et c’est le festival Téciverdi qui joua l’entremetteur… ce fut une belle rencontre humaine !

____

Hardis marins ou fieffées coquines,
à l’époque de la marine à voile vous arpentiez Terra Incognita sur des coquilles de noix.

Du creux des ressacs aux volcaniques îles, du chant des forêts aux sirènes ailées,
l’aventure semblait infinie… Le poète n’avait qu’à lever la main…

Aujourd’hui, qui mène nos rêves… La lucarne hypnotique ?
Qui pense encore à caresser les étoiles…et goûter les racines de la création ?

A l’aube, tandis que lentement vous émergez de vos songes salés, un jardin de port s’est érigé au cœur de la cité. En déambulant parmi ses diverses activités liées au conditionnement des plantes et des graines, des gréements à vérifier, des cordes à rabouter, des provisions d’eau douce et de rhum à prévoir, sans doute apercevrez vous amarré, ou plutôt échoué, un drôle de rafiot ! La légende rapporte que son terrible capitaine, le Pernambouc, fut exilé des Océans après avoir coulé le vaisseau La Providence qui ramenait à son bord l’Arbre de la Connaissance.

Depuis il attend qu’un équipage au pied fleuri accepte d’embarquer en sa compagnie pour un voyage vertical à la recherche de l’ultime rameau ! La mise à l’air du rafiot ne pourra se faire que lorsque ses cales seront remplies de chansons, sonnets, billets doux… Jeter l’encre jusqu’aux racines du ciel !

Libres butineurs ! Botanistes voyageurs ! Joyeuses écorssaires ! Qu’attendons nous pour mettre les voiles, capeyer vers les cimes, habiter le verbe Hêtre, Micocoulier, Cèdre, Figuier, Angélique… Ce véritable trésor de l’humanité… L’Arbre de Vie.

Amarré à des arbres élevés, le Rafiot des Cimes hume le vent, il attend l’équipage.

Tout public de 7 à 77 ans qui le désire peut se hisser à son bord et partir à l’aventure, l’accès est même possible aux personnes à mobilité réduite grâce à l’ascenseur à énergie humaine…

Le Rafiot des Cimes n’est pas la représentation d’un spectacle ; ni un parcours acrobatique dans les arbres ; encore moins un tour de manège.

Mais qu’est-ce alors ? Une expédition dans la canopée ; un autre point de vue du quartier ; une invitation à un voyage vertical ; des jardins éphémères, flottants entre air et mer, peuplés de phytosophes perchés… entre radeau de la méduse et nef des fous.

Un voyage exaltant, allongé sur ce Rafiot le regard attiré par les cimes des arbres ondulant dans le vent… Un périple hors du temps, entre ciel et terre – une parenthèse de pur bonheur. Des sourires, des rires… l’équipage était fin prêt pour naviguer sur les légendes, et l’histoire d’Humbaba nous fut contée… Avant de redescendre sur Terre d’un saut en chute libre…

Merci pour ces instants magiques, et à bientôt dans les arbres !

Perché bien haut sur ce Rafiot, les mots d’un copain me sont revenus en mémoire…

« Lorsque j’ai relevé le front
Il s’est cogné contre le plafond
Et le plafond a éclaté
Je ne faisais que passer
Monter plus haut
Toujours plus haut
Caresser le cri des oiseaux
L’altitude m’appelle, je l’entends
Le ciel envergure, le vent
(…)
Grimper, envahir le vide
C’est la verticale qui me guide
Je n’ai plus rien à perdre en bas
Que le plancher garde mon poids
J’espère et saisis toutes les perches
Je fouille l’intuition, je cherche
Je sais où mène ce chemin
Le reste s’apprend sur le terrain
(…)
Monter plus haut
Toujours plus haut
Jusqu’à la couleur de ta peau
Jusqu’à la main que tu me tends
Jusqu’à tes lèvres, jusqu’à tes dents
Si je ne tiens pas l’équilibre
Qu’au moins ma chute soit libre
Le vertige me soulève, je t’aime
Regarde mes ailes brûlantes
Je t’aime
(..)
Comprenez ma soif de soleil
N’y comprenez rien c’est pareil. »

« Altitude » – La Rue Ketanou (des voisins et de bons amis)

Catégories :Évènements
  1. Yanick
    15 juillet 2010 à 09:01

    J’ai l’impression que tu n’en es pas encore redescendu !!!
    Et le rafio a déjà l’intention de revenir à quai pour la prochaine édition.

    Et vive le Pernanbouc si cher à Gilles !!!

  2. 15 juillet 2010 à 09:27

    je savais bien que tu ferais le lien avec son crin-crin !

    ben oui, pas encore redescendu du Rafiot… et de la canopée…

    • Yanick
      15 juillet 2010 à 09:45

      Et oui quand ça touche à la lutherie ça n’a pas trop de secret pour moi.
      Pernanbouc, j’ai toujours bien aimé ce mot, il sonne comme une énigme.

  3. 15 juillet 2010 à 11:00

    Pareil, j’aime bien le pouvoir d’évocation de ces noms lointains,
    Pernanbouc, Zanzibar, Malabar, Darjeeling, Tombouctou, Madagascar…

  1. No trackbacks yet.

Laissez vos mots...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s