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Le gros chêne du Baou de La Gaude, Saint-Jeannet (Alpes-Maritimes)

Voici un des chênes emblématiques du Sud de la France, situé sur la commune de Saint-Jeannet, légendaire car de par sa position dominante sur le sommet du Baou de La Gaude, il est raconté localement qu’il fut autrefois un chêne sacré.

Un chêne dont je cherche des photos & mesures depuis longtemps, et c’est sur un site internet consacré aux sentiers autour du village de Saint-Jeannet, que je découvre un itinéraire, quelques photos et une mesure de circonférence. J’ai contacté l’auteur qui a volontiers accepté de me prêter ses clichés, et m’a confirmé la mesure de circonférence.

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Entouré de quatre murets, l’arbre semble s’être installé dans une ancienne bergerie.

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Un tronc qui affiche 6,76 mètres de circonférence à 1 mètre de haut. (ou 8m ?)

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Un grand âge estimé à plus de 400 ans par certains botanistes ; son orientation Est-Ouest, et la présence d’une ancienne pierre polie à l’Est, laissent penser que ce chêne fut autrefois un lieu privilégié pour des cérémonies druidiques ou païennes.

Localisation du chêne du Baou de La Gaude - clic pour agrandir

Merci de nous avoir fait découvrir ce chêne légendaire Georges, cela fait bien longtemps que je cherche à le retrouver. Sans aucun doute un des plus beaux chênes du Sud de la France, mais c’est un arbre qui se mérite : comptez environ 50 minutes de marche au départ de Saint-Jeannet (accessible à tous). A ses pieds s’étalent des paysages merveilleux, une balade qui assurément vaut le détour. Cet ancien chêne sacré accueille encore sous sa ramure quelques initiés lors des sabbats majeurs et durant la nuit des étoiles filantes…

Si vous décidez de randonner jusqu’à ce chêne, consultez les fiches contenues sur le site de l’association “Sentiers et villages des Baous”, vous y trouverez une foule d’informations sur les chemins de ce pays, des liens pour trouver un hébergement… c’est par ici.

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Sur le même site, “Plaidoyer pour un Grand Arbre” par Jean Laffitte [1].

Je  me  suis  posé  la  question  de  savoir  pourquoi  les  hommes  ont  affublé  du  terme  de  « gros »,  cet  arbre majestueux, symbole de force et de longévité. Le « gros chêne ».  Comment a-t-on pu désigner ainsi un arbre plusieurs fois centenaire ? Le regard que l’homme pose sur lui est celui d’un médecin face à individu malade : il est gros !

Pourtant, depuis longtemps, les hommes ont aimé cet arbre et avaient compris l’importance qu’il pouvait revêtir à leurs yeux. Ils ont bâti tout autour de lui un enclos et une bergerie pour abriter les troupeaux. A cette époque, toutes les terres aux alentours étaient cultivées et le plateau qui se trouve au-dessus servait de pâturages pour les moutons et les chèvres. Il n’y avait alors plus un seul arbre à la ronde, hormis lui, le chêne, seul point d’ombre et de fraîcheur où pouvaient se reposer et se rafraîchir hommes et troupeaux. Hommes et troupeaux s’en sont allés, lui est resté. Il aura vu aussi la peine et la misère des gens du village venir cultiver sur les terrasses toutes proches pour quelques maigres récoltes. De nos jours, ce sont les randonneurs fatigués qui viennent se reposer et s’abriter de la chaleur étouffante de l’été sous la douce et fraîche ombre de sa ramure. Bien des amoureux s’y sont donnés rendez-vous et il aura été le témoin discret de leurs caresses et de leurs baisers. Sans parler de tous ces jeunes qui sont venus planter leur tente dans la doline toute proche pour se retrouver autour des feux de camp. Il aura vu de belles choses, mais aussi de moins belles et, sans jamais juger quiconque, il aura offert à chacun le repos et la fraîcheur de sa ramure.

Les vents parfois violents sont venus le secouer à maintes reprises sans jamais l’abattre, tandis que d’autres de ses  congénères,  notamment  ceux  du  domaine  des Courmettes  se  sont  cassés  ou  sont  tombés  sous  la  violence  des coups. Plusieurs fois, la neige aura fait ployer ses branches, mais sans avoir raison de lui. Il aura du aussi affronter la chaleur et la brûlure des flammes lors des incendies d’été qui auraient pu le réduire en cendres. Et ne parlons pas des  orages ! Il semble que la foudre évite de le frapper, comme par respect pour sa majesté.

Alors comment voir de la grosseur devant lui ? Personnellement, je n’y vois que grandeur et majesté. Cet arbre mérite notre respect. Aussi je propose que son ancienne appellation de « gros » disparaisse et qu’aujourd’hui on le désigne du nom de « Grand Chêne ». « Aller au Grand Chêne » deviendra alors un acte rempli de respect et d’humilité, comme si on allait à la rencontre d’un grand sage. Reconnaître sa grandeur sera l’occasion de redevenir humble et le regard que l’on posera sur lui sera celui, beaucoup plus respectueux, du disciple face à son maître. On pourra alors venir s’adosser à son tronc et s’imprégner de sa force et de sa sagesse.  Et, lorsque l’on reviendra au village et que les gens nous demanderont d’où l’on vient, on pourra leur dire avec fierté et l’œil brillant : « je reviens du Grand Chêne ». Ils sauront alors la chance que nous avons eue d’avoir rencontré celui qu’on nomme « Le Grand Chêne »… le sage ermite de Saint Jeannet.
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La photo (6) m’a été prêtée par Jeanro, il tient un blog sur ses voyages à pieds, par ici.

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Catégories :Chênes sacrés
  1. 25 mai 2010 à 14:03

    Note :
    la circonférence indiquée pour ce chêne a été prise à 1m de haut, sur certains sites la circonférence annoncée est de 8 mètres (mais à quelle hauteur ?)

    Ceci dit 6,76m ou 8m.. de toute façon c’est un vénérable chêne sacré !
    (faudra juste vérifier ses mensurations dans l’été)

  2. Sisley
    25 mai 2010 à 14:35

    Un arbre au vécu sinueux !!
    Intéressant, toute la description dans le texte de Georges, on apprend à connaître ce vieux chêne.
    Personnellement je n’ai rien contre l’appellation ‘gros chêne’ et je n’y vois rien de péjoratif. Mais il est vrai que beaucoup de chêne portent ce nom. Alors, trouver des des mots des fois plus originaux, ne ferait pas de mal. ‘le chêne d’autrefois’

    D’après des sources, cette espèce aurait été importée vers 1724 en Europe.

  3. 25 mai 2010 à 14:53

    Salut Sisley,

    comme la circonférence, suivant les sources l’essence varie,
    (je pencherai bien pour un chêne pubescent)
    un article qui sera surement mis à jour et corrigé durant l’été…

    et c’est vrai que trouver des noms originaux serait une bonne idée !

  4. cheyenne
    26 mai 2010 à 10:23

    … très enchanteur, ce chêne…. entouré de ses petits murets (j’ai l’impression qu’ils attendent quelques « actifs contemplateurs » pour être un peu remontés….) et vive la pluie au printemps! tout pousse!

  5. 26 mai 2010 à 10:31

    Will avait prédit de la pluie pour mardi…

    Je suis trop content, la clairière va repousser !

    Si on passe par là-bas un jour, on remontera les murs !!

  6. 26 mai 2010 à 11:31

    Un autre « gros » chêne pubescent (6,80m circ) :
    https://krapooarboricole.wordpress.com/2008/02/14/le-gros-chene-de-murs/

    d’autres vieux, dont un de 6,20m de circ :
    https://krapooarboricole.wordpress.com/2009/05/29/chenes-blancs-foret-de-verignon-var/

    et le 3è de cet article, impressionnant pour les Causses calcaires :
    https://krapooarboricole.wordpress.com/2008/12/29/3-chenes-fantastiques-la-bastidette-pontcirq-lot/

  7. Sisley
    26 mai 2010 à 13:41

    Grossière erreur de ma part, j’avais cru avoir lu, chêne blanc.
    Donc les 400 ans, ne seraient pas usurpés !

    Une fois les 5,5 m dépassés, il devient rare d’en observer. Donc c’est une bien belle prise.

  8. 26 mai 2010 à 13:53

    Non pas d’erreur de ta part,
    mais comme les chênes pubescents se font appeler chênes blancs ou chênes noirs suivant la région, alors pour que ça ne prête pas à confusion j’ai modifié l’article en attendant d’avoir des précisions pendant l’été.

    à plus

    • Yanick
      25 juin 2010 à 14:00

      Un des chênes du Défens à Caillan:

  9. 25 juin 2010 à 14:11

    Salut Yanick,

    c’est pratique cette nouvelle présentation, ainsi tout le monde voit où ça commente, et peut rajouter quelques précisions. Merci pour la photo, il va falloir dénicher un reporter pour ce vestige de chênaie. Je vais demander à Didier qui nous avait présenté le micocoulier de Fox-Amphoux et les chênes de la forêt de Vérignon.

    • Yanick
      25 juin 2010 à 15:15

      Ça serait cool et pas trop loin vers Sainte Baume y’a 2 superbes chênes:
      Le chêne de Merlin

      et le chêne d’Heraklès

      Et au niveau du Pic de Bertagne quelques genévriers intéressants !!!

      A part ça c’est sûr que c’est très pratique de voir où se passe les nouveaux commentaires. Fais un petit rappel là-dessus, je suis certain que tout le monde n’a pas vu cette nouvelle fonction.

  10. Yanick
    25 juin 2010 à 15:31

    Oh m… quel c…
    J’suis carrément largué avec tous ces articles, et puis faut dire que tes photos sont pas très ressemblantes !!!!

  11. 25 juin 2010 à 15:38

    ça devient encyclopédique !

  12. 1 juillet 2010 à 20:41

    Contacté la mairie de Callian, et un adjoint à la forêt m’a répondu :

    « Merci de l’interêt que vous portez pour nos chênes remarquables de la forêt de CALLIAN. Je vous informe que la commune avec l’aide de l’ONF ,et la société ENERYO ( parc photovoltaïque) remodéle le cheminement autour de ces arbres,car la présence d’une piste DFCI induit déjà le passage de 4×4, moto, quad,…..sur ce site.
    Pour le moment nous ne souhaitons pas faire « d’appel d’air » pour les promeneurs.
    Je vous demande de nous recontacter à la fin de nos travaux dans une bonne année environ,enfin ce site sera classé dans le périmètre de Natura 2000 vallée de la Haute Siagne. »

    à suivre…

  13. Maria Pierre
    4 octobre 2010 à 10:17

    Bonjour,
    Je suis ravi que ce grand chêne suscite l’intérêt, je viens de découvrir le blog et c’est franchement impressionnant. Je connais cet arbre pour y être allé quelques fois me promener car j’habite Nice et les Baous de St Jeannet et de la Gaude offrent de belles balades. J’ai observé la dernière fois, cela remonte peut-être à dix ans que cet arbre, en relative bonne forme, porte pas mal de bois mort, certaines branches assez grosses même. Je me demandais si ce genre d’arbre gagnerait à être non pas taillé ce qui serait un sacrilège mais débarrassé de ce bois mort qui à mon sens ne peut jouer que contre lui en cas de vent ou de neige et qui de toute façon ne favorise pas la circulation de la sève. Si cette opération avait un sens je pense que ce ne serait pas un problème d’obtenir les autorisations et de réunir des volontaires. Je reconnais qu’il s’est très bien débrouillé seul jusque là mais il est peut-être temps de lui donner un coup de main. Qu’en pensez-vous ?

    • Sisley
      4 octobre 2010 à 21:03

      Bonjour,

      Généralement on procède à l’enlèvement du bois mort, en cas de fréquentation du site par des randonneurs, enfants,..
      Fait-il parti d’un circuit de randonnée ?

      Et mis à part les branches hautes et celles de fortes sections, je ne pense pas que le reste serait nécessaire.
      Ce type d’opération demande néanmoins des connaissances en élagage, du fait des accès difficiles et de l’utilisation d’une tronçonneuse. (ex : arboriste-grimpeur, il en existe à l’ONF, mais je sais pas si l’arbre est basé sur un territoire communal ou domanial)

      En tout cas, l’idée me semble bonne, mais il faudrait justifier une fréquentation et jouer sur l’éventuel(s) risque de chute de branches.

  14. 4 octobre 2010 à 21:55

    Merci d’avoir assuré la réponse Sisley ! 😉

  15. snorre
    28 mars 2011 à 17:39

    le gros chêne c’est très bien, pas besoin d’en faire un récit

  16. 9 novembre 2011 à 22:52

    superbe blog très instructif, merci KRAPO

  17. 10 novembre 2011 à 14:53

    Avec plaisir !!

  18. Vincent
    18 avril 2014 à 17:23

    « son orientation Est-Ouest, et la présence d’une ancienne pierre polie à l’Est, laissent penser que ce chêne fut autrefois un lieu privilégié pour des cérémonies druidiques ou païennes. »

    C’est un joli blogue, mais il faut arrêter de parler de « cérémonies druidiques et païennes » à tout bout de champs, c’est du grand n’importe-quoi. C’est déjà une gageure d’évoquer ce genre de choses pour le VIème ou le VIIème s., mais le XVIIème s., jusqu’après l’édit de Nantes !? C’est tout simplement du délire.

  19. 18 avril 2014 à 17:56

    Bonsoir Vincent,

    Je ne parle pas « cérémonies druidiques et païennes à tout bout de champs ».

    Pourquoi renier ou mépriser les croyances des autres ?

    Le druidisme ne s’est pas arrêté avec le christianisme, et bon nombre de cultes issus des anciennes croyances ont perduré dans les campagnes françaises et ce, même après l’Edit de Nantes.

    https://krapooarboricole.wordpress.com/2009/10/17/le-culte-des-arbres-en-france/

    Le culte des arbres et les cérémonies païennes existent encore de nos jours, j’en ai même été témoin plusieurs fois en Bretagne et en Ecosse.

  20. 18 avril 2014 à 18:06

    La Grande-Bretagne fait du druidisme une religion

    Les fidèles qui vouent un culte à la nature ont désormais leur statut. Le Royaume-Uni a reconnu ce week-end le druidisme en tant que religion.

    C’est la première fois qu’un culte païen est reconnu comme « religion » au Royaume-Uni. Le druidisme, culte celtique vénérant les esprits de la nature, a été reconnu comme tel en Grande-Bretagne, a indiqué samedi la Commission britannique des organisations caritatives.

    Le Réseau des druides (Druid Network), une organisation réunissant les adeptes du druidisme dans le monde, a reçu le statut d’oeuvre de bienfaisance, en tant qu’organisation religieuse, conféré par la Charity Commission (Commission des organisations caritatives).

    Dans sa décision, la Commission estime que « le Druid Network a été établi dans des buts exclusivements caritatifs en vue de la promotion de la religion et dans l’intérêt public ». Le réseau pourra ainsi bénéficier d’un statut fiscal très avantageux. « Cela a été une longue et dure bataille qui a pris plus de cinq ans », a réagi sur son site internet le Druid Network.
    Le retour de l’enchanteur

    Il s’agit du premier culte païen à être reconnu comme « religion » au Royaume-Uni.

    Le druidisme prône l’harmonie entre les êtres humains et la nature. Sa qualification en « religion » est contestée par certains adeptes qui préfère le terme de « spiritualité ». Mais les membres de la communauté druidique vénèrent des divinités, comme le tonnerre, le soleil et la Terre, ainsi que des esprits, comme les montagnes et les rivières.

    Né en Irlande et au Royaume-Uni, il a essaimé à travers le monde, notamment en France et aux Pays-Bas. Il compterait aujourd’hui quelques millions d’adeptes sur la planète. L’engouement pour l’écologie et le recul des religions classiques a provoqué un regain d’intérêt, notamment en Angleterre où le druidisme n’a jamais été aussi populaire depuis l’avènement de la chrétienté, selon ses adeptes.

    http://www.francesoir.fr/actualite/societe/grande-bretagne-fait-du-druidisme-une-religion-57668.html
    http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=20035
    http://www.arte.tv/sites/fr/yourope/2010/11/11/le-druidisme-eleve-au-rang-de-religion-detat/

  21. G.claibois@free.fr
    4 octobre 2014 à 15:25

    C’est un dépotoirs la haut, les visiteurs de ce site n’ont aucune conscience c’est vraiment lamentable bande d’abrutis.

  1. 10 juin 2010 à 14:14
  2. 30 août 2010 à 13:00

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