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Les chênes de Neuwiller-lès-Saverne, La-Petite-Pierre (Bas-Rhin)

Suivons Sisley en forêt, et approchons deux chênes remarquables…

« De Neuwiller-les-Saverne rendons nous au cœur de la forêt de Bouxwiller, où de par une petite route, l’on parvient jusqu’au château de Hunebourg, sur cette même voie, une fois bien descendu la dénivelé, on arrive au croisement de trois routes. Et dans cet endroit fort sympathique, l’on peut distinguer une forme massive dans une petite clairière entourée de résineux. Quand on voit cette scène, il est alors impossible de revenir en arrière, tant la curiosité prend le dessus. A peine une cinquantaine de pas, nous amènent jusqu’à une barrière en bois, depuis laquelle le spécimen rend toute sa force. »

« En tant qu’admirateur des vieux arbres forestiers, il m’est aisément possible d’écrire, qu’à cette vison, je sus immédiatement que j’avais devant les yeux le plus imposant arbre d’ancienne futaie de ma zone d’exploration. Un arbre splendide, se dressant jusqu’à 32 m et qui domine certainement depuis des lustres les arbres voisins. Jadis, il dut probablement faire face à une belle concurrence, jusqu’à atteindre une hauteur suffisante, puis remarqué et épargné il régna en maître bien après ses congénères de jeunesse. Car pour arriver aux 6,30 m de circonférence actuelle, le chemin dura plus de quatre siècles. »

« Autrement dit, un sujet, d’une valeur inestimable, quand on sait que la plupart de ses semblables forestiers de la région dépassent rarement les 200 ans. Récemment, une vieille branche est tombée, fin d’un long processus d’auto-élagage pour manque de lumière et je réussis à compter plus ou moins 75-85 cernes, pour un diamètre moyen de 60 cm. L’ensemble reste très impressionnant, c’est peut-être juste dommage, qu’il ne pas soit situé plus en présence de vieux hêtres et pins sylvestres et non cerné par une ceinture d’épicéa oppressant. Toutefois, pour rester dans l’ambiance, de nombreux sentiers, traversent encore d’intéressantes zones où la sylve adulte montre bien des trésors. »___

« Il vous suffit donc de rejoindre le village de La Petite-Pierre (11 km au Nord-Ouest), fort connu pour son patrimoine datant du moyen âge, et ainsi gagner la forêt qui jouxte ce dernier. Une fois dans le périmètre proche, on remarque de suite, le relief assez escarpé et on entame une légère descente vers un digne représentant des anciennes hautes futaies, et là il devient impossible de manquer le ‘grand chêne’ qui pousse tranquillement à quelques mètres d’un ravin, et trône du haut de ses 37 m surplombant une petite vallée encaissée. »

« Ce spécimen se distingue non seulement par sa position, mais aussi par son long tronc rectiligne où à partir de 15-20 m se forme un beau houppier assez étroit. Pour un tour de 3,39 m, l’ONF l’estime à plus de 240 ans et l’a introduit dans la liste nationale des forestiers remarquables. Je pense que cela part aussi du fait, que les arbres de cette classe ont un certain mérite, comme la croissance moyenne sur les sols gréseux à faible présence de matières riches et très drainant, ne facilitent pas la croissance bien qu’il sait bien s’en accommoder, contrairement au chêne pédonculé qui est plus exigeant. Comme exemple, le cas des sujets de hauts-jets à Tronçais, montrent qu’en ayant subit des pressions latérales toute leur vie, des chênes de diamètre 1,20-1,30 m sont âgés de 280-340 ans dépassent les 40 m. »

« En bref, deux forêts, deux chênes, issus de régimes forestiers différents et ayant chacun à leur manière, plusieurs critères forts de remarquabilité. Des arbres qu’on aimerait un peu plus croiser au détour des sentiers ! »

C’est clair, deux chênes comme on aimerait bien  croiser plus souvent ! Merci pour ces découvertes Sisley, le premier est vraiment fabuleux et dégage une sacrée impression de puissance, une belle rencontre assurément ! Quand au deuxième avec un tronc droit élancé, que dire..? Sinon qu’il est vraiment élégant pour son âge. Si un jour tu viens observer les chênes par ici, tu comprendras à quel point ces grands fûts me manquent, par ici ils sont tordus et rarement dépassent les 30 mètres de hauteur. Vivement les prochaines explorations, de grandes sylves m’ont été signalées vers le Haut Béarn…

Catégories :Chênes forestiers
  1. Francis
    1 mai 2010 à 11:12

    Le premier est sûrement le plus gros chêne forestier que j’ai eu la chance d’observer ! Il en impose ! Et que dire du second, qui s’élance magistralement vers les cieux ! Deux très beaux spécimens.

  2. 1 mai 2010 à 19:52

    Et oui Francis, j’ai remarqué que tu posais encore une fois devant un spécimen ! Quel est ton meilleur profil ?
    LOL

    Deux exemples de ce que la forêt nous propose de mieux.

  3. Sisley
    6 août 2010 à 23:56

    Rectification sur le gros chêne de la clairière.
    Il s’agit en fait d’un pédonculé et non d’un sessile.
    L’erreur fut d’omettre que dans ce vallon humide, l’essence peut bien s’y prêter.

    Voilà.

  4. Sisley
    14 novembre 2010 à 14:06

    En feuilletant des articles des DNA (dernières nouvelles d’Alsace), j’ai pu lire que le gros chêne de Neuwiller, serait l’un des plus arbre d’Alsace avec 450 ans !
    Avant viennent le chêne d’Oberlag, plus de 500 ans et des arbres de montagnes du piémont vosgien, qui sont malgré tout difficiles à dater.

  1. 10 juin 2010 à 15:05

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