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Vieux cormier, Sarre-Union (Bas-Rhin)

Allez ! Après quelques mois passés loin de la belle Alsace bossue, partons donc lui rendre une petite visite. Et pour cela, Sisley a dans ma malle, un très bon sujet d’article qui ravira les amateurs de vieux fruitiers. (clic les photos)

“Il y a quelques années, étant parti à Sarre-Union pour une sortie sur les fruitiers précieux, j’ai fait la rencontre hors-pair, d’un spécimen pour exceptionnel. N’étant qu’un novice à l’époque, je me suis tout de même rendu compte de l’importance d’un tel arbre, que ce soit dans le patrimoine fruitier, ou paysager, il a une place qui lui est d’office réservée.”

“Mon impression première fut d’être éblouie par tant de présence, une ramure s’exprimant dans la profusion, une forme si libre, et une grâce indescriptible, tant son feuillage léger, lui confère cette aisance, quand une fine brise d’été vient lui effleurer le houppier.”

“C’est seulement, par la suite que je me suis rendu compte que mis à part sa beauté, cette essence est aussi d’une rareté notoire, en effet, malgré la présence de quelques individus forestiers très éparpillés, de morceaux de vergers relictuels ainsi que dans des haies, le sorbier domestique reste un grand discret. Raison de plus, de le faire un peu sortir de l’ombre, en exposant quelques splendides vieux exemplaires tel que celui-ci et en réapprenant à mieux les connaître, tout en leur donnant une chance d’occuper à nouveau de façon plus marquée, nos campagnes.”

“Je ne vous pas encore parlé des mesures de notre sujet ! Alors, pour commencer, malgré un écartement du tronc, la circonférence obtenue est de 3,50 m et la hauteur semble osciller dans les 12,5 m. Un bien beau cormier, qui est sans doute le plus gros de cette région de l’Alsace et qui peut probablement en terme d’âge, se situer dans le siècle et demi d’existence, à une vingtaine d’année près.”

“En ce qui concerne son état général, il n’a pas trop à se plaindre, malgré le fait, qu’il contient une grosse déchirure qui fend son tronc du sol aux premières branches. A l’arrière, on observe une amorce de fissure, le tout est certainement du, à la forte tension qu’à subit cette zone, lors de période de grand vents. Car avec un tel houppier les petites faiblesses, ne sont pas toujours très bien tolérées.”

“Cependant, on aperçoit qu’il a produit de petites racines internes, depuis l’intérieur de la cavité, qui puisent le compost, créé jour après jour depuis l’altération du bois pour les intempéries et la micro-faune. Un signe qu’il est loin d’avoir dit son dernier mot et j’espère que si une intervention s’effectue, pour sécuriser le périmètre, ils prendront en compte, le fait que c’est un arbre plus que remarquable. Peut-être juste faire une fixation avec des hauban en croix, dans le houppier pour équilibrer les forces et si nécessaire un cerclage autour du tronc. Je dis ça, car je me suis laissé dire, que l’ONF pencherai pour faire de “l’allègement sur le branchage”, à mon avis, à part supprimer celles qui sont mortes, tenter autre chose, serait inutile.”

“Si le printemps est clément et que ce vieux patriarche mène à bien sa floraison, je vous ferai part de ce moment privilégié (l’arbre est situé sur le bord, à 150 m dans la rue de la gare, à partir de la jonction avec la route de Sarrebourg).”

Marrant d’apprendre qu’il fut un temps où tu n’étais qu’un “novice” (j’ai d’ailleurs du mal à le croire…). En tout cas, il s’agit là d’un vieux cormier magnifique ! Il semble avoir été rattrapé par l’urbanisation, et dénote fortement dans cette zone urbaine. Étonnant cette déchirure du tronc qui laisse apparaitre des racines internes, et comme toi j’espère qu’il sera correctement entretenu, car il s’agit d’un beau patrimoine à conserver.

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Catégories :Cormiers
  1. 5 mars 2010 à 14:25

    Superbe ! Et ces racines internes… je n’en avais encore jamais vu.
    Quelle belle stratégie d’adaptation !

  2. Francis
    5 mars 2010 à 18:38

    J’ai eu l’honneur de pouvoir l’admirer ! une référence ce cormier.
    Ses racines sont vraiment intrigantes.

  3. 5 mars 2010 à 22:27

    Bonsoir,

    Quelle découverte je viens de faire !
    Une véritable encyclopédie sur les arbres. Mon préféré parmi tous ces symboles de vie, à la fois de puissance et de fragilité, c’est l’olivier. Son caractère est noué dans son tronc, et chaque fois que j’en croise un, il s’exprime à mes yeux. Très beau blog que je note dans mes préférés. Car je suis aussi une passionnée de la Nature sous toutes ses formes.

    Amitiés, Julie

  4. 6 mars 2010 à 19:17

    Bonjour et bienvenue dans la forêt Julie,

    au plaisir de te croiser par ici, d’ailleurs le blog est collaboratif alors si au cours de tes aventures tu croises de vieux arbres (oliviers ou autres), je publierais tes photos & mesures avec plaisir !

    à bientôt

  5. Philippe Mercklé
    8 juillet 2011 à 16:06

    Bonjour,
    une petite information qui peut être utile pour la datation de vieux cormiers : nous en avons un dans un verger traditionnel dans le vignoble qui mesure 2,50 de circonférence, son jumeau se trouvait a côté et a dû être coupé pour cause de pourrissement et la souche (qui fait la même taille) comptait 170 cernes. 170 ans pour 2,50 m, ça laisserait (théoriquement) un belle marge pour l’énorme cormier de Sarre-Union, même avec un substrat moins favorable. à bientôt Philippe

  6. 8 juillet 2011 à 19:38

    Bonjour,

    Merci pour les données.

    Dans certains cas je n’ose pas trop m’ hasarder dans des estimations, car les sols de l’Alsace bossue près de Sarre-union sont par moment composés d’argiles riches en mélange avec des roches calcaires et dans le secteur proche, j’ai pu compté sur une souche d’un cormier qui avait un diamètre de 55-60 cm à 1,30 m environ 80 cernes.

    Est-ce le fait qu’il a vécu une partie de sa vie dans une parcelle cultivée ?!.. Je sais que les cormiers utilisés en agroforesterie dans la région de Monptellier donneraient des diamètres situés entre 55 et 60 cm en 70-80 ans.
    La relation céréale – arbre donne de meilleurs rendements.

  7. Despinois
    14 janvier 2012 à 22:17

    Merci pour le blog,

    Dire que j’ai vécu 15 ans dans la région et passé souvent dans ce quartier de Sarre Union sans jamais savoir que ce cormier remarquable existait. Allons les responsables, il n’y a pas que la Fontaine aux Boucs à Sarre Union ! De la publicité locale et de la sauvegarde du patrimoine !

  8. BRETON
    21 août 2014 à 21:42

    Sans hesiter en voyant les photos de ce cormier le plus beau de France, je procederai à renforcer le tronc qui est un tube mecanique , par des tiges filetées de 20m/ m de diametre à l’ horizontale.En cas de coup de vent et pluie c’ est à dire les cas typiques d’ orages , il risque de s’ eclater en deux.La pratique se fait avec succes au Jardin du Luxembourg sur des platanes et hêtres de 150 à 200 ans.Plus de details plus tard.Ne pas reduire le houppier sur ce type d’ arbre à bois tres dur
    Jf Breton Ex Jardinier en Chef Jardin du Luxembourg Paris
    N’ hésitez pas pas à me poser des questions, je vous repondrai et espere le voir prochainement
    Le traité du cormier d’ Evelyne Moinet est fort bien fait.Je m’ occupe en ce moment de classer des arbres dans le PLU de ma commune natale dont un cormier avec des exigences à la hauteur du patrimoine arboré delaissé par bien des elus….

  1. 21 juillet 2010 à 13:24
  2. 14 septembre 2010 à 11:08
  3. 20 septembre 2010 à 18:08
  4. 8 avril 2016 à 21:13

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