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L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎ (Bahreïn)

Un jour qu’on rêvait à de vieux arbres lointains,  Yanick avait évoqué un arbre légendaire « l’Arbre de Vie » qu’il aimerait bien voir arriver sur le blog. Localisé en plein cœur du désert de Bahreïn, la difficulté consistait à trouver un reporter capable de nous envoyer photos et mesures de cet arbre. En fouillant sur le net, j’ai fait la rencontre de Maldita, une blogueuse Bahreïnienne qui a volontiers accepté de devenir reporter arboricole.

Cet arbre s’épanouit dans le désert où presque aucun autre signe de vie n’est visible…

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 2L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 3

Des discussions se sont engagées [1] pour savoir comment cet arbre fait pour survivre dans un tel milieu, mais aussi pour déterminer l’espèce : s’agit-il d’un Prosopis cineraria ou d’un Prosopis juliflora ? Les Prosopis peuvent avoir des racines extrêmement profondes capables d’atteindre de façon permanente les couches de sol humide. Prosopis juliflora peut s’épanouir et fructifier même si les eaux souterraines sont salées (salinité équivalente à 75% d’eau de mer). Sa deuxième source d’eau réside dans la condensation de l’humidité de l’air durant la nuit lorsque les feuilles ouvrent leurs stomates. Bahreïn bénéficie d’un très haut taux d’humidité de l’air toute l’année. (clic les photos)

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 4

“Malheureusement, ma dernière visite à l’arbre fut un peu décevante. Puisque c’est l’un des sites touristiques de Bahreïn, et comme il n’y a rien d’autre à voir à proximité, l’arbre est largement visité, mais sans aucun respect : les visiteurs gravent leurs noms sur le tronc, mais pire ils utilisent des bombes de peintures pour taguer l’arbre ! C’était vraiment un triste spectacle. Les branches sont abaissées (peut-être dû en partie aux gens qui y grimpent). Je me suis aussi sentie coupable de grimper sur l’arbre, même si nous ne sommes restés que sur les branches inférieures qui avaient déjà la plus grande partie dans le sol, contribuant ainsi à soulager notre poids.”

L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 5L’Arbre de Vie – شجرة الحياة‎  (Bahreïn) 6

“Nous avons escaladé la clôture, et mesuré le tronc de l’arbre : 148 inches (3,76m circ).”

Merci pour la découverte de cet arbre mythique Maldita, car il s’agit bien d’une merveille de la nature. Tout seul en plein désert depuis environ quatre siècles, où trouve-t-il l’eau et la force pour résister au soleil et aux vents brûlants du désert ? Une réponse est contenue dans le nom donné localement : “l’arbre de vie” – la légende veut qu’il pousse sur le lieu de l’Éden sumérien, ses racines iraient chercher l’eau du puits des origines…

Maldita écrit un blog (en anglais) où vous pourrez découvrir Bahreïn, mais aussi la culture et l’art de vivre des femmes arabes, rendez-lui visite, c’est par ici.
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Comme Bahreïn est la localisation de l’Éden sumérien Dilmun, je saute sur l’occasion pour revenir sur cette histoire fort ancienne… Entre le Tigre et l’Euphrate, des hommes fondèrent la civilisation de Sumer (6è millénaire av. JC). Les Sumériens perfectionnent l’écriture, les bateaux, l’art de bâtir en briques, la roue, l’école, la démocratie, la justice, la monnaie, les impôts et la médecine. Ils fondent des cités avec un prêtre-roi. Ce sont eux qui ont inventé le système sexagésimal de l’heure, la minute et la seconde…

La religion sumérienne a influencé l’ensemble de la Mésopotamie pendant près de 3000 ans, ainsi que les onze premiers chapitres de la Bible (il existe des parallèles évidents).

C’est un sujet qui est parfois polémique, afin de ne créer aucune tension, je citerai Samuel Noah Kramer, assyriologue américain, spécialiste de Sumer et de la langue sumérienne.

L’histoire commence à Sumer, chapitre 22. Paradis

Les chapitres précédents montrent assez le rôle de précurseurs tenu par les Sumériens dans l’histoire générale de notre civilisation. Nos plus vieilles archives : voilà bel et bien ce que représentent, avec ceux de l’Égypte, ces « textes d’argile » exhumés des sables mésopotamiens. Ainsi, depuis cent ans, les fouilles exécutées au Moyen-Orient et en Égypte ont élargi notre horizon historique et reculé de plusieurs millénaires les frontières de l’Antiquité. On ne peut plus aujourd’hui isoler, considérer comme moment absolu de l’histoire, le développement de telle ou telle civilisation. À mesure que s’agrandit le champ de nos connaissances, des « passages » apparaissent entre les divers « îlots » qui mettent en évidence la continuité de l’évolution. Les découvertes qui s’accumulent dans le Proche-Orient illustrent ces rapports de manière significative. Le lecteur, en parcourant les textes que j’ai cités plus haut, n’aura pas manqué d’y percevoir comme un écho, une résonance biblique. Les Eaux primordiales, la séparation du Ciel et de la Terre, l’argile dont fut pétrie la créature humaine, les lois morales et civiques, le tableau de la souffrance et de la résignation de l’homme, ces « disputes » enfin qui préludent à celle de Caïn et d’Abel, tout cela ne nous rappelle-t-il pas, à certains égards, des épisodes et des thèmes familiers de l’Ancien Testament ? De fait, les recherches archéologiques menées dans les « pays de la Bible », et qui ont donné tant de résultats de première importance, jettent une vive lumière sur la Bible même, sur ses origines et le milieu où elle prit naissance. Nous savons maintenant que ce livre, le plus grand classique de tous les temps, n’a pas surgi tout à fait du néant, comme une fleur artificielle émergeant d’un vase vide. Cette œuvre a des racines qui plongent dans un lointain passé et s’étendent jusqu’aux pays voisins de celui où elle est apparue. Cela ne diminue en rien, du reste, ni sa valeur, ni sa portée, ni le génie des écrivains qui la composèrent. Il faut admirer le miracle hébreu, car c’est un miracle que de voir dans la Bible les vieux thèmes statiques briser le cadre de leurs schèmes conventionnels, pour s’épanouir dans cette œuvre avec un dynamisme, une vigueur créatrice, sans équivalents dans l’histoire du monde.

Il est passionnant, pour le déchiffreur de tablettes, le traducteur de textes cunéiformes, de suivre le cheminement des idées et des œuvres à travers ces vieilles civilisations, des Sumériens aux Babyloniens et aux Assyriens, aux Hittites, aux Hurrites et aux Araméens. Les Sumériens n’exercèrent évidemment pas une influence directe sur les Hébreux, puisqu’ils avaient disparu bien avant l’apparition de ces derniers. Mais il n’est guère douteux qu’ils influencèrent profondément les Cananéens, prédécesseurs des Hébreux en Palestine. C’est ainsi qu’on peut expliquer les nombreuses analogies relevées entre les textes sumériens et certains livres de la Bible. Ces analogies ne sont pas isolées ; elles apparaissent souvent « en série » comme on va le voir : il s’agit donc d’un véritable parallélisme.

J’en donnerai dans ce chapitre un premier exemple, en prenant pour point de départ le poème mythique sumérien intitulé : Enki et Ninhursag. Le texte se compose de deux cent soixante-dix-huit lignes, inscrites sur une tablette à six colonnes, qui appartient à l’University Muséum de Philadelphie. Le thème en est celui du « paradis », non pas à vrai dire du paradis terrestre au sens où l’entendra la Bible, mais de celui qui fut aménagé pour les dieux mêmes, sur la terre de Dilmun. Il existe, dit le poème, une contrée nommée Dilmun. C’est un pays « pur », « propre » et « brillant », un « pays des vivants », où ne règne ni la maladie ni la mort :

À Dilmun, le corbeau ne pousse pas son cri,
L’oiseau-ittidu ne pousse pas le cri d’oiseau-ittidu,
Le lion ne tue pas,
Le loup ne s’empare pas de l’agneau.
Inconnu est le chien sauvage, dévoreur de chevreaux,
Inconnu est le…, dévoreur de grain.
……………………………………………………………………………………
Celui qui a mal aux yeux ne dit pas :« J’ai mal aux yeux » ;
Celui qui a mal à la tête ne dit pas : « J’ai mal à la tête » ;
La vieille femme ne dit pas : « Je suis une vieille femme »;
Le vieil homme ne dit pas : « Je suis un vieil homme.»
……………………………………………………………………………………
Celui qui franchit le Fleuve ne dit pas :…
Autour de lui les prêtres en pleurs ne tournent pas,
Le chanteur ne pousse aucune plainte,
À l’entour de la ville il ne prononce aucune lamentation.

Il manque toutefois quelque chose à Dilmun : l’eau douce, indispensable aux animaux et aux plantes. Enki, le grand dieu sumérien de l’eau, ordonne donc à Utu, le dieu du soleil, de faire sortir l’eau douce de la terre et d’en arroser abondamment le sol. Dilmun devient ainsi un jardin luxuriant, où les vergers alternent avec les prairies. Ninhursag, la grande déesse-mère des Sumériens, qui était peut-être à l’origine la Terre-Mère, a fait pousser huit plantes dans ce paradis des dieux, après avoir donné naissance à trois générations de déesses, engendrées par le dieu de l’eau. On ne saisit pas très bien, du reste, le sens de ce procès assez compliqué, mais le poème y insiste et il souligne aussi le fait que ces accouchements ont eu lieu sans douleur.

La déesse Ninmu est sortie sur la berge,
Enki, parmi les marécages, regarde autour de lui,
regarde autour de lui.
Il dit à son messager Isimud :
« N’embrasserai-je pas la belle jeune fille ?
N’embrasserai-je pas la belle Ninmu ? »
Isimud, son messager, lui répond :
« Embrasse donc la belle jeune fille,
Embrasse la belle Ninmu.
Pour mon roi, je ferai souffler un grand vent. »
Tout seul, Enki prend pied sur son bateau,
Une deuxième fois, il y…
Il serre Ninmu contre lui, il l’embrasse,
Il verse la semence en son sein :
Elle reçoit la semence en son sein, la semence d’Enki.
Un jour ayant fait son premier mois,
Deux jours ayant fait ses deux mois,
Neuf jours ayant fait ses neuf mois, les mois de la maternité,
Ninmu, comme la crème-…, comme la crème-…,
comme la bonne, la merveilleuse crème,
Donne naissance à la déesse Ninkurra.

Les autres déesses ayant été semblablement mises au monde, Ninhursag crée les huit plantes. Mais Enki, curieux sans doute d’en connaître la saveur, les fait cueillir par son messager Isimud. Celui-ci les présente à son maître, qui les mange l’une après l’autre.

Enki, parmi les marécages, regarde autour de lui,
regarde autour de lui.
Il dit à son messager Isimud :
« Je veux décréter le sort de ces plantes,
je veux en connaître le « cœur ».
Quelle est, je te prie, cette plante ?
Quelle est, je te prie, cette plante ? »
Isimud, son messager, lui répond :
« Mon roi, c’est la plante-arbre », lui dit-il.
Il la coupe pour Enki, qui la mange.
« Mon roi, c’est la plante-miel », lui dit-il.
Il la cueille pour lui, qui la mange.
« Mon roi, c’est la plante-mauvaise-herbe du chemin ( ?) », lui dit-il.
Il la coupe pour lui, qui la mange.
« Mon roi, c’est la plante-d’eau » lui dit-il.
Il la cueille pour lui, qui la mange.
« Mon roi, c’est la plante-épine », lui dit-il.
Il la coupe pour lui, qui la mange.
« Mon roi, c’est la plante-câpre », lui dit-il.
Il la cueille pour lui, qui la mange.
« Mon roi, c’est la plante-… », lui dit-il.
Il la coupe pour lui, qui la mange.
« Mon roi, c’est la plante-casse », lui dit-il.
Il la cueille pour lui, qui la mange.

Mal en prend à Enki, car Ninhursag, saisie de colère, le maudit et le voue à la mort. Puis, pour être sûre de ne pas se laisser attendrir ni revenir sur sa décision, elle quitte les dieux et disparaît.

Enki décréta donc le sort de ces plantes
et il connut leur « cœur »
Mais alors Ninhursag maudit le nom d’Enki :
« Jusqu’à ce qu’il soit mort,
plus jamais je ne le fixerai avec l’Œil-de-la-Vie ! »

La santé d’Enki commence donc à décliner ; huit parties de son corps sont atteintes de maladie. Or, tandis que lui-même perd rapidement ses forces, les grands dieux sont assis, en deuil, dans la poussière. Enlil, le dieu de l’air et le roi des dieux sumériens, paraît incapable de faire face à la situation. Intervient alors, on ne sait pas pourquoi, un nouveau personnage : le renard. Il déclare à Enlil que, contre une récompense convenable, il se charge de ramener Ninhursag. Enlil accepte. Comment le renard s’y prend-il pour parvenir à ses fins, nous l’ignorons, car le texte présente en cet endroit une lacune. Toujours est-il que Ninhursag revient parmi les dieux. À son arrivée, Enki est au plus mal. Elle le fait asseoir à côté d’elle, lui demande quelles parties de son corps le font souffrir. Enki les énonce une à une et Ninhursag crée huit divinités pour guérir les huit maladies.

Ninhursag fait asseoir Enki auprès d’elle :
Mon frère, où as-tu mal ?
– Mon… me fait mal.
– Au dieu Abu j’ai donné naissance pour toi.
Mon frère, où as-tu mal ?
–  Ma mâchoire me fait mal.
–  Au dieu Nintulla j’ai donné naissance pour toi.
Mon frère, où as-tu mal ?
– Ma dent me fait mal.
– À la déesse Ninsutu j’ai donné naissance pour toi.
Mon frère, où as-tu mal ?
–  Ma bouche me fait mal.
–  À la déesse Ninkasi j’ai donné naissance pour toi.
Mon frère, où as-tu mal ?
– Mon… me fait mal.
– À la déesse Nazi j’ai donné naissance pour toi.
Mon frère, où as-tu mal ?
– Mon bras me fait mal.
– À la déesse Azimua j’ai donné naissance pour toi.
Mon frère, où as-tu mal ?
– Ma côte me fait mal.
– À la déesse Ninti j’ai donné naissance pour toi.
Mon frère, où as-tu mal ?
– Mon… me fait mal.
– Au dieu Enshag j’ai donné naissance pour toi.

Tel est le mythe sumérien. On voit qu’il ne manque pas de points communs avec le texte biblique. Précisons-les.

Tout d’abord, ce paradis – dont la notion même semble bien être d’origine sumérienne, au Moyen-Orient – a une situation géographique déterminée. Il est probable en effet que le pays de Dilmun, où le placent les Sumériens, se trouvait dans le sud-ouest de la Perse. Or, les Babyloniens, peuple sémite qui vainquit les Sumériens, situèrent dans cette même région leur « pays des vivants ». Quant à la Bible, elle indique que « Yahweh » plante un jardin en Éden, du côté de l’Orient (Genèse, n, 8). « Un fleuve, ajoute le texte de la Genèse (n, 10-14), sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là il se partageait en quatre bras. Le nom du premier est Phison…, le nom du second fleuve est Gihon…, le nom du troisième est le Tigre…, le quatrième fleuve est l’Euphrate. » Ces indications permettent de penser que le Dilmun sumérien et l’Éden hébraïque ne faisaient qu’un à l’origine.

Deuxième point : le passage du poème, Enki et Ninhursag, qui relate comment le dieu du soleil arrose Dilmun avec l’eau douce sortie de la terre correspond avec celui de la Bible (Genèse, n, 6) : « Un flot montait de la terre et arrosait toute la surface du sol. »

Troisième point : la malédiction prononcée contre Eve : « Je multiplierai tes souffrances et spécialement celles de ta grossesse ; tu enfanteras dans la douleur… » implique un état supérieur, celui que décrit le poème sumérien où la femme accouchait sans souffrir.

Quatrième point enfin : la faute commise par Enki en mangeant les huit plantes de Ninhursag fait songer au péché dont Adam et Eve se rendent coupables en mangeant le fruit de l’arbre de la connaissance.

Une analyse plus attentive nous amène même à une constatation encore plus étonnante. Elle fournit l’explication de l’une des énigmes les plus embarrassantes de la légende biblique du paradis, celle que pose le fameux passage où l’on voit Dieu former la première femme, la mère de tous les vivants, d’une côte d’Adam (Genèse, n, 21). Pourquoi une côte ? Si l’on admet l’hypothèse d’une influence de la littérature sumérienne – de ce poème de Dilmun et d’autres semblables – sur la Bible, les choses s’éclairent. Dans notre poème, l’une des parties malades du corps d’Enki est justement une « côte ». Or, en sumérien, côte se dit : ti. La déesse créée pour guérir la côte d’Enki est appelée Ninti, « la Dame de la côte ». Mais le mot sumérien ti signifie également « faire vivre ». Les écrivains sumériens, en jouant sur les mots, en vinrent à identifier « la Dame de la côte » à « la Dame qui fait vivre ». Et ce calembour littéraire, l’un des premiers en date, passa dans la Bible, où il perdit naturellement sa valeur, puisqu’en hébreu les mots qui signifient « côte » et « vie » n’ont rien de commun.

C’est en 1945 que je découvris cette explication. Je m’aperçus plus tard que l’hypothèse à laquelle j’étais arrivé de mon côté avait déjà été suggérée, trente ans auparavant, par un grand assyriologue français, le père Vincent Scheil, ainsi que me l’apprit l’orientaliste américain William Albright, qui fit paraître mon travail. Cela ne la rend que plus vraisemblable.

Samuel Noah Kramer, L’histoire commence à Sumer, pp.191-198.

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Le lieu de l’Eden biblique se situerait en Irak à Al-Qurna (70 km au Nord d’Al-Basrah), où l’on pouvait trouver l’Arbre d’Adam (Tree of Knowledge of Good and Evil). L’arbre sacré est mort en 1944, mais un jeune plant a pris la relève.

Un dossier complet sur cet arbre légendaire est disponible ici.

  1. Sisley
    17 février 2010 à 00:03

    Quel arbre époustouflant !!
    S’affranchir du désert à ce point, c’est déjà plus que remarquable, mais alors croitre avec une telle ampleur c’est encore plus inouïe.

    On va monter une antenne au Moyen-orient à ce rythme l !(lol)
    N’empêche, c’est vraiment sympa, que des autres blogueurs ou habitants des lieux proches, participent à collecter et fournir l’info.

    On a plutôt de quoi penser à Prosopis cineraria, étant natif du secteur, alors p. juliflora. a été importé en Asie, et considéré comme mauvaise herbe du fait, de son caractère invasif,…. ??!
     » Prosopis juliflora est originaire du Pérou, Chili et Argentine. Il s’est propagé au Mexique, au Sud des Etats-Unis, Nord-est du Brésil, en Bolivie, Colombie, El Salvador, Nicaragua, Uruguay, Vénézuela, les Antilles et les Bahamas. On le trouve aussi maintenant en Iran, Inde, Afrique du Sud et Australie. »

    et les différents prosopis, effets et utilisations globales :
    http://www.fao.org/docrep/007/y5507f/y5507f11.htm

  2. 17 février 2010 à 00:22

    Salut Sisley,

    tu as vu ce prodige !!

    C’est chouette de trouver des reporters sur les lieux (c’est parfois des semaines d’investigation…), mais c’est tellement sympa d’échanger avec des gens d’autres pays, d’autres cultures ; et à chaque fois nous nous accordons sur les vieux arbres. D’autres découvertes viendront du Maghreb…

    Merci pour le lien FAO sur les prosopis.

    Dans un autre document de la FAO « Essences combinant la tolérance au sel, la résistance à la sécheresse et la résistance au vent », 3 variétés de P. Juliflora sont recensées dans la région : Prosopis juliflora (race locale de Koweït) / Prosopis juliflora (race locale de l’Inde) / Prosopis juliflora (race locale de Bahrein)

    http://www.fao.org/docrep/006/t8385f/T8385F03.htm

  3. 17 février 2010 à 09:35

    L’illumination : prosopis africana !
    Merci pour ton lien Sisley ! Grâce à toi, je sais enfin ce qui pousse dans un pot de fleur de mon salon depuis 12 ans.

    Et merci pour cet article grandiose, Krapo, il y a tout : Histoire, civilisation, vieil arbre de légende, solidarité internationale. Un monde meilleur en virtuel ?

  4. 17 février 2010 à 13:09

    Salut Gilles,

    cela fait longtemps que j’étais sur sa trace… C’est un arbre magnifique, légendaire pour les peuples du désert (l’arbre de vie), et bien qu’il ne soit pas si vieux, sa localisation me permet d’introduire de très vieux mythes qui nous ramènent à l’aube de l’humanité (- 6000 av J.C). 😉

    Un « monde meilleur » posé dans le virtuel, mais tout cela prend source dans le monde réel : il m’aura fallu trouver une reporter arboricole à Bahreïn (ce qui n’a pas été chose facile), mais encore une fois grâce aux vieux arbres, les portes se sont ouvertes… solidarité arboricole ?

  5. 11 mars 2010 à 12:57

    Très émouvant article
    n’étant pas une spécialiste en botanique
    le côté « humain » me parle plus
    (ce rappel de Summer remonte aux cours de sixième…)
    Bonne continuation dans la fraternité arboricole !

  6. 18 février 2011 à 15:09

    Bonjour, je vous découvre suite à une recherche sur l’arbre de la vie, après avoir lu l’

  7. 18 février 2011 à 16:24

    Bon, problème, je ne sais pas ce qui c’est passé mon commentaire s’est affiché avant que je termine! Je continue:je vous découvre suite à la lecture sur maxiscience sur l’arbre de la vie que j’ai ensuite recherché sur internet. Génial, votre blog et l’article!Moi aussi je me suis intéressée aux origines des textes bibliques depuis fort longtemps, et c’est avec plaisir que j’ai lu votre commentaire, ce texte summérien, et le lien sur wikipédia. Je ne manquerai pas également un autre jour de faire un petit « coucou » de remerciement à Maldita votre amie blogueuse de Bahreïn.
    Petite précision: le lien textes hébreux – textes sumériens, à mon avis passe plutôt par Babylone où les hébreux furent asservis en exil longtemps avant d’être libéré par le magnanime Cyrius, roi de Perse! Les cananéens faisaient partie de la première vague des peuples indo-européenne, avant la colonisation hébraïque de Canaan. Comme tout colonisateur, la colonisation cherche à briser l’identité culturelle du pays conquis, et les prophètes interdisaient les cultes des Dieux locaux cananéens. Mais il est vrai que l’on retrouve une statue de veau déïfié à Sumer, chez les cananéens, le fameux « veau d’or » de l’exode biblique qu’Aaron accepte et qui déclenche le courroux de Moïse qui ordonne un massacre des « hérétiques ».Le livre de la genèse, imbrique, synthétise en un seul, des textes d’origine culturelle diverse inspirés par différents cataclysmes ou catastrophes naturelles. A mon avis il y a eu des récits de différents lieux que la légende a regroupé en un seul: Dimult comme vous l’expliquez très bien, mais la description du fleuve qui sort d’Eden et se divise en quatre branches et le nom de l’Euphrate cité, m’évoque plutôt une terre actuellement sous les eaux du Golf persique comme l’explique très bien l’article suivant:La Terre du Futur – Et si l’Eden avait té retrouvé ?www.laterredufutur.com
    D’autre part la description du Déluge de la genèse ou des tablettes de Sumer, d’après les lieux cités, m’évoque plutôt le cataclysme qui donna naissance à la mer noire par rupture de la barrière du Bosphore, vers -7000. Pour ceux que cela intéressent rendez vous sur mon deuxième blog http://mariejeannejourdan catégorie histoire et religion.
    Mais votre blog m’intéresse au plus haut point car précisément dans mon site http://www.ecolobabisme.com je propose un monde virtuel « viable » pour l’avenir, et mon cheval de bataille c’est « remplacer le désert par une forêt exploitable ainsi que son sous bois ». Tout ce que j’ai lu sur votre article et le lien avec Prosopis m’a littéralement passionnée!
    En effet je m’étais posée la question de la possibilité des chances d’avoir une plantation de mûriers en Ethiopie ce qui permettrait de lutter contre la déforestation, d’avoir des baies comestibles, du bois d’ébénisterie de qualité, de lancer une activité artisanale de vers à soie et donc de tissage, une fois les laves ébouillantées et débarrassées de leur fil de soie, les utiliser comme source de protéïnes alimentaire pour l’homme et lutter contre la dénutrition(tel que ou en poudre après dessèchement),quant aux papillons qui meurent après avoir pondu, les donner aux poules ce qui constituent égalemment un apport nutritif intéressant, les poules pouvant également être utiles en mangeant les gastropodes qui vivent dans les canaux d’irrigation et véhiculent la Bilharziose qui sévit de manière endémique en Ethiopie. Maintenant je me demande si ce Prosopis ne pourrait pas nourrir des vers à soie de la même manière que le mûrier. En tout cas, si cet arbre résiste, mais est seul, c’est que les graines ne peuvent germer du fait de la sécheresse, mais si le prosopis est indésirable dans d’autres régions car envahissant, des arbres adultes ne pourraient-ils pas être arrachés, remplacer par d’autres plantations, et exportés vers le désert arabique ou Bahreïn? Là il ne menacerait aucune culture, mais au contraire être le point de départ du retour du « vert » sur cette terre(méthode de compostage par broyage de petits bois, culture avec très peu d’eau) et il y aurait plus d’une manière d’en faire une forêt entretenue exploitable. En tout cas si certains sont partisans de la reforestation, merci de faire un tour sur ecolobabisme.com .Sur un de mes sites également j’insiste sur le drame de la destruction de la forêt primaire de l’île de Tasmanie, au sud de l’Australie: c’est un crime contre l’humanité, en cas de cataclysme planétaire volcanique, caldeira de Yellowstone par exemple, ce sera tout l’hémisphère Nord qui en souffrira le plus, hors les terres habitables sont rarissimes dans l’hémisphère Sud, détruire cette forêt primaire c’est détruire un des rares sanctuaires de survie!

  8. 24 février 2011 à 11:50

    Bonjour,
    Je reviens sur le commentaire dans le texte « côte et vie » n’ont rien de commun et au calembour de la dame de la côte et de la vie.
    En fait pour comprendre les textes sumériens et le livre de la genèse biblique, il faut lire les deux ensembles, tant ils semblent étroitement intriqués et s’expliquent mutuellement.
    Dans un article de mon blog sur l’épopée de Gilgamesh, il ressort qu’il s’agirait d’un développement philosophique initié par l’observation des conséquences de la consanguinité d’une part, et d’autre part du métissage qui fait disparaître les caractères récessifs, et va donner lieux à de multiple interprétation, l’enfant a les traits africain du père, donc le père donne la vie, et le culte de la déesse mère des cités fermées du néolithique fait place au culte du Dieu père. De même, il était considéré que l’esprit avait sept corps(stérilité ou malformation liée à plusieurs générations consanguine,mariage avec sa demi soeur(soeur par son père mais pas par sa mère dira Abraham) que l’on retrouve chez Abraham ou les Pharaons, d’où le chiffre 7 sacré. Hors Eve, signifie « la vivante », ce qui deviendra la mère de tous les vivants. Ce poême évoque en fait la vieillesse et les maladies qui affectent le corps avec l’âge, la maladie dans ce cas se résumant à la localisation d’un point douloureux(arthroe par exemple). Ce poême signifie que notre Enki qui sera notre Adam(Adam correspondant non pas à un individu mais une lignée de chefs tribaux) a huit maladies qu’il identifie aux douleurs de l’accouchement pour la femme, et donc il a huit femmes et chacune d’elle lui donne un nouveau corps pour son esprit. Eve est donc la femme qui le régénère en donnant un enfant correspondant à la « maladie » située au niveau de la côte, »la maladie » annonce donc à la fois une mort prochaine, et la vie(sa vie) qui se transmet à l’enfant.
    Votre article m’a passionnée, il va me permettre de compléter mon puzzle d’Adam et Eve jusqu’à Noé, en passant par les textes sumériens. Il y a également un lien entre « larbre de la vie » ,prosopis et l’arbre du jardin d’Eden, l’arbre de la connaissance.Je vous donnerai ma version dans un prochain commentaire.

    • 24 février 2011 à 17:01

      correction erreur: avec la déesse il a huit enfants, chaque enfant correspondant à une perte de vitalité se traduisant par des maladies puis la mort, et à cette vitalité perdue correspond à la force de vie de chacun de ses enfants.
      La description des huit plantes que consomme Enki, pourrait correspondre à une seule:le prosopis, c’est la plante arbre, seul arbre à pousser dans le désert, miel car ses fruits di-cotylédons sont très sucrés et favoriserait les caries, la plante mauvaise herbe car elle envahit tout. Dans la génèse Adam et Eve sont punis pour avoir manger le fruit de « l’arbre de la connaissance ». Hors, dans toutes les coutumes, les communications avec les esprits, le spiritisme,font souvent appelle à des plantes psychotropes, les graines du prosopis peuvent être utilisées pour fabriquer de l’éthanol. Dans la génèse il y a un passage où Noé s’enivre avec le vin de sa vigne puis chasse son fils Cham. Dans tous les récits « épiques » se mêle à la fois un récit d’une épopée humaine, et une interprétation mystique.
      Lorsqu’on lit l’histoire du Golf persique sur le site laterredufutur, on s’aperçoit que vers l’acmée de la glaciation, vers 1400, le golf faisait place à une vallée fertile avec un lac alimenté par l’Euphrate dans lequel se déversait d’autres rivières, et il se jetait directement dans le golf d’Oman ce qui correspond à la description biblique d’Eden. Puis vers 8000, la fonte des glaces fit monter le niveau de la mer progressivement sur plus d’un millénaire puis brutalement le dernier siècle, la vallée fit place à un marécage d’eau saumâtre prospice au développement du prosopis. Une glaciation se traduit par une sécheresse des terres ne subissant pas la glaciation, ce qui explique que la génèse tout comme le texte sumérien, insiste sur l’absence de pluie et sur l’eau montant de la terre. La genèse parle de « brume » montant de la terre et arrosant le jardin. On peut deviner la suite, la consommation des fruits du prosopis dissémina les graines qui envahir la végétation, cette perte de biodiversité fut néfaste pour la tribu, la consommation des graines entraînant des caries, et la consommation d’alcool peut être eurent des conséquences sur la santé, ce qui fut vécu comme un châtiment divin, on essaya peut être d’arracher les racines envahissantes et ce fût le début de l’agriculture, la migration vers des régions plus froide et la génèse garde le souvenir « qu’ils se vêtirent de peaux de bêtes ». Ce fut l’apparition de maladies(qui se développèrent dans les cités états néolithique du fait de la promiscuité entre les hommes et avec le bétail) qui engendra toute une évolution psychologique basée sur « le châtiment divin » et la dénonciation du mal engendrant ce châtiment.Avant il semble que la notion de mort n’existait pas, l’esprit partait du corps dans le dernier souffle ou le sang qui coulait et réapparaissait dans un corps d’enfant. Enki mange les plantes(comme le propolis au multiples aspect semble manger les autres plantes qui disparaissent) de la déesse comme peut être en temps de famine l’anthropophagie touchait les enfants qui apparaissaient comme les « plantes de la déesse ».L’apparition de la notion de mort, apparut comme une punition de l’anthropophagie(survenant dans des périodes de disette et donc de maladie et de mort), pour chaque maladie, naissait un enfant, il fallait qu’il vive pour assurer un corps à l’esprit. Cette notion on la retrouve jusqu’à Moïse où l’aînée d’une fratrie hérite « des prémices de la jeunesse », le meilleur de son père, d’une force vitale importante, d’un père non affaiblie par l’âge ou la maladie.

  9. 25 février 2011 à 10:53

    Bonjour Marie-Jeanne,

    merci pour tes deux commentaires, je prendrai le temps de te répondre dans la semaine.

  1. 9 juin 2010 à 14:12
  2. 28 juin 2010 à 16:41
  3. 26 juillet 2010 à 21:48

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