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Conifères de Nouvelle-Calédonie – Neocallitropsis pancheri

Lorsque Niko m’a fait découvrir le Grand Kaori de Nouvelle-Calédonie [1], il a évoqué l’exceptionnelle richesse arborescente de son ile, notamment en conifères rares et endémiques. Ces essences étant inconnues en métropole, il s’est volontiers proposé de nous faire découvrir quelques spécimens.

Une phrase du père de la botanique calédonienne, qui présente bien les choses :

“Aucune région au monde d’une aussi petite superficie ne possède une flore de conifères aussi riche et aussi originale.” (Tanguy Jaffré)

Neocallitropsis pancheri est un conifère (Gymnospermes) de la famille des Cupressaceae. Le genre Neocallitropsis est monospécifique et endémique à la Nouvelle-Calédonie.

Ce petit arbre (2 à 10m, rarement plus) se rencontre uniquement dans le Sud de la Grande-terre de Nouvelle-Calédonie, sur les terres rouges (sols ultramafiques, nickelifères) érodées, dans la formation végétale que l’on appelle maquis minier. Le maquis minier, bien qu’une formation végétale secondaire, possède un très grand nombre d’espèce (plus de 1100) à 95% endémiques à la Nouvelle-Calédonie.

Cet arbre, très tortueux, est caractérisé par une très haute densité de bois ainsi qu’une huile très odoriférante. Première espèce d’arbre à avoir été mis en interdiction totale de coupe en Nouvelle-Calédonie en 1942, il est aujourd’hui interdit d’en couper dans la nature, même du bois mort.

“Cependant des autorisations ponctuellement accordées de commercialiser des troncs de neocallitropsis morts (collectés par exemple à Yaté au fond du lac quand il est vidé pour contrôle du barrage) ont brouillé la perception du statut de l’espèce par le public, ce qui risque d’encourager les coupes sauvages. Une illustration est à voir sur Internet où coexistent des pages officielles sur la protection de l’espèce et des pages commerciales proposant ce produit sous le nom ancien d’« huile d’araucaria », encore vantée en 2008, soit 66 ans après l’interdiction de coupe, pour « son odeur fine et ses excellentes qualités fixatrices » en parfumerie. Dans ces condition, c’est un parfum trouble.”

Autrefois beaucoup plus présent, il est aujourd’hui beaucoup plus rare et n’existe qu’en petite population éparse et distante, en effet cette arbre a été largement sur-exploité au début du siècle dernier, pour son huile essentielle. La haute densité de ce bois est signe d’une croissance extrêmement lente. Un botaniste local a pris une photo d’un Neocallitropsis pancheri il y a 30 ans de cela et une autre aujourd’hui, on peut comparer les deux photos (prises du même angle), permettant ainsi d’estimer la croissance de l’arbre… il n’ a pas bougé en trente ans  !

La haute densité du bois fait qu’il est également imputrescible, on peut facilement observer des arbres morts toujours sur pied et qui le resteront pendant de nombreuse années. Il y a peu, un tronc d’arbre mort a été sorti de la vase d’un lac dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, le bois était en parfait état, l’arbre a été daté à… 12.000 ans [2]. Cette espèce est encore aujourd’hui en danger, à cause des fréquents incendies, ravageant ce milieu sec qu’est le maquis minier. Aussi à cause de l’activité minière (population de la Tontouta) peu respectueuse de ce milieu exceptionnel et unique au monde.

Merci pour ce chouette portrait Niko, à bientôt pour de nouvelles aventures !

  1. Sisley
    9 février 2010 à 17:57

    Et de deux, plus que 46 ! (lol)

    Fort intéressant comme arb(re)uste.

    Aujourd’hui, on connaît beaucoup mieux cette flore, ce biotope et c’est pourtant une véritable galère pour la protection des différentes zones de l’île.
    L’éco-tourisme est un des points positifs dans l’essor du voyage, mais la non connaissance et/ou ignorance délibérée, des conséquences quant aux dégradations (mines, érosions, coraux, incendies, cueillettes, gibiers et plantes invasives,..) ajoutée à la petite superficie du territoire, rend le problème très délicat.

    J’espère fortement qu’on sera capable de maintenir l’état actuel de préservation et développer plus largement la sensibilisation de la population et vacanciers.

  2. 10 février 2010 à 05:20

    Salut Sisley,

    en véritable passionné Niko nous emmène en balade sur son ile,
    et je dois avouer que c’est un vrai régal de marcher dans ses pas,
    et de découvrir ces cupressus de l’hémisphère Sud, quelles photos !

    Comme tu le soulignes, j’espère que la protection portera ses fruits,
    il s’agit d’un patrimoine exceptionnel, à sauvegarder absolument !

    j’espère que ces virée en mers australes vous plaisent autant qu’à moi,
    car je compte bien continuer à explorer ces territoires du bout du monde…

  1. 9 juin 2010 à 17:59

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