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Platanes hybrides, Issenheim (Haut-Rhin)

Place à Sisley pour un article sous le signe des platanes géants…

Par une chaude journée de fin juin, comme elles peuvent l’être assez intensément, dans la plaine du Rhin, nous nous rendîmes à Issenheim, un village non loin de Guebwiller, afin de retrouver deux individus comme on n’a peu l’habitude d’en voir.

Les arbres étant de réels phares – comme le sont ceux, pour guider l’explorateur près des côtes – la localisation fut sans difficulté. Quelques instants pour arriver sur une placette, où l’étonnement se fait grandissant au fur et à mesure de l’approche. Quand les deux sentinelles de verdure furent bien en vue, quel spectacle, que de constater cette effusion chlorophyllienne s’étaler devant nos yeux ahuris par tant de prestance et de volume. Dans le domaine des platanes, je n’irai pas jusqu’à dire, que ce fut une révélation, mais une forte gifle pour quelqu’un n’ayant pas encore observer auparavant de tels spécimens.

Hauts de leurs 38 mètres et possédant des circonférences de 5,05 et de 5,10 à 1,50m, il va s’en dire que la surprise fut de taille, au vue des mesures si convaincantes.

Probablement plantés pour marquer un évènement, rien de sûr, ils n’auraient pas moins de 200 et quelques années. Ce qui revient une fois de plus, à se rendre compte, de la forte vigueur avec laquelle croît un platane, quand son houppier peut utiliser le moindre espace disponible pour placer et laisser agir son feuillage. Je suis toujours fasciné par les hauteurs que peuvent prendre ce genre d’arbre en situation isolé, alors que d’autres se contenteront d’arriver à une taille plus réduite, pourquoi s’épuiser à prendre de l’ampleur quand on peut se satisfaire d’un houppier trapu et écourté.

L’état général semblait à premier abord, ne présenter aucun signes alarmant, toutefois l’ensemble de la ramure montrait des signes d’une légère sécheresse, chose qui pour le cas du platane, ne présente pas des risques de premier degré, et la présence d’une lucane cerf-volant femelle, laisse à penser que des zones de bois nécrosés sont présentes dans les hautes parties de l’arbre. [1]

Le plus vieil individu français (p.d’orient), à Fervaques, aurait plus de 530 ans pour environ 13 m de tour et les plus grand dépasseraient les 45 m.

Le platane hybride (à ne pas confondre avec platanus acerifolia parfois qualifié d’hybride ce qui est controversé) est une espèce extrêmement rare car il semble que l’on en connaisse deux exemplaires seulement en Europe. L’autre se trouve dans un parc anglais. Il serait issu du platane originel de l’Europe aujourd’hui disparu.” [2]. D’autres disent que ça pourrait être un cultivar de celui d’orient…?

Beaucoup de questions, quant à la détermination du soi-disant, platane originel, donc en émettant quelques réserves, voyons par là :

Le platane hybride à feuilles d’érables ou platanus acerifolia ou p. x hispanica (résultat entre platane d’orient et celui d’occident, obtenu pendant vers 1650 en Espagne puis Angleterre). C’est le plus commun en France, notamment recherché pour sa rusticité, en tant qu’arbre d’ornement. Celui d’occident (États-Unis) à disparu il y a bien longtemps de l’Europe (glaciation), on peut encore en trouver en ornement, réintroduit en 1663, mais cette espèce est apparemment moins résistante, ce qui explique cette faible présence. Celui d’orient (Balkans, Asie mineure) est assez bien répartit dans le sud de la France mais n’arrive pas aux proportions de l’hybride.

Le réel problème que connaît ces 3 sortes, à l’heure actuelle, reste le chancre coloré, un champignon, à priori venu des États-Unis lors de la 2è guerre mondiale et s’en prenant à n’importe quelle arbre. La transmission se fait souvent par les outils de taille, et comme ils sont souvent alignés, regroupés, la propagation est inquiétante.
“… les méthodes de lutte contre maladie sont radicales : abattage des sujets contaminés ainsi que leurs voisins immédiats dans un rayon de 50 m, même si ceux-ci ne présentent aucun symptôme ; destruction par le feu du bois altéré et interdiction de replanter du platane dans un rayon de 200 m pendant une période de 10 ans !”
(source : Face aux arbres, C.Drénou)

C’est pour cela qu’a l’heure actuelle, dans certaines municipalités, on essaye de planter de façon mixte, non plus systématiquement une rangée monospécifique, mais créer une diversité : tilleul, platane, ailante, robinier…

En bref une somptueuse découverte, dans ce département, à la si riche végétation.

Merci pour la découverte de ces deux géants Sisley.

Catégories :Platanes
  1. Sisley
    6 février 2010 à 19:06

    Salut,

    J’ai complétement oublier les circonférences, le livre des remarquables du Haut-Rhin, indique 5 m et j’avais trouvé entre 5,05 et 5,10 m à 1,50 m.

  2. Francis
    6 février 2010 à 19:28

    Beau duo que voilà ! sur la 4ème photo on se croirait dans un Remake de « Où est Charlie?!? ». Mais où est Sisley ! où ? où ? où est Sisley ? Il est caché derrière l’arbre ! bravo pour la mise en scène !lol

  3. 6 février 2010 à 20:53

    Voilà qui manquait à ton palmarès Sisley !
    C’est époustouflant non ?
    Tant de puissance dans les charpentières…

  1. 8 juin 2010 à 15:15

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