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Kaori de l’Hôtel de ville d’Arue, Tahiti (Polynésie Française)

Après avoir présenté les grands kaoris de Nouvelle-Zélande [1], continuons un peu plus au Nord dans l’Océan Pacifique en direction la Polynésie Française, car ce pays d’Outre-Mer abrite lui aussi de vieux kaoris.

Ces conifères des tropiques ont une croissance lente, et ils peuvent atteindre les 50 mètres de hauteur. Autrefois très appréciés dans la construction  navale pour la solidité du bois et la parfaite rectitude de leurs troncs. Plusieurs espèces de kaoris ont été introduites dans les archipels sans qu’aucune fructification n’ait jamais pu être observée.

Au Nord de Tahiti, se trouve un vieux spécimen dans les jardins de la mairie d’Arue.

« Prise à 1 m 40 de haut, la circonférence de l’arbre est de 5,80 m. » (clic les photos)

Ce kaori est un agathis lanceolata originaire de Nouvelle-Calédonie, et l’association Harrisson Smith [2] estime qu’il est le plus vieil individu de son espèce planté à Tahiti.
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Cette commune possède un autre arbre remarquable : un uru (arbre à pain) à haute valeur historique car il est lié à l’épisode historique de Tahiti le plus connu dans le monde.

« En face de l’école Ahutoru, dans l’enceinte de ce qui était auparavant la mairie, pousse un arbre à pain, un « tumu uru », âgé de près de 46 ans. Une plaque commémorative à son pied rappelle que cet arbre à pain est issu de l’une des pousses des trois « tumu uru » originaux et survivants apportés par le capitaine Bligh à la Jamaïque en 1793. On se souvient que le fameux capitaine avait été mandaté par l’Angleterre pour embarquer à Tahiti des plants d’arbres à pain sur son navire « Le Bounty » afin de les ramener aux Antilles. Londres et ses colonies comptaient implanter l’arbre à pain à la Jamaïque pour servir de nourriture bon marché aux esclaves. Une mutinerie devenue célèbre menée par Fletcher Christian allait contrecarrer les plans de l’empire britannique et la première expédition de 1787 capotait. Le capitaine menait à partir de 1792 une nouvelle expédition qui allait être couronnée de succès et 1.200 plants de uru polynésiens étaient plantés à la Jamaïque et à Saint-Vincent l’année d’après. Malgré la réussite de cette seconde mission, l’objectif ne fut que très partiellement atteint : contre toute attente, les esclaves préféraient largement plus les bananes que le fruit du uru et les bananiers poussent aussi facilement que le tumu uru. Les colons britanniques durent se résigner à cette habitude alimentaire. Surfant sur le succès international des livres de Norman Hall et du film hollywoodien « Les Révoltés du Bounty », une mission de la Société nationale de Géographie des Etats-Unis ramenait de Saint-Vincent à Tahiti une pousse issue d’un des trois arbres à pain survivants et originaux de 1793. Elle fut plantée à Arue, le 4 mars 1961. » (source : revue communale Vea Arue, décembre 2006)

Un grand merci à la municipalité d’Arue, et surtout à Éric Étienne qui a déployé tant d’efforts pour m’aider à réaliser cet article. Avec tes photos on découvre au plus près ce conifère rare. Même si ce kaori n’a pas atteint l’âge de ses vénérables ancêtres, sa circonférence traduit un âge déjà avancé qui le place parmi les plus vieux ligneux de l’île.

Envie de découvrir cette commune française du bout du monde ? Faites un tour par ici.
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Tahiti Heritage a recensé les arbres remarquables de l’île, à voir par ici.

« De nombreuses légendes polynésiennes témoignent des liens profonds qui unissent les hommes aux arbres. Pour redonner à l’arbre la reconnaissance qui lui revient et tenter de les protéger, découvrez les spécimens le plus remarquables de nos îles : des arbres remarquables pour leur rareté, leur taille, leur âge ou leur notabilité. »
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La découverte de ces conifères ne s’arrêtera pas là, car j’ai appris qu’un kaori millénaire se cacherait au cœur de la foret noyée de la Rivière Bleue en Nouvelle Calédonie…

Catégories :Kaoris
  1. Sisley
    4 février 2010 à 11:25

    Fort sympathique cet article !!

    J’ignorai jusqu’à maintenant que les kaoris sont des conifères, merci.
    Intéressant, l’histoire de l’arbre à pain, qui aurait pu penser, que ces navigateurs en quête de l’inconnu, auraient ramené tellement d’échantillons, lors de ces expéditions aux 4 coins du globe.

  2. 4 février 2010 à 15:58

    Salut Sisley,

    J’aimerais bien que l’on découvre les arbres antiques des Dom-Tom, car sous les tropiques ce sont d’autre espèces d’arbres qui peuplent les iles. Ce grand kaori vit à plus de 17000 kilomètres de métropole… et je recherche des précisions sur cet arbre depuis avril 2009..! Heureusement, j’ai rencontré Éric de la mairie d’Arue ; il a accepté avec enthousiasme de prendre plusieurs clichés pour que l’on puisse s’approcher au plus près de l’arbre.

    C’est un conifère étonnant, une sorte de cousin de l’araucaria. Pourtant, de loin on pourrait aisément le confondre avec un feuillu. En tout cas, ce centenaire a un port conique qui diffère de celui observé en Nouvelle-Zélande chez de très vieux individus.

    à bientôt pour de nouvelles aventures au bout du monde !

  3. 4 février 2010 à 22:45

    Salut,

    Taihiti n’est pas un Dom ni Tom d’ailleurs mais un Pom !
    L’espèce à tahiti originaire de Nouvelle-Calédonie est un agathis lanceolata, la même espèce que le kaori géant de la rivière bleue.
    Si tu fais des articles sur les arbres et sur les conifères c’est en Calédonie que tu dois venir. il y a 49 espèces de conifères dont 48 endémiques, que des espèces ancestrales et uniques. dont le parasitaxus, le seul conifère parasite d’un autre conifère ! Sur les 19 espèces d’araucaria existante encore, 13 sont endémiques à la Nouvelle-Calédonie !

    A+

  4. 4 février 2010 à 23:11

    Salut Niko,

    merci de ta réponse rapide et enthousiaste !
    ce serait avec plaisir que je publierais sur ce grand kaori.

    bien vu ta précision sur le statut de Tahiti, j’ai corrigé.

    Ta description de toutes ces espèces de conifères rares me donne envie de voyager, et d’aller les rencontrer sur place… mais bon en attendant d’avoir des sous, on peut déjà le faire un peu via le net. Le blog est collaboratif, alors si tu veux nous présenter d’autres vieux conifères, tu es le bienvenue !

  5. 1 mars 2011 à 17:18

    Merci pour l’enveloppe d’émission « la légende d’Uru » Yanick !

    Petit à petit la somme de documents accumulés devient impressionnante…

  6. 1 mars 2011 à 17:21

    Pour en apprendre plus sur la légende de l’arbre à pain :
    http://rainbowoman2.unblog.fr/2009/04/21/la-legende-de-larbre-a-pain/

  1. 7 juin 2010 à 23:10

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