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Les grands kaoris, Waipoua Forest, Northland (Nouvelle-Zélande)

La forêt de Waipoua est unique en Nouvelle-Zélande, située au Nord de l’ile, cette zone est un véritable sanctuaire végétal et animal. Forêt primordiale contenant les plus vieux arbres de l’ile, elle a failli disparaitre malgré une volonté citoyenne de la préserver, et ce depuis les années 40. Et en 1952, un espace de 80 km² devient réserve forestière inviolable pour tous les temps.

Pourtant à la fin des années 60, le gouvernement peu scrupuleux lance des coupes claires dans la forêt, et 1/5 de la forêt est abattu jusqu’en 1972. Devenu site touristique majeur, cette forêt abrite plusieurs kaoris millénaires, dont les deux ancêtres vénérables.

Il y a quelques semaines, rencontre avec les Roues Flaquettes, trois jeunes vosgiens fous de monocycle et même de mountain unicycle ! A la fin de l’année 2009, ils se sont rendus en Nouvelle-Zélande pour la coupe du monde de monocycle. Forcément, ils ont un peu exploré l’ile et ils ont ramené des photos de la forêt de Waipoua et de ses grands kaoris.

“On continue vers la forêt jusqu’à entrer dedans, les arbres font quasiment une voute au dessus de la route, on s’arrête au premier parking qui permet d’aller voir Tāne Mahuta, « le seigneur de la forêt », son âge est estimé entre 1200 et 2500 ans, il mesure 51 mètres de haut, et affiche 13,80 m de circonférence.”

Dans la cosmologie Maori, Tāne est le fils de Ranginui le père du ciel, et de Papatuanuku la Terre mère. Tāne apporta la lumière, l’espace et l’air qui ont permis à la vie de prospérer.

Tāne est celui qui donne la vie. Toutes les créatures vivantes sont ses enfants.

“On continue ensuite pour s’arrêter à un autre parking qui propose une deuxième ballade en forêt, on voit cette fois Te Matua Ngahere, « le père de la forêt ».”

“Un âge d’environ 2000 ans, 30m de hauteur et 16m de circonférence. Le point de vue est tellement proche que je n’ai pas pu le prendre en entier en photo….”

Qu’il doit être bon de déambuler au coeur de cette vieille forêt ! Merci pour le prêt des photos Antoine, c’est génial de pouvoir contempler ces deux gardiens  millénaires de la forêt, deux ancêtres si importants dans la culture des Maoris.

En avril 2009 [1], Tāne Mahuta a été jumelé avec Jōmon-sugi, voir ici.

Découvrez le monocycle ‘endiablé’ et la bande des Roues Flaquettes, c’est par ici.

Les kauris sont de grands résineux de l’hémisphère Sud (Nouvelle-Zélande, Fidji), plusieurs individus ont été introduits en Polynésie Française (où ils sont nommés kaoris) sans qu’aucune fructification n’ait jamais pu être observée. D’ailleurs, je vous présenterais bientôt le kaori de l’Hôtel de ville d’Arue, le plus grand arbre de l’ile de Tahiti…

Catégories :Horizons lointains, Kaoris
  1. 28 janvier 2010 à 15:09

    Et dire que ces arbres hors normes qui font rêver tous les bambins et les amoureux de la nature ne sont que le reliquat des forêts primaires monumentales qui existaient avant la conquête du monde par les « virus européens »…

  2. 28 janvier 2010 à 15:19

    Salut Gilles,

    partout dans le monde les forets primaires sont menacées… Certains ne voient dans ces gardiens du temps qu’une masse de bois négociable à prix d’or… Et pourtant ils sont bien plus…

    Ces deux ancêtres serviront à introduire les kaoris de Polynésie Française,
    (c’est pour bientôt, ne manque qu’une mesure de hauteur)

  3. 28 janvier 2010 à 15:45

    Tu as bien raison arpenteur des bois, (je suis le Antoine dont Krapo parle dans l’article), quand nous nous sommes rendus à Wellington, nous avons visité le Musée Te Papa qui est vachement intéressant (malgré nos faiblesses en anglais) dans lequel j’ai notamment appris qu’avant la colonisation par les Européens, le pays était constitué a plus de 80% par de la forêt et qui est réduit aujourd’hui à quelques « ilots » de préservation par ci par la….

  4. 28 janvier 2010 à 17:06

    Triste,

    D’ici peu on fera le même constat avec d’autres forêts : au Canada, en Indonésie, en Inde, en Afrique équatoriale, en Russie, au Brésil… L’argent, l’argent gouverne le monde. Que dirait-on si on voyait le Taj Mahal comme une superbe ressource de marbre, ou le Mur des Lamentations comme une carrière de gravats ?

    Certains arbres et forêts font parti des organismes vivants les plus vieux et les plus prolifiques de la planète, et pourtant leur histoire importe peu, les croyances des peuples autochtones ne valent pas mieux. Pour quelques banquiers et industriels, ceux-ci ne sont que des grumes précieuses…

    J’enrage de voir que pour des graffitis sur un abri-bus tu es poursuivi en justice ; alors que détruire un patrimoine vieux de plusieurs milliers d’années, abritant des écosystèmes multiples, là tu ne cours aucun risques, et si tu as généré des millions de dollars, alors tu mérites les couvertures de grands magazines…

    Ce sont des crimes contre l’humanité !
    ____
    Un premier geste, acheter du papier recyclé,
    ensuite contrôler la provenance du bois que vous désirez acheter,

    deux articles à lire (Greenpeace) :
    La France détruit les forêts anciennes
    Les contribuables financent la destruction

    « La Bibliothèque Nationale de France est l’ouvrage le plus symbolique du mépris total du gouvernement français pour la biodiversité et les populations africaines et amazoniennes. La plus grande partie des bois africains et amazoniens utilisés dans ce bâtiment provient d’exploitations illégales ou a été achetée auprès des entreprises les moins scrupuleuses en termes de gestion forestière (la compagnie libanaise Hazim, par exemple, plusieurs fois accusée d’exploitations illégales au Cameroun). D’autres projets locaux pourraient utiliser du bois issu de la destruction de forêts anciennes : la nouvelle médiathèque à Toulouse, le nouveau théâtre à Poitiers, le projet de tramway à Nice, le chantier du Confluent à Lyon, la 2ème ligne du tramway à Montpellier ou la réhabilitation du quartier de Malakoff à Nantes. »

  5. Sisley
    28 janvier 2010 à 20:02

    Ça m’en bouche un coin, ces arbres de l’étranger, ici on a vraiment à faire à des parties d’un ancien temple, comme j’avais pu le dire pour les cryptomerias du Japon.

    Longue vie à ces anciens, qui ont déjà pourtant un bon bout de chemin, derrière eux !!

    Une belle découverte par ici :


    et
    http://www.daviesfurniture.co.nz/index.cfm/Products/Ancient_Swamp_Kauri

  6. 28 janvier 2010 à 20:25

    Salut Sisley,

    ces gardiens du temps ne cessent de m’émerveiller, si vieux et pourtant si fragiles : leurs racines aériennes ne supportent pas le piétinement, et leur écorce fragile se blesse facilement, et la sève ne cesse jamais de couler de la plaie, allant jusqu’à former des stalactites.

    C’est sympa de voyager ainsi, ça me console de ne pas courir le monde.

  7. Sisley
    28 janvier 2010 à 20:41

    En effet,
    Car de cette manière, on voit le monde au travers de personnes différentes et ainsi ça regroupe divers horizons.
    De plus quand on part en voyage, on se rend souvent compte qu’on est passé à trois fois rien d’un site ou autre merveille, et on en est amer un certain temps, d’avoir des visions différentes changent un peu la donne : façon collectif ‘des preneurs d’images’.

    Le coté fragile, je l’ai aussi remarqué sur des hêtres de futaie près de chez moi, quand il n’y a pas trop d’accès au vent, c’est une impression de totale solidité, mais quand une fois isolé ou affaibli, c’est la renverse et là, constat (un petit enracinement) genre colosse au pied d’argile.

    La nature a des aspects parfois menaçants, grandiose,… mais il faut pas grand chose pour y mettre le désordre.

  8. 28 janvier 2010 à 20:52

    Vu que le blog est passé un peu sur l’international (j’attendais juste que nous ayons pas mal exploré notre propre territoire), il risque d’y avoir quelques belles découvertes, bon j’avoue c’est compliqué au niveau des mails, et j’ai dû réviser mon anglais…

  9. Yanick
    23 mars 2011 à 15:05

    Si tu veux récupérer la photo de l’enveloppe premier jour de Yann pas de problème.
    http://yaly.unblog.fr/2011/03/23/le-kauri-agathis-australis-de-nouvelle-zelande/

  10. 21 août 2018 à 09:49

    Tāne Mahuta, l’arbre le plus sacré de Nouvelle-Zélande, est en danger

    Tāne Mahuta est le plus grand être vivant de Nouvelle-Zélande : 45 mètres de haut pour 2.500 ans d’existence. Malheureusement, cet arbre symbolique est aujourd’hui menacé par une dangereuse maladie.

    https://www.maxisciences.com/arbre/l-arbre-le-plus-sacre-de-nouvelle-zelande-est-en-danger_art41276.html

    Âgé de 1.250 à 2.500 ans, il surplombe les terres de Nouvelle-Zélande (Aotearoa en māori) depuis ses 45 mètres de haut. Le nom de ce kauri (Agathis australis) géant vient du dieu Tāne et signifie « Seigneur de la Forêt »: Tāne Mahuta. Cet arbre, l’un des plus extraordinaires de la planète, est le vestige de l’ancienne forêt pluviale subtropicale qui poussait autrefois dans la péninsule de Northland mais il est aujourd’hui menacé par un mal fatal.

    Une maladie rapide et dangereuse

    C’est en 1972 que les chercheurs ont découvert la première trace du micro-organisme Phytophthora agathidicida sur l’Île de la Grande Barrière. Depuis, ce pseudo-champignon oomycète n’a cessé de se répandre à l’intérieur des terres de Nouvelle-Zélande, causant chez Agathis australis la maladie baptisée dépérissement du kauri.

    Le pathogène est transmis par le sol boueux reliant les arbres. Les zoospores (cellules reproductives) du Phytophthora sont également mobiles dans l’eau et peuvent migrer par leurs propres moyens sur un sol détrempé, à une vitesse de 70 centimètres par heure, faisant du micro-organisme un redoutable adversaire pour les kauris.

    Afin de réduire sa propagation, il est demandé aux personnes entrant dans la forêt de nettoyer les semelles de leurs chaussures, avant de les pulvériser de désinfectant. Il est également préconisé de rester sur les sentiers balisés pour limiter les risques de contamination. Malheureusement, un rapport de 2016 a démontré l’inefficacité de ces méthodes, ignorées par pas moins de 83% des visiteurs.

    Des mesures de prévention trop lentes et laxistes

    Ainsi que Matthew Hall – chercheur à l’université de Wellington, travailllant sur les relations entre hommes et plantes – l’écrit pour le journal en ligne The Conversation : « De mon point de vue, l’aspect le plus notable et le plus frustrant de ce programme [de prévention] est la résistance obstinée contre la fermeture des sentiers au public, qui, avec les cochons sauvages, font partie des principaux vecteurs de la maladie ».

    Un groupe tribal māori nommé Te Kawerau ā Maki, doté d’une autorité coutumière (mana whenua) sur la forêt de Waitākere, dans la région d’Auckland, continue de souligner que la fermeture des forêts de kauris aux humains est la seule façon de les protéger. En novembre 2017, ils ont mis en place une fermeture temporaire (rāhui) sur l’ensemble de la zone, résultante de la frustration ressentie face à l’inefficacité et le non-respect des mesures de prévention.

    Malheureusement, cette mesure n’est pas appuyée par la loi et le public a continué de circuler en forêt. Le 1er mai de cette année, le Conseil d’Auckland a enfin décidé de fermer la majorité des sentiers ; une action appuyée par une proposition similaire du Département de la conservation. Toutefois, pour Te Kawerau ā Maki comme pour Matthew Hall, ces actions ne sont ni suffisantes ni suffisamment rapidement mises en place pour maximiser les chances de sauver les kauris.

    En tant qu’attraction touristique majeure, Tāne Mahuta ne bénéficie pour l’instant pas d’une telle protection. Les sentiers qui y mènent sont jugés suffisamment fiables et les visiteurs continuent d’affluer pour saluer le « Seigneur de la forêt ». Mais pour combien de temps encore ? L’heure tourne et la menace pèse toujours plus sur cet arbre millénaire, reliant les Māoris à leur terre.

    Le 31 juillet 2018 à 17:33 • Emma Hollen

  1. 7 juin 2010 à 23:10
  2. 7 juin 2010 à 23:13
  3. 3 juillet 2010 à 22:57
  4. 17 novembre 2012 à 12:17

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