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Le nom du monde est forêt ~ (l’imaginaire de la forêt dans le Lancelot en prose)

L’étude de « Lancelot-Graal » montre le thème de la forêt comme très riche et cohérent.

L’auteur ne considère pas la forêt comme un endroit naturel, comme une nature sympathique ou cruelle, mais comme un endroit qui n’est pas fait pour l’homme, où il peut être perdu, un endroit où seulement l’omnipotence de Dieu lui permet de se tenir debout sans risques. De la crainte révérencielle que cela induit, la forêt est l’endroit de tous les périls et celui où peuvent être représentés tous ceux qui menacent le chevalier dans sa condition  même de chevalier, d’amant, d’homme, ou de chrétien.

(Attention l’étude de Micheline de Combarieu est longue, mais fournit des renseignements détaillés sur l’imaginaire lié à la forêt aux temps médiévaux, et dans la chevalerie. Les notes entre crochets renvoient à la bibliographie en fin d’article)

« De l’expression latine silva forestis, le français a retenu « forêt ».
En français étymologique, la forêt est un univers extérieur étranger hostile » [1]

1- Pour respecter l’esprit du colloque, je devrais étudier d’abord les éléments d’une représentation réaliste de la forêt dans le Lancelot [2] puis montrer comment elle est aussi celle d’un espace imaginaire, et plus précisément romanesque, puisqu’elle y est le lieu de cette quête d’aventures qui définit la chevalerie errante. Mais je ne pourrai le faire qu’en disant combien il y a peu à donner à la première orientation et presque tout à l’autre. De même qu’aussitôt quitté le château ou la ville, le chevalier entre dans la forêt (aventureuse), de même nous quitterons vite les descriptions « terriennes » pour entrer dans les perspectives de la conjointure, celles de la rhétorique, des symboles, bref, de la fabrique du roman.

2- Forêts vraies puisque les branches des arbres vous y fouettent le visage quand on chevauche par un sentier trop étroit (L., t. 7, p. 287), que la canicule – celle qui s’appesantit vers la Saint-Jean d’été – y accable en milieu d’après-midi, vers none, les chevaucheurs en armure (L., t. 7, p. 287 ; t. 8, p. 231-232 ; t. 4, p. 24, 133, etc.), qui cherchent la fraîcheur d’une source pour s’y désaltérer (mêmes références que ci-dessus, dont la liste n’est pas exhaustive) et un couvert plus épais pour y somnoler ; les pierres des chemins y font trébucher les chevaux des cavaliers distraits (Galehaut dans la forêt Glorinde, L., t. 1, p. 5) : et quand la saison s’avance, dès la fin septembre, avec les premières gelées nocturnes, on s’y enquiert, plus tôt dans la journée, d’un gîte où se réchauffer, dîner et dormir. Roman de chevalerie que n’aurait pas brûlé Cervantès puisque ses héros y souffrent du chaud, du froid, de la soif, de la fatigue : la forêt y offre cette petite monnaie d’une aventure qui doit tenir compte des contraintes du réel.

3- L’auteur semble même s’essayer à une classification : il y a les petites forêts… et les autres :

Bois-en-val, la forêt où est situé le lac de Niniène : « Chele forest, passoit toutes les forés de Gaule et de la Petite Bertaigne si comme de fores petites car ele ne estoit que .X. lieues galesches de lonc et .VI. ou .VII. de leit » (L., t. 7, p. 11).

4- On trouvera quelques autres forêts situées dans l’espace par leurs dimensions :

[…] entrerent a ore de prime en une forest qui duroit bien .III. liues de lonc et une de lé (L., t. 4, p. 165).

ou le temps qu’il faut pour les traverser :

[…] la forest qui duroit .II. jornees ou plus (L., t. 2. p. 237).

mais ce sera rare.

5- Peut-on les inscrire sur une carte, réelle ou imaginaire ? Elles sont parfois introduites relativement à d’autres éléments de géographie physique (rivière, mer) ou humaine (à l’intérieur d’un royaume) :

[La forêt Bleue] si estoit au roi de Norgales (L., t. 8, p. 370).

[…] la forest de Darnantes qui marcheist a la meir de Cornouaille et el roialme de Soreillois (L., t. 7, p. 43).

[La forêt Glorinde] […] si est entre la terre le roi des Francs et Sorelois et marchist de cele part ou li Ombres cort (L., t. 1. p. 4).

6- Elles sont traversées de chemins – tout un système de voies de largeurs diverses – qui tracent des itinéraires précis d’une ville à une autre : pour aller de Kamaaiot à Nohaut, c’est-à-dire d’une des capitales d’Arthur à une seigneurie dont la dame vient demander de l’aide au roi, on passe par la forêt mais pas à l’aventure. Un messager servira de guide à Lancelot qui ignore la route à suivre (L., t. 7, p. 287 sq.) ; le fait que ce guide emmènera le héros par des chemins de traverse ne renvoie qu’à la volonté de le mettre à l’épreuve non à l’inexistence d’une droite voie : c’est celle que suivra quelques jours plus tard le sénéchal Kex et qu’il reprendra à son retour (p. 304). Il serait fastidieux et inutile de multiplier les exemples, mais ils abondent.

7- Enfin, les forêts sont souvent distinguées et situées par un nom : forêt de Briosque (ainsi nommée d’après le proche château de Brion) (L., t. 7, p. 182-83), de Brocaire (t. 5, p. 239), de Darnantes (t. 7, p. 43 citée ci-dessus), de Kamaaiot (nombreuses occurrences dans la M.A., p. 20, 73-75, 78, 113, etc.), de Roevent (par devers Lanvenic, t. 2, p. 161), etc.3. Peu importe que ces noms soient ou non de fantaisie, ils n’en constituent pas moins un effet de réel en faisant de la forêt un lieu-dit.

8- Cependant, il faut nuancer l’affirmation lorsque le lieu-dit n’est jamais mentionné pour lui-même mais seulement parce qu’il donne son nom à la forêt : Kamaalot, Londres, qui sont aussi entourées d’une forêt non autrement dénommée, sont des villes où Artur tient sa cour ; Brocaire. Briosque ne sont que des noms. Cela est encore plus vrai pour des forêts nommées Bois-en-Val (t. 7, p. 11) et Forest des Combes (t. 8, p. 346), deux appellations interchangeables, l’Arbroie, la Sapinoie – il s’agit seulement de planter le décor -, la Forest desvoiable, la forest perillose – on est dans une carte symbolique.

9- On voit donc que les éléments d’une présentation réaliste de la forêt sont peu nombreux ou trouvent vite leurs limites, et ceux que nous avons cités appellent déjà quelques commentaires. La petite forêt soigneusement mesurée n’est pas une forêt d’aventures : traversée par le roi Ban en fuite, elle est située à proximité de la dernière place-forte que ses ennemis ne lui aient pas prise – le conte soulignera qu’il est là en pays de connaissance – :

et quant il ot chevauchié de la forest entour demie lieue, si entre en une moult bele lande ou il avoit esté maintes fois (L., t. 7, p. 11).

et le conflit dans lequel il est pris est une guerre de type féodal : on y est plus dans un univers épique de guerre pour la terre et le pouvoir que dans un univers romanesque d’errance et de mauveses coutumes.

10- Avec les autres motifs en revanche, on est dans une conjointure romanesque. Si Lancelot est blessé au visage par une branche basse, c’est l’occasion de mentionner à la fois sa rêverie amoureuse et son courage (plongé dans sa pensée de la reine, il ne s’est pas aperçu que son guide lui a fait quitter le chemin direct… et le plus dangereux qu’il va exiger de reprendre) ; les haltes à la source deviennent autant d’occasions de rencontres qui relancent l’aventure, voire de pièges qui leurrent le chevalier [4] ; la chute de cheval de Galehaut renvoie, elle aussi, à un état de rêverie inquiète et sert à marquer l’amitié que Lancelot porte à l’accidenté, etc.

11- Il reste que, s’il y a là utilisation d’éléments réalistes dans un but romanesque, il n’y en a pas moins effet de réalité. Mais ils tiennent peu de place au regard d’une stylisation et d’une transfiguration qui traitent la forêt uniquement comme cadre de l’aventure chevaleresque. Tout ce qui ne la touche pas directement est donc évacué ; et on la « reconstruit » pour qu’elle apporte tout ce nécessaire.

12- Dans son article « Tristan et Lancelot chevaliers errants dans le Tristan en prose » [5], M. L. Chênerie note que « l’espace [de la forêt] est peu décrit ». C’est déjà le cas dans dans le Lancelot. Nous ne saurons jamais de quelles essences sont plantées ces forêts. Sans doute peut-on penser que celle qui s’appelle La Sapinoie (t. 2, p. 112) est une sapinière mais elle est l’exception confirmant la règle de l’abstention, laquelle est mieux représentée par laforest que cil del païs apeloient l’Arbroie (t. 4, p. 62) : la forêt est un lieu planté d’arbres, cela doit nous suffire. Quand on voit mentionné un nom d’arbre, c’est celui, isolé, sous lequel le héros a fait halte, c’est-à-dire, le plus souvent, celui qui ombrage la source dans les clairières : curieuses clairières puisqu’elles nous donnent à voir, non tant un espace dégagé, qu’un ou deux arbres surplombant source et ruisseau ; mais c’est que le motif reprend en fait celui du verger comme lieu de la rencontre amoureuse ou du conseil royal épique ; il ne faudra donc pas être surpris d’y voir des essences dont on n’attendrait pas la présence coutumière dans les forêts de l’Angleterre méridionale (les pins : t. 8, p. 147 ; t. 4, p. 169, t. 5, p. 233) ni dans une forêt de façon générale (le pommier : t. 4, p. 165-66) [6]. Le héros y rencontre demoiselles et aventures, les unes et les autres perilloses.

13- La forêt est si bien le lieu de l’errance chevaleresque qu’il est presque vain de parler des forêts. Lorsque le chevalier quitte la cour, que le roi Artus tient alternativement dans ses principales villes (Kamaalot, Londres, Cardueil), il entre presque immédiatement dans la forêt :

Or s’en vait li vallés aprés le chevalier qui vint querre le secors. Si rataint le chevalier […] a l’entree de la forest. Il chevauchent ensemble par mi la forest (t. 7, p. 287).

14- Il n’en sortira qu’une fois arrivé à sa destination (s’il en a une au départ) ou lors des passages dans les châteaux-étapes de sa quête. Encore le texte ne le dit-il pas toujours expressément. La sortie de la forêt en vue de Nohaut n’est pas mentionnée : quant il vient pres de la vile (t. 7, p. 298) écrit simplement l’auteur. Dès qu’on la quitte, on retrouve la forêt :

Il veut aler cheleement. Lors est entrés en une grande forest, si chevauche toute jor. La nuit jut en la forest en une meson de religion (t. 7, p. 305).

15- Le lendemain, il poursuit son chemin, (il est déjà à 30 lieues anglaises de Nohaut dont il quitte la terre, p. 306), il combat un chevalier au gué d’une rivière et comme, le soir jut chiés un forester, on peut penser qu’il est toujours en forêt ; le lendemain, il rencontre une jeune fille qui lui indique la Douloureuse Garde (un castel chi derrière) qui va être le lieu de son premier grand exploit. Sa sortie du château est ainsi décrite :

Si chevauche tant qu’il l'[= une jeune fille qu’il a vu passer au pied de l’enceinte] ataint a l’entree de la forest (t. 7, p. 349).

16- En règle générale, l’auteur dit que son héros entre dans telle ou telle forêt (ou dans la forêt)7, mais il ne mentionne qu’exceptionnellement le moment où il en sort [8]. Le chevalier peut donc passer de forêt en forêt, celle-ci représentant un espace continu dont, seul, parfois le nom change. Dans sa quête de Lancelot sur la route du pays de Gorre, Bohort passe successivement par les forêts de Landone (t. 2, p. 134 sq.), de Roevent (p. 161-163), de Lonvego (p. 163 sq.). de Gloeven (p. 200) en quelques jours et 70 pages sans que l’espace réellement change. Le nom du monde de l’aventure est FORET.

17- Les autres éléments de l’espace géographique naturel et humain peuvent être perçus comme des inclusions dans ce monde.

18- La lande n’est guère qu’une vaste clairière, et d’ailleurs une forêt s’appelle Forest de Bele Lande (t. 8, p. 236). Il en est de même pour la vallée et le tertre, que rien n’empêche de surcroît d’être boisés. La situation du domaine de Niniène rend cela sensible :

Et quant il ot chevauchié de la forest entour demie lieue, si entre en une moult bele lande […] il vint sour .I. lach qui al chief de la lande estoit, au chief d’un moult haut tertre […] Chele forest ou li lais estoit… (t. 7, p. 11).

19- Les lieux habités – maisons de forestiers, ermitages [9], couvents – mentionnés en tant qu’endroits d’hébergement pour les chevaliers errants ne brisent guère plus l’unité du couvert que les clairières à la source, leurs lieux de halte diurne. Enceintes fortifiées, villes offrent des éléments de rupture plus étendus du tissu forestier, mais, comme nous l’avons déjà vu. qu’elles soient lieux du départ (ou du retour) de l’aventure ou lieux d’aventure en elles-mêmes, la forêt les ceint toujours de près.

20- Lieu de l’errance, la forêt est celui où, par le biais de l’aventure, la gloire attend le chevalier. Formule typique que celle de l’aïeul de Lancelot qui lui apparaît en songe et l’invite à se rendre dans la forest perillose en lui promettant – et ce n’est pas une vaine promesse – aventure merveilleuse qui ne puet estre menee a chief fors par toi (L., t. 5, p. 114). On pourrait donc s’attendre à ce qu’elle soit évoquée en des termes positifs et que ses noms soient aptes à susciter l’attirance. Or, rien n’est moins évident. Je ne vois guère que la forest de Bele Lande (L., t. 8, p. 236) et la forêt de Landone, une molt bele forest (L., t. 2, p. 134) qui correspondent à cette attente. Dans la seconde, Bohort, en quête de Lancelot, rencontre une demoiselle desheritee qu’il promet de défendre et l’occasion lui est donnée peu après de s’acquitter de sa promesse. Aventure chevaleresque typique s’il en est.

21- Il va de soi qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Il n’y a pas contradiction à ce qu’une bele forêt soit une forêt perillose, celle de Landone l’est. Il est donc normal que plusieurs de ces forêts soient, par leur nom même, associées à l’idée de danger : Forêt des quatre périls (t. 2, p. 306), Forêt des trois périls et ce por quoi ele fust ensi apelée devisera bien li contes ça avant (t. 2, p. 208). Plus simplement, une autre est appelée Forest perillose : une longue séquence la prend pour cadre dans le t. 5 du Lancelot (p. 70-134 et p. 184 sq.) ; on la trouve à nouveau mentionnée dans le tome 6 (rappel d’aventures qui s’y sont déroulées : p. 52, 56) et encore dans la QSG (p. 263). Définie aussi comme perillose la forêt de Darnantes (t. 7, p. 43) même si son nom est géographique.

22- Mais ce qui frappe, ce sont les connotations négatives dont elles sont douées très souvent par leur nom et la présentation qui en est faite. Ambivalente déjà est celle-ci :

[La forêt de Vreguegne] […] estoit molt felonesse et molt aventurose et molt renomée par totes terres por les merveilles qui i avenoient (L., t. 1, p. 7).

23- Comment faut-il entendre felonesse ?

24- L’hésitation tombe avec la Forest aventurose qui est dite la Gaste Forest (t. 1, p. 54) : c’est la terre du roi Mehaigné, dont la blessure a frappé aussi le pays et qui attend le Bon Chevalier qui le guérira. À côté de la Forêt Aventureuse, on trouve la Forest malaventurose qui achève de nous éclairer : elle est ainsi définie :

[…] cel non a ele a droit, kar maint mal et maintes hontes i sont avenues a chevaliers errant (L., t. 1, p. 267).

25- On a encore la Forest perdue dont le nom ne dit pas l’isolement mais le sort qui y attend ceux qui ont l’imprudence de s’y risquer :

[…] car li i a nul qui de l’estre de laienz puisse savoir, ainz est si perdu quanqu’il i entre que l’an n’an set plus ne vent ne voie. (t. 4. p. 232).

« Ce est la voie sanz retor » commente Lancelot (p. 233).

26- Il s’y engagera dans un épisode ultérieur, y donnant rendez-vous à un valet qui lui a promis, s’il veut le suivre, les plus grands honneurs. Il chevauche toute la journée et finit par rencontrer la messagère de Morgue qui lui fait miroiter la perspective en ceste forest d’une aventure la plus mervilleuse del monde qui ne puet estre menee a chief se par vos non. Mais il fait son mal et son anui, annonce l’auteur, car il va être traï et se retrouver en la prison Morgain qui s’estoit herbergie en la forest (t. 4, p. 46-47). Une autre s’appelle, plus clairement, la Forest desvoiable (t. 5, p. 54 et t. 6, p.51).

27- On voit donc comment la forêt est bien associée à l’aventure mais à une aventure où le chevalier est exposé au mensonge, au leurre et à la trahison ; il risque d’y perdre sa route et de s’y perdre :

Après l’aventure de la tombe de son aïeul, Lancelot veut rejoindre ses compagnons dans la Forêt périlleuse, mais il s’égare :
et chevauche toute jour ajornee et tant plus cuide aprochier et il s’an esloingne plus. Si chevauche ainsi jusqu’a la nuit (t. 5, p. 131-132).

28- Mille chemins s’ouvrent dans ces forêts mais c’est la raison même pour laquelle on a si vite fait de s’y égarer. Nous avons vu comment certains d’entre eux étaient bien connus. Mais il n’en est pas de même pour tous. Celui que nous avons évoqué ci-dessus entre d’ailleurs dans le cadre d’un épisode plus féodal, et épique, qu’aventureux, et romanesque. Artus sait où il envoie Lancelot. Mais lorsque celui-ci, au lieu de revenir à la cour, à l’instar de ce que fait Kex qui l’a suivi, décide de partir en aventure, il ne sait plus où il va. Dans cette errance, comment distinguer les « bons » chemins – ceux qui vous fournissent occasions de prouesse chevaleresque et de gloire et, tout simplement, vous amèneront, chaque soir, chez un hôte accueillant – de ceux qui vous conduiront dans ces lieux où vous attendront, inéluctablement la honte et l’anui ? Comment distinguer le chemin qui vous mène vers quelque maison où trouver le gîte et le couvert (ermitage, couvent, maison de forestier) [10] :

Un roi d’Ecosse erre pendant deux jours dans la Forêt périlleuse
[…] qu’il n’i trouva meson ne recet, lors vint a la meson de religion qui lors estoit
apelee le Secors as povres gens (L., t. 5, p. 83 ; Cf. aussi t. 4, p. 62).

de celui qui est la voie sanz retor ou, pire, li chemins al Diable :

[…] ne onques chevaliers, tant buens fust. ne erra par cest chemin, por quoi il le volsist droit tenir, k’il ne moreust a dolor ou que il ne se departist a honte ou a mescheance (L., t. 1, p. 267).

29- Comment distinguer la jeune fille dans la forêt qui dit vrai en indiquant château et conditions de l’aventure (par exemple celle qui explique à Lancelot qu’il se trouve près de la Douloureuse Garde que lui masque un mouvement de terrain et l’avertit des risques qu’il y a à vouloir en affronter la mauvese coutume) et le valet puis la jeune fille qui le leurrent dans la Forêt perdue en lui parlant de cette aventure la plus mervilleuse del monde qui ne puet estre menee a chief se par (lui) non (t. 5, p. 46) : ce sont là les paroles même qui lui étaient tenues dans la Forêt périlleuse, et en toute vérité. Ici, au contraire, pour les avoir écoutées, il va se retrouver emprisonné par Morgue et va donc voir, de ce fait, sa chevalerie annihilée.

30- Ce caractère maléfique de la forêt sera gardé dans la Queste del Saint Graal sans que pour autant son utilisation soit remise en cause, tant elle est l’espace structurel de l’aventure chevaleresque, sauf à la fin de l’épisode ; et il faut voir là un des éléments fondamentaux du changement des valeurs qui y est mis en scène. Quête de Dieu et non plus de l’ami perdu ou de la dame enlevée, et non plus conquête de gloire, la quête du Graal se déroule cependant au départ dans le cadre de la forêt :

Si issirent dou chastel, et se mistrent dans la forest li uns ça et li autres la, la ou il la voient plus espesse (QSG, p. 6)

et les aventures des principaux quêteurs y ont lieu :

Or dit li contes que qant Galaad se fu partiz dou Chastel as Puceles, que il chevaucha tant par ses jornees que il vint en la Forest Gaste. Un jor avint que il encontra Lancelot et Perceval qui chevauchoient ensemble (QSG, p. 56).

31- J’ai pris cet exemple parce qu’il a le mérite, dans sa brièveté, de réunir trois des héros qui seront appréciés diversement par le résultat qu’ils obtiendront dans la quête, de l’échec partiel (Lancelot) au succès parfait (Galaad). L’espace me manque ici pour montrer de façon détaillée comment tous les quêteurs, y compris ceux qui échoueront totalement passent par la forêt (Mélyant, p. 41 sq., Gauvain et Hector, p. 148 sq.), le nombre et la longueur des épisodes qui s’y déroulent et l’attitude symboliquement différente qu’y adoptent les chevaliers célestiels – qui cherchent à suivre les chemins : (Perceval, p. 57) – et ceux qui s’égarent hors des sentiers battus : (Lancelot, p. 57). Cependant, progressivement, les chevauchées en forêt vont être relayées par les navigations sur mer. Dans le premier espace, les chevaliers qui y dirigent les pas de leurs chevaux, sont livrés aux risques d’une errance symbolique et de l’exercice d’un libre arbitre qui leur laisse le choix entre la droite voie de Dieu et les égarements spirituels hors des chemins frayés : ici, s’opposent les mesons de Dieu et la forêt du diable, celle de l’homme pécheur, soumis aux tentations – mais toute la création est de Dieu : la forêt est aussi le lieu de l’homme repenti qui s’exerce à l’ascèse. Dans le second, ils s’abandonnent au souffle de l’Esprit qui les mène où Dieu le veut. Significativement, les héros élus sortent de leur dernière forêt quand ils ont fini de mettre fin aux mauveses coutumes du royaume de Logres et d’autres contrées et qu’ils vont gagner leur destination ultime, – sur une nef, comme les précédentes, merveilleuse :

Un jor lor avint qu’il issirent d’une forest grant et merveilleuse. Si chevauchierent lonc tens tant qu’il lor avint un jor qu’il vindrent au chastel de Corbenyc […] (Une voix divine les invite à aller « tout ensi corne aventure vos conduira ») […] Si s’achemine Galaad entre lui et ses compaigons et chevalchent tant tuit troi que a la mer vindrent. Quant il vindrent a la mer. si troverent la nef a la rive […] (Ils y montent). Et si tost corne il i furent entré, li venz qui, devant ce, estoit quoiz et seriz, se feri el voille si angoisseusement qu’il fist la nef partir de rive et l’empeint en haute mer (QSG, p. 265-273).

32- Enfin, dans la Mort Artu, le retour au terrien, et aussi son rétrécissement se marquent par une utilisation différente de la forêt : plus d’aventures, plus d’errance : tout se passe dans la forêt de Kamaalot11. c’est-à-dire dans une aire géographique restreinte aux environs de la capitale arthurienne. On y chasse (p. 20, 78, 113), les partisans de Lancelot s’y dissimulent pour enlever Guenièvre condamnée au bûcher et y trouvent ensuite un temps refuge (p. 118-128). Dans la dernière partie du roman, et du cycle, l’auteur l’utilise pour créer des effets de symétrie décevante avec des scènes antérieures : forêt d’Orcanie (p. 154) où résidait l’ermite qui baptisa Gauvain et le doua de force merveilleuse – mais Gauvain va mourir peu après ce rappel – ; forêt proche de Londres (p. 217-218) où Guenièvre, inquiète du sort que lui réserve Mordret, se réfugie dans un couvent, comme, au début du Lancelot, l’avaient fait les reines Elaine et Evaine, menacées par Claudas – mais leurs prières avaient contribué à la sauvegarde de leurs enfants et à l’avenir de l’Histoire, alors qu’il ne reste plus à Guenièvre qu’à attendre la mort – : forêt de Douvres (p. 225) où, dans un songe, Artus voit apparaître la Roue de Fortune qui lui signifie une déchéance proche et de longtemps annoncée (L., t. 7, p. 434-437 : songes d’Artus ; t. 2, p. 380-381 : vision de Gauvain à Corbenyc : QSG, p. 149-150 : songe de Gauvain) ; forêt de Wincestre où quelques survivants de la bataille se replient (p. 256) mais ce n’est que pour sauver leur vie et non recomencer novele estoire et où Lancelot (p. 257) s’égare à leur poursuite, jusqu’à ce qu’il arrive à l’ermitage où il finira ses jours : ici, on retrouve un schéma de la Queste, l’opposition entre la forest desvoiable et la meson de religion ; on pense à ce passage où, après avoir erré dans la forêt (QSG, p. 56-57) à la (vaine) poursuite du Bon Chevalier, au lieu de retourner tout droit à l’abbaye comme Perceval. Lancelot s’y était égaré de nuit ; mais, là encore, ce n’avait été que la première étape d’une longue démarche spirituelle qui l’avait, peu à peu, remis sur le chemin du Graal : dans la Mort Artu, il s’agit d’une fin qui sauve ce qui peut encore l’être, mais qui n’ouvre sur aucune espérance de révélation.

33- La forêt apparaît donc comme connotée négativement : dans le Lancelot et la Queste, elle est le lieu de l’errance, mais comme toujours liée spécifiquement aux dangers de l’erreur et du péché ; dans la Mort Artu, elle est devenue le lieu de la non-aventure.

34- Mais si elle est franchement dangereuse ou sournoisement périlleuse, est-ce en elle-même ou par des éléments romanesques surajoutés ? Il me semble qu’il y a souvent un écart en particulier entre ce que le nom laisse attendre et ce que l’auteur raconte en fait. Si on considère, par exemple, la Forêt des trois périls et l’inquiétante annonce qui l’accompagne (citée ci-dessus) on ne peut qu’être « déçu » par ce qui y arrive à Lancelot : ceux à la poursuite de qui il se trouvait réussissent à lui échapper et voilà tout :

… quant il fu amont el tertre, si esgarde devant lui mais il ne voit nul de cels que il queroit, kar il estoient ja ferus en la forest (L., t. 2. p. 228).

35- Dira-t-on qu’en offrant protection à des « mauvais », elle manque à son nom mais pas à une marque négative ? La Forest desvoiable ne l’est pas non plus à tous coups : Gauvain la traverse sans difficulté (t. 5, p. 54). y fait halte dans une tor dont a été dépossédé son ancien maître Teriquan et il repart tranquillement le lendemain. Dans le t. 6 (p. 51), Lancelot rappellera qu’une jeune fille l’a, jadis, amené jusqu’à cette tour pour combattre Teriquan qu’il a tué et dont il a libéré les prisonniers : là non plus, pas question de desvoiement.

36- La forêt est, en fait, plus crainte qu’elle n’est en elle-même périlleuse. Au-delà, ou en deçà, de l’histoire narrée, on (re)trouve les mentalités et on comprend que c’est la peur qu’elle suscite a priori qui fait d’elle a posteriori le lieu de tous les dangers romanesques.

37- Elle est le lieu de la sauvagerie – et sauvagerie et danger sont explicitement associés :

Nos somes orendroit en la plus salvage partie et en la plus perillose de ceste forest (L., t. 1, p. 267).

38- Elle est donc un désert (12) d’hommes et de tout ce qui marque leur présence : maisons, cultures :

Le roi d’Ecosse erre deux jours dans la forêt périlleuse « qu’il n’i trova ne meson ne recet » (L., t. 5, p. 83).

Et Lancelos eirre tos jors par mi la forest. si li avint le jor ensi qu’il ne trova ne maison ne recet ou il peust disner (t. 2, p. 237).

Lors sont entré en la plus salvage forest del monde, si n’avoit en toute la forest que une maison ; si estoit la forest moult grans et moult longue, ne environ n’avoit vile a mains de .V. lieues entor, car la terre estoit si caitive et si deserte que beste n’i pooit vivre (t. 8, p. 370).

39- L’issue de la forêt est marquée au contraire par la présence de ces éléments humains, qu’en sens inverse on laisse derrière soi quand on passe de la vile à la forêt :

Lorsque le duc de Clarence et son écuyer arrivent (enfin) « al chief de la forest [Malaventurose] », ils voient « vaches qui paissent et berbiz » et « cels qui les gardent » ; et ils en concluent à juste titre : « Nos ne somes mie loing d’ostel » (L., t. l, p. 268).

Lancelot a erré toute la journée dans la Forêt des trois périls sans trouver de maison :
Mais après vespres regarda devant lui et vit a senestre partie .II. pastors qui gardoient bues et vaches. Il tome cele part et les salue et lor demande s’il a nul ostel pres d’iluec ou l’en le peust herbergier. – Oïl. sire, font il (L., t. 2, p. 237, cf. aussi t. 1, p. 257).

40- On peut y faire cependant des rencontres. Celle des animaux, sauvages comme elle :

[…] il vint a une forest perillose au trespasser por les bestes salvages dont ele estoit pueplee.
(Sur ces entrefaits, surgit un ours que Lancelot va tuer) (t. 5, p. 132).

celle d’individus vivant en marge de la société comme les brigands (13) :

(Dans la forêt de l’Arbroie, il y a une abbaye) close de murs et de fossez, si estoit si haut fermee por les larrons dont el bois avoit plente (t. 4, p. 62).

41- Il est significatif que Lancelot et les siens, en opposition au pouvoir du roi Artus, y préparent l’enlèvement de Guenièvre et y échappent aux poursuites (MA, p. 128) ; ou que Lancelot, en proie à des crises de frenesie qui font de lui un homme sauvage (homo silvaticus) erre oublieux de la chevalerie, des châteaux et de lui-même, dans la forêt de Tintajel (t. 2, p. 1) ou dans les bois autour de Corbenyc (t. 6, p. 213 sq.).

42- Le cas des forestiers est à part puisqu’ils s’inscrivent, de par leur fonction, dans un cadre de vie en société ; mais il est à noter que, si on mentionne leurs maisons comme servant de lieux-étapes aux chevaliers, il est exceptionnel de les rencontrer dans la forêt elle-même, pourtant en principe domaine de leur activité.

43- On voit comment un tel système de représentation induit le fait que, pour vivre en forêt, il faut ou être conduit par la nécessité, ou avoir à sa disposition courage et/ou force(s).

44- Le chevalier fait la preuve qu’il possède ces qualités en osant y pénétrer et y vivre jour après jour, sans être vaincu et maîtrisé par sa sauvagerie, si grant et es-pesse, haute et espesse que la forêt soit, ni détourné par les chemins les plus dangereux qu’elle recèle. Au demeurant, quand aux dangers de la forêt s’ajoutent ceux de la nuit, il capitule ; et la chose est si nécessaire qu’on ne parlera pas de défaite : dès le jour tombé, le plus vaillant héros cherche l’abri que les arbres ne sauraient lui constituer, celui d’une maison où retrouver le feu pour cuire les aliments, et ses semblables pour lui redonner cette humanité qu’un continuel séjour dans ce lieu de nature lui ferait perdre : tel Lancelot ensauvagi sous les buissons de la forêt de Tintajel.

45- Ceux qui vivront en forêt pourront être des hommes de Dieu (14) – ermites ou moines -, eux-mêmes d’ailleurs toujours à l’abri d’un ermitage ou d’un couvent, d’une chapelle ou d’une église, à l’extérieur desquels ils ne s’aventurent guère. Il n’y a pas trop de Dieu et des murs pour dominer la forêt.

46- Ou bien, il y faudra une force empruntée au domaine de la merveille. La forêt est le lieu des fées, bonnes ou mauvaises, Niniène ou Morgue. Certes, ces fées sont des femmes et non des êtres d’essence surnaturelle. Et leurs savoirs ont des limites. Et elles aussi vivent en dames avec manoirs et serviteurs, mais et l’une et l’autre résident au milieu des bois. Le domaine de Niniène est sis au milieu de la forêt de Bois-en-Val (t. 7, p. 11) ; elle est, d’une certaine façon, l’héritière de cette Diane qui a donné son nom au lac, que les habitants du pays, dans leur superstition, dit le conte, prenaient pour la divesse del bois et qui était une reine de Sicile qui plus amoit deduit de bois et toute jour aloit chachier (t. 7, p. 11). Niniène, elle, est cette magicienne qui a enfermé Merlin dans une grotte au cœur de la perilleuse forest de Darnantes (t. 7, p. 43). Morgue, elle aussi, s’estoit herbergie en la forest (t. 5, p. 46 ; cette donnée sera reprise en MA, p. 55-56).

47- Après les braves, les religieux et les fées, il reste à parler de Dieu lui-même. Dès le Lancelot, la Forest estrange est le lieu d’apparitions que l’on retrouvera dans la Queste : on y voit le Blanc Cerf, figure du Christ escorté de six lions que la Queste ramènera à quatre pour y lire le symbole des quatre évangélistes (L., t. 5, p. 204-206 : apparition à Lancelot et Mordret : QSG, p. 234 : apparition à Perceval et Galaad). Et Lionel et Perceval mortellement blessés y seront guéris par une apparition du Graal (t. 6, p. 199-207). Ce miracle aura comme symétrique un passage de la QSG où une autre apparition du Graal guérira à nouveau un chevalier blessé (p. 58-60).

48- Au terme de cette étude, la thématique de la forêt apparaît donc comme très riche et très cohérente dans notre texte de référence. Certes, nous n’y trouvons pas ce que le XIXesiècle nous a habitués à y rencontrer : description de sites naturels, considérations sur la nature « amie » ou « marâtre » et sur le « recours aux forêts ». L’auteur voit dans la forêt, à l’instar de ses contemporains, un lieu qui n’est pas fait pour l’homme, un lieu où il risque de s’égarer, où animaux féroces, brigands et fées peuvent seuls subsister et représentent un danger de plus pour l’homme « normal », un lieu où la toute-puissance de Dieu seule permet de résider sans mal sinon sans risque – encore des murs de pierre solide constituent-ils un mode second et utile de protection. Un lieu de sauvagerie, où l’homme risque de perdre sa vie, son humanité et son âme. Au cours du Lancelot, de la Queste et de la Mort Artu, tous les chevaliers y seront exposés à ces dangers, et nombreux sont ceux qui, face à plusieurs d’entre eux, seront vaincus. Peu importe que ce ne soit ni du fait des animaux sauvages (ils sont des experts à la chasse), ni du fait des brigands (annoncés mais non rencontrés), ni même de celui des fées (Morgue est plus une femme jalouse qu’une magicienne puissante). À partir de la crainte qu’elle suscite, la forêt est le lieu de tous les dangers, donc celui où peut être représenté, sous diverses figures, humaines ou diaboliques, tout ce qui menace le chevalier dans son être de guerrier, d’amant, d’homme, de chrétien. Certes, elle fait partie de la création de Dieu ; on remarquera cependant que, dans la Queste, Il lui soustrait les chevaliers élus pour les emmener sur les eaux de Sa grâce – cette mer qui symbolise pourtant si souvent les tempêtes et les aléas du siecle – comme si – presque – la forêt constituait un Autre Monde.

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Notes :

1  Ch. Tamisier, Paysages et Méditerranée : les leçons du métissage (G.S.C.C.M. XIe-XXe siècles n° 8, 1993. Rives nord-méditerranéennes, p. 48).

2  Les éditions utilisées et citées sont les suivantes : Lancelot, tomes 1 à 9, éd. par A. Micha, Paris-Genève, 1978-1983 ; La Queste del Saint Graal éd. par A. Pauphilet, Paris, 1967 ; la Mort le roi Artu, éd. par J. Frappier, Paris-Genève. 1964. Pour abréger, j’ai souvent utilisé les abréviations suivantes : L = Lancelot ; QSG = Queste del Saint Graal ; M.A. = la Mort le roi Artu.

3  Voir A. Micha, t. 9. Index des noms propres et des anonymes, p. 4-150.

4  Voir « La mort en ce jardin », dans Vergers et jardins dans l’univers médiéval, Aix-en-Provence, 1990, p. 63-85.

5  Nouvelles recherches sur le Tristan en prose, Paris, 1990, p. 59.

6  On trouvera aussi, de façon plus attendue, l’orme (L., t. 5. p. 93) et le chêne (L., t. 5, p. 206).

7  Voir les textes cités ci-dessus.

8  Voir (L., t. 5, p. 9 sq.).

9  Voir A. Micha, t. 9. Index, s.v. ermitage, p. 59-61 et forestiers, p. 68.

10  Cf. n. 8.

11  Quelques autres forêts interviennent aussi (voir ci-après) mais n’improuvent pas le caractère général de la constatation.

12  Cf. le titre de l’article de J. Le Goff (rééd. dans L’imaginaire médiéval, Paris, 1985, p. 59-75). « Le désert-forêt dans l’Occident médiéval ».

13  Cf. R. Bechman, Des arbres et des hommes (La forêt au Moyen Âge), Paris, 1984, p. 311-316.

14  La forêt leur procure aussi l’isolement du monde qu’ils souhaitent. Cf. R. Bechman, op. cit., p. 309

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Micheline de Combarieu, « Le nom du monde est forêt », Cahiers de recherches médiévales, 3 | 1997, mis en ligne le 04 février 2008 ; pris ici.

Catégories :Textes divers
  1. 7 mai 2009 à 18:56

    Je reviendrai voir, là c’est trop long pour ce soir, à plus.
    amitié

  2. 7 mai 2009 à 19:10

    Bonsoir Booguie,

    j’avais prévenu, c’est long comme étude !

    Cependant, le contenu est très riche et fournit vraiment des détails précieux,
    sur l’imaginaire lié à la forêt au temps de la chevalerie, un voyage dans les légendes arthuriennes, où la « Demeure Ancienne » tenait une place de choix…

  3. 8 mai 2009 à 09:11

    C’est très croustillant comme histoire,
    j’aime les légendes qui ont pu naitre a cette époque.

    amicalement

  4. 8 mai 2009 à 12:50

    Bonjour valentinelle,

    ce n’est qu’un début, je risque bientôt de vous raconter un peu des légendes arthuriennes, de Merlin et du merveilleux des forêts…

  5. 9 mai 2009 à 07:51

    « Le nom du monde est forêt » est aussi le titre d’un très beau roman de Science Fiction d’Ursula K. Le Guin. Même si le livre n’a aucun rapport avec le Moyen Age, il est l’occasion aussi pour l’auteure de prendre la défense de la forêt à sa façon. Amis lecteurs et lectrices de ce blog passionnant, je vous en recommande vivement la lecture, à moins que la SF ne vous provoque de graves crises allergiques !

  6. 9 mai 2009 à 08:00

    Salut Paul,

    j’aime bien la SF, je vais aller faire un tour chez mon libraire…

  7. 9 mai 2009 à 09:03

    salut krapo,

    je viens de m’apercevoir qu’il y a eu un problème sur les serveurs d’unblog , voici la version des faits tenue par notre admin:
    « Certains d’entre vous ont du avoir des problèmes de connexion ce soir entre 20h30 et 21h.
    Pour information, il s’agissait d’un problème sur le routeur qui dessert nos machines au niveau de notre hébergeur hardware, suite à une erreur manuelle (ref http://travaux.ovh.com/?do=details&id=3064 ).

    Tout est rentré dans l’ordre, pour les blogs concernés cela va être encore un peu ralentit pendant les 2h qui viennent, une machine a du rebooter et les disques redondants (RAID) sont en reconstruction. Tout reviendra a vitesse normale dans le courant de la nuit. ».
    voilà, le problème me semble résolu !!!
    bon week end à toi🙂

  8. 9 mai 2009 à 12:33

    Saluto Don Siva !

    merci de m’avoir renseigné, hier soir tout avait disparu…
    une petite frayeur… mais comme d’hab’ tout est rentré dans l’ordre !

    bon week-end l’ami

  9. 9 décembre 2011 à 11:51

    Nouvelles illustrations issues d’une exposition de la BnF :
    « Arthur, de l’histoire à la littérature »

    http://expositions.bnf.fr/arthur/expo/salle1/index.htm

  1. 9 juin 2010 à 14:29
  2. 12 juin 2010 à 17:33

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