Accueil > Des mots en prose > Saviez-vous que les arbres parlent ?

Saviez-vous que les arbres parlent ?

« Nous étions un peuple sans loi, mais nous étions en très bon termes avec le Grand Esprit, Créateur et Maître de toute chose. Vous présumiez que nous étions des sauvages. Vous ne compreniez pas nos prières. Vous n’essayiez pas de les comprendre. Lorsque nous chantions nos louanges au soleil, à la lune ou au vent, vous nous traitiez d’idolâtres. Sans comprendre, vous nous avez condamnés comme des âmes perdues, simplement parce que notre religion était différente de la vôtre. »

« Nous voyions la main du Grand Esprit dans presque tout : le soleil, la lune, les arbres, le vent et les montagnes, parfois nous l’approchions par leur intermédiaire. Était-ce si mal ? Je pense que nous croyons plus sincèrement en l’Être suprême : d’une foi plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traités de païens… Les Indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas dans l’obscurité. »

« Saviez-vous que les arbres parlent ? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez. L’ennui avec les Blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas ! Ils n’ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu’ils n’écouteront pas les autres voix de la nature. Pourtant les arbres m’ont beaucoup appris : tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit. » – Taganta Mani – Walking Buffalo (1871-1967)

Une femme navajo tisse une couverture à l’ombre d’un vieux peuplier.

La photo choisie est d’Edward S. curtis, je l’ai emprunté dans l’ouvrage somptueux sur les Indiens d’Amérique du Nord : Sur la trace des nations indiennes.

De même les Hidatsa de l’Amérique du Nord croient que tout objet naturel a son esprit, ou, plus exactement, son ombre. Quelque considération est due à ces ombres, mais pas une considération égale pour tous. L’ombre du peuplier, par exemple, ce grand arbre de la vallée du Missouri, passe pour posséder une intelligence qui, lorsqu’on sait la circonvenir convenablement, peut aider les Indiens dans certaines entreprises, tandis que les ombres des arbustes et des herbes sont de peu d’importance. (James Frazer, le Rameau d’Or)

Catégories :Des mots en prose
  1. 18 mars 2009 à 11:57

    Oui, les Indiens ont bien des choses à nous apprendre, à nous occidentaux qui sommes si sourds et si aveugles à la beauté et la richesse de la Nature…
    Je me souviens de ce texte du chef Seattle qui m’a marqué, que je trouvais si juste. Je n’ai plus le texte, mais il circule pas mal, je vais essayer de remettre la main dessus…

  2. 18 mars 2009 à 21:27

    Salut Lucie,

    bien souvent de sages paroles, celles-ci ont été récupérées dans l’excellent bouquin « Pieds nus sur la Terre Sacrée », envoie-moi le texte dès que tu remets la main dessus, à plus.

  3. 18 mars 2009 à 21:32

    « Comment peut-on vendre ou acheter le ciel, la chaleur de la terre ? Cela nous semble étrange. Si la fraîcheur de l’air et le murmure de l’eau ne nous appartient pas, comment peut-on les vendre ?

    Pour mon peuple, il n’y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacré. Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume légère, tout est saint aux yeux et dans la mémoire de ceux de mon peuple. La sève qui monte dans l’arbre porte en elle la mémoire des Peaux-Rouges. Les morts des Blancs oublient leur pays natal quand ils s’en vont dans les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre si belle, puisque c’est la mère du Peau-Rouge.

    Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs qui sentent si bon sont nos sœurs, les cerfs, les chevaux, les grands aigles sont nos frères ; les crêtes rocailleuses, l’humidité des Prairies, la chaleur du corps des poneys et l’homme appartiennent à la même famille.

    Ainsi, quand le grand chef blanc de Washington me fait dire qu’il veut acheter notre terre, il nous demande beaucoup…

    Les rivières sont nos sœurs, elles étanchent notre soif ; ces rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler tout cela et apprendre à vos enfants que les rivières sont nos sœurs et les vôtres et que, par conséquent, vous devez les traiter avec le même amour que celui donné à vos frères. Nous savons bien que l’homme blanc ne comprend pas notre façon de voir.

    Un coin de terre, pour lui, en vaut un autre puisqu’il est un étranger qui arrive dans la nuit et tire de la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas sa sœur, mais son ennemie ; après tout cela, il s’en va. Il laisse la tombe de son père derrière lui et cela lui est égal !

    En quelque sorte, il prive ses enfants de la terre et cela lui est égal. La tombe de son père et les droits de ses enfants sont oubliés. Il traite sa mère, la terre, et son père, le ciel, comme des choses qu’on peut acheter, piller et vendre comme des moutons ou des perles colorées. Son appétit va dévorer la terre et ne laisser qu’un désert…

    L’air est précieux pour le Peau-Rouge car toutes les choses respirent de la même manière. La bête, l’arbre, l’homme, tous respirent de la même manière. L’homme blanc ne semble pas faire attention à l’air qui respire. Comme un mourant, il ne reconnaît plus les odeurs. Mais, si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est infiniment précieux et que l’Esprit de l’air est le même dans toutes les choses qui vivent. Le vent qui a donné à notre ancêtre son premier souffle reçoit aussi son dernier regard. Et si nous vendons notre terre, vous devez la garder intacte et sacrée comme un lieu où même l’homme peut aller percevoir le goût du vent et la douceur d’une prairie en fleur…

    Je suis un sauvage et je ne comprend pas une autre façon de vivre. J’ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie, laissés là par l’homme blanc qui les avait tués d’un train qui passait. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment ce cheval de fer qui fume peut-être plus important que le bison que nous ne tuons que pour les besoins de notre vie.

    Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes avaient disparu, l’homme mourrait complètement solitaire, car ce qui arrive aux bêtes bientôt arrive à l’homme.

    Toutes les choses sont reliées entre elles. Vous devez apprendre à vos enfants que la terre sous leurs pieds n’est autre que la cendre de nos ancêtres. Ainsi, ils respecteront la terre. Dites-leur aussi que la terre est riche de la vie de nos proches. Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris aux nôtres : que la terre est notre mère et que tout ce qui arrive à la terre arrive aux enfants de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, c’est sur eux-mêmes qu’ils crachent.

    Ceci nous le savons : la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Ceci nous le savons : toutes les choses sont reliées entre elles comme le sang est le lien entre les membres d’une même famille. Toutes les choses sont reliées entre elles…

    Mais, pendant que nous périssons, vous allez briller, illuminés par la force de Dieu qui vous a conduits sur cette terre et qui, dans un but spécial, vous a permis de dominer le Peau-Rouge. Cette destinée est mystérieuse pour nous. Nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont tous massacrés, pourquoi les chevaux sauvages sont domestiqués, ni pourquoi les lieux les plus secrets des forêts sont lourds de l’odeur des hommes, ni pourquoi encore la vue des belles collines est gardée par les fils qui parlent. Que sont devenus les fourrés profonds ? Ils ont disparu. Qu’est devenu le grand aigle ? Il a disparu aussi.

    C’est la fin de la vie et le commencement de la survivance. »

    Déclaration du chef indien Seattle au grand chef de Washington

  4. 19 mars 2009 à 10:23

    Un grand merci Paul !

  5. 19 mars 2009 à 11:05

    Oh oui, un grand merci Paul ! C’est exactement ce que je cherchais ! C’est si juste, et on sent dans ces mots une telle tristesse qui pressent l’avenir sombre de ces terres…
    On dit souvent :
    « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l’on te fasse. »
    On peut ajouter :
    « Et ne fais pas à la Terre ce que tu ne veux pas que l’on te fasse. »
    Ou pour reformuler positivement :
    « Respecte et aime la Terre comme tu voudrais que l’on t’aime et te respecte. »

    Malheureusement, il faut croire que les hommes ont fort peu d’amour et de respect pour eux-mêmes…

  6. 20 mars 2009 à 10:25

    Aime la terre comme ta mère…

    « En disant terre, je dis langue. Je ne dis pas seulement le mot mais aussi tout le contenu sacré qu’il implique. Je dis terre et je nomme ainsi les esprits qui l’habitent. Il ne s’agit pas seulement d’un problème de terres, mais avant tout de ce que la terre n’est pas une marchandise. Il y a en elle une histoire qui ne se réduit pas à l’histoire humaine. »

  7. 20 mars 2009 à 13:38

    Hello Krapo…

    la vision indienne !! Une réalité surréaliste, une vision des plus juste avec leurs environnements… Il m’est arrivé récemment quelque chose d’un peu fou. Je ne suis pas du tout amérindienne, et pourtant j’ai vu… Dans ce voir, j’étais indien ! Je parlais parfois avec des animaux, je voyais des paysages, et j’ai prononcé des mots, impossible à connaître de ma bouche.
    J’ai cherché ces mots sur le net, et je suis tombé chez les iroquois, et les paysages que je voyais, correspondaient aux leurs !? Je peux dire qu’en effet, tout parle. Merci pour ce bel article en hommage à ce peuple !

  8. 20 mars 2009 à 14:45

    Bonjour Marie,

    merci d’avoir partagé ta vision avec nous,
    le dreamtime t’as emmené jusque dans les plaines de l’ouest
    et tu as assisté au spectacle de la nature vivante, je t’envie secrètement…

    bises

  9. 20 mars 2009 à 15:23

    Enlacer un arbre ou s’adosser à un arbre est une expérience bienfaisante. Je suis bien moins sensible à cela que ma compagne, mais j’ai aussi des sensations. Impressionnant de ressentir des choses et de voir ensuite dans une flore les propriétés de cet arbre. Expérience très intéressante avec ma compagne puisque, en tout cas au début, elle ne savait pas du tout reconnaître les arbres. Elle en trouvait un très apaisant : c’était un tilleul ! Contre un frêne, j’ai eu l’impression que ma cage thoracique prenait du volume ; vérification faite, cet arbre a des propriétés expectorantes !!!

    Ayez des contacts physiques avec ces êtres vivants, ils donnent sans compter.
    Merci, Krapo, d’évoquer les peuples racines…

  10. 20 mars 2009 à 21:48

    Bonjour Hacène, oui les arbres donnent sans compter…

    Voyez cet homme en posture sous ce vieux chêne ? C’est Tulku Thondup.
    Écoutez ses paroles:

    “Portez toute votre attention sur la masse de leurs feuilles vertes,peut-être parée de fleurs, de fruits, de graines ou de noix.
    Regardez de plus prés une feuille ou un fruit particulier, appréciez leur beauté et leur vitalité. L’arbre plonge ses racines dans le sol comme des ancres.
    Appréciez sa force et sa stabilité, comparables à celles d’une montagne.Sa flexibilité également,ses branches qui bougent et se balancent gracieusement dans le vent, le jour, la nuit, comme si elles effectuaient une danse de célébration.
    Ouvrez votre conscience à la force, à la beauté et à la magnificence des arbres, et une sensation de bien-être et de force surgira spontanément en vous. Vous pouvez aussi puiser l’énergie bienfaisante d’un arbre en vous asseyant, immobile, au dessous ou à coté de lui, ou en entourant son tronc de vos bras.
    L’arbre par ses racines,est relié au pouvoir de la terre, et par ses feuilles et ses branches aux forces du cosmos. Le tronc est un pont vivant entre les forces solaires du haut et la terre en bas. Les branches qui se propagent vers l’extérieur représentent la nature qui donne et reçoit.
    En silence demandez à l’arbre de vous laisser faire l’expérience de son énergie. Puis sentez, en touchant doucement le tronc que vous vous reliez à cette énergie naturelle.
    Sentez en même temps votre propre énergie s’élever en vous. Reconnaissez les forces bienfaisantes que vous percevez, réjouissez vous de tous les sentiments positifs qui surgissent en vous…”

  11. Sisley
    21 mars 2009 à 02:06

    Salut tout le monde !

    Les arbres me parlent, ça c’est sur, est-ce que je suis capable de leur répondre ?! J’essaye ! En tout cas, rester à l’écoute, c’est souvent dans des moments inattendus qu’on reçoit un appel !!

    A+

  12. 22 mars 2009 à 12:51

    Salut Sisley,

    ainsi toi aussi tu écoutes et les arbres ?
    pour converser avec eux, il suffit de laisser parler son cœur,
    le langage de l’amour est universel et les plantes y sont sensibles…

    A bientôt,
    le blog reprend dans 8 jours, prépare tes reportages !

  13. 22 mars 2009 à 20:30

    Ils ont su, ils ont écouté, ils ont parlé, ils se sont manifestés de différentes façons ; nous on n’a su que les abattre.

    bonsoir krapo
    bonne semaine à toi

  14. 23 mars 2009 à 01:32

    Salut Krapoarboricole,

    Chose surprenante ….je n’ai aucun commentaire à mettre sur ton texte🙂

    pogne et bonne semaine
    ~Bonsai~

  15. 24 mars 2009 à 14:24

    🙂

  16. damber
    27 mars 2009 à 21:47

    Bonjour à tous, bonjour Krapo,

    j’ai découvert ton blog il y a peu, à la faveur d’une recherche sur l’allée de tilleuls de Tanlay (89). Ça fait partie des bons hasards puisque je reviens régulièrement chez toi maintenant.

    Je voulais aussi dire que j’aime bien cette photo. L’Homme qui compose avec la nature, la dimension relative de celui-ci, on retrouve tout ça et puis plein d’autres choses dans cette image : de la sérénité, de la tristesse aussi, comme si on voyait la tragédie qui va suivre, de la mélancolie, comme un parfum de paradis perdu. Bref, une photo qui parle et qui touche.

    Merci et à bientôt

  17. 5 avril 2009 à 00:32

    Bonjour et bienvenue damber,

    bien content d’apprendre que tu te promènes régulièrement dans la forêt, je souhaite que tu poursuives la balade au grand air vers ces vénérables…

    Ah les indiens… les photos de Curtis… J’ai choisi celle-ci en raison du peuplier, mais aussi pour l’émotion qu’elle a éveillée en moi. Tu as raison quand tu parles de « paradis perdu », l’harmonie a été brisée…

  18. elena
    27 février 2010 à 15:39

    Mais ici l’homme blanc que gagnerait-il s’il était un peu plus à l’ écoute de la nature ?

  19. 27 février 2010 à 20:06

    Bonsoir elena,

    je ne suis pas sûr de saisir le sens exact de ton commentaire,
    merci de bien vouloir développer un peu plus ton propos…

  20. elena
    2 mars 2010 à 10:11

    La photo que vous avez mis est très belle !
    C’est joli quant on prend soin de la nature merci pour ce texte.

  21. 2 mars 2010 à 14:39

    Bonjour Eléna,

    merci d’avoir laissé te mots sur le blog, E.S. Curtis prenait des photos fantastiques, grâce à lui, nous avons une petite trace du paradis perdu,

    Cordialement,

  1. No trackbacks yet.

Laissez vos mots...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s